La rédaction a reçu hier une lettre troublante signée Ravachol. Le style et la verve étant d'une telle qualité, le sujet étant si brulant, nous ne pouvions résister à l'envie de l'éditer dans son intégralité. Quant à l'auteur, vu que nous pensons qu'il ne s'agit pas d'un vrai Ravachol de Saint-Chamond, vu que ce dernier n'a plus toute sa tête depuis de nombreuses années, nous le considèrerons comme un anonyme fin connaisseur des choses de la Grougniat...

Faut il brûler Cingllette ?
D’aucuns diront qu’il s’agit là purement et simplement d’un acte de provocation gratuite. Pourtant.
La Grougniat, depuis qu’elle est Grougniat, vit sur les bases d’un principe aussi ancestral que simple : l’important est de gagner ! Et pour autant qu’elle s’est fixée une aussi claire disposition, elle a été le terrain de jeu des manières et des audaces. Ainsi s’est bâti son histoire légendaire ! Bien avant le poète, les Grands Maîtres livraient en ces termes leur approche ultime de la Grougniat : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire ! Au-delà de la victoire, ils cherchaient le sacre d’une gloire bien plus vaste, noble et honorante ! La victoire n’est pas qu’une question de score, ô dimension restreinte, elle s’entend selon l’historique empreinte de la Grougniat, dans l’immémorial qui place les Grands Maîtres sur le terrain divin des Champs Elysées !
Le Grand Maître est donc tout à la fois l’expert de la science du jeu … et l’incarnation de la quintessence de l’audace ! Il est tout à la fois le guerrier des coupes franches et des appels, et le créateur fou, celui qui ose, tente, ne craint rien ni personne… et se prête, selon ses humeurs, à la folie géniale qui bouillonne dans ses veines !
Ainsi l’histoire de la Grougniat est marquée par ces Grands Maîtres personnages… zébulons du va tout à tout va, insensés persifleurs des gains minces et des traditions sans danger ! Des risque tout qui, tambour battant, arpentent les sentiers étroits du possible ! Funambules de l’incroyable, ils repoussent sans cesse et plus loin les frontières de l’entendement … ils sont l’expression renouvelée de l’imaginaire… vivant dans l’impermanence, ils maîtrisent le doute et l’exigence de l’inconnu, jonglent avec leurs angoisses et l’inconcevable de leurs idées… acceptant l’inconfort de ce qui n’est jamais gagné… pour mieux prétendre à ce qui n’existait pas avant qu’ils n’osent ! Pour mieux prétendre à la victoire suprême, cette gloire aux lauriers d’or et dûment du aux plus grands d’entre eux ! S’estimant chacun d’entre eux unique, ils jouent dans la cour des Dieux, où ne souffle plus que le souffle gracieux du Génie !
Et voilà qu’arrive Cingllette.
L’idole des épiciers, qui ravit le cœur des mamies aux poumons encombrés qui n’ont plus bien, pour respirer, que leur souvenir et, pour sentir battre leur cœur, que le goût de la colle de leur dentier. Cingllette, l’expert es petits gains, le roi de l’esquive et des excuses, le grand manitou des impasses et des vues courtes, comptable de ses pions et de ses coups et, qui, crime de lèse Grand Maître, s’enthousiasme en prétentions de ces pratiques si pour autant douteuses !
Cingllette, adorateur de Casinho, plus grand joueur de Tarot du XVIème siècle, et qui fut humilié à mort par les Grands Maîtres grougnistes de l’époque…
Faut il brûler Cingllette comme il a fallu humilier Casinho ?
C’est l’appel de GC, ces dernières semaines, qui a honni son passé d’alliance avec Cingllette… c’est l’appel de la Bourronne, qui s’est plus que jamais déclarée hostile et prête à tout pour ravir le trône à cet « épouvantail de malheur »… c’est l’appel de la Chasseresse qui s’est perdu dans d’homériques sacrifices… c’est l’appel de Rémy qui n’entend plus tomber de l’Himalaya par la faute d’un alpiniste belge… c’est l’appel de Dédé, agacé au possible par les argumentations sinueuses et hypocrites d’un Grand Maître aux abois…
Aux abois, car c’est ainsi qu’est Cingllette aujourd’hui ! Isolé sur l’autel de sa déchéance philosophique… abandonné dans les travers de ses théories simples comme au revoir… Cingllette est seul et n’a plus personne sur qui compter ou qui compte sur lui… Il erre de sessions en sessions, courant loin en tête des scores et abonné aux huées du public… quand les autres Grands Maîtres baignent dans l’adulation de leurs fans ! Il zone, maussade comme un perdant, sur les devants de la scène, où ne se portent plus que des regards de colère dont les iris sont aux couleurs bruyantes du grondement de la foudre… Peut on plus longtemps prétendre au trône de la Grougniat en l’épiçant dans ce qu’elle a de plus authentique ? Peut on vendre l’âme de la Grougniat avec un tel culot ?
