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Publié le 24/01/2009 à 22:21
Par lagrougniat
Oups ! 10 jours que nous avons abandonné les grands maîtres dans le froid et la neige... Il est temps de retrouver un nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume de Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...
Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant : http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat

Chapitre 24 : AUX FRONTIERES DU REEL
Echine courbée, il avançait sans coup férir. Depuis quelques centaines de pas, il se motivait en imaginant un combat de boxe. Il était David, Goliath était cette tempête. Et plutôt que de tirer avec un lance pierre, impuissant, GC avait choisi le corps à corps. Chaque pas était un coup qu’il donnait à la tempête. Chaque pas était un coup qu’il recevait. Le combat était celui de deux géants. L’un de courage et d’abnégation, l’autre de froide mécanique.
Il n’était plus l’heure de s’arrêter pour compter les vivants.
Pas plus que ce n’était encore l’heure de s’interroger sur la route à suivre. Il était probable que le chemin se soit parsemé de corps éteints. Vides. Et raides. Des corps soulagés de mourir. Il était probable qu’il se soit, dans le noir, le froid et le brouillard, tromper de chemin. Mais il avançait, sans savoir qui suivait encore.
Malgré le refus de mourir qu’il sentait encore battre en lui, et la peur qui l’aiguillonnait vers la vie, GC savait bien aussi qu’il s’était transformé et qu’il n’était plus à proprement parlé un homme. Il savait bien qu’un animal avait pris possession de ses membres, de ses muscles, de ses esprits. Et que cet animal était le seul qui put lui sauver la vie. Il était comme hors de lui. En l’air, parmi les vents brûlants de la tempête glaciale. En l’air en train de se regarder. Il n’était plus dans son corps. Il s’observait et se voyait souffrir. Mais ce n’était plus lui qui souffrait ; il avait dépassé ce stade, celui où l’on est soi. Il constatait qu’il avançait encore, et se suffit de ce fait. Ce qui comptait était là.
Et tant qu’il avançait, il n’avait pas besoin d’être dans son corps ; il pourrait revenir à lui, plus tard, quand les choses redeviendraient supportables.
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