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Publié le 05/09/2007 à 13:38
Par lagrougniat
Nadine Amouk résoudra t-elle le meurtre qui frappe la Grougniat ? Retrouvez le troisième chapitre de "Killing Session", le nouveau thriller de Jean-Christophe GROJEU, en exclusivité pour notre site.

Vous pouvez retrouver l'ensembre des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session




CHAPITRE III


Le sommeil ne dura pas plus d’une heure et demi. Nadine se réveilla en sursaut et mit quelques secondes à comprendre qu’on frappait à sa porte. L’heure tardive ne la surprit même pas, vu les évènements de la soirée. Elle ouvrit sans même regarder qui lui rendait visite par le judas.
Max Galère entra et s’excusa aussitôt :
-        
Désolé, Nadine. Je vous réveille. 
-        
Non, mentit la jeune femme. Je regardais bêtement la télévision.

Elle avait beaucoup de sympathie pour Max. Celui que l’on appelait « L ‘historien de la Grougniat » était un vieil homme charmant, qui avait dû beaucoup séduire dans sa jeunesse. Son phrasé était toujours clair et il inspirait de suite la confiance. Il avait d’ailleurs été d’un grand secours à la jeune journaliste quand elle était entrée à la rédaction, même s’il se défendait en permanence de l’avoir aidée en quoi que ce soit.
-        
Je m’inquiétais pour vous. Et je voulais vous tenir au courant de ce qui se passe en bas. reprit-il.
-        
La police est toujours là ?
-        
Oui, bien sûr. Ils sont en train d’interroger le personnel de l’hôtel. Ils prennent leur temps avec nous, maintenant que le procureur les a autorisés à nous boucler ici pour au moins 24 heures. 
-         Une journée ici ? coupa la jeune femme. On va tous devenir fou. J’espère qu’ils vont au moins emmener le corps de Dédé.
-         Il n’est déjà plus là. J’ai voulu aller le voir tout à l’heure, mais on m’a répondu qu’il était en route pour l’institut médico-légale.
-        
Ils ne perdent pas de temps.
-        
Vous savez, on nous rabache dans tous les films américains que ce sont les premières heures qui sont importantes. sourit Max. Il faut croire que ça doit être vrai.
Nadine lui rendit son sourire.
-        
Colombo devrait bientôt arriver.

L’historien salua la jeune femme. Au moment où il allait sortir, Nadine lui demanda :
-         Max. Vous connaissiez bien Dédé ?
-        
C’était un vieil ami. lui répondit-il en détournant le regard.
-        
Je suis désolé. Je sais que vous l’appréciez beaucoup.
-        
Nous avions le même âge, nous avons découvert la Grougniat en même temps. Nous avons même été en affaire à un moment. Puis il est devenu célèbre, il a réussi dans les compétitions. Moi, j’ai dû me résoudre à rester dans les coulisses. Mais avec le temps, ce vieil escroc avait prit l’habitude de nos conversations sur le jeu.
L’homme tourna la tête pour cacher son émotion à sa collègue.
-        
Vous l’appeliez « vieil escroc » ? s’étonna Nadine.
-        
Je le connaissais bien. Il n’avait plus trop de secret pour moi. Bonsoir, Nadine. Essayez de dormir un peu.

Max sortit de la chambre sans se retourner. Nadine était quelque peu surprise par la dernière phrase du vieil homme. Voulait-il lui indiquer quelque chose ? Ou voulait-il simplement se confier à elle pour calmer la tristesse qui semblait l’envahir. Elle ne savait pas trop.
Mais en tout cas, la chance semblait quelque peu lui sourire : elle avait droit à une journée complète avec tous les protagonistes de la session. Elle n’aurait jamais une autre aussi belle occasion.

Elle se changea rapidement et prit l’ascenseur pour descendre dans le hall de l’hôtel. Elle espérait trouver le responsable pour lui poser discrètement quelques questions. Elle pensait qu’avec ces évènements tragiques, il devait être sur le qui-vive et il serait peut-être assez déstabilisé pour lui donner des informations.

