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Publié le 26/09/2007 à 09:45
Par lagrougniat
L'affaire dite "de la pépite" aura occupé tous les esprits cette semaine. Loin d'y voir un acharnement de notre part contre G.C DIALEY, Alain Béchamel tente une analyse plus générale des derniers évènements...


Chaque compétition a été le théâtre d’une destinée vers la victoire… Chaque destinée a été l’occasion de phénomène de cour et d’opprobre.
 
Cingllette, en son temps, courtisé par les uns fut détesté par les autres. Puis Rémy.
Seul GC, sans doute, lors de son premier triomphe dans le Ternay Tour 2006, ne connut point de trop monstrueuses attaques… Il ne reçut pas non plus de grands témoignages d’admiration et de soutien.

Les Ternay Tour, c’est un fait, sont donc des machines à proposer de ces relations inter Grands Maîtres de l’ordre de l’art dramatique. Les Ternay Tour, c’est un fait, sont des terreaux à tactiques débridées et nouvelles.
Il est un fait, également, que chaque destinée s’est caractérisée par l’expression d’un jeu particulier. Ce jeu, l’histoire offre de lui nommer deux caractéristiques fortes : celle qui tient au Grand Maître en propre, et celle qui tient des circonstances en général. Ainsi les Grands Maîtres œuvrent dans la Grougniat sur le fil à l’équilibre de ce qu’ils maîtrisent et de ce qui les dépasse…

Ainsi, Cingllette mit un art important à choisir ses coups : et sa victoire dans le Ternay Tour tint à cette capacité à prendre les points qu’il fallait, au moment opportun. Les accusations d’épicerie tombaient en désuétude alors qu’il empochait des bourrons lourds de points, sur son seul talent à dégainer précisément quand il faut !

Ainsi, Rémy exerça sans partage l’art d’une régularité plus dense… Rémy, en bon montagnard, s’en remettait moins aux éléments extérieurs, et décidait de partir moins au moments opportuns que de partir un peu tout le temps… Cela ne le privait pas de gros coups, cela le protégeait des gros coups adverses. Les chutes se faisaient rares et les scores fleuves légions. Les accusations de passage entre les gouttes eurent vécu quand la moyenne de points en session s’obstinait à passe allègrement la barre des 2000 points.

L’un comme l’autre, Cingllette comme Rémy, ont pu s’appuyer sur une goupille des grands soirs. Leur talent est là qui sut s’appuyer sur cette goupille pour aller au-delà de la chance, dans l’interprétation d’un jeu.

Pourquoi ce rappel historique ?

Car il est une opposition nouvelle dans cet Indian Summer Session, la fameuse ISS dont le monde entier parle, parle, parle, en oubliant la World Cup de Rugby qui se déroule en France.
Une opposition de style, de tactique, de vision de la Grougniat.
Entre Diane et GC.
Entre ses deux se dessine le futur destin de la gagne.
Entre ses deux se joue la lutte éternelle entre des forces opposées. Une approche de la Grougniat si différente, qu’elles ne suivent pas des directions parallèles mais ne cessent de se choquer, s’entrechoquer, se bousculer, et courent forcément l’une et l’autre vers un choc ultime et fatal.

D’un côté, Diane, l’héritière, majestueuse et porteuse de modernité.
Fille de la Grougniat, elle porte le jeu dans ses confins, au plus loin qu’il est possible d’en extraire l’essence et l’expression.
Elle atteint aux records, elle en triture l’horizon, elle bouscule l’imaginable et l’inimaginable, elle se frotte aux prévisions, elle ose, s’essaie, et préfère essuyer les gouttes de tentatives échouées, mais avoir goûté à la nature même du jeu, et avoir joué. En un mot, elle risque.
A l’instar de Cingllette et Rémy, ces risques trouvent ou ne trouvent pas l’appui de la goupille. De la chance. Du hasard. Appelez comme vous voulez cet élément extérieur qui vient souffler dans votre dos et vous accélérer ou vous souffler dessus pour vous contrer… Lui est il favorable, ce vent, il est d’abord et avant tout à celui qui a osé, et prit le risque. Il ne favorise donc pas tant qu’il offre légitimement, et tel qu’il en est bien évident qu’il agit ainsi, par nature, ses services au plus téméraire, à celui qui, des Grands Maîtres, autour de la table, a le courage et le panache d’aller chercher la gagne.

De l’autre côté, GC.
Une théorie qui concède bien volontiers que partir est un risque trop risqué. Partir, appeler, c’est compter sur la chance et, compter sur la chance, ce n’est pas jouer, c’est aléatoire, c’est shuflle, c’est s’en remettre aux éléments extérieurs et donc, ce n’est pas jouer. Jouer, donc, c’est ne pas jouer. C’est attendre. Se tapir. Refuser les beaux jeux dans les mains, et leur donner l’unique option de contrer le joueur qui sera parti. Jouer, c’est ne pas jouer.
La tactique est simple : « j’ai du jeu dans les mains et, cependant je parle peu ou ne parle pas. Le piège est tendu, celui qui part a des chances d'avoir un jeu moins bon que le mien, et comme il part et que je ne pars pas, j’ai des chances de le faire perdre. Je n’ai pas mauvaise conscience puisque, s’il part alors que j’ai un bon jeu, c’est donc qu’il compte sur la chance, ce n’est donc pas moral qu’il gagne puisque ce n’est pas du jeu, c’est donc normal que je l’empêche de gagner. Ma tactique est la seule tactique qui ne transige pas avec le hasard. Mes accumulations de points sont donc totalement normales, justifiées, et les attaques qui m’attaquent ne sont que le fait des opportunistes qui ne supportent pas que la chance tourne. »
Voici résumé la manière dont fonctionne aujourd’hui GC.

La Grougniat n’est sauve que pour une seule et unique raison : les autres Grands Maîtres ne transigent pas avec l’esprit. Suivraient ils tous la tactique et la théorie de GC, morale (justification d’une vision) et couardise (aucune prise de risque objective), refus de la réalité (l’influence inévitable des forces non maîtrisables sur les résultats), la Grougniat ne serait plus un jeu et il ne serait d’ailleurs plus possible de jouer.


Qui sortira vainqueur ? (Archive DOIGT - 06/2007)

La Grougniat s’est donc scindé en deux versants.
Celui des joueurs qui osent. Qui souhaitent apprivoiser le risque.
Et celui des joueurs qui décident de l’éviter à tout prix, le risque, de ne jamais s’y confronter. Au prix de priver le jeu de jeu.


Nothing but the Grougniat !

Alain Béchamel
Editorialiste Grougniste
 

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