Cette fois, Maître Piergès pourrait ne pas suffire. Si l'on doutait encore du sérieux de l'affaire, la petite confidence du célèbre avocat de Rémy en disait long sur les conséquences éventuelles qui planent au dessus de Cingllette et de Rémy. Alors qu'il sortait du Palais Grougniste de Charles Quintefleuche, Piergès soufflait quelques mots derrière un soupir : « Pfff... J'exerce dans le cadre des règles ; au-delà, j'amoindris les dégâts, mais de là à les empêcher... Je ne suis pas Jésus, je ne fais pas de miracle ! »
Le patron n'aurait pas apprécié et a envoyé un communiqué dans la foulée à l'agence GAI : « Cingllette et moi non plus ne sommes pas Jésus, et pourtant notre jeu est ponctué de coups de grâce et la provocation du miracle une part de notre technique. » C'est que Rémy aurait assuré Cingllette de maîtriser l'affaire et qu'en confiant les rênes à Pierges les investigations n'iraient pas bien loin...
Mais quelle est cette troublante affaire qui mobilise la Justice et provoque l'incompréhension entre le Sniff et son avocat conseil ?
Les tenants en détails ne sont certes pas connus, mais déjà ont filtré l'essentiel. Alors qu'ils partageaient un week-end d'entraînement du côté de Val d'Isère où ils retrouvaient leur ami commun Bode Miller, Cingllette, Madame la Bourronne et Rémy ont connu une soirée de dimanche agitée. Dès le lendemain matin aux aurores, le service juridique de la Bourronne posait plainte au Parquet de Paris en même temps que la championne faisait le forcing auprès de Charles Quintefleuche.
Pas plus tard qu'à midi, Cingllette et Rémy se faisait représenter par Piergès qui déboulait à son tour dans les bureaux du Président de la DOIGT.
En cause, Cingllette et Rémy sont accusés d'avoir abusé de la Bourronne en la droguant afin de l'affaiblir dans la perspective de la prochaine session.
Dans des accès émouvants, la représentante de Madame la Bourronne de Mesrine faisait partager le malaise de sa cliente : « Elle s'est réveillée atrocement malade, prise de nausée et vraisemblablement traumatisée par une nuit agitée d'un sommeil blanc ! Alors que le Grand Circus Ternay Tour et qu'il est quasi officiel que Cingllette et Rémy se sont ligués contre la Bourronne, il ne fait aucun doute qu'ils ont usé de toutes les astuces pour affaiblir la Bourronne ! »
La championne simule t elle l'impact des exactions qui auraient été commises ? A t elle transformé ses propres faiblesses en conséquences fâcheuses d'infractions illégales ?
Les Juges se baseraient principalement sur des clichés et vidéos tournés par Cingllette et Rémy qui seraient, pour ceux qui les ont vu, « consternantes pour l'image des deux Grands Maîtres fautifs ». De nature à provoquer une exclusion temporaire de la Grougniat et des points de pénalité ? « Il a le ridicule d'un comportement, et sa légalité. Jusqu'à preuve du contraire, si les deux Grands Maîtres ont passé les bornes et se sont comportés comme des adolescents, ils n'ont franchi aucune limite légale. Mais l'enquête sur ce point doit faire toute la lumière. »
Réagissant hier dans son émission de radio, Dédé n'y allait pas par quatre chemins : « Qu'on cesse d'imaginer que les Grands Maîtres ont besoin de loi. Ils sont leur propre loi ! Si Cingllette et Rémy ont tenté de déstabiliser la Bourronne, alors elle aura été assez faible pour être piégée ! Mais s'il s'avérait que Cingllette et Rémy portaient atteinte à l'image de la Grougniat, il serait normal de les sanctionner ! »
En attendant de se procurer les fichiers photographiques mis en cause, la rédaction est déjà en mesure d'annoncer que Cingllette aurait insisté pour que le staff d'avocats missionnés pour la défense des accusés soit complété par l'avocate de Diane, Maître Émilie Mètre. Une avocate dont la devise est, nous vous le rappelons : « Ni coupable, Ni responsable, vous n'avez pas à payer ! ».
Nothing but the Grougniat !
Eloïse Delot
Chroniqueur Judiciaire Grougniste