Sa surprise fut donc grande quand les portes de l'ascenseur s’ouvrirent et qu’elle vit devant elle un spectacle de foire. Il y avait des dizaines de personnes dans la grande salle. Des policiers qui semblaient interroger tous les clients qui avaient eu le malheur de descendre chercher une bouteille d’eau. Des gens qui courraient après chaque membre du personnel pour demander des informations sur le crime. Des concierges qui répondaient aux téléphones qui sonnaient sans cesse – avec sans doute des journalistes au bout du fil, l’information ayant dû filtrer à l’heure qu’il était… Le tout formait une sorte de ruche affolée, comme si les abeilles perdues cherchaient la reine en virevoltant dans tous les sens. Ce n’était pas un mouvement de panique, mais la curiosité morbide de chacun était à son paroxysme, dans ce lieu maintenant coupé du reste du monde.

Au milieu de ce capharnaüm, Nadine remarqua un jeune policier, en civil, qui prenait des notes au milieu de la foule. Le plus étonnant, c’est qu’il n’interrogeait personne. Son regard semblait se diriger vers la salle du restaurant, dont l’entrée se trouvait à la gauche de la conciergerie de l’hôtel.  La jeune femme s’approcha de lui, voulant savoir ce qui pouvait détacher cet homme du brouhaha ambiant. Elle se plaça à ses côtés. Il ne détourna même pas le regard.
-        
Bonsoir. Vous êtes un policier chargé de l’enquête ? demanda poliment Nadine.
-        
Et vous, vous êtes journaliste, j’imagine. répondit froidement l’homme qui ne tournait toujours pas la tête vers elle.
-        
Nadine Amouk. Envoyée spéciale de la rédaction de la Grougniat. J’étais sur les lieux ce soir.
-        
Et maintenant, vous voulez savoir ce que je sais. ironisa le policier. Eh bien, je vais vous mettre à l’aise tout de suite. Je ne sais rien et même si je savais quelque chose, vous seriez une des dernières personnes à qui j’en parlerai.
-         Vous lisez trop de polar. dit Nadine d’un ton sec. Vos phrases toutes faites tournent au stéréotype.
Le jeune homme la regarda enfin. Il avait à peu près le même âge qu’elle, mais son air sombre le vieillissait. Finalement, son visage se dérida.
-        
Je m’appelle Tchad. Lieutenant Julien Tchad. Excusez-moi, je suis en train de passer une nuit difficile.

Nadine tourna la tête vers ce que regardait le policier. Et elle ne fut même pas surprise du spectacle : les cinq grands maîtres survivants étaient installés là, à une des tables du restaurant, avec des cartes de tarot dans les mains.
-        
Plutôt étonnant non ? lui dit le Lieutenant. Ils viennent de perdre leur ami et tout ce qu’ils trouvent à faire, c’est jouer aux cartes.
La journaliste ne répondit rien. Elle savait trop bien comment fonctionnaient ces gens là. Et en venant dans le hall de l’hôtel, elle était presque sure de les trouver ici.
-        
Je sais que vous les connaissez bien. On raconte beaucoup de choses sur leur pseudo-art de vivre et leur mysticisme. Mais là, j’ai du mal à penser qu’ils n’y sont pour rien. reprit le policier.
Ce fut au tour de Nadine de ne pas le regarder. Elle dit juste, en ne quittant pas les grands maîtres des yeux…
-         Je ne sais pas si Dédé était leur ami. Mais ce qui est sûr, c’est que si c’était un autre que lui qui était mort ce soir, vous auriez trouvé Dédé en train de jouer autour de cette table, exactement comme eux maintenant.

 

Publié le 05/09/2007 à 06:23
Par lagrougniat
Alors que l’édito de la rédaction annonçait une session à cinq, les débats ont commencé par le coup de théâtre d’un Rémy nullement absent… Les six Grands Maîtres à l’heure, sous les yeux brillants de leurs fans, se jetaient donc dans la bataille… pour le meilleur et pour le pire !


