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Publié le 22/07/2008 à 20:20
Par lagrougniat
Avec le ralentissement du rythme des sessions, les Grands maîtres ont pu recharger leurs accus. Et surtout G.C, enfin revenu sur le devant de la scène. L'occasion pour Nadine Amouk de l'interroger sur ses ambitions et son retour en force. Les choses sont claires : le petit prince est à l'offensive !


La Grougniat : GC, vous avez quitté les bas fonds des ghettos et revenez à plein dans la course des leaders. Est ce davantage un soulagement ou une surprise ?
GC : Ni l’un ni l’autre cher vous ! Un soulagement, cela insinuerait que j’ai pu connaître quelques angoisses à résider dans le beau jeu sans jeu. Or, je ne connais qu’une seule angoisse, celle de perdre mon panache. Et comme je ne suis pas prêt de perdre ma personnalité profonde, je vous laisse deviner la suite. Pour ce qui est de la surprise… Franchement, qui peut être surpris que GC joue les premiers rôles ?

La Grougniat : Juste retour des choses, alors, que ce retour au premier plan ?
GC : Oui, juste retour des choses. Et victoire du beau jeu.

 
La Grougniat : Pourquoi si peu de fanfaronnade ?
GC : Mais parce que je suis à mon niveau lorsque je suis en tête des leaders. Les bas fonds ne sont qu’une péripétie de mon jeu. Mon jeu est le panache. Je fais des bulles. Je m’élève vers les sommets.

La Grougniat : Vous avez quand même eu un sacré coup de pompe…
GC : Mon talent est terrorisé par les tactiques épicéennes de certains de mes adversaires ! Il faut imaginer les sessions que je traverse ! Mettez vous à ma place ! Moi, le talent brut… et autour : Cingllette, le roi des épiciers, qui n’y va jamais plus haut que pouce. Dédé, le roi de l’acrobatie, professionnel de la plainte et chétif en chances, toujours capable de vous appeler sur une de ses gardes contres maudites ! Diane, chatte en cartes faite grand maître, pourvue d’atouts et de goupille, croqueuse par coupe sur longue ! Rémy, éternel geignant, bavard paradeur plus souvent absent que génial ! Et la Bourronne, reine des coups fourrés, des improvisations, des gestes intempestifs ! Que voulez vous faire de construit, de flamboyant, de divin, d’inspiré… quand vous êtes entouré par la prudence, l’apeupretisme, l’amertume ou la goujaterie ? ! 



G.C sur l'échelle du succès ?

La Grougniat : GC… n’en faites vous pas un peu trop ? Ne ciblez vous pas des défauts chez vos partenaires qui sont, par ailleurs, un peu les vôtres ?
GC : Quoi ? des défauts ? Et les mêmes que mes partenaires ? Ne seriez vous pas totalement hors jeu ? Vous perdez la tête ? Vous me comparez, moi GC, le Palmarès GC, le joueur Pléiade de la Grougniat, aux autres Grands Maîtres ?  

La Grougniat : Ne les respectez vous donc pas ?  
GC : Rémy parle de sa grandeur à défaut de la vivre… Diane reçoit le jeu pour gagner toutes les sessions, et n’en gagne pas la moitié… Quel gâchis ! Dédé est si vieux qu’il ne voit plus les cartes sans qu’on lui souffle laquelle est ce… Cingllette a prononcé le mot garde trois fois en 2008, et c’était pour parler aux agents de la sécurité ! La Bourronne, quant à elle… ai je besoin de rappeler qu’elle n’a pas de palmarès ? 

La Grougniat : Vous donnez l’image d’un joueur prétentieux…  
GC : Mais pas du tout… Prétentieux ! Je rêve ! Il suffit de dire je m’appelle GC pour que je paraisse prétentieux ! La prétention du beau jeu est un fait, le beau jeu en est un autre ! Peut on m’accuser de faire du beau jeu ? Préfère t on les épiceries ? Est ce prétentieux que de se connaître ? Je connais mon talent. Dois je le garder pour moi et laisser les millions d’amoureux du beau jeu croupir devant les coups ratés de mes collègues grands maîtres qui de grands n’ont que le nom ? 
 
La Grougniat : Vous n’étiez pas aussi vindicatifs auparavant envers les autres Grands Maîtres ?  
GC : Peut-être n’aviez vous pas tous les neurones pour lire entre les lignes !


Nothing but the Grougniat ! 

Nadine Amouk
Envoyée Spéciale
Publié le 22/07/2008 à 12:03
Par lagrougniat
Qui va survivre ? Ceux qui sont restés ou ceux qui ont tenté la descente ? On ne peut pas connaître plus grand suspense que dans "Wild Of Grougniat", le roman posthume de Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant : http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat





Chapitre 11 : LES DEBUTS DE LA SURVIE


Au camp de fortune qu’installaient ceux qui étaient restés, les dernières femmes s’étaient regroupées pour constituer des réserves de nourriture et de boissons. On y voyait encore un peu, malgré le brouillard qui commençait à tomber.

Dans les bourrasques tonitruantes, Cingllette, Dédé et quelques autres tentaient d’assurer la tenue d’une tente suffisamment grande pour tous. Mais le défi s’avérait impossible. L’emprise au vent était trop grande. On se résolut à monter plusieurs tentes de petites tailles, plus faciles à tenir au sol.
Les vingt personnes redoublèrent d’effort, et ce fut tous ensemble qu’ils mirent sur pied dix campements.

Les doigts et les pieds des uns et des autres étaient rongés par le froid. Les dix tentes furent bientôt prises d’assaut par les corps harassés. Dédé, à peine installé et protégé par le froid, se rappela des vivres qui avaient été laissés en tas, sans qu’aucune tente ne soit approvisionnée. C’était le meilleur moyen pour que chacun meurt à petit feu, endormi sans rien à boire de chaud ni rien à mettre dans l’estomac. Abandonnés à la tempête, les vivres disparaîtraient en moins de deux heures.

Ignorant sa fatigue, Dédé reprit le chemin du dehors, laissant seul dans la tente le croupion perclus de crampes. Il alla de tente en tente pendant près d’un quart d’heure, parvenant à délivrer des vivres à cinq tentes seulement. Il insultait le monde intérieurement, pour se donner des forces et résister à la douleur du froid.

Alors qu’il soulevait une caisse pour une sixième tente, des bras vinrent soulager la charge. Cingllette était là, roc au milieu des frayeurs jouées par la montagne, prêt à donner à Dédé l’aide qu’il lui fallait. Il n’y eut pas un mot entre eux et Cingllette se dirigea tout de suite vers la sixième tente, pendant que Dédé préparait déjà d’autres vivres. En un quart d’heure supplémentaire, ils parvinrent à donner suffisamment à tous.

Sans un mot encore, ils se séparèrent.


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