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Publié le 29/07/2009 à 10:07
Par lagrougniat
Tout l'été, retrouvez l'historien de la Grougniat Max Galère, qui vous fait partager les petites histoires des grands maîtres du temps passé...

Aujourd'hui : Les secrets d'Edmond La Renifl'



Si vous passez un jour par le Coliseum de Ternay, regardez bien en haut du grand hall d'accueil. Vous y verrez une stèle, sur laquelle il est écrit : "En l'honneur d'Edmond, l'homme qui n'a même pas dit non !"


Il s'appelait Edmond la Renifl'. A l'âge de 14 ans, il a quitté le Tibet avec ses parents pour gagner la France, dans l'espoir de sortir de la misère dans laquelle sa famille se trouvait depuis les grandes famines. Nous sommes en 1919.

Le jeune Edmond arrive alors dans ce pays qui sort à peine de la Grande Guerre. Il arrive à Paris où l'ambiance est à la fête, les survivants noient leurs traumatismes et leur pauvreté dans la joie et l'alcool. Il apprend la langue qu'il assimile en quelques mois et peut ainsi s'inscrire à l'école. Sa famille trouve rapidement du travail, tout semble aller pour le mieux dans la famille La Renifl'.

Mais quelques semaines plus tard, les ennuis commencent : Edmond est renvoyé de l'école. Motif : il ne participe pas en classe et ne répond jamais aux questions de ses professeurs. De plus, un vol a été commis et un de ses camarades l'a dénoncé. Il a refusé de se défendre devant le proviseur. "Il n'aurait pas dit son nom le premier jour, on aurait pensé qu'il était muet" dira plutôt son professeur de lettres interrogé par un journaliste.

Edmond part donc travailler avec son père dans un pisciculture de la banlieue parisienne, ce qui lui vaudra plus tard le surnom de "La Carpe". Employé modèle, il passe ses journées à travailler sans rien dire, il ne fait aucune pause et ne sort pas avec ses collègues le soir. On ne lui connait pas d'ami, seulement une femme rencontrée alors qu'il avait 21 ans. Huguette Binouse arrivait juste du pays de Beauce où elle vait décidé de quitter ses parents agriculteurs pour tenter sa chance dans la capitale. Sa rencontre donna un fils l'année suivante : Marcel, le père de Remy, le champion à 22 Ternay Tours. Mais Edmond refusa toujours de l'épouser ("Je lui ai proposé de nombreuses fois" dira plus tard Huguette "mais il n'a jamais répondu").

Il découvre la Grougniat en 1927, après avoir été emmené en session par un ami, Dédé la Mitraille, le patriarche des Grands Maîtres. Il commence ses classes l'année suivante et devient grands maîtres en 1934, à à peine 29 ans. Succès presque immédiat puisque 4 ans plus tard, il remporte son premier Ternay Tour avec le score incroyable de 2000 points tout rond. Il donnera alors son unique interview, se résumant à une phrase : "J'ai équilibré mon jeu". Dédé sera un peu plus dissert : "Il a voulu faire une garde une fois, mais il y a eu une garde contre avant".



Edmond en décembre 1939


Mais il ne pourra pas rééditer cet exploit, car l'Europe tombe dans la guerre. Après quelques semaines de combats, la France signe l'armistice et Edmond se retrouve, comme lors de son enfance tibétaine, sous le joug de l'occupation. Situation inacceptable pour lui, il rejoint la résistance où il est affecté aux services d'espionnage. De fil en aiguille, il gagne la confiance de ses supérieurs dans l'armée secrète et il devient le détenteur de nombreux secrets sur les lieux et les caches des combattants de l'ombre. Cela lui vaudra son surnom de combattant : Eddy le taiseux.

Mais le 7 janvier 1944, c'est le drame : Edmond est dénoncé par un résistant arrêté quelques jours plus tôt et il est arrêté par l'armée allemande dans les couloirs du Coliséum de Ternay. S'en suivront 26 jours d'interrogatoires, au rythme de plus de 17 heures par jour. Des témoins déclareront qu'ils ont vu des bourreaux s'endormir de fatigue au milieu de leurs exactions. Las, les allemands le relâcheront le 29 janvier sans qu'à aucun moment il n'ait révélé une seule information.