Classement de la session

1er            Mme la Bourronne de Mesrine                              4 010 points
2ème        Diane la Chasseresse                                                2 750 points
3ème       G.C DIALEY                                                                2 450 points
4ème       Cingllette                                                                     2 000 points
5ème       Remy La Renifl'                                                        1 000 points
6ème       Dédé la Mitraille                                                          600 points



 
Le jeu et les joueurs


Rémy la Renifl' (3) : peut-être aurait il du préférer l’absence… son incidence sur la session s’est limitée hier à féliciter la Bourronne et Diane ! Peu en réussite le peu de fois qu’il est parti, peu parti, la session de Rémy est terne, terne, terne. Rien à signaler donc, sinon que les ambitions de nouvelle victoire paraissent dorénavant derrière lui. Sa note, 3, comme médiocre. 

Dédé la Mitraille (5) : il n’aura pas espérer longtemps lutter pour la gagne dans ce Ternay Tour. A peine est il commencé que Dédé est déjà dans le peloton arrière… Une session particulièrement difficile hier soir, pour le vétéran de la Grougniat, qui n’a pas à rougir des jeux qu’il touchait, mais n’a jamais pu en profiter… Au parté-chuté, Dédé a fini premier hier soir. Son alliance nouvelle et surprenante avec GC lui aura même coûté des points… Bref, une passe délicate… Sa note, 5, pour ne pas sanctionner sa poisse.

Cingllette (6) : Bien accroché, Cingllette n’en démord pas : une session en dessous des 2000 points n’est pas une session… Absent des débats et absent des chutes, Cingllette n’a pas fait parler de lui hier, sinon par la geinte… Se plaignant de la chance des autres et de son manque de jeu… N’empêche, celui dont la régularité est la force majeure est bien présent au classement, plus que jamais en position de faire une marc raquil. Des soirées discrètes à plus de 2000, la marque des grands. Sa note, 6, pour saluer sa régularité.

GC DIALEY (6) : Incompréhensible, malgré la défense de son nouveau compère, Dédé. Adepte d’une énième théorie, fustigé par les étonnements permanents des Grands Maîtres face à des annonces d’une modestie sans rapport avec la qualité des jeux qu’il touche, GC se gargarise du soutien de Dédé, inespéré, et, sans démériter pour autant, ne franchit aucun palier. Certes, il ne perd plus, et c’est une progression notable le concernant. Mais peut il lutter pour le titre en faisant preuve d’une telle timidité ? Les observateurs objectent que GC est en phase de reconstruction psychologique (on l’a d’ailleurs senti tendu hier soir), et qu’avant de retrouver un peu d’allant et de légèreté, il est normal que son jeu se soit recroquevillé. Des espoirs donc. Et en attendant, de quoi se rassurer : les profondeurs du classement sont derrière lui. Sa note, 6, pour saluer son retour aux premières loges.

Madame la Bourronne de Mesrine (7) : une session à vous couper le souffle, au mépris des girouettes de la théorisation intempestive ! La Bourronne est partie, a chuté, est repartie, a grimpé, et n’a cessé par la suite d’accumuler les points ! Une session à tout point de vue spectaculaire ! D’autant plus qu’un tel jeu appelle à quelques dégâts collatéraux… On reste circonspect devant ses échanges de gentillesse avec Rémy… et la fin de ses relations privilégiées d’avec GC… Un nouveau départ pour la Bourronne ? En tout cas, son Ternay Tour prend un virage. Sa note, 7, que de spectacle !

Diane la Chasseresse (7) : égale à elle-même, c’est à dire, en ce moment, au-dessus du lot. Dans le jeu, on ne voit bien que Cingllette pour rivaliser avec elle. Sereine, combative, elle se fait tour à tour attaquante ou prudente. Elle tente, se réserve, accélère, ralentit. Bref, elle maîtrise son sujet et, sans jamais aller dans le trop ou dans le pas assez, elle maintient une moyenne élevée qui la propulse dans l’orbite d’un éventuel nouveau record ! Sa note, 7, qui reflète sa maîtrise du jeu.


Nothing but the grougniat !

Nadine Amouk
Envoyée spéciale
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