L'éditorialiste occasionnel Bob Hugues Velle (BHV pour intimes), notre spécialiste en décoration et philosophie grougniste, revient sur l'un des évènements majeurs de ces dernieres sessions : la chute des alliances traditionnelles des Grand Maîtres.
L’histoire a voulu que la Grougniat se construise sur une opposition ancestrale entre les représentant masculins et les représentants féminins qui participaient aux jeux.
Rapidement, cette opposition devint par trop simpliste, et ne s’accordant qu’à des différences de genre ne reflétaient pas les élections plus complexes.
L’opposition par genre avait vécu et les Grands Maîtres contemporains firent voler en éclat la conception première des alliances.
Les pionniers de la distinction, ceux des Grands Maîtres qui brillèrent alors par leur anti-conformisme, furent Mme la Bourronne et Rémy. Leur alliance s’appelait la Rémy Julienne, et prenait ses sources dans leur temps d’apprentis, à l’heure où, jeunes prodiges des cartes, ils guerroyaient côte à côte sur les terrains de la gentillette coinch’.
Les caractères de ces deux Grands Maîtres vinrent très vite à se trouver trop différents pour coéxister dans la Grougniat. Rémy, apôtre du jeu juste, se refusait au jeu individualiste de la Bourronne, qui marquait les esprits par son trop féroce appétit de victoire.
Quand le Grand Maître népalais lui demanda de faire attention à ce que la fin ne justifie pas les moyens, la plus brigande des Grands Maîtres lui rétorqua qu’il ne gagnerait jamais. C’en était fini de la Rémy Julienne.
Cependant, le jeune GC usait de tous ses charmes pour séduire l’innocente Diane, tandis que Dédé et Cingllette partageait autour du tapis l’amitié qui les unissait aussi dans la vie.
Bien vite, Diane ne comprit pas le comportement de GC. Ce dernier était capable de féliciter un adversaire qui venait de la faire chuter. Féliciter, voire remercier. Dans ce flot de congratulations assumées, Diane vit juste et comprit vite que GC était l’homme de l’opportunisme, et qu’il n’était pas d’alliance avec lui qui permettrait de jouer sans craindre davantage ses amis que ses ennemis. L’alliance de GC et Diane avait vécu. Plus rapidement encore vola en éclats celle qui unissait Dédé et Cingllette, alors que le Phénix prenait les devants de la scène, et son cortège de manières prétentieuses, laissant Dédé à de peu folichonnes parties sans espoir.
Naquit alors l’ère des Tanches et des Justes. Cette opposition philosophique devint la base de toute compréhension de la Grougniat. De manière caricaturale, les Tanches étaient l’axe du Mal, regroupant en son sein les joueurs qui dominaient les débats et, s’imposant aux Grands Maîtres, veillaient à tordre le cou à toute forme de révolte. Ainsi les Justes étaient composés par ceux qui ne voyaient pas le jour, accumulant masson et grougniat, ils ne parlaient jamais, étaient rarement appelés, et subissaient les railleries incessantes des plus fortunés. Les Justes s’opposèrent farouchement à l’apparition des techniques de tréandise et d’épicerie, qu’ils contestent encore, bien que ces méthodologies stratégiques soient aujourd’hui devenues monnaie courante.
L’alliance des Justes connut de premières difficultés lorsque Rémy pointa son nez dans le premier Ternay Tour de cette année et, devenant candidat au titre, il y perdit son âme de Juste. Diane suivrait bientôt l’exemple, accumulant les records du monde et frisant la mauvaise foi délétère quant au nombre d’atouts qui étaient dans ses mains… Les Justes n’étaient plus.
De leur côté, les Tanches connurent pareilles déboires. A régner à trois, on laisse deux mécontents. S’ils gardent les uns envers les autres une précieuse communauté d’esprit, GC, la Bourronne et Cingllette n’en sont pas moins devenus des ennemis jurés.
Il y eut bien à chaque fois des tentatives de reconstitution d’alliances glorieuses des temps anciens. Mais elles ne surent jamais retrouver leur lustre d’antan.
Il y eut bien des tentatives d’alliances nouvelles, mais elles ne firent pas long feu. Rémy et GC s’associaient tant qu’ils ne se retrouvaient pas en lutte. Dédé et Diane imaginaient pouvoir régner sur la Grougniat en se passant de tréandises et d’épiceries… La Bourronne et Cingllette oubliaient que leur haine réciproque approchaient des sommets… et que rien ne saurait vraiment les faire dévier de cette nature profonde.
De leurs côtés, Rémy et Dédé sont devenus les compagnons de la Grougniat, affables autant que faire se peut, leurs liens particuliers avec l’équipe rédactionnelle a créé une dynamique de confiance entre eux, et si ce n’est l’incident de la deuxième session du Summer Contest de cette année, leur pacte tient la route.