Fourbu, Edmond rentra chez lui retrouver son épouse et il quitta la ville pour s'installer dans le Larzac. Malheureusement, il mourut dans un triste accident l'année suivante : il fut écrasé par son propre tracteur que manoeuvrait un ouvrier agricole. Le jeune homme déclara à la police "Je suis sûr qu'il m'a vu arriver mais il n'a rien dit. Je ne l'ai pas vu".

En 1949, l'armée française lui remettra la croix de Fer à titre posthume et en 1950, c'est la légion d'Honneur qui lui sera descernée. La DOIGT inaugurera la stelle du Coliséum dès 1953, où Dédé entonnera son fameux discours commençant par le célèbre "Entre-ici, Edmond la Renifl'..."



L'engin de mort d'Edmond


Aujourd'hui encore, son petit-fils voue une immense admiration pour ce grand-père qu'il n'aura pas connu et il ne manque jamais une occasion de lui rendre hommage en session. "ça, c'est clair ! Pour ce qui est de ne pas parler, il ressemble comme deux gouttes d'eau à Papy Edmond" nous dira même Dédé en fin d'interview...


A bientôt pour une nouvelle petite histoire...

Max Galère
Historien Grougniste

Publié le 24/07/2009 à 09:41
Par lagrougniat
GRAND CIRCUS TERNAY TOUR - Round XII (1 923 441 $) - Le Grand Bornand (Fra)


Pas de Tour de France sans vela. Mais surtout pas de Tour de France sans session. Alors que G.C avait requisitionné un canadair des marins pompiers de Marseille pour organiser une soirée "tee-shirts mouillés" à saint Tropez, les autres Grands Maîtres était venu sur l'étape du Tour pour redonner un peu de tonus à une compétition bien terne...


Résultat : 1- Mme la Bourronne de Mesrine (3360) / 2- Diane la Chasseresse (2340) / 3- Dédé la Mitraille (1870) / 4- Remy la Renifl' (1800) / 5- Cingllette (1130)

Absents : G.C DIALEY (Occupations professionnelles tropéziennes) - Cut Karten (Formation "faire beaucoup avec peu")



Un bien vide tapis...


 

La session d’hier soir n’aura pas cassé des briques, et c’est peu de le dire. Le suspense a été absent, les grands coups se sont fais attendre, et les petites mesquineries ont pollué les jeux. Le retour de Rémy, qui avait été tenu savamment secret par sa cellule communication, a tourné au ridicule, et les luttes entre Cingllette, Dédé et La Bourronne ont été aussi impressionnantes qu’une bataille de sable entre des élèves de primaire.

 

Bref, le niveau n’a pas volé haut, et on entendait soit siffler les mouches, soit les supporters frustrés de GC qui n’ont pas manqué de rappeler en fin de soirée que leur favori absent le jeu n’en valait plus la chandelle. « Sans GC, la Grougniat a l’air d’une vulgaire partie de rami. Et on ne demande pas aux Grands Maîtres de faire du frères Bogdanov. La vulgarisation pour le grand public, c’est bon pour la physique quantique, pas pour LE jeu. »

 

L’ambiance n’a pas été mauvaise pourtant, et les quelques sourires collectifs et autres accolades en début de parti laissaient espérer de plus violentes et viriles empoignades…


Seulement, seulement… Cingllette, après un départ tronqué, ne fit que sauver les meubles. Dédé, qui partait seul en pointe, tombait dans un virage mal négocié d’un gros bourron… Diane était aussi transparente que sa jupe en soie dont on ne fera aucun commentaire et, Madame la Bourronne a fait le travail, comme on dit, sans forcer son talent, c'est-à-dire en s’appuyant avant tout sur le facteur chance. De son côté, le revenant, Rémy, a été fidèle à ses absences : invisible. A peine a-t-il eu une trace de son mental pervers, lorsqu’il influençait la Bourronne à ne pas couper du petit alors qu’il jouait après elle. Elle craquait et il posait une carte à la couleur demandée. C’est dire que le suspense était bon enfant et, la forme des joueurs, petite.

 

C’est juillet, après tout. Bientôt août. Et les esprits sont déjà tournés vers les plages.


