Les grands maîtres ont-ils quelque chose à voir avec le meurtre de Dédé la Mitraille ? Voici le 4ème chapitre de "Killing Session", le thriller grougniste de Jean-Christophe GROJEU, en exclusivité pour La Grougniat avant sa parution...
Vous pouvez retrouver l'ensembre des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session

CHAPITRE IV
Au bout de quelques minutes, son attention s’était perdue dans le regard de la jeune journaliste. Il faut dire qu’après son divorce, il s’était tellement investi dans son travail, que la dernière fois qu’il s’était installé en tête-à-tête avec une représentante de la gente féminine devait remonter au minimum aux calendes grecques. Nadine lui expliquait les règles de la Grougniat, les sessions et toute l’organisation. Mais il trouvait cela tellement accessoire aux vues du visage de sa compagne de café qu’il n’en écoutait en fait pas un mot. Puis machinalement, il se mit à expliquer tout ce qu’il savait, sans s’apercevoir qu’il révélait des éléments de dossiers confidentiels. Nadine savait maintenant tout des conditions de la mort de Dédé.
D’après Julien Tchad, le scénario serait le suivant : le grand maître aurait été sur le point de rentrer dans son bain, lorsque quelqu’un l’aurait poignardé sauvagement à de multiples reprises. En tombant, aux vues de sa corpulence, il se serait cogné contre le rebord de la baignoire, ce qui expliquerait les bleus qui couvraient son corps. Ensuite, sans doute dans un excès de folie, le meurtrier aurait pris un pistolet de petit calibre et lui aurait tiré une balle entre les deux yeux, pour signifier une exécution volontaire.
Mais il était difficile de déterminer, vu les multiples blessures, ce qui avait véritablement causé la mort. Nadine espéra que le vieux grand maître soit mort dès le premier coup de couteau, que ses souffrances aient été les plus courtes possibles.
Il semblait que le tueur n’ait laissé aucune trace de son passage. Mais il faut dire que la salle de bain avait été inondée, l’eau de la baignoire qui coulait au moment du meurtre s’étant répandue dans toute la chambre jusque dans le couloir de l’hôtel. C’est d’ailleurs ainsi que les employés de l’étage avaient découvert le corps et donné l’alerte. Avec l’eau, presque toute preuve matérielle avait disparu.
Pour autant, malgré le machiavélisme du tueur et les circonstances du meurtre, le lieutenant ne croyait pas à un crime commis par un professionnel. L’enchaînement des évènements était grossier, les précautions inexistantes. Et l’acharnement du tueur relevait de quelque chose de personnel. Il penchait plutôt pour un concours de circonstances chanceuses qui aurait effacé les traces.
- En fait, vous m’avez invité juste pour me tirer les vers du nez ?
Le jeune policier venait de reprendre ses esprits et comprenait maintenant qu’accorder sa confiance à une journaliste sur des seuls critères physiques pourrait quand même s’avérer dangereux.
- Non ! Ne croyez pas ça…balbutia Nadine, à la fois gênée que son jeu soit ainsi découvert et déçue de ne pas avoir la fin de l’histoire.
- J’y retourne.
Le policier se leva et prit la direction de la grande salle. Il dit juste dans un sourire :
- La prochaine fois que vous m’invitez à prendre un café, dites-moi d’abord pour quelle raison vous le faites.
Nadine ne répondit pas. Après quelques pas, julien Tchad se tourna vers elle et lui demanda
- Vous me devez au moins une réponse… Comment s’est passé la session d’hier soir ? Ça m’évitera de regarder la vidéo.
Nadine sut tout de suite que si elle disait la vérité, les grands maîtres risquaient vite de se retrouver dans la tourmente.
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CHAPITRE IV
Au bout de quelques minutes, son attention s’était perdue dans le regard de la jeune journaliste. Il faut dire qu’après son divorce, il s’était tellement investi dans son travail, que la dernière fois qu’il s’était installé en tête-à-tête avec une représentante de la gente féminine devait remonter au minimum aux calendes grecques. Nadine lui expliquait les règles de la Grougniat, les sessions et toute l’organisation. Mais il trouvait cela tellement accessoire aux vues du visage de sa compagne de café qu’il n’en écoutait en fait pas un mot. Puis machinalement, il se mit à expliquer tout ce qu’il savait, sans s’apercevoir qu’il révélait des éléments de dossiers confidentiels. Nadine savait maintenant tout des conditions de la mort de Dédé.
D’après Julien Tchad, le scénario serait le suivant : le grand maître aurait été sur le point de rentrer dans son bain, lorsque quelqu’un l’aurait poignardé sauvagement à de multiples reprises. En tombant, aux vues de sa corpulence, il se serait cogné contre le rebord de la baignoire, ce qui expliquerait les bleus qui couvraient son corps. Ensuite, sans doute dans un excès de folie, le meurtrier aurait pris un pistolet de petit calibre et lui aurait tiré une balle entre les deux yeux, pour signifier une exécution volontaire.
Mais il était difficile de déterminer, vu les multiples blessures, ce qui avait véritablement causé la mort. Nadine espéra que le vieux grand maître soit mort dès le premier coup de couteau, que ses souffrances aient été les plus courtes possibles.
Il semblait que le tueur n’ait laissé aucune trace de son passage. Mais il faut dire que la salle de bain avait été inondée, l’eau de la baignoire qui coulait au moment du meurtre s’étant répandue dans toute la chambre jusque dans le couloir de l’hôtel. C’est d’ailleurs ainsi que les employés de l’étage avaient découvert le corps et donné l’alerte. Avec l’eau, presque toute preuve matérielle avait disparu.
Pour autant, malgré le machiavélisme du tueur et les circonstances du meurtre, le lieutenant ne croyait pas à un crime commis par un professionnel. L’enchaînement des évènements était grossier, les précautions inexistantes. Et l’acharnement du tueur relevait de quelque chose de personnel. Il penchait plutôt pour un concours de circonstances chanceuses qui aurait effacé les traces.
- En fait, vous m’avez invité juste pour me tirer les vers du nez ?
Le jeune policier venait de reprendre ses esprits et comprenait maintenant qu’accorder sa confiance à une journaliste sur des seuls critères physiques pourrait quand même s’avérer dangereux.
- Non ! Ne croyez pas ça…balbutia Nadine, à la fois gênée que son jeu soit ainsi découvert et déçue de ne pas avoir la fin de l’histoire.
- J’y retourne.
Le policier se leva et prit la direction de la grande salle. Il dit juste dans un sourire :
- La prochaine fois que vous m’invitez à prendre un café, dites-moi d’abord pour quelle raison vous le faites.
Nadine ne répondit pas. Après quelques pas, julien Tchad se tourna vers elle et lui demanda
- Vous me devez au moins une réponse… Comment s’est passé la session d’hier soir ? Ça m’évitera de regarder la vidéo.
Nadine sut tout de suite que si elle disait la vérité, les grands maîtres risquaient vite de se retrouver dans la tourmente.







