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Publié le 18/07/2009
Par lafeepourquoipas
Métaphores tentant d’être explicatives

Remettre en cause  la fidélité du couple, si ancrée en chacun de nous, n’a pas été une mince affaire, pour moi en tout cas. Il a fallu que je poignarde dans le dos le mythe du Prince Charmant (le prince est vivant, lui, ne vous inquiétez pas !) et avec lui toutes les histoires que j’ai sirotées, petite fille, et que je déguste encore en tant qu’adulte, dans une séance de cinéma sur deux…
Mais il faut se rendre à l’évidence : cette notion de fidélité est un casse-tête sans nom ! Le tout ou rien est le seul choix qu’on ait… et comme je n’approuve pas spécialement la burka et que je doute même fortement de l’utilité de la lapidation, j’ai fini par pencher de l’autre côté…

    Il n’est pas reproché, dans notre société, de partager son intimité avec ses mains, ou avec un objet, alors finalement pourquoi la partager avec un autre serait-il si différent ?  
Si ce partage d’intimité reste respectueux de l’autre et de la relation qui nous unit ?  Et il le reste, justement, tant qu’il est du domaine de notre intimité et qu’il n’entraîne ni exclusivité, ni jalousie, ni culpabilité d’ailleurs, ni obligations non plus… ni attachement bien sûr !

    Des relations d’adultes, en somme.

     Résumons-nous, donc :

à il paraît évident que le couple parental et l’amitié qui le lie doivent rester intacts, pour que les enfants grandissent en son sein et deviennent des adultes libres, entiers et autonomes lorsque leur tour viendra de créer ces liens aussi.
à la sexualité n’est pas intrinsèque au couple, elle reste en dehors de ce lien, parallèle en quelque sorte, mais indépendante, propre à chacun des membres du couple ; en avoir une active en commun est la cerise sur le gâteau.
à ce n’est d’ailleurs pas elle qui met l’union ni l’amitié du couple en danger, c’est l’attachement qui en est la principale faiblesse potentielle (je ne parle bien sûr pas de l’attachement parent-enfant qui est, lui, nécessaire et indispensable). Et cet attachement est dangereux pour l’union, qu’il soit interne au couple ou dirigé vers l’extérieur.

    Finalement, c’est comme si chacun de nous se devait d’être un pilier, solide, indépendant, tenant seul debout. A deux, on peut former une arche, l’amitié, qui devient parentale lorsqu’elle se met à abriter des enfants, quels qu’ils soient d’ailleurs.
    On comprend alors que chaque pilier puisse former d’autres arches, vers qui il veut, à la seule condition qu’aucune pierre des piliers ne soit ébranlée ou déplacée par cette nouvelle construction. Mais on a vu qu’en pratique, chaque arche tend plutôt à élargir le pilier et à le solidifier, donc.

Comment arriver, alors, à faire cohabiter ainsi respect de l’autre, sincérité, solidité des liens et maintien du secret de l’intimité de chacun ?
    La seule façon, on le voit, est de considérer que l’intimité de chacun se situe au cœur de chaque pilier. La partie partagée, devenue l’intimité du couple, est une extension, propre à l’arche concernée.  

    On peut ainsi, sans affaiblir ni entamer l’arche, lier d’autres relations intimes ou privilégiées, à partir du pilier.
 
    Tout cela implique, il est vrai, un changement de mœurs et de culture en général, mais je suis persuadée qu’il est possible, et même de note devoir…. Et qu’il ne met aucunement en péril l’équilibre de nos enfants, bien au contraire ! (Imaginez ce beau toit protecteur formé par l’ensemble de toutes les arches du monde ! Les enfants pourraient y circuler à volonté, librement. Moment de rêve…)
    L’intimité de leurs parents ne regarde pas les enfants !
    Seuls comptent le respect, la cohésion et la tendresse qui unissent le couple, et cette famille.
    Oui, on s’est aimés à la folie (et on s’aime toujours) et de ce feu sont nés de beaux enfants, qu’on aimera à jamais, mais oui aussi,notre cœur palpite toujours, pour l’autre ou pour d’autres, nous ne sommes pas restés figés dans ce moment, notre vie continue, elle bouge et nous rend heureux chaque jour, pour votre plus grand bonheur à vous aussi, nos enfants.
    Alors, à quand le changement ?
Oser écrire cela a déjà été une épreuve pour moi, ou plutôt une surprise : cela ne me venait même pas à l’esprit, avant de suivre le fil de mes questionnements… Seule pesait, dans la balance, ma culpabilité face au « désir » pour l’autre.
Et mon Prince est si Charmant que je sais qu’il me comprendra…sans en abuser !
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