Alors que le week end s'achevait sur des auspices conviviaux aux doux rythmes d'une partie de tarot que d'aucuns avaient placé sous le signe de la camaraderie, d'austères desseins se sont virulamment abattus sur le jeu. Etait ce l'ombre portée des all black's pas tout à fait partie de France et qui avaient fais plier au propre comme au figuré des français en manque de muscle et de vitesse ? Etait ce les soubressauts d'une victoire cinglante de Ségolène au premier tour des primaires du PS ? Etait ce l'échos du dernier match de ligue 1 qui opposait hier soir Marseille à Valenciennes, et ses fantômes de 1993 ? Toujours est il que l'ambiance délétère avait quitté la table, que les lices allaient en toute bonne joie et selon les humeurs du hasard, passant de main en main et distribuant une hiérarchie somme toute intéressante ... Personne ne sombrait, personne ne prenait trop d'avance... La partie était ouverte. Mais les affres de certaines personnalités prennent le pas sur le plaisir. Les alliances l'emportent sur l'esprit. La droiture est parfois mise à mal. On peut épiloguer des heures sur le comportement maladroit de Mme la Bouronne de Mesrine, cette capacité à tricher en toute impunité et à affirmer le contraire. On peut chercher mille excuses et interpréter autrement le geste. Y a t il vraiment honte à donner quelques points qui, vraisemblablement, ne changeront pas le résultat final, à une camarade en déroute ? Car Diane la chasseresse était en déroute. Sa mine était grise. Sa jetée perdue d'avance. Et sa prise en garde n'était pas payée par la chance. Combien d'entre les joueurs sont ils parti avec le risque d'appeler le roi au chien, et ne l'ont pas fais ? Cingllette a beau faire la leçon dans son admirable DVD, la part du hasard a sa place dans le jeu. C'est bien dans la manière de gérer ses incidences que les grands joueurs se révèlent, non pas en ignorant sa réalité. Ainsi Mesrine a triché. Soit. Est ce là vraiment ce qui a provoqué tant d'émois au sein de la confrérie ? Tant de réactions vives ? NOn, évidemment non. Deux, trois, quatre fois non. Qu'on ne s'y trompe pas. Le malaise est ailleurs. Dans cette faculté à ne pas assumer le geste, à ne pas le défendre. Attitude qui ne laisse pas sans provoquer un doute immense. Pourquoi taire, ce qui, finalement, se comprendrait assez bien, et, même, aurait sans doute pu se faire au grand jour, annoncé, sans cache cache ? Mesrine aurait dit : "Diane, je te donne mon cavalier, ton honneur est sauf de chaque point que tu fais et qui t'éloigne d'une déroute trop grande ! " Mais non, Mesrine n'a ni prononcé ces mots, ni justifié son geste. Elle l'a commis, l'a nié... et par la même recouvert d'un voile suspicieux. Car ce qui s'est passé hier ne s'est il pas déjà produit ? La confrérie est confrontée a un problème de fond, qui joue de la confiance que les joueurs se portent entre eux. Le geste de la Bouronne précipite chacun des participants dans un mélange de méfiance et de regrets. Méfiance de l'autre joueur... regrets des parties vierges de toute suspicion. Gageons que la Grougniat sera plus forte que les doutes. Et que les sessions garderont leur saveur. Ces voeux n'auront de chair qu'à la condition que la Commission de juge pas en sévérité et sanction, mais en compréhension et esprit. Car la Bouronne, sans doute, n'est pas allée flirter ainsi avec les démons du jeu, sans participer d'un contexte qui l'y aurait quelque peu poussé. Sans lui chercher d'excuse, la Commission devra reposer le cadre... rendre à Mesrine le sens de sa citoyenneté au tarot, et de son honneur. La Grougniat est en jeu. Pascal Akallas |








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