Nothing but the Grougniat

Nadine Amouk
Envoyée Spéciale

Publié le 21/07/2009 à 09:47
Par lagrougniat
Occasionnellement, la Grougniat vous propose de vous découvrir vous-même, gràce à des tests cisélés par notre psychologue réputée, Maïté Rapeute. Aujourd'hui, découvrez si vous seriez capable de gagner un Ternay-Tour....




22 Ternay Tours pour Remy, 0 pour Dédé ou Mme la Bourrone de Mesrine. Sans qu'aucune preuve scientifique ne l'atteste, il doit bien y avoir une différence physiologique quelque part. Tentez de voir si vous avez ce petit plus qui fait la différence...



PSYCHOUGNIAT N° 8 : POURRIEZ-VOUS GAGNER UN TERNAY TOUR ?



1- Pour vous, la devise des jeux olympique devrait être...

     a/ "L'important n'est pas gagner, mais de participer"
    b/ "Des jeux, des beaux jeux"
    c/ "La victoire ou la mort"


2- Raymond Poulidor est pour vous :

    a/ Un héros national et un symbole de fair play
    b/ Un cycliste malchanceux mais qui a su faire beaucoup avec peu
    c/ Un faible

3-  En cadeau, vous aileriez qu'on vous offre...

    a/ le tee-shirt du "Meilleur Pote"
    b/ Une panoplie de Zorro
    c/ Une médaille avec votre nom dessus


4- Pour obtenir une promotion au travail, vous choisissez...

    a/ L'attente : votre chef quittera bien l'entreprise un jour
    b/ Le mérite : Vos qualités seront reconnues et vous impressionnez vos déjà collègues
    c/ La chute : le escaliers sont tellement dangereux pour vos collègues


5- l'animal auquel on vous compare le plus souvent...

    a/ Le panda
    b/ La gazelle
    c/ Le scorpion


6- "Rien ne sert de courir...

    a/ Il faut faire attention de ne pas tomber."
    b/ Il faut prendre le chemin le plus court"
    c/ si tu ne veux pas gagner"


7- Si vous deviez trouver un synonyme à "Ternay Tour", ce serait :

    a/ Pression
    b/ Talent
    c/ Habitude



RESULTAT DU QUESTIONNAIRE


Une majorité de (a) : Désolé, mais vous êtes Dédé. Vous ne gagnerez donc jamais aucun Ternay Tour. Vous vivrez très vieux, vous serez respecté de tous, votre coeur ne sera pas abîmé par la pression de la victoire et les émotions du panache, mais vous ne connaîtrez jamais la gloire. Vous serez le Fabrice Santoro de la Grougniat, celui qu'on félicite lorsqu'il s'agit de sa dernière année de compétition.

Une majorité de (b) : Vous pouvez vraiment espérer l'emporter car vous faites parti de la catégorie des G.C, Cingllette et Diane la Chasseresse. Vous êtes technique et suffisament ambitieux pour courir après la victoire et des fois la rattraper. vous faites publier dans la presse chacun de vos coups que vous qualifiez "de génie" et vous rappelez au monde pendant des années vos quelques coups de génie. Tel le Milan AC, vous serez donc à chaque début de compétition parmis les grands favoris, alors que vos exploits datent pourtant de plusieurs années.

Une majorité de (c) : Les sentiers de la gloire s'ouvrent à vous. Vous êtes le nouveau Remy. Ambitieux au delà du raisonnable, vous êtes votre plus belle histoire d'amour et vous ne comprenez pas qu'avec votre palmarès, on ne reconnaisse pas plus votre supériorité. Toute défaite est une ineptie et vous croyez en permanence en vos chances. C'est ce qu'il y a de plus efficace dans la Grougniat. Tel Lance Armstrong, votre palmarès est inégalé et vous ne comprenez pas pourquoi le public veut vous voir tomber dans la descente...


Bonus :
Autant de (a) que de (b) : Vous êtes technique comme G.C, mais vous avez les resultats de Dédé. Vous êtes donc Mme la Bourronne de Mesrine. Incapable de vous maîtrisez, vous croyez jusqu'au bout en vos chances et êtes capables d'exploits incroyables en session. Mais vous jouez comme si chaque coup était le dernier et vous anéantissez vos bons résultats avec des chutes vertigineuses. Rassurez vous : vous ne resterez pas dans les livres des records mais personne n'oubliera votre nom.


A bientôt pour un nouveau test...

