Tous se sont engagés autour d’un Pacte Grougniste, signé au Grand Palais ; ils ont aussi chacun livrés leur vision des relations entre la France et la Grougniat, chacun s’accordant à conserver l’esprit de partenariat fraternel qui unit la France à la Grougniat depuis tant de siècles…
Le nouveau Président n’ira pas jusqu’à nommer un Ministre d’Etat aux relations Grougnistes, la DOIGT ayant insisté pour rester apolitique jusque dans ses relations diplomatiques avec les Etats… mais il est clair que le futur Premier Ministre portera la même attention au dossier Grougniat… que tous ses successeurs… La Grougniat, sans être reconnu comme une enclave étatique à part entière, bénéficie d’une reconnaissance internationale en tant qu’organisation indépendante dont l’Etat français est garant devant l’assemblée onusienne, suite aux accords de Amsternay, en 1933.
Il est temps de tirer déjà quelques conclusions, et de tracer les quelques lignes de force des deux dernières manches qui se profilent.
Cingllette est bien le joueur dominateur, celui qui gagne et que les autres Grands Maîtres tentent de détrôner, un joueur sans alliance et sans panache mais d’une efficacité rare… Son calme rarement mis à mal, il affiche constamment le sourire carnassier du grand prédateur, et exerce ses techniques de jeu avec la maîtrise d’un horloger suisse … pliant la Grougniat sous sa logique implacable… Les spectateurs le haïssent doucement, comme on déteste un père admirable, et tremblent à l’idée qu’enfin, les autres parviennent à le bousculer davantage… Sa domination est une des attractions principales de ce Ternay Spring Tour…
Diane a les mains les plus magiques du plateau, mais elle manque encore de maturité pour prétendre à la victoire… celle qui a porté le record du monde à des hauteurs bubkaïennes s’effrite sur la longueur… Elle cède aux pressions délétères, s’estime trop vite lésée en atout, quand il peut encore lui en rester cinq en mains… Et ne s’est pas encore assez affranchi de l’ancienne alliance des Justes… Déterminée à porter des coups de boutoir à Cingllette, elle s’est éloignée de sa Juste Puissance… et est menacé, après avoir écrasé le début de la compétition, d’être rattrapée par the Sniff… c’est dire que le recul est total…
Le trop fantasque Dialey n’est plus une énigme : il est le Henri Leconte de la Grougniat, l’enfant terrible qui peut faire de l’or avec du plomb, mais qui a sans doute les yeux beaucoup plus grands que le ventre… sa vision du jeu, emprunte de romantisme, le pousse à des absolus qui l’envoie au tapis plus souvent qu’à son tour… le public, c’est sûr, vient le voir jouer… Mais le jeu ne vient plus le couronner, et voilà le chéri de ses fans qui stagnent entre les premiers et les derniers, n’appartenant à aucune des batailles… En bataille avec lui-même, GC ? !
Dédé, bon an mal an, a pris la température des uns et des autres, construit une stratégie aux solides fondations, et grâce à un mental d’acier, patiemment, il se rapproche des sommets… joueur classique s’il en est, il répugne aux stratégies épiciennes sans foncer tête baissée dans les ivresses d’un Dialey obsédé par le panache… et colle aux basques de la première place avec sûreté… Celui qui réaliserait la vraie belle opération de ce Ternay Tour en accrochant un podium mérité est d’ores et déjà en lice pour la victoire du Summer Time Ternay Tour… S’il n’a pas, avant même la prochaine édition, graver son nom en lettres d’or sur les sessions du printemps…
La Bourronne est inconstante ! dieu qu’elle ressemble de plus en plus au Poulidor de la Grougniat… toujours classée, toujours dans la bataille… mais jamais première ! Le spectacle, s’il est assuré par GC chez les hommes, l’est assurément par elle chez les femmes… entre les épiceries de Cinglette et les folles embardées de GC, elle ne s’est pas décidé, et favorise l’alternance, penchant parfois dans les tréandises, ou les totales absurdités… son mental s’est affaibli au cours de ce Ternay Spring Tour, qu’on ne la voit pas emporter…
Tentée un temps par la refonte de la Rémy Julienne, elle tergiverse encore entre les amours tumultueuses d’avec GC, à nouveau avec Scarlett, et les amours impériaux d’avec Cingllette… Trop préoccupée par la victoire, la Bourronne en oublie de jouer juste… Mais a t elle besoin d’avoir une stratégie lisible ? La Bourronne, autour du tapis, a plus d’un tour dans son sac, et peut sortir n’importe quel coup de derrière les fagots… Aurait elle un poil de chance supplémentaire lors des deux dernières sessions, elle sera candidate sérieuse à la victoire…
Rémy est il encore un grand maître ? Absent plus de la moitié des sessions, il ne s’est pas remis de sa défaite dans le précédent Ternay Tour, alors que la victoire lui était promise depuis de longues semaines… En quête d’une nouvelle stratégie de jeu, il erre d’alliances en alliances… axant désormais le gros de son talent dans l’exercice délétère… qu’il maîtrise aujourd’hui mieux qu’aucun autre Grand Maître, tant il est loin au classement ! Premier Grand Maître à franchir le niveau 5 sur l’échelle D. Lether (du nom du scientifique québécois, Didier Lether, qui classifia la délétérisation en cinq grands niveaux de choc) en session, on l’accuse en off de serrer tant ses cartes qu’il ne les distingue plus suffisamment pour jouer correctement… ! S’il échappe à la dernière place, il aura déjà réaliser un exploit !
Les sessions qui arrivent sont les sessions de la vérité… Après GC Dialey et Cingllette, quel grand maître va tirer son épingle du jeu et coiffer les autres aux poteaux ?
Tous à vos Ternay Live !
Nothing but the Grougniat
Alain Béchamel







