L'étau se resserre autour des Grands Maîtres. Découvrez le cinquième chapitre de "Killing Session", le thriller grougniste de Jean-Christophe GROJEU , en exclusivité pour vous sur La Grougniat...
Vous pouvez retrouver l'ensembre des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session

CHAPITRE V
La session de la veille avait tout pour être exceptionnelle : il s’agissait de la grande finale du Ternay Tour, la dernière session de l’année. Et le cadre se prêtait au spectacle : un décor idyllique, des tribunes pleines à craquer plusieurs heures avant le coup d’envoi, un nombre de téléspectateurs incroyable (on annonçait déjà le record d’audience de l’année dans plusieurs pays), des carrés VIP remplis de people en tout genre. Les grands maîtres arrivèrent même une demi-heure avant le démarrage de la session, pour goûter à l’ambiance.
Le site de Courchevel (France) avait été choisi par Diane, le choix du lieu de la finale étant réservé au leader du Ternay Tour au soir de l’avant-dernière session. C’était son lieu de villégiature : sorties en altitude, ski hors-piste, soirées entre gens de bonne compagnie, tel était son univers. Et échaudée par les précédentes compétitions où elle s’était écroulée à quelques encablures de la victoire, elle se disait que jouer « à domicile » ne pourrait être qu’un plus. Les autres grands maîtres n’avaient pas contesté ce choix, même si le froid en rebutait plus d’un.
Nadine tentait de se remémorer à quel moment tout aurait pu basculer. La session avait pourtant démarré sur des bonnes bases, avec un jeu spectaculaire et des grands maîtres qui, pris dans l’euphorie, semblaient même en rajouter un peu. Cingllette se faisait petit pour tenter de casser sur la fin, GC DIALEY geignait et réalisait des épiceries incroyables, Mme la Bourronne partait sur presque chaque donne, alternant chutes et réussites. Remy était là pour piquer au vif ses adversaires. Tout semblait se dérouler normalement.
La journaliste saisit dans sa poche les notes qu’elle avait pris la veille, pour préparer son article. En parcourant ces lignes, plus proches des graffitis que de la prose littéraire, elle trouva l’indication « début de session : Dédé en retrait ». Et c’est vrai qu’elle l’avait observé à un moment du jeu et l’avait trouvé sans vie –l’expression apparaîtrait aujourd’hui comme une faute de goût-. Puis en cours de session, le vrai Dédé était revenu, voire même plus en forme que d’habitude avec agressions en tout genre et attaques presque sans motifs durant toutes les dernières donnes. Les menaces avaient fusé et le climat détestable des fins de session d’était réinstallé comme à l’habitude.
Pourquoi une telle attitude dans la soirée ? Qu’est-ce qui avait pu provoquer ce changement ? Dédé était connu pour être égal à lui-même à chaque session : il partait peu, épiçait beaucoup mais en s’en défendant, il était délétère et profitait de son âge pour demander le respect sans jamais le rendre. Plus elle y réfléchissait, plus Nadine se disait que quelque chose avait dû se passer, soit avant, soit pendant les premières heures de la partie. Et lorsque Cingllette prit la tête pour remporter son troisième Ternay Tour, pourquoi Dédé a t-il plus agressé les perdants que le vainqueur ? Après coup, il est vrai que cela ne lui ressemblait pas. L’habituel chaos des fins de sessions avait tout entraîné sur son passage et hormis ces détails étranges, personne n’avait rien trouvé à redire.
Nadine ne savait pas si elle devait parler de ces éléments à Lieutenant Tchad. D’ailleurs ce n’était pas vraiment des éléments… plus des impressions, un ressenti. Mais elle savait que lorsque les policiers regarderaient la vidéo, les grands maîtres seraient indubitablement soupçonnés. Les attaques de Dédé contre ses adversaires allaient donner à chacun des grands maîtres un mobile évident. On pouvait même penser que l’enquête ne se situerait plus maintenant que sur les cinq survivants.
Pourtant, elle ne croyait pas que l’un d’entre eux puisse être impliqué. Les grands maîtres étaient six, c’était leur équilibre. Personne n’avait actuellement le niveau pour remplacer Dédé et de plus, c’était l’association de ces esprits contradictoires qui faisait le succès de la Grougniat. Si on rompait cette chaîne, tout l’ensemble pouvait s’écrouler comme un château de carte. Et Nadine les savait assez intelligent pour ne pas se tirer une balle dans le pied. Dédé était une partie d’eux-mêmes.