Du reste, les Justes ont su, malgré l’explosion de leur courant, conserver des liens. Ainsi Diane et Rémy restent toujours solidaires. Au final, la seule « alliance » surannée est celle qui unit Diane et la Bourronne, sans doute basée sur leur genre, car à vrai dire, après des mois d’observation, on ne comprend toujours pas ce qui peut rapprocher une exhibitionniste grecque passionnée par la faune en Gévaudan d’une rebelle des casinos experte en cambrioles !
Nul doute que les alliances durables sont impossibles dans la Grougniat. C’est un univers à la Dallas, où trop d’histoires sentimentalo-personnelles se mêlent à la compétition pour que se fondent de véritables unions stratégiques. Elles explosent dès lors que les concernés luttent au coude à coude pour la victoire finale, ou que les évènements de jeux contraignent à des gestes difficilement pardonnables (coupage de roi, prise de petit, annonce du roi au chien, réclamation de points…).
Faut il donc caractériser les alliances du seau de l’hypocrisie ? Il serait faux de nier que les alliances des Grands Maîtres sont des cousines de comportements hypocrites. Pour autant qu’elles naissent dans la sincérité, croire en elles relèveraient soit de la bêtise soit de …, croire en elles ne peut relever que de la bêtise. En fait, il paraît improbable de croire dans une alliance, qu’elle puisse s’installer dans le temps. C’est bien cela qui confère à la sincérité des Grands Maîtres quelques onces d’hypocrisie.
Mais cette théorie est battue en brèche dès lors que l’on rend aux Grands Maîtres la conscience de tous les éléments en question. Certes, les alliances sont vouées à se nouer et se dénouer… Mais la Grougniat est telle que, seule compte en réalité la vérité de l’instant.
La Grougniat est ancrée dans l’éphémère, dans le tout de suite, les Grands Maîtres, en tacticien chevronné, s’ils sont capables d’anticiper les coups, savent aussi que rien ne s’anticipe tout à fait à la Grougniat, et que rien ne compte plus que de savoir vivre le présent !
Ainsi, les alliances sont elles tout sauf des actes d’hypocrisie… Elles consacrent une générosité et une sincérité de l’instant, et en cela elles sont la vérité de la Grougniat, nouvelle à chaque session … et n’en est ce pas le charme absolue ?
Nothing but the Grougniat !
La Philosophie est histoire de bricolage
B.H.V
Les sessions passent et les alliances trépassent. Quel est le mystère autour de ces alliances, fluctuantes comme le vent, cependant fortes à chaque fois ? Sont elles le fruit d’hypocrisie stratégique ou l’expression des liens passionnels qui unissent les Grands Maîtres ? Peut on encore parler d’alliances ? Ont elles un avenir ? Avaient elles une histoire ?
L’histoire a voulu que la Grougniat se construise sur une opposition ancestrale entre les représentant masculins et les représentants féminins qui participaient aux jeux.
Rapidement, cette opposition devint par trop simpliste, et ne s’accordant qu’à des différences de genre ne reflétaient pas les élections plus complexes.
L’opposition par genre avait vécu et les Grands Maîtres contemporains firent voler en éclat la conception première des alliances.
Les pionniers de la distinction, ceux des Grands Maîtres qui brillèrent alors par leur anti-conformisme, furent Mme la Bourronne et Rémy. Leur alliance s’appelait la Rémy Julienne, et prenait ses sources dans leur temps d’apprentis, à l’heure où, jeunes prodiges des cartes, ils guerroyaient côte à côte sur les terrains de la gentillette coinch’.
Les caractères de ces deux Grands Maîtres vinrent très vite à se trouver trop différents pour coéxister dans la Grougniat. Rémy, apôtre du jeu juste, se refusait au jeu individualiste de la Bourronne, qui marquait les esprits par son trop féroce appétit de victoire.
Quand le Grand Maître népalais lui demanda de faire attention à ce que la fin ne justifie pas les moyens, la plus brigande des Grands Maîtres lui rétorqua qu’il ne gagnerait jamais. C’en était fini de la Rémy Julienne.
Cependant, le jeune GC usait de tous ses charmes pour séduire l’innocente Diane, tandis que Dédé et Cingllette partageait autour du tapis l’amitié qui les unissait aussi dans la vie.
Bien vite, Diane ne comprit pas le comportement de GC. Ce dernier était capable de féliciter un adversaire qui venait de la faire chuter. Féliciter, voire remercier. Dans ce flot de congratulations assumées, Diane vit juste et comprit vite que GC était l’homme de l’opportunisme, et qu’il n’était pas d’alliance avec lui qui permettrait de jouer sans craindre davantage ses amis que ses ennemis. L’alliance de GC et Diane avait vécu. Plus rapidement encore vola en éclats celle qui unissait Dédé et Cingllette, alors que le Phénix prenait les devants de la scène, et son cortège de manières prétentieuses, laissant Dédé à de peu folichonnes parties sans espoir.
