C'est une question posée en conférence de rédaction par un jeune stagiaire qui a tout déclenché : "Nadine, tu as fait combien de fois le tour du monde ?". Nous avons alors été rattrapé par cette évidence : qui mieux de Nadine Amouk pouvait nous rapporter ce qu'était la vie d'un grand maître globe-trotter, elle qui vit cela par procuration depuis près de 10 ans.
Nous avons donc licencié le jeune stagiaire (on ne tutoit pas une dame) et nous avons demandé à notre globe-trotteuse de bien vouloir nous livrer ses impressions dans une nouvelle rubrique : "Carnets de Sessions"...

LUNDI 23 FEVRIER
Mon rédacteur en chef m'a demandé ce matin de commencer à noter mes impressions pour une nouvelle rubrique. Cela va être bizarre, moui qui ait toujours été habituée à faire le condensé de l'histoire des autres. Mais en bonne journaliste, je m'exécute.
Une veille de session, c'est toujours un peu particulier : on ne connait pas toujours la destination, ni les conditions de vols ou l'équipement auquel on aura droit sur le lieu de la compétition. Il faut déjà passer à la rédaction pour faire un premier briefing, commencer à voir sous quel angle on va préparer les articles, découvrir l'édito d'Alain pour se faire une idée de la tendance.
Puis le soir, c'est le départ : bagage souple et réactivité. Je prends le billet sans même savoir où je dois me rendre. Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas au Coliséum de Ternay. Je regarde : Point-à-Pitre. J'aurais dû me douter : on envoit encore les grands maîtres pour éteindre le feu. Dire que je révais d'y passer mes vacances, je vais découvrir les plages en pleines émeutes...
MARDI 24 FEVRIER
Le SOFITEL de Point-A-Pitre aurait pu être top s'il y avait eu à manger. Heureusement que j'avais ma carte de suiveur de la Grougniat, ça m'a permit de faire mes courses à peu près tranquillement. pour ce qui est des homards au restaurant de la plage, on repassera.
J'ai eu Monsieur le Kroupion au téléphone vers 12h. Il allait prendre l'avoin et il tenait absolument à me parler alors que je m'apprétais à attaquer une phase de récupération du décalage horaire. Il avait un peu peur de venir après avoir regardé le journal télévisé de la veille. Je le rassure et je vois qu'il reprend la forme lorsqu'il termine avec sa blague habituelle : "Nadine, regardez sous votre chaise ! vous ne voyez le palmarès de Mme la Bourronne ?". Je ris de bon coeur.
L'information qui m'arrive vers 15h est beaucoup moins drôle : G.C DIALEY est introuvable. La dernière personne à l'avoir aperçu était une jeune mannequin brésilienne en vacances qui l'avait "raccompagné" à son hotel. Vingt minutes plus tard, Mme la Bourronne déclare forfait suite à la consommation d'un met local trop épicé. Elle parlera d'empoisonnement dans la presse locale. Quand à Remy, il nous refait le coup du Tibet. La session part mal.
Vers 19h00, c'est officiel, la session est annulée. J'ai l'info en prime-time et je me précipite à l'aéroport pour quitter l'île de suite. J'apprendrais ensuite dans l'avion que les émeutes ont repris dans la nuit suite à l'annulation.
MERCREDI 25 FEVRIER
Il est déjà midi quand je me pose. Je suis obligé de repousser Dédé qui avait fait le voyage du retour avec moi et qui voulait, selon ses dires, "me faire profiter de son expérience".
Je rentre chez moi et dors près de 14 heures de suite.

une heure après l'annulation...
JEUDI 26 FEVRIER
Aucune information à me mettre sous la dent. C'est terrible. J'appelle Jean Dietter pour savoir s'il peut m'aider, mais lui aussi est en train de tourner au bureau sans savoir quoi écrire.
Espoir vers 16h00 : un appel anonyme arrive à mon bureau et m'informe qu'un camion de nettoyage est basé devant le domicile de Cingllette. Ne voyant pas l'intérêt de l'information, je m'apprête à raccrocher, mais je repense à la misère éditoriale ambiante et demande à mon interlocuteur d'expliciter... Il m'indique qu'une entreprise a été chargée d'assurer "le dépoussièrage du palmarès de Cingllette, tellement il date d'un moment". Je reconnais alors la voix de Remy et je raccroche au moment où il me meance de porter plainte si je ne me rend pas sur place...
Toujours rien à écrire...
VENDREDI 27 FEVRIER
J'obtiens par miracle un document exclusif, mais ma rédaction m'empêche de publier, argant que cela fera partie d'une enquête ultérieure. Je ronge mon frein.
Je me résouds à pondre un point des scores, avec moults détails et autres analyses. C'est maigre. Mon rédac'Chef m'appelle pour m'engueuler. Et pas une session en vue...
SAMEDI 28 FEVRIER
Je revis : j'ai un scoop sur le feu. Je prends mon billet d'avion, direction l'Egypte. ça me fera toujours du soleil si ça tombe à plat : des archéologues auraient trouvé des traces de Bourron datés de plus de 5000 ans.
La vieille pierre ne m'interresse pas du tout, mais je suis sûr que Cingllette sera là pour déclarer aux archéologues : "Profitez en pour regarder si vous ne voyez pas le palmarès à Mme la Bourronne !". Je veux avoir une vidéo de ce moment là.
J'arrive à 18h00 à l'Hotel. Quelle surprise (sic) : Cingllette boit un verre au bar.
Nothing but the Grougniat !
Nadine Amouk
Nous avons donc licencié le jeune stagiaire (on ne tutoit pas une dame) et nous avons demandé à notre globe-trotteuse de bien vouloir nous livrer ses impressions dans une nouvelle rubrique : "Carnets de Sessions"...
LUNDI 23 FEVRIER
Mon rédacteur en chef m'a demandé ce matin de commencer à noter mes impressions pour une nouvelle rubrique. Cela va être bizarre, moui qui ait toujours été habituée à faire le condensé de l'histoire des autres. Mais en bonne journaliste, je m'exécute.
Une veille de session, c'est toujours un peu particulier : on ne connait pas toujours la destination, ni les conditions de vols ou l'équipement auquel on aura droit sur le lieu de la compétition. Il faut déjà passer à la rédaction pour faire un premier briefing, commencer à voir sous quel angle on va préparer les articles, découvrir l'édito d'Alain pour se faire une idée de la tendance.
Puis le soir, c'est le départ : bagage souple et réactivité. Je prends le billet sans même savoir où je dois me rendre. Tout ce que je sais, c'est que ce n'est pas au Coliséum de Ternay. Je regarde : Point-à-Pitre. J'aurais dû me douter : on envoit encore les grands maîtres pour éteindre le feu. Dire que je révais d'y passer mes vacances, je vais découvrir les plages en pleines émeutes...
MARDI 24 FEVRIER
Le SOFITEL de Point-A-Pitre aurait pu être top s'il y avait eu à manger. Heureusement que j'avais ma carte de suiveur de la Grougniat, ça m'a permit de faire mes courses à peu près tranquillement. pour ce qui est des homards au restaurant de la plage, on repassera.
J'ai eu Monsieur le Kroupion au téléphone vers 12h. Il allait prendre l'avoin et il tenait absolument à me parler alors que je m'apprétais à attaquer une phase de récupération du décalage horaire. Il avait un peu peur de venir après avoir regardé le journal télévisé de la veille. Je le rassure et je vois qu'il reprend la forme lorsqu'il termine avec sa blague habituelle : "Nadine, regardez sous votre chaise ! vous ne voyez le palmarès de Mme la Bourronne ?". Je ris de bon coeur.
L'information qui m'arrive vers 15h est beaucoup moins drôle : G.C DIALEY est introuvable. La dernière personne à l'avoir aperçu était une jeune mannequin brésilienne en vacances qui l'avait "raccompagné" à son hotel. Vingt minutes plus tard, Mme la Bourronne déclare forfait suite à la consommation d'un met local trop épicé. Elle parlera d'empoisonnement dans la presse locale. Quand à Remy, il nous refait le coup du Tibet. La session part mal.
Vers 19h00, c'est officiel, la session est annulée. J'ai l'info en prime-time et je me précipite à l'aéroport pour quitter l'île de suite. J'apprendrais ensuite dans l'avion que les émeutes ont repris dans la nuit suite à l'annulation.
MERCREDI 25 FEVRIER
Il est déjà midi quand je me pose. Je suis obligé de repousser Dédé qui avait fait le voyage du retour avec moi et qui voulait, selon ses dires, "me faire profiter de son expérience".
Je rentre chez moi et dors près de 14 heures de suite.
une heure après l'annulation...
JEUDI 26 FEVRIER
Aucune information à me mettre sous la dent. C'est terrible. J'appelle Jean Dietter pour savoir s'il peut m'aider, mais lui aussi est en train de tourner au bureau sans savoir quoi écrire.
Espoir vers 16h00 : un appel anonyme arrive à mon bureau et m'informe qu'un camion de nettoyage est basé devant le domicile de Cingllette. Ne voyant pas l'intérêt de l'information, je m'apprête à raccrocher, mais je repense à la misère éditoriale ambiante et demande à mon interlocuteur d'expliciter... Il m'indique qu'une entreprise a été chargée d'assurer "le dépoussièrage du palmarès de Cingllette, tellement il date d'un moment". Je reconnais alors la voix de Remy et je raccroche au moment où il me meance de porter plainte si je ne me rend pas sur place...
Toujours rien à écrire...
VENDREDI 27 FEVRIER
J'obtiens par miracle un document exclusif, mais ma rédaction m'empêche de publier, argant que cela fera partie d'une enquête ultérieure. Je ronge mon frein.
Je me résouds à pondre un point des scores, avec moults détails et autres analyses. C'est maigre. Mon rédac'Chef m'appelle pour m'engueuler. Et pas une session en vue...
SAMEDI 28 FEVRIER
Je revis : j'ai un scoop sur le feu. Je prends mon billet d'avion, direction l'Egypte. ça me fera toujours du soleil si ça tombe à plat : des archéologues auraient trouvé des traces de Bourron datés de plus de 5000 ans.
La vieille pierre ne m'interresse pas du tout, mais je suis sûr que Cingllette sera là pour déclarer aux archéologues : "Profitez en pour regarder si vous ne voyez pas le palmarès à Mme la Bourronne !". Je veux avoir une vidéo de ce moment là.
J'arrive à 18h00 à l'Hotel. Quelle surprise (sic) : Cingllette boit un verre au bar.
Nothing but the Grougniat !
Nadine Amouk







