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Publié le 06/07/2007 à 13:39
Par lagrougniat
Deuxième lettre de Ravachol en deux jours. Cette éditorialiste amateur nous abreuve de missives en tout genre, ciselées comme un couteau manufrance, et nous ne pouvons faire autrement que de publier à nouveau son courrier, cette fois consacré à G.C DIALEY. Alors, si par hasard vous connaissez personnelement l'auteur anonyme... annoncez lui qu'il est engagé.




Faut il fantasmer sur GC ?

 
Est il Grand Maître plus audacieux ? Est il Grand Maître plus fougueux ? Est il conquérant du jeu qui a connu plus de succès de cœur ? Est il d’autre Petit Prince que GC ? 

Aucun autre. GC est le Petit Prince de la Grougniat. Ce Grand Maître espiègle et joueur au caractère odieux et qui pourfend les cœurs. 

Scarlett est sa dulcinée. Sa chère. Son heure et son éternité. Elle est son idéale. Celle qui berce ses rêves et ses baisers. Celle qui pleure loin des bras aimants de celui qui vit pour elle… pour elle et, souvent, en d’autres bras aimants. 

Ainsi est le Petit Prince, un gourmand insatiable à l’estomac aussi grand que les yeux… et la DOIGT seule sait bien comment grands sont les yeux de GC… Immenses, les yeux de GC ! Ils embrassent l’horizon et plus encore, ce qui se refuse au regard et se dessine dans l’imagination, les yeux de GC l’embrassent aussi !
Ainsi va l’homme, d’un cœur câlin et vagabond, aux sons radieux des ailleurs, butiner de fleur en fleur les sucs du monde… et se gorgeant de ces plaisirs, gourmet, les savourer chacun avec l’onctueuse sensualité des séducteurs les plus animaux ! Fauve de ses dames, et dans les tentacules de ses regards malins, il les fait se ployer sous lui, et les voilà qu’elles tombent comme des mouches, éperdues, passionnées… épanouies… femmes ! 

L’officiel tableau. Le chant baladin. L’hymne dithyrambique. L’image poursuivi. 

Et la triste vérité. Si crue, si douloureuse, de ces cortèges de pleureuses insatisfaites. Des ces malheureuses d’éperdues devenues perdues… De ces foules errantes de femmes en cris, implorant l’explication… déplorant l’incompréhension qui assaille et torture leur cœur ! Ventres nus offerts aux vents assassins des chagrins les plus vils, ces femmes égrènent les mètres d’une souffrance sans fin… abandonnée dans leur chair à des désirs perdus… abandonnée dans leur âme, comme trahie par la vie… cette vie miraculeuse qu’elle ne demandait qu’à chanter, tous cris de jouissance, dans les bras et sous la main et les baisers de celui qu’elle pensait être l’incarnation même du Sentiment ! 

Eh quoi ? ces femmes perdues ? Laissées au vague à l’âme. Attendrissant les chantres de la compassion et des bonnes œuvres. Filles bonnes à l’inspiration de la pitié… au carrière ascétique des austères couvents… livrées à jamais aux seules caresses des linges propres de leur coiffe vierge de vieilles filles trompées ! 

Ces cortèges vont ça et là, guenilles sur le dos pour les plus anciennes d’entre elles, premières victimes qui n’ont pas su prévenir le danger qui, déjà, guettaient de plus jeunes et d’autant naïves, robes déchirées ou défraîchies, pour les plus récentes de celles qui, le cri du Cracoucas poussé, s’en sont retrouvées bien au froid dans leur draps souillés et délaissés… 

Il est passé, il est parti, le Cracoucas poursuit son vol… Dom Juan des temps modernes qui, entre deux sessions de Grougniat, s’éprend et prend et file, coureur de jupons extraverti, sensationnel génie du plus merveilleux art de la drague, il est passé, il est parti, le Cracoucas poursuit son vol. 

Faut il fantasmer sur GC ? 

Déjà pourfendent les airs des airs offusqués et des poitrines gonflées par la colère… Et celles là même des plus vigoureuses qui n’hésiteront pas à demander le scalp des couilles de GC, celles là même qui la minute d’avant n’en pouvait plus à ne serait ce que lire son nom, celles là même imploreront demain GC de les réduire au rang de fantassins dans cette armée d’ombres abattues qui ont connu ses bras à lui… car il n’est point de déchéance qui dépasse le fantasme de ses bras… et qu’aucune, non aucune, ne peut s’empêcher de croire encore au miracle ! à la légende ! aucune ne peut s’empêcher de croire qu’en ses bras à elle, ses bras à lui, enfin, ne se desserreront plus ! 

Déjà les voix mâles et jalouses s’élèvent pour fustiger l’attitude honteuse du Petit Prince, et le traitant de consommateur l’insultent sur la beauté de ses discours face au ridicule de ses coups de lapin… Déjà, les rocailleuses articulations de bouche des pensionnaires de maisons de retraite prononcent des onomatopées scandalisées pour invoquer au retour de la Morale ! 

Soit, GC est un vilain petit canard qui brise les cœurs comme les maladroits brisent les verres ! Mais, qui, devant pareil succès, qui se refuserait aux plaisirs dispendieux de toutes ces couches offertes sur un plateau ? Qui se refuserait à un tel chant de son ego ? Qui se refuserait à ce qui ne se refuse pas ? Sinon celui qui n’aurait pas de cœur, ou pas de sang, ou pas d’envie, ou nul désir… ? Qui se refuserait ne serait pas humain ! 

Celles qui fantasment n’ont elles point d’esprit entre leurs deux oreilles, pour entendre que Scarlett est Sa dame, l’unique et l’adorée, et qu’il n’est point, dans toutes ses évasions, que d’escapades pour l’aimer mieux ?
Elles ont, évidemment… mais plus encore de cœur, et la raison de leur chair, indiscutable mouvement de l’être… Et nous ne saurions pas leur refuser d’aller ainsi à leurs pulsions les plus intimes !


Aussi par tant qu’il fut provocateur et fou de proclamer ainsi aux libertés de telles mœurs, nous conjurons ces dames de fantasmer encore… Le Petit Prince a de belles fesses devant lui.
 

Signé Ravachol
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