Dans la tempète qui fait rage, les groupes se séparent. Pour mieux se retrouver en bas ? Pas si sûr... Continuons d'avancer dans Wild Of Grougniat", le roman posthume de Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...
Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant : http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat
Chapitre 10 : AVEC REMY DANS LA DESCENTE
Alors que Rémy étudiait la carte avec une certaine inquiétude, éclairé par le mince filet de lumière d’une lampe torche qu’il avait fixé autour de son front, Diane s’avançait vers lui. Elle était suffocante mais ses mots n’hésitèrent pas. Au milieu du tonnerre et des éclairs effrayants, elle ne pouvait pas y aller par quatre chemins. Rémy ne retint que l’information : Diane n’avait plus d’énergie, elle n’avait pas confiance, elle préférait rester plutôt que de partir. Les Justes volaient en morceaux. Mais l’heure était elle encore aux clans de la Grougniat ?
MacMahon regroupait quelques affaires dans un sac et décidait d’emboîter le pas de Rémy et de GC. Il partait avec ceux qui prenaient le plus de risque.
Dédé s’avançait vers Rémy à l’écart de l’agitation. « Peut-être ne nous reverrons nous pas, Rémy ! La descente que vous entamez est une aventure risquée. Mais ici, à 40, nous ne tiendrons jamais jusqu’à la prochaine rotation ! »
Dédé replantait le décor. Sans doute avait il besoin de soulager sa conscience, alors qu’il mesurait pleinement les conséquences du choix qu’il avait prit. « Votre choix s’imposait, Dédé, c’est un choix difficile, nous l’assumerons ensemble, en Grands Maîtres que nous sommes. Ce bivouac que vous entamez sûrement pour plusieurs jours, car je ne crois pas à une rotation prochaine, sera une rude épreuve également. Gardez chacun à sa sérénité et son courage, vous en êtes capable ! »
Sur ces derniers mots, Rémy tournait les talons et finissait les préparatifs. Dédé l’interrompit une dernière fois : « Bonne chance, Rémy ! Vous avez été un loyal adversaire ! » L’Himalayen, qui comprenait que cet instant était sans doute leur ultime échange à tous deux, gardait tout son humour délétère : « Je suis toujours loyal avec ceux qui ne me conteste pas de titre ! »
Rémy avait rejoint GC quand Cingllette se porta à hauteur de Dédé. L’aïeul souriait gravement. Gleuton lui frappa amicalement sur l’épaule, avant d’en rappeler Dédé à l’organisation du bivouac.
MacMahon se tenaient déjà aux prémices de la descente. Il avait regroupé les autres membres du groupe. On reconnaissait parmi eux quelques célébrités venus assister à la session des 8000. GC et Rémy sortirent de l’ombre et se tinrent debout devant tout le monde. Rémy fit un pas en avant et prit la parole.
« J’irai au plus court : nous devons rattraper ceux qui sont partis devant nous, accompagnés des meilleurs sherpas de l’Himlaya. Ils sont plus nombreux que nous. On peut donc estimer que nous pouvons descendre plus vite. Mais ils sont guidés par des gens d’ici, des spécialistes. Ça n’est donc pas gagné. Aussi je vous demanderai à tous beaucoup d’efforts. Et je vous suis déjà gré de donner tout ce que vous avez dans le ventre. La situation est compliquée. Nous avons des chances de nous en sortir. Ces chances, va pas falloir les perdre de vue. Pas une seule foulée. Messieurs, c’est parti ! »
Tout au long du discours, nul n’eut l’idée d’interrompre Rémy. GC se sentit prit de forces épiques… et comme la situation devenait des plus dangereuses, il était persuadé qu’elle était à même de faire exploser sa personnalité dans toutes ses dimensions.