Mais comme elle le craignait, la police n’était pas de cet avis et elle regardait maintenant le lieutenant Tchad se préparer à recevoir un par un chacun des grands maîtres.
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CHAPITRE V
La session de la veille avait tout pour être exceptionnelle : il s’agissait de la grande finale du Ternay Tour, la dernière session de l’année. Et le cadre se prêtait au spectacle : un décor idyllique, des tribunes pleines à craquer plusieurs heures avant le coup d’envoi, un nombre de téléspectateurs incroyable (on annonçait déjà le record d’audience de l’année dans plusieurs pays), des carrés VIP remplis de people en tout genre. Les grands maîtres arrivèrent même une demi-heure avant le démarrage de la session, pour goûter à l’ambiance.
Le site de Courchevel (France) avait été choisi par Diane, le choix du lieu de la finale étant réservé au leader du Ternay Tour au soir de l’avant-dernière session. C’était son lieu de villégiature : sorties en altitude, ski hors-piste, soirées entre gens de bonne compagnie, tel était son univers. Et échaudée par les précédentes compétitions où elle s’était écroulée à quelques encablures de la victoire, elle se disait que jouer « à domicile » ne pourrait être qu’un plus. Les autres grands maîtres n’avaient pas contesté ce choix, même si le froid en rebutait plus d’un.
Nadine tentait de se remémorer à quel moment tout aurait pu basculer. La session avait pourtant démarré sur des bonnes bases, avec un jeu spectaculaire et des grands maîtres qui, pris dans l’euphorie, semblaient même en rajouter un peu. Cingllette se faisait petit pour tenter de casser sur la fin, GC DIALEY geignait et réalisait des épiceries incroyables, Mme la Bourronne partait sur presque chaque donne, alternant chutes et réussites. Remy était là pour piquer au vif ses adversaires. Tout semblait se dérouler normalement.
La journaliste saisit dans sa poche les notes qu’elle avait pris la veille, pour préparer son article. En parcourant ces lignes, plus proches des graffitis que de la prose littéraire, elle trouva l’indication « début de session : Dédé en retrait ». Et c’est vrai qu’elle l’avait observé à un moment du jeu et l’avait trouvé sans vie –l’expression apparaîtrait aujourd’hui comme une faute de goût-. Puis en cours de session, le vrai Dédé était revenu, voire même plus en forme que d’habitude avec agressions en tout genre et attaques presque sans motifs durant toutes les dernières donnes. Les menaces avaient fusé et le climat détestable des fins de session d’était réinstallé comme à l’habitude.
Pourquoi une telle attitude dans la soirée ? Qu’est-ce qui avait pu provoquer ce changement ? Dédé était connu pour être égal à lui-même à chaque session : il partait peu, épiçait beaucoup mais en s’en défendant, il était délétère et profitait de son âge pour demander le respect sans jamais le rendre. Plus elle y réfléchissait, plus Nadine se disait que quelque chose avait dû se passer, soit avant, soit pendant les premières heures de la partie. Et lorsque Cingllette prit la tête pour remporter son troisième Ternay Tour, pourquoi Dédé a t-il plus agressé les perdants que le vainqueur ? Après coup, il est vrai que cela ne lui ressemblait pas. L’habituel chaos des fins de sessions avait tout entraîné sur son passage et hormis ces détails étranges, personne n’avait rien trouvé à redire.
Nadine ne savait pas si elle devait parler de ces éléments à Lieutenant Tchad. D’ailleurs ce n’était pas vraiment des éléments… plus des impressions, un ressenti. Mais elle savait que lorsque les policiers regarderaient la vidéo, les grands maîtres seraient indubitablement soupçonnés. Les attaques de Dédé contre ses adversaires allaient donner à chacun des grands maîtres un mobile évident. On pouvait même penser que l’enquête ne se situerait plus maintenant que sur les cinq survivants.
Pourtant, elle ne croyait pas que l’un d’entre eux puisse être impliqué. Les grands maîtres étaient six, c’était leur équilibre. Personne n’avait actuellement le niveau pour remplacer Dédé et de plus, c’était l’association de ces esprits contradictoires qui faisait le succès de la Grougniat. Si on rompait cette chaîne, tout l’ensemble pouvait s’écrouler comme un château de carte. Et Nadine les savait assez intelligent pour ne pas se tirer une balle dans le pied. Dédé était une partie d’eux-mêmes.
Mais comme elle le craignait, la police n’était pas de cet avis et elle regardait maintenant le lieutenant Tchad se préparer à recevoir un par un chacun des grands maîtres.








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