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Publié le 10/01/2009 à 08:59
Par lagrougniat
Mme la Bourronne voulait déclencher une réaction de la DOIGT avec sa demande de report de session. Hier, dans nos colonnes, les avocats des différentes parties se sont affrontés à coup de communiqués. Mais aujourd'hui, le débat prend un aspect moral : Habib Liotec a eu le privilège d'interviewer deux des plus grands penseurs du monde grougniste pour réagir sur ce thème...



La tempête médiatique bat son plein alors que l'année 2008 est terminée, le classement du Bourron d'Or normalement définitif mais les attaques juridiques de la Bourronne sur le devant de la scène.


La Grougniat toute entière est presque paralysée, les sessions pour l'instant suspendues, et le jeu se déroulant dans la presse.


Session annulée, année terminée, tout devrait suivre son cours, sauf que... la dernière session s'annonçait ouverte à tous les possibles entre les deux prétendants au Bourron d'Or, Rémy la Renifl' et Madame la Bourronne de Mesrine.

 

Cette dernière, qui a fait annuler la dernière session, s'estime en droit de réclamer une session de rattrapage afin de disputer pour de bon le titre à celui qui occupait la tête du classement annuel, Rémy.

Les avocats de l'une et de l'autre sont sur le pont, sollicitant articles de loi et jurisprudence grougniste, au grand dam du grand public dépassé par la technicité de tels recours et démarches.

Henri Hiette et Edmond Héparvaut, deux philosophes passionnés par la Grougniat, nous aident à comprendre la situation. Les propos sont rendus ici sans aucune transformation.
 

 

La Grougniat : Henri Hiette, les recours de la Bourronne sont ils des faits hors-jeu ? 


Henri Hiette :
Non, bien sûr que non ! La réaction populaire des supporters de Rémy qui considèrent les démarches de la Bourronne comme honteuses est une forme d'ineptie. La Bourronne ne pouvait pas se retrouver deuxième au classement général sans intenter quelques actions que ce soit.

Edmond Héparvaut : Cependant que la Bourronne défend ses intérêts, elle ignore cependant la marche de la Grougniat, et attaque par la même aux bases mêmes de la Grougniat.

 

La Grougniat : Pourquoi serait ce normal, pourquoi serait ce anormal que la Bourronne active un levier juridique ?

Edmond Héparvaut : Vous posez la question en sens inverse de la façon dont il convient de réfléchir. En effet, il ne s'agit pas tant de savoir s'il fallait ou non activer le levier juridique. Ceci est un moyen. Il s'agit davantage de savoir s'il convenait ou pas d'accepter une défaite. C'était une question de fair-play. La Bourronne l'a transformé en affaire de droit.

Henri Hiette : Je ne suis pas d'accord. Premièrement, il me paraît totalement illusoire d'imaginer que le fair-play existe dans la Grougniat lorsqu'il s'agit de négocier l'obtention d'un titre aussi prestigieux que le Bourron d'or.

Edmond Héparvaut : Vous me permettrez de rappeler que nous ne sommes pas là pour caractériser la qualité du titre de Bourron d'Or !

Henri Hiette : En effet. Je reprends donc de manière plus neutre. Le fair-play n'est pas de mise entre Grand Maître lorsque la victoire est en jeu. Sur ce point, il y a les idéalistes, qui se coupent de la réalité, et ont une clé de lecture faussée, puisqu'elle ne correspond qu'à des attentes personnelles et philosophiques, mais qu'elle n'est en aucune mesure en capacité de traduire un quelconque fait réel. Ceci éclairci, l'initiative de la Bourronne s'inscrit donc tout simplement dans une stratégie pour gagner, ce qui est l'essence même du jeu des Grands Maîtres. Ils veulent triompher.

Edmond Héparvaut : C'est l'essence des Grands Maîtres, leur moteur, mais cela ne peut pas être le moteur du jeu, de la Grougniat, où l'année se perdrait en recours juridiques plutôt qu'en sessions jouées. L'idéal que vous moquez, s'il ne gouverne pas au destin de la Grougniat, lui manquerait alors au point de l'emporter avec lui dans l'oubli, car aucun jeu ne serait davantage possible !

 

La Grougniat : Présentement, et je me permets de vous couper, quelles sont donc les clés de lecture de la situation ?

Henri Hiette : Selon moi, il y a une alternative. D'une part, la décision appartient à la DOIGT, et c'est ici une procédure institutionnelle en cours. D'autre part, l'évolution de la situation appartient aux Grands Maîtres, et le jeu stratégique des influences est au cœur de la question. Ce second point n'est pas sans importance, au contraire : la décision de la DOIGT sera fortement influencée par l'attitude des Grands Maîtres. Si une majorité d'entre eux haussent les épaules aux attaques de la Bourronne, la DOIGT ne bougera pas davantage. Si les Grands Maîtres réagissent soit dans le doute, soit favorablement à l'initiative de la Bourronne, alors la DOIGT en tiendra compte.

Edmond Héparvaut : Je conviens que la distinction de ces deux éléments, l'un institutionnel, l'autre relevant de la stratégie des acteurs, et de leur interconnexion, est pertinente. Toutefois, je trouve cette analyse dépourvue de la moindre dimension, excusez Henri, philosophique. Or, il me semble que la situation commande un positionnement qui ne néglige pas l'attitude morale à adopter.

Henri Hiette : Une nouvelle fois, les grands mots plutôt que les solutions concrètes !

