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CHAPITRE XIII
Scarlett ne connaîtra plus jamais les plateaux de cinéma…
Après ses aveux inattendus, elle avait continué ses explications et avait décrit le meurtre avec une précision qui ne laissait pas de doute sur sa culpabilité.
Deux heures après que les grands maîtres aient regagné leur chambre, elle s’était rendu devant celle de Dédé. Elle a alors utilisé la carte d’accès que Miller avait récupéré par terre suite à l’altercation que ce dernier avait eu avec la victime. C’est à ce moment là qu’elle avait eu l’idée. Elle avait décidé que Dédé devait payer.
Lorsqu’elle entra dans la chambre du grand maître, il n’y avait aucun bruit dans la pièce. Dédé dormait sur le côté, face à la fenêtre. Cela lui avait rendu la tâche plus facile. Elle avait saisi une chaise qui se trouvait à côté du lit et avait frappé le vieil homme deux fois, sans jamais hésiter une seconde. Sûr qu’il était suffisamment assommé, elle l’avait alors déshabillé et traîné jusqu’à la salle de bains, où elle l’avait installé dans la baignoire. Peut-être était-il déjà mort à ce moment là, elle ne le savait pas.
Son idée première fut de faire croire à une chute fatale. Mais c’est au moment où elle avait tourné le robinet d’eau chaude que tout avait dégénéré. Il lui sembla que le corps avait bougé – ce qui est difficile à croire, vu la force des coups qu’elle venait de lui porter – et elle avait alors saisi le pistolet qu’elle avait emmené avec elle, pour le cas où les choses auraient mal tourné. Elle avait alors abattu le grand maître déjà inerte d’une balle entre les deux yeux. Elle expliqua ensuite qu’elle ne se souvenait plus vraiment pour quelle raison elle avait saisi un des couteaux dans la petite cuisine qui équipait chaque chambre. Elle se revoyait juste en train de larder le coup ce corps sans vie.
Elle avait ensuite effacé le plus possible de traces, comme elle l’avait vu faire dans un de ses films. Elle ne savait pas si les policiers pourraient remonter jusqu’à elle, mais elle était tellement soulagée par sa vengeance que cela lui importait peu. Elle avait alors quitté la chambre. Sa seule erreur aura été d’oublier de fermer le robinet d’eau, ce qui a donné l’alerte plus rapidement que prévu, évitant ainsi d’effacer encore plus de traces sur le corps.
Le procureur n’avait pas besoin de plus. Il était déjà devant la presse qui attendait comme un charognard depuis la veille devant les portes closes de l’hôtel. Bien-sûr, il embellit un peu l’histoire, pour prendre des gants vis à vis de l’opinion. Il relata la relation entre G.C et Scarlett, la jalousie de Remy. Il affirma que Dédé s’était aperçu de cette relation et que pour se venger Scarlett l’avait froidement assassiné. Peu subtil raccourci de l’affaire. Mais l’important était de sauver les meubles pour l’administration : un grand maître tué, un acteur suicidé et une actrice arrêté… il y avait eu assez de grabuge pour une même journée.
Mais Scarlett ne connaîtra jamais la prison…
Deux heures après la déclaration du procureur, la jeune femme fut emmenée sans menotte dans les allées de l’hôtel. Tout le monde se pressait contre le cordon de sécurité que la police avait mis en place pour l’occasion. Les flashs crépitaient dans tous les sens, les journalistes hurlaient pour tenter de recueillir une déclaration. Seuls les grands maîtres restaient à l’écart, peu interressés par les évènements. Ils étaient déjà passé à autre chose. La jeune actrice avançait tête baissée, le regard vide, semblant ne plus être de ce monde.
Ainsi, elle ne vit pas arriver Alex. Personne ne la vit arriver d’ailleurs. Cette jeune femme, amoureuse éperdue de G.C depuis des années, qui s’était faite éconduire par le grand maître à de nombreuses reprises, avait vu la déclaration du procureur dans une des télévisions de l’hôtel. Elle était là depuis le début, indifférente aux drames de la nuit. Mais quand elle avait entendu la révélation de la liaison de G.C et Scarlett, sa jalousie devenue maladive au fil des années s’était réveillée en sursaut. La balle qui sortit de son petit pistolet qu’elle avait toujours sur elle vint se loger pile dans le front de Scarlett, qui s’écroula presque souriante, comme libérée…
Les hurlements retentirent alors, trois policiers maîtrisèrent Alex sans mal et les flashs crépitèrent de plus belle. Julien Tchad, qui avait assisté à toute la scène comme on regarde une pièce de théatre s’approcha alors du corps de l’actrice. Il la regarda quelques secondes et lui ferma les yeux, en se disant que c’était peut-être mieux comme cela.