Naquit alors l’ère des Tanches et des Justes. Cette opposition philosophique devint la base de toute compréhension de la Grougniat. De manière caricaturale, les Tanches étaient l’axe du Mal, regroupant en son sein les joueurs qui dominaient les débats et, s’imposant aux Grands Maîtres, veillaient à tordre le cou à toute forme de révolte. Ainsi les Justes étaient composés par ceux qui ne voyaient pas le jour, accumulant masson et grougniat, ils ne parlaient jamais, étaient rarement appelés, et subissaient les railleries incessantes des plus fortunés. Les Justes s’opposèrent farouchement à l’apparition des techniques de tréandise et d’épicerie, qu’ils contestent encore, bien que ces méthodologies stratégiques soient aujourd’hui devenues monnaie courante.
L’alliance des Justes connut de premières difficultés lorsque Rémy pointa son nez dans le premier Ternay Tour de cette année et, devenant candidat au titre, il y perdit son âme de Juste. Diane suivrait bientôt l’exemple, accumulant les records du monde et frisant la mauvaise foi délétère quant au nombre d’atouts qui étaient dans ses mains… Les Justes n’étaient plus.
De leur côté, les Tanches connurent pareilles déboires. A régner à trois, on laisse deux mécontents. S’ils gardent les uns envers les autres une précieuse communauté d’esprit, GC, la Bourronne et Cingllette n’en sont pas moins devenus des ennemis jurés.
Il y eut bien à chaque fois des tentatives de reconstitution d’alliances glorieuses des temps anciens. Mais elles ne surent jamais retrouver leur lustre d’antan.
Il y eut bien des tentatives d’alliances nouvelles, mais elles ne firent pas long feu. Rémy et GC s’associaient tant qu’ils ne se retrouvaient pas en lutte. Dédé et Diane imaginaient pouvoir régner sur la Grougniat en se passant de tréandises et d’épiceries… La Bourronne et Cingllette oubliaient que leur haine réciproque approchaient des sommets… et que rien ne saurait vraiment les faire dévier de cette nature profonde.
Restèrent alors quelques liens, épars, qui valaient alliance sans en être, et qu’on appellera plus volontiers des pactes de non agression.
De leurs côtés, Rémy et Dédé sont devenus les compagnons de la Grougniat, affables autant que faire se peut, leurs liens particuliers avec l’équipe rédactionnelle a créé une dynamique de confiance entre eux, et si ce n’est l’incident de la deuxième session du Summer Contest de cette année, leur pacte tient la route.
Du reste, les Justes ont su, malgré l’explosion de leur courant, conserver des liens. Ainsi Diane et Rémy restent toujours solidaires. Au final, la seule « alliance » surannée est celle qui unit Diane et la Bourronne, sans doute basée sur leur genre, car à vrai dire, après des mois d’observation, on ne comprend toujours pas ce qui peut rapprocher une exhibitionniste grecque passionnée par la faune en Gévaudan d’une rebelle des casinos experte en cambrioles !
Nul doute que les alliances durables sont impossibles dans la Grougniat. C’est un univers à la Dallas, où trop d’histoires sentimentalo-personnelles se mêlent à la compétition pour que se fondent de véritables unions stratégiques. Elles explosent dès lors que les concernés luttent au coude à coude pour la victoire finale, ou que les évènements de jeux contraignent à des gestes difficilement pardonnables (coupage de roi, prise de petit, annonce du roi au chien, réclamation de points…).
Faut il donc caractériser les alliances du seau de l’hypocrisie ? Il serait faux de nier que les alliances des Grands Maîtres sont des cousines de comportements hypocrites. Pour autant qu’elles naissent dans la sincérité, croire en elles relèveraient soit de la bêtise soit de …, croire en elles ne peut relever que de la bêtise. En fait, il paraît improbable de croire dans une alliance, qu’elle puisse s’installer dans le temps. C’est bien cela qui confère à la sincérité des Grands Maîtres quelques onces d’hypocrisie.
Mais cette théorie est battue en brèche dès lors que l’on rend aux Grands Maîtres la conscience de tous les éléments en question. Certes, les alliances sont vouées à se nouer et se dénouer… Mais la Grougniat est telle que, seule compte en réalité la vérité de l’instant.
La Grougniat est ancrée dans l’éphémère, dans le tout de suite, les Grands Maîtres, en tacticien chevronné, s’ils sont capables d’anticiper les coups, savent aussi que rien ne s’anticipe tout à fait à la Grougniat, et que rien ne compte plus que de savoir vivre le présent !
Ainsi, les alliances sont elles tout sauf des actes d’hypocrisie… Elles consacrent une générosité et une sincérité de l’instant, et en cela elles sont la vérité de la Grougniat, nouvelle à chaque session … et n’en est ce pas le charme absolue ?
Nothing but the Grougniat !
La Philosophie est histoire de bricolage
B.H.V








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