Nothing but the Grougniat

Maïté Rapeute
Publié le 16/07/2009 à 09:02
Par lagrougniat
La montagne a faim et veut se nourrir des grands maîtres. L'un d'entre eux se trouve même au fond de ses entrailles. Découvrez son chemin de croix dans ce nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume d'Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant :http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat






Chapitre 37 : LES SECOURS DU MONOLOGUE



GC tempêtait désormais contre la terre entière et jusque contre lui-même. Dans la galerie de glaces, il sentait l'horreur qui s'immisçait en lui, et ne savait pas retirer de ses pensées la vision morbide du visage putréfié de MacMahon dont le corps, tout proche, était figé dans la douleur.

« Oh toi je te pardonne ! Vil organisateur ! Tu m'as précipité dans les mâchoires infernales du froid, et dans le ventre de la montagne où déjà tu es rigide comme de la glace, je me fige doucement, perdant pied sous tes yeux éteints ! Si tu pouvais encore voir le spectacle de ma mort, sans doute mourais tu une seconde fois ! Moi, je vis pour la dernière... et je parlerai jusqu'au bout ainsi que j'ai joué, sans crainte ni prudence ! Je suis GC, palais des glaces, je suis GC, saura tu me dévorer avant de fondre sous les soleil de mes mots ? ! »

GC continuait, tantôt s'adressant à MacMahon, tantôt à la montagne... Il n'arrêtait plus de prendre à parti le monde, de le défier, et faisait se dresser contre lui sa propre stature, tressant dans son discours le portrait du joueur qu'il était à ses yeux.
D'un coup, il reprit le silence comme il lui sembla que MacMahon avait bougé.
« Ainsi tu n'es pas mort ! Tu m'as tué ou presque mais toi, tu sais mourir et reprendre vie ! Ah, voilà ! Je comprends mieux ! MacMahon est le vrai phoenix, ou son allié ! Ah, voilà, tout s'éclaircit ! Il travaille pour Cingllette ! Il veut éliminer GC ! Il a fait tuer Rémy ! Et maintenant c'est mon tour... Oh, vil épisode que celui qui se joue sous mes yeux... Mais les comploteurs avaient ils prévu mes forces ? Pensaient ils que je résisterai encore et encore, sans jamais m'abattre mais en trouvant toujours le dernier mot, la parade vitale ? Ils sont las devant mes talents, et MacMahon va payer pour l'avoir ignoré ! »

GC avait les yeux injectés de sang, il approchait du corps inerte du défunt et l'empoignait violemment. D'abord il le traîna sur plusieurs mètres, butant chaque fois contre des parois de glace dont les couleurs changeaient en permanence, passant du blanc au bleu, du jaune au brillant pur... GC portait MacMahon comme un déchet qu'on veut jeter, mais il n'avait point d'ouverture. Ses marches étaient comme des cris, à coups venus du bide, forces soudaines et tranchantes. Il aurait fait peur à qui l'aurait pu voir.
Mais GC était seul. Et GC était persuadé de tenir à bout de bras celui qui avait comploté pour sa mort.

Au détour d'un énième éclat de glace, il sentit d'abord le sol quitter de sa planeur pour s'incliner en pente. Il lâcha le corps et tâta les murs... que ses mains ne trouvèrent pas. Ici il pouvait jeter le corps. A coups de pieds il poussa la dépouille de MacMahon dans le vide et la vit s'engouffrer à l'inconnu d'un éclat de couleurs dans un rire sardonique et vengeur.

Il reprit son monologue de fou.
« Va, impudent, tu as appris ma loi ! Rapporte à ton maître l'étendue de ma force ! Dis lui mon panache ! Dis lui que je le chasse ! Qu'il ait peur pendant que je m'approche... Qu'il tremble comme un enfant ! Je suis son monstre ! Je vais hanter ses nuits jusqu'à sa mort ! Sa mort, je la lui donnerai en main propre !... »
 
Publié le 11/07/2009 à 09:51
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions... 


Ce mois-ci : L'IMPASSE


Toute personne ayant un jour ou l'autre eut des carte dans les mains connaît ce terme. L'impasse, c'est un petit fait de jeu mais qui peut rapporter -ou coûter- gros.





QU'EST-CE QUE C'EST ?


Tout le monde connaît la technique de l'impasse. Les joueurs de coinche et de belote la considère même comme une des bases du jeu.

