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Publié le 10/10/2007 à 09:13
Par lagrougniat
Un point n'avait jamais été abordé dans les leçons pour bien appréhender la Grougniat : la nutrition. Comment bien se préparer d'un point de vue calorifique ? Que faut-il manger ou boire pendant la session ? Notre consultant Didier Téthy-Sien, ex-interne des hopitaux de Ternay, nous donne les réponses...


NUTRITION ET COMPETITION



 
L’intensité physique des sessions demandent aux Grands Maîtres une préparation qui ne laissent rien au hasard. Sur le plan nutritionnel plus que sur tout autre, les Grands Maîtres sont hyper vigilants. Description.


1- AVANT LA SESSION

 
Avant la session, plusieurs types d’alimentation selon les grands maîtres :

-         Cingllette ou la préférence terroir : un œuf frais cuit à la coque, un fromage de chèvre sur un lit de pain au froment, accompagné d’une rasade de sirop de grenadine de Marie Doléance… Cingllette prend soin de lui… et se rend au session accompagné de ses propres réserves… les fans inconditionnels ne préfèrent pas savoir ce que Cingllette fait de tous ces légumes !





-         Diane ou la cuisine du levant : le compromis entre l’exotisme et la tradition, c’est tout Diane ! Un bon plat de pattes, comme tout le monde ? Arrosé d’une sauce curry - lait coco ! Une salade de fruits en dessert ? Mangue, litchis et caramboles !





-         La Bourronne et le secret des boulettes : « ce que Bourronne cuisine, Dédé déguste », dit le dicton. Et la spécialité de la Bourronne, avant les sessions, ce sont les boulettes de viandes aux spaghettis… une vraie tradition, ce repas partagé par les parents des Princesses, malgré toutes les divergences d’aujourd’hui …





-         La Grouillon et la préférence américaine : quand GC et Rémy se rendent à la Grougniat ensemble, c’est la Grouillon qui fait son cirque… cuisine belge ou américaine… l’apport calorique est recherché en priorité, qu’il s’agisse de graisses sous forme de sauces, ou qu’il s’agisse de crèmes glacées saupoudrées de caramel. Une diététique pour se tenir chaud l’hiver, et transpirer l’été.






2- PENDANT LA SESSION


* Les liquides

les boissons sont de plusieurs catégories :

-         Le café : les Grands Maîtres étant amenés à se dépasser… ils se confrontent aux limites du sommeil… Pour les aider, la DOIGT a autorisé la prise de caféine contrôlée. C’est la Bourronne qui a été nommée pour s’occuper des prises de chaque Grand Maître. La prise s’effectue en début de partie.




A savoir : GC boit son café sans sucre, son apport en glucide étant assuré par les plats salés de ses repas du soir.


-        
Le champagne américain, ou Bulles : de couleur noire, il est servi par grandes rasades dans des bolées arméricains fabriqués dans les Côtes d’Armériques. Selon la tradition, le Grand Maître qui a soif demande à ses homologues : « Sers-je des Bulles ? »







A savoir : GC boit son champagne dans une tasse à café sale.


-         Le champagne, ou Bulles : de couleur jaune, apprécié sur les mets sucrés, le champagne est livré depuis Grougniecq, où il est fabriqué spécialement pour les Grands Maîtres. Les Bretons l’appellent Cidre, mais faut il faire confiance aux Bretons ?




A savoir : GC boit son champagne dans une tasse à café sale au fond de laquelle il reste une goutte de champagne américain.


-        
La Binouze : moins utilisée, la Binouze a les honneurs de rares sessions.



A savoir:  GC a un jour demandé un verre d’eau. C’était sa première session de Grougniat.



* Les solides

Pendant la session, l’alimentation des Grands Maîtres est un élément primordial pendant la compétition elle-même. Le service culinaire de la DOIGT veille au grain et dispose sur la table une série de différents aliments essentiels pour la performance grougniste :


-        
La barre chocolatière : barre individuelle ou plaquette de chocolat, toutes les formes sont indiquées pour satisfaire aux besoins nutritionnels des Grands Maîtres.




L’astuce du Grand Chef : le chocolat facilite la vision du jeu.


-        
Le bonbon : la variété de bonbons est impressionnante… une salade de bonbons favorise la satisfaction des besoins variés des Grands Maîtres.



L’astuce du Grand Chef : les bonbons améliorent la circulation du sang.

-         La cerise du Pilat : Ramassée par des fans, la cerise du Pilat est portée en offrande aux Grands Maîtres qui ne la mangent que Bio et du Pilat.




L’astuce du Grand Chef : A défaut de cerise, vous pouvez consommer des litchis de la Réunion. C’est bon pour la mémoire.


-         La fraise des bois : Elle est produite par le plus grand fraiseur du Pilat, oncle du Grand Maître GC.




L’astuce du Grand Chef : sortez là du frigo suffisamment tôt pour que le froid n’en couvre pas le goût. Excellente pour la ténacité !



Attention : Les aliments de la Grougniat présentés ici ne sont pas exhaustifs.



