Ce soir c’est la grande finale, quelles sont les forces en présence ? Impérial depuis plusieurs sessions, Cingllette est le vrai favori de cette finale. Il lutte à des hauteurs de points dont la constance est un signe de force sans comparaison aujourd’hui autour de la table. Car la première place de Rémy ressemble à une surprise sans explication. Qu’il ait eu des résultats probants ne surprendra personne, mais il n’a pas été aussi dominateur et puissant dans le jeu qu’a pu l’être Cingllette. Leur duel relève donc de l’inédit, car il ne s’est précisé que lors des dernières manches, sans s’inscrire dans une durée et un affrontement psychologique affirmés !
Au fait, Rémy a plus semblé en lutte contre les Tanches, qu’en lutte pour la victoire, et Cingllette a plus paru lutté pour la gagne depuis le début.
Les deux grands maîtres sont donc dans des approches totalement opposés du jeu. Rémy, qui prône pour des stratégies d’équipe et collective ; Cingllette, qui fait son chemin seul, en indépendance. Ces approches ne sont pas neutres, elles témoignent d’une conception de la Grougniat bien différente, de stratégies qui amènent avec les même cartes à faire ci ou ça. Cingllette a validé la technique de l’attente épicière. Rémy celle de la délétérisation discrète. Profitant du feu verbal de Dédé, Rémy est passé entre les gouttes des flammes des tanches, avançant souvent sans se montrer vers les sommets. De plus, Rémy a pu compter sur l’infaillible soutien de Diane.
Cingllette de son côté, sachant qu’il ne pactiserait avec la Bourronne que pour supporter la pression mentale de la délétérisation, qu’il supporte mal, n’a compté que sur son jeu pour faire ses points, et accessoirement, sur de belles épiceries.
Peut-être saura t il accrocher l’avant dernière place, et éviter le bourron de bois, mais il serait totalement injuste que Dédé, en vrai ressort sur ce Ternay Tour, finisse bon dernier. Dédé n’a pas manqué de flirter plus d’une fois avec les sommets, et ne serait cette fin de compétition et quelques sessions catastrophiques, il luttait pour le podium, ce que GC n’a pas imaginé une seule seconde en 2007.
Entre le duel des vainqueurs, et le duel des derniers, les femmes de la Grougniat se tirent elles aussi la bourre ! Rappelons que la première des Grands Maîtres et le premier des Grands Maîtres gagnent une nuit d’amoureux à Venise… Et que depuis cette fabuleuse expérience partagée, la Bourronne et GC ont pactisé pour toujours sous le signe du Diable !
La Bourronne veut faire le doublé, mais ne s’arrête pas à la course de la meilleure femme de la Grougniat… Peu lui importe, à la veille de la journée de la femme, cette « récompense de perdant » comme elle l’appelle. Elle veut être première tout court, et sait qu’elle peut encore interférer dans le résultat final et coiffer Cingllette et Rémy au poteau… Cela pourrait lui coûter sa place de meilleure femme, car à lutter avec les gros poissons, elle pourrait se noyer, et Diane en profiter pour accrocher le podium !
Au reste, on ne voit pas bien comment le titre échapperait à Cingllette ou Rémy. Que l’un d’entre eux coule, et finisse troisième, passe… Mais que les deux se ramassent et cèdent le titre à une Grande Maîtresse, cela semble peu probable. On ose imaginer, d’autant plus, que si la bourronne est en train de remporter le Ternay Tour, de vieilles alliances pourraient ressurgir, et les anciens de la Confrérie des Glands s’allier pour faire chuter une Bourronne devenue ambitieuse ! Dans le cas d’une envolée de Diane, on voit mal Rémy ne pas lui prêter main forte…
Ce soir, la finale, à moins de facteurs chance incommensurables, reviendra à Diane, Cingllette ou Rémy. Sans nul doute. Le grand champion 2007 est dans cette liste. Analyse définitive. Alain Béchamel.