Edmond Héparvaut : Mais vous ne croyez pas vous-même une seule seconde que les solutions concrètes ne s'inscrivent pas dans un contexte moral et des codes propres à assurer la pérennité d'une organisation sociale ! Puis je terminer ?

Henri Hiette : Je vous prie, et ne perdez pas votre sens de l'humour !

Edmond Héparvaut : Je considère donc qu'il faut intégrer la situation présente dans le corpus moral et éthique de la Grougniat. Le jeu fonctionne grâce à deux logiques implacables. D'une part, la vérité du jeu lui-même. D'autre part, la permanence du jeu. La vérité du jeu d'abord, c'est à dire, et nous voilà pour plaire à Henri, dans du concret !, c'est celle des sessions, du tapis, des scores. La vérité qui sort de la bouche du croupion, et qui est la conséquence même des parties réalisées par les Grands Maîtres, de leur performance. Selon cette vérité, le classement, par moyenne, est établi, étant entendu qu'un nombre de session minimum est nécessaire pour être intégré dans le classement; C'est le principe du quorum. Par ailleurs, il faut tenir compte d'une seconde logique, celle de la permanence du jeu. Cette permanence est la garantie de la pérennité de la Grougniat : le jeu ne s'arrête jamais, une session en chasse une autre, une compétition s'arrête et dans la foulée une compétition reprend. La vérité des scores plus la permanence du jeu sont à la base même de la Grougniat, ce qui permet aux sessions d'avoir lieu, au spectacle de se tenir ! Le recours juridique de la Bourronne, qui demande à rejouer une session alors même qu'une compétition est terminée, pour une raison calendaire irréversible, va à l'encontre du principe de permanence des jeux. Elle en devient, par extension, un refus de la réalité concrète des scores, qui sont le fruit d'une succession de sessions, et non pas d'une session en particulier.




Deux courants de pensées opposés, deux Ternay Tours d'écart...

La Grougniat : On comprend bien donc, que d'un côté la procédure de la Bourronne choque, et que de l'autre elle semble être somme toute des plus naturels. Pensez-vous que le Bourron d'Or 2009 doit commencer lors de la prochaine session ?

Edmond Héparvaut : Comment pourrait-il en être autrement, sinon dans une distorsion à peine compréhensible des lois calendaires ?

Henri Hiette : J'admire le talent d'Edmond, qui n'est jamais à l'abri de nous donner des leçons, de nous apprendre que ceci est bien ou que cela est mal et que, si nous souhaitons que le monde ne s'écroule pas, alors nous devons vivre de telle ou de telle autre manière. Sous couvert d'une protection de l'esprit, on se retrouve dans un emprisonnement des actes, et ces derniers s'autorisent ou ne s'autorisent pas ! La question du Bourron d'Or 2009 n'est à mon avis tout simplement pas d'actualité tant que le recours juridique de la Bourronne est en cours.

Edmond Héparvaut : Tout cela vous fait rire, mais tout cela est bel et bien risible. Sur ce point, vous ne vous trompez pas !

Henri Hiette : Vous n'acceptez pas que la Bourronne s'accroche ! Mais devait-elle accepter sans mot dire ?

Edmond Héparvaut : Où place t on le panache, voilà qu'il m'intéresserait de débattre avec vous !

Henri Hiette : En haut du classement pour ce qui me concerne !

Edmond Héparvaut : Voilà bien la parole d'un de ses tenants aveugles du Bourron d'Or, quoiqu'il soit un classement sot !

Henri Hiette : Les pro Ternay Tour, tel que vous, oubliez que le Bourron d'Or est leur somme !

Edmond Héparvaut : Les pro Bourron d'Or obstruent la vraie compétition, celle qui tient en haleine toute la planète Grougniat, celle du Ternay Tour en cours ! Que la Bourronne veuille un Bourron d'Or soit, et que sa malédiction lui pèse, très bien, mais qu'elle n'oublie pas la compétition qui est encore en cours ! Si elle venait à gagner une session de rattrapage et gagne par la même et le Bourron d'Or et le Ternay Tour, faudrait-il que Rémy intente à son tour un recours en Justice ?

Henri Hiette : Je ne vous parle pas de livrer la Grougniat à des actions démesurées !

Edmond Héparvaut : Vous défendez une procédure qui, si elle devient coutume, ouvre la porte à toutes les entraves au jeu !

Henri Hiette : Alors ne réfléchissons plus et jouons à l'aveuglette !

Edmond Héparvaut : Avouez que, en prêtre du Bourron d'Or, et en contradicteur zélé des stratégies de Rémy, vous ne faites que défendre l'accession du titre qu'il vous plaît un Grand Maître de votre goût !


La Grougniat : Calmez-vous, messieurs ! Edmond, rasseyez-vous s'il vous plaît !


Henri Hiette :
Car je dois cacher plus longtemps au grand public qu'elles sont vos motivations ? Vous, le contempteur de la Bourronne, admirateur effréné de GC Dialey, et qui servez ses thèses pro Ternay Tour, vous oubliez trop souvent que l'éclat du Petit Prince ne tient pas du lustre maudit de la Bourronne, et qu'elle peut encore gagner le Ternay Tour, quand bien même vos parangons de lois empêcheraient à la Bourronne de mener sa bataille !

 

La Grougniat : Messieurs, la violence ne résoudra rien... Arrêtez ! Reprenez l'exercice des mots, surtout que vous êtes de piètres joueurs de mains !

(L'interview s'arrêta suite à l'intervention des services de police pour séparer les deux polémistes...)

Nothing but the Grougniat !
Habib Liotec

  

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