Don't eat without The Grougniat !

Didier Téthy-Sien
Nutritionniste Grougniste

 
Publié le 07/10/2007 à 23:53
Par lagrougniat
Depuis des mois, G.C a tout perdu : son statut de vainqueur de Ternay Tour, son titre de roi de la garde contre et sa popularité auprès du public. Il a perdu tout sautien... sauf un. Ou plutôt une : Alex, sa fan absolue, la seule à croire encore en son salut. C'est avec grand plaisir que nous l'accueillons aujourd'hui au sein de la rédaction pour animer la rubrique "FAN DE". Bien sûr aujourd'hui, c'est plus qu'un article qu'elle nous envoie... sa profession de foi...



DANS LA PEAU DU PERDANT...

 

...c'est à cette place que toute personne allanguie de G.C voudrait se trouver, car pour tout fan respectueux du grand maitre, c'est l'unique moyen de parvenir à le toucher...spirituellement, bien entendu, et c'est déjà une grande récompense.

Pourquoi le symbole de looser qu'il représente, évoque t'il tant de tendresse et de compassion? Parce qu'il sait perdre avant de savoir jouer : lui seul a cette propention au désastre grougniste. Il évoque la tragédie, il est le héros, qui invariablement, finira mal.

Ainsi, le fan se sent en mission de sauvetage, tel une infirmière, soulageant la souffrance de ses patients et ne pouvant en tirer qu'une satisfaction non dissimulée. Le fan n'attend alors qu'une chose: recueillir la larme de diamant jaillissant de la pépite espérant ainsi amoindrir la douleur de la défaite de son grand maître.


Nothing but G.C  !

Alex
http://blog.ifrance.com/eralexa


Publié le 04/10/2007 à 21:41
Par lagrougniat
Dépèche GAI (Grougniat Agence Information) - 05 /10/07 - 14h08




La DOIGT vient d'officialiser l'annulation définitive des sessions prévues ce soir et samedi.
Cette triste nouvelle pour les spectateurs qui avaient déjà acheté leurs places à prix d'or est survenue suite à l'Assemblée Générale de la DOIGT qui a refusé la mise ne concurrence des sessions avec la Coupe du Monde de Rugby, cette dernière peinant déjà à trouver son public.

Les grands maîtres ont quand même tenu à communiquer sur leurs activités du week-end :

- Remy est en trecking sur l'Everest avec le Tennisman Marat Safin, celui-ci ayant besoin de se ressourcer après ses différents échecs en grand chlem. Remy, dont on parle pour devenir coach mental de l'ancien n°1 mondial, aurait toutefois déclaré au départ :"Il a quand même intérêt à se magner l'oignon, parce que je vais pas l'attendre".

- G.C DIALEY est au Salon du Livre de Londres, où il dédicacera tout le week-end son autobiographie pas encore publiée en Europe : "Le Dégout du Risque". un titre étrange, mais pas moins que le sous-titre "Une carrière révolue".

- Diane la Chasseresse est à New-York, pour la première de la comédie musicale basée sur sa vie. "Go to Success" s'annonce comme LE succès de la rentrée à Broadway.

- Cingllette est à Cardiff où il est chargé de chanter les hymnes nationales de la France et de la Nouvelle-Zélande pour le quart de finale de la Coupe du Monde de Rugby, dont il a d'ailleurs de bonnes chances de remettre le trophée le soir de la finale.

- Mme la Bourronne de Mesrine defend ce week-end à la Tarot Boston University sa thèse "Le chlem-petit, s'en sortir !", qui devrait faire date dans les gestions psychologiques des dépressions post-sessions.

- Dédé la Mitraille continue son lobbying de la DOIGT pour la mise en cause de Remy dans le scandale dit "des absences de sessions". Le bureau POURRITAS, spécialisé dans les contrôles et vérifications en tout genre, pourrait être nommé pour contrôler les excuses liées aux forfaits des différents grands maîtres. Nous rappelons que sur l'année, seuls Cingllette et Dédé ont participé à l'intégralité des sessions.



Nothing but the Grougniat !

La Rédaction

Publié le 03/10/2007 à 04:34
Par lagrougniat
Les Grands Maîtres annulent leurs sessions cette semaine ? Eh bien la rédaction annule ses articles, il n'y a pas de raison. Une bonne occasion de trouver l'assassin de Dédé en découvrant le 9ème chapitre de "Killing Session", le thriller grougniste de Jean-Christophe GROJEU...

Vous pouvez retrouver l'ensemble des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session




CHAPITRE IX


Il avait beau dire le contraire, Julien Tchad était quand même impressionné. Ces compétitions que lui considérait comme de pauvres jeux de carte sans intérêt drainaient tout ce que la Jet-Set comptait de plus célèbre et de plus tape-à-l’œil. On dénombrait des acteurs qu’Hollywood payait à prix d’or, des comédiens de séries américaines célèbres, des chanteurs-vedettes de tous pays et autres célébrités diverses. Nadine ne lui avait pas menti : avec ton son barnum médiatique, les sessions grougnistes étaient devenues l’endroit où il fallait être, et surtout être vu.