Cela consiste simplement à ne pas poser une carte maîtresse, eventuellement en n'empochant pas le pli, de manière à essayer de remporter plus de point sur le tour suivant à la couleur.

Exemple : Vous avez le roi de coeur, la personne juste après vous joue et aucun point n'est sur la table au moment où votre tour arrive. Vous pouvez éventuellement poser une autre carte que le roi et espérer ainsi empocher plus de points au prochain tour de coeur.


QUEL EST L'INTERET ?


A la belote, il y a comme souvent un simple intérêt : l'appat du gain. La Grougniat n'ayant pas dans ses gènes ce pauvre défaut mercantiliste, l'intérêt de l'impasse y est double...


1- Jouer le mystère

Voila un point que nous avons déjà développer dans nos différentes leçons.
 
La base du tarot et de la Grougniat est d'appeler un roi . Lorsque la couleur en question est posée sur le tapis, la personne appelée pose son roi et les équipes sont ainsi identifiées. Tout joueur de tarot connait ça.

Mais un grougniste ne se limite pas à cette petite reglounette : un roi appelé ne va pas forcément se dévoiler à la première occasion. Le grand maître sait jouer le mystère. C'est à dire qu'il ne va pas poser son roi, pour ne pas dévoiler à l'assemblée qu'il est l'élu. Et alors, le suspense restera entier, le finaud essayant de profiter de points donnés par hasard par ses adversaires qui n'auraient pas vu le subterfuge.


2- Encaisser du point

Comme dans les autres jeux, l'impasse peut servir à encaisser la mise.

On ne pose pas ses points au premier tour et l'impasse du roi peut facilement encaisser une dame, un cavalier ou un valet qui se serait égarés par là.



Une impasse à carreaux : faire beaucoup avec peu ?


Mais le Grougniste sait aussi être encore plus téméraire.

Il peut très bien ne pas mettre le roi au deuxième tour. Il peut attendre le 3ème pour tenter une coupe de son partenaire et de belles prises tels que le petit sur des concours de circonstances.

L'impasse est donc une arme qu'il faut savoir utiliser dnas les moments critiques.


LES RISQUES


Bien sûr, comme toute technique de pointe, l'impasse n'est pas sans risque. Elle peut même engendrer de grosses catastrophe. Il faut juste en avoir conscience.


1- Trop de mystère...

On a vu très souvent des joueurs jouer tellement le mystère, que même eux ne savaient plus vraiment où ils en étaient à la fin.

G.C DIALEY, grand amateur de la technique, le dit sans détour : "Il faut être un joueur fin pour réussir un vrai mystère. Quand je vois Mme La Bourrone ne pas poser son roi et demander trois tours plus tard quelle était la couleur appelée, j'ai parfois envie de rire".

Mais même les grands spécialistes explosent sous la pression du mystère : car si le roi n'est pas posé dans les deux premiers tours, il va falloir attendre la fin et les chances de le sauver s'amoindrissent.

Donc pour réaliser un beau mystère, il faut être sûr de sa stratégie, mais également sûr que votre partenaire aura l'intelligence de comprendre.


2- Le charclage

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. C'est ce que doit se dire le pauvre roi emmené à l'abattoir sur un 3ème tour à la couleur et qui prie pour pouvoir être épargné.

Car pour toute impasse, la (les) coupe(s) risque d'être tranchante. Cela fait parti du jeu. Déjà que passer un roi au premier tour n'est pas une garantie de réussite, tant les grands maîtres manient l'art de la coupe franche avec un dextérité qui impressionne les plus grands bouchers, oser lancer son altesse royale un peu plus tard relève d'un sens du courage rare.

Il y a un donc un risque : celui de voir un ou plusieurs atouts venir faucher le roi dans sa course. On dit alors qu'il se fait couper, si un pauvre atout arrive en bout de course. Si plusieurs atouts, dont parfois un oudlers, sont utilisés, on dit alors que le roi s'est "fait charclé".




Dédé charclé !


Donc si l'impasse apparait comme une technique de jeu facile et évidente dans la plupart des jeux de cartes, elle prend une importance toute particulière dans la Grougniat, où elle peut faire basculer une partie à chaque instant.

Tout est question de stratégie... et de nerfs solides !


Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste

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