Brisant le tabou de l’audace pour porter au pinacle des recettes des coups tordus digne de l’école tarostique, Cingllette a créé contre lui une unanimité exacerbée. A telle point elle atteint à des sommets inégalés dans l’histoire des « moutons noirs » de la Grougniat, cette unanimité n’a pas laissé sans réfléchir les analystes chevronnés du jeu.
Alain Béchamel, interrogé spécialement pour cette tribune, s’est dit « souvent choqué par les options tactiques de Cingllette » tout en étant « surpris d’une telle entreprise de la part d’un Grand Maître qui avait pu faire preuve de belles qualités par le passé »… Ainsi, le célèbre éditorialiste porte le pieu souhait « d’un retour aux origines du jeu et au courage de l’Histoire » de la part du Grand Maître incriminé, ne doutant pas que « le cœur et la raison l’emportent… et que la mollasserie actuelle de Cingllette ne s’épuise face aux violences des attaques qui l’assènent ! ».
Moins langue de bois, Jan Halanoix a livré sans tabou l’originalité de sa pensée… « Toutes ses voix qui s’élèvent sont des voix arriérées qui n’acceptent aucune évolution du jeu tout en se flattant de pseudos audaces… Cingllette a le courage d’une option qui brise les tabous… Certes, cela n’apporte rien au jeu, et cela le rend insipide, mais au moins la délétérisation est là ! »
Soit, Jan a sans doute visé juste. Aussi incolore inodore et sans saveur soit elle, l’option tactique de Cingllette a le mérite de provoquer l’ire de ses camarades grougnistes. Et quoiqu’en dise GC (« Plutôt mourir que d’être le camarade grougniste de cet imposteur ! »), c’est sans doute bien pour cela que la DOIGT n’a encore fait part d’aucune remontrance ou avertissement en direction du Grand Maître. Et qu’elle le laisse amasser ses pions.
S’il ne faut pas brûler Cingllette, le clouer au pilori reste une priorité. Car à imaginer que sa stratégie devienne monnaie courante la Grougniat, pour de bon, coulerait comme le Titanic, en dix minutes et pour toujours.
S’indignerait il à la lecture de cet article, qu’il n’échapperait certainement pas à des récriminations sérieuses de la DOIGT. Vous êtes prévenu, Mr Cingllette.
Signé Ravachol.
Faut il brûler Cingllette ?
D’aucuns diront qu’il s’agit là purement et simplement d’un acte de provocation gratuite. Pourtant.
La Grougniat, depuis qu’elle est Grougniat, vit sur les bases d’un principe aussi ancestral que simple : l’important est de gagner ! Et pour autant qu’elle s’est fixée une aussi claire disposition, elle a été le terrain de jeu des manières et des audaces. Ainsi s’est bâti son histoire légendaire ! Bien avant le poète, les Grands Maîtres livraient en ces termes leur approche ultime de la Grougniat : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire ! Au-delà de la victoire, ils cherchaient le sacre d’une gloire bien plus vaste, noble et honorante ! La victoire n’est pas qu’une question de score, ô dimension restreinte, elle s’entend selon l’historique empreinte de la Grougniat, dans l’immémorial qui place les Grands Maîtres sur le terrain divin des Champs Elysées !
Le Grand Maître est donc tout à la fois l’expert de la science du jeu … et l’incarnation de la quintessence de l’audace ! Il est tout à la fois le guerrier des coupes franches et des appels, et le créateur fou, celui qui ose, tente, ne craint rien ni personne… et se prête, selon ses humeurs, à la folie géniale qui bouillonne dans ses veines !
Ainsi l’histoire de la Grougniat est marquée par ces Grands Maîtres personnages… zébulons du va tout à tout va, insensés persifleurs des gains minces et des traditions sans danger ! Des risque tout qui, tambour battant, arpentent les sentiers étroits du possible ! Funambules de l’incroyable, ils repoussent sans cesse et plus loin les frontières de l’entendement … ils sont l’expression renouvelée de l’imaginaire… vivant dans l’impermanence, ils maîtrisent le doute et l’exigence de l’inconnu, jonglent avec leurs angoisses et l’inconcevable de leurs idées… acceptant l’inconfort de ce qui n’est jamais gagné… pour mieux prétendre à ce qui n’existait pas avant qu’ils n’osent ! Pour mieux prétendre à la victoire suprême, cette gloire aux lauriers d’or et dûment du aux plus grands d’entre eux ! S’estimant chacun d’entre eux unique, ils jouent dans la cour des Dieux, où ne souffle plus que le souffle gracieux du Génie !
Et voilà qu’arrive Cingllette.
L’idole des épiciers, qui ravit le cœur des mamies aux poumons encombrés qui n’ont plus bien, pour respirer, que leur souvenir et, pour sentir battre leur cœur, que le goût de la colle de leur dentier. Cingllette, l’expert es petits gains, le roi de l’esquive et des excuses, le grand manitou des impasses et des vues courtes, comptable de ses pions et de ses coups et, qui, crime de lèse Grand Maître, s’enthousiasme en prétentions de ces pratiques si pour autant douteuses !
Cingllette, adorateur de Casinho, plus grand joueur de Tarot du XVIème siècle, et qui fut humilié à mort par les Grands Maîtres grougnistes de l’époque…
Faut il brûler Cingllette comme il a fallu humilier Casinho ?
C’est l’appel de GC, ces dernières semaines, qui a honni son passé d’alliance avec Cingllette… c’est l’appel de la Bourronne, qui s’est plus que jamais déclarée hostile et prête à tout pour ravir le trône à cet « épouvantail de malheur »… c’est l’appel de la Chasseresse qui s’est perdu dans d’homériques sacrifices… c’est l’appel de Rémy qui n’entend plus tomber de l’Himalaya par la faute d’un alpiniste belge… c’est l’appel de Dédé, agacé au possible par les argumentations sinueuses et hypocrites d’un Grand Maître aux abois…
Aux abois, car c’est ainsi qu’est Cingllette aujourd’hui ! Isolé sur l’autel de sa déchéance philosophique… abandonné dans les travers de ses théories simples comme au revoir… Cingllette est seul et n’a plus personne sur qui compter ou qui compte sur lui… Il erre de sessions en sessions, courant loin en tête des scores et abonné aux huées du public… quand les autres Grands Maîtres baignent dans l’adulation de leurs fans ! Il zone, maussade comme un perdant, sur les devants de la scène, où ne se portent plus que des regards de colère dont les iris sont aux couleurs bruyantes du grondement de la foudre… Peut on plus longtemps prétendre au trône de la Grougniat en l’épiçant dans ce qu’elle a de plus authentique ? Peut on vendre l’âme de la Grougniat avec un tel culot ?
Brisant le tabou de l’audace pour porter au pinacle des recettes des coups tordus digne de l’école tarostique, Cingllette a créé contre lui une unanimité exacerbée. A telle point elle atteint à des sommets inégalés dans l’histoire des « moutons noirs » de la Grougniat, cette unanimité n’a pas laissé sans réfléchir les analystes chevronnés du jeu.
Alain Béchamel, interrogé spécialement pour cette tribune, s’est dit « souvent choqué par les options tactiques de Cingllette » tout en étant « surpris d’une telle entreprise de la part d’un Grand Maître qui avait pu faire preuve de belles qualités par le passé »… Ainsi, le célèbre éditorialiste porte le pieu souhait « d’un retour aux origines du jeu et au courage de l’Histoire » de la part du Grand Maître incriminé, ne doutant pas que « le cœur et la raison l’emportent… et que la mollasserie actuelle de Cingllette ne s’épuise face aux violences des attaques qui l’assènent ! ».
Moins langue de bois, Jan Halanoix a livré sans tabou l’originalité de sa pensée… « Toutes ses voix qui s’élèvent sont des voix arriérées qui n’acceptent aucune évolution du jeu tout en se flattant de pseudos audaces… Cingllette a le courage d’une option qui brise les tabous… Certes, cela n’apporte rien au jeu, et cela le rend insipide, mais au moins la délétérisation est là ! »
Soit, Jan a sans doute visé juste. Aussi incolore inodore et sans saveur soit elle, l’option tactique de Cingllette a le mérite de provoquer l’ire de ses camarades grougnistes. Et quoiqu’en dise GC (« Plutôt mourir que d’être le camarade grougniste de cet imposteur ! »), c’est sans doute bien pour cela que la DOIGT n’a encore fait part d’aucune remontrance ou avertissement en direction du Grand Maître. Et qu’elle le laisse amasser ses pions.
S’il ne faut pas brûler Cingllette, le clouer au pilori reste une priorité. Car à imaginer que sa stratégie devienne monnaie courante la Grougniat, pour de bon, coulerait comme le Titanic, en dix minutes et pour toujours.
S’indignerait il à la lecture de cet article, qu’il n’échapperait certainement pas à des récriminations sérieuses de la DOIGT. Vous êtes prévenu, Mr Cingllette.
Signé Ravachol.








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