 
Le plus surprenant se passait le carré VIP principal : là, une dizaine de personnes, les plus célèbres d’entre toutes, mettaient une telle ferveur à vivre les évolutions du jeu que cela sonnait presque faux. Feintant la colère, la joie ou le dépit, ils faisaient honneur à leur statut de star : tout dans la démesure.
-          Il ne faut pas qu’il y ait un attentat ici, les assureurs fermeraient boutique ! plaisanta Julien Tchad.
-          C’est vrai que cette fois ils sont tous là. répondit Nadine
-          Comment ça tous ?
-          Toutes les personnes que vous voyez là sont ou ont été des intimes des grands maîtres.
-          Ces personnes là ? Intimes des grands maîtres ? Mais c’est une blague. Les acteurs les plus connus au monde avec des joueurs de tarot ?
-          Vous ne comprenez toujours pas, on dirait. Là on ne parle pas de physique, ni même de célébrité. On parle de charisme. Passez deux heures avec eux, dans un autre cadre qu’un interrogatoire bien évidemment, et vous comprendrez.
-          Ça, je n’en suis pas sûr. Mais je veux bien vous croire. Mais avouez que tout cela est quand même surprenant.

 
Son regard se porta alors sur l’une des stars présentes. Scarlett. La seule peut-être qu’il connaissait vraiment. Il avait vu tous ses films, juste pour elle. Sa déception de la voir là n’arrivait pas à submerger son admiration. Nadine le remarqua aussitôt.
-          Vous avez l’air de savoir qui c’est
-          C’est vrai. Je crois l’avoir vu dans un film que j’ai en DVD. menti lamentablement le policier. Nadine n’y crut pas une seconde.
-          Alors pour votre information, c’est la fiancée de Remy, le grand maître à gauche sur l’écran. Mais cette année a été difficile pour eux, les journaux s’étant gaussés de son aventure avec G.C DIALEY. Le fait que cela ait été rendu public a fortement ébranlé leur relation et aujourd’hui, personne ne sait vraiment où ils en sont.
-          Très content de le savoir ! répondit désabusé le lieutenant Tchad. Déjà qu’il n’avait aucune sympathie pour Remy depuis le coup de l’avocat…
Mais le discours de Nadine n’était pas si inintéressant : cela expliquait sans doute le regard dans le vide de l’actrice. Elle en était plus belle que dans la fiction.

 
Son regard ne se détachait plus d’elle. Mais au bout d’un moment, un fait retint son attention : une dispute. Deux personnes semblaient être à la limite d’en venir aux mains derrière Scarlett. Le plus étrange était qu’elle ne semblait pas l’entendre, alors que l’échange avait pourtant l’air violent.
-          Vous avez vu ça ? demanda le policier
Nadine, qui ne regardait plus vraiment l’écran, jeta un œil furtif. Mais elle se concentra soudainement, car la scène valait le coup d’œil.
-          C’est Miller, l’acteur de cette série dont j’ai perdu le nom. Ne me demandez pas son prénom, je n’ai jamais réussi à le prononcer. C’est bizarre en effet, je n’ai rien entendu pendant la session.
-          Avec qui s’accroche t-il ? Putain ! On ne voit rien avec l’autre devant. C’est qui ce guignol, là ? Il peut pas se pousser une seconde.
-          George Clooney !
-          Quoi ?
-          Le guignol, c’est George Clooney. dit Nadine qui ne put s’empêcher de rire devant l’ignorance naïve du policier. Croyez-moi, vous ne lui trouvez peut-être pas le même charme qu’à votre starlette blonde, mais si un guignol comme ça voulait passer me voir chez moi…
Julien Tchad lui rendit son sourire, tout surprit de s’être fait démasquer de la sorte.
-          N’empêche, votre George me plante mon enquête.
-          Je ne vois pas le rapport ! s’étonna Nadine
-          Une dispute qui à l’air prête à dégénérer deux heures avant un crime de sang. Pas besoin d’être policier pour y voir un lien probable. Regardez ! Les deux hommes s’en vont.
-          Ça pourrait coller… surtout que… non mais ça n’a rien à voir.
Nadine comprit immédiatement qu’elle n’aurait pas dû dire ça.
-          Surtout que ? Finissez !
-          Non, mais ça n’a aucun rapport. Et je vais vous emmener sur une piste qui n’en est pas une.
-          Ecoutez Nadine ! Je vous laisse suivre l’enquête comme si vous faisiez parti de la maison. Si mon supérieur vous savait là, vous seriez déjà assignée dans votre chambre et moi bon pour laisser l’enquête à mes subordonnés, qui soit-dit en passant n’attendent que ça. Alors au moins, évitez de me cacher des choses.
Nadine savait que Tchad disait vrai.  De plus, il fallait bien l’avouer, elle commençait à avoir du mal à lui refuser quelque chose.
-          Vous savez que le jeune Miller doit lutter depