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Publié le 23/09/2007 à 07:14
Par lagrougniat
Le lieutenant Tchad prendra t-il le dessus sur les Grands Maîtres ? Ses doutes sont-ils fondés ? Bienvenue dans le chapitre VII de "Killing Session", le thriller grougniste de Jean-Christophe GROJEU.

Vous pouvez retrouver l'ensemble des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session





CHAPITRE VII


Il était maintenant huit heures du matin et Julien Tchad avait une grande envie de pleurer. Le moins que l’on puisse dire est que les interrogatoires n’avaient pas eu l’effet escompté. Echaudé par Cingllette, il avait ensuite tout tenté : la menace, la connivence, la flatterie et même le mépris. Mais aucune de ses feintes n’avait pris.

Nadine riait intérieurement dans un coin de la pièce. Elle était en train de se remémorer les meilleurs moments de ces joutes verbales inutiles. Elle revoyait Diane répondre avec son air ingénu à une question sur la vision que Dédé avait d’elle : « Il me disait chanceuse et refusait d’y voir du talent. Mais je ne vais pas tuer tous ceux qui méprise ma technique ». G.C DIALEY était, sans qu’on lui demande, revenu sur sa période de malchance de « huit mois révolus » , argant du fait que « les attaques ne lui faisaient plus rien, tant il avait souffert durant ces longs mois de disette, pas liés à son jeu mais juste à sa déveine ».
Julien Tchad avait voulu avec Mme la Bourronne de Mesrine revenir sur la supposée  paternité de Dédé de ses deux filles. Le « Je ne vais quand même pas tuer tous les pères potentiels » avait clos le débat.

Et c’est Remy qui fit s’arrêter toute rébellion du policier, en sortant un téléphone portable.
-          Lieutenant, quelqu’un veut vous parler… avait-il dit dans un sourire dès les premières secondes de l’interrogatoire.
-          Vous n’avez pas le droit à un coup de fil, on n’est pas dans une série américaine ! avait rétorqué, à bout de force, le policier.
-          Prenez. Ça devrait quand même vous intéresser.
Julien Tchad avait alors prit le portable et était resté à écouter sans rien dire pendant de longues minutes. Puis dans un gros soupir, il avait refermé le combiné.
-          Je crois que vous pouvez partir.
Remy s’était levé en souriant.
-          Maître Pierges vous a bien expliqué ce que vous risquiez si vous continuez à ne respecter aucune procédure, notamment en interrogeant les gens dans un pauvre hall d’hôtel ?
Maître Pierges était sans doute l’un des avocats les plus médiatiques et suffisamment accrocheur pour être à la fois redouté des juges et de la police..
-          Je crois avoir compris le principal ! répondit ironiquement l’enquêteur. Mais, juste pour savoir, c’est parce que vous vous sentiez coupable que vous avez contacté de suite votre avocat. ?
-          Non, j’anticipe. C’est un peu mon travail en quelque sorte. Mais en même temps, prévisible comme vous êtes, j’aurai pu me débrouiller seul. Mais je n’avais pas envie de parler.

La journaliste ne savait pas quoi faire. Autant elle aurait aimé parler avec Julien Tchad, autant elle savait que si elle ne prenait pas de gants, elle pouvait se faire expulser de l’enquête. Son problème fut résolu quand elle le vit s’approcher d’elle.
-          Vous riez bien ?
Son regard était mélangé entre fatigue et colère.
-          Non, mais je vous avais prévenu. Ils sont redoutables.
-          L’un d’eux est surtout coupable. Et en ce moment même, il joue tranquillement aux cartes. Ça ne vous gène pas vous.
-          Vous n’avez aucune preuve de ce que vous avancez. Connaissiez vous bien Dédé ? Il y avait des dizaines de personnes qui auraient pu faire ça. Vous n’avez pas étudié l’entourage. Vous vous arrêtez à l’attitude des grands maîtres. Je suis désolé, mais je crois que vous vous trompez.
-          Et moi je crois que vous êtes encore plus aveuglée que moi. Vous les vénérez. Vous voyez en eux des génies. Mais c’est vous qui vous trompez. Je ne vénère pas les tueurs.
-          Alors laissez moi travailler avec vous ! osa Nadine. Je vous dirai comment les aborder au mieux, je vous expliquerai toute la Grougniat. Et vous, vous sentirez pour moi ce qui ne tourne pas rond dans les attitudes de chacun.
Le policier réfléchit quelques secondes… puis il regarda la jeune femme en souriant.
-          Essayons. De toute façon, ça ne peut pas être pire que les trois heures que je viens de passer. Mais je vais juste revenir sur un point que je vous ai dit tout à l’heure : je ne vais pas me fier à votre jugement… et je vais aller regarder la vidéo de la session d’hier soir.

 
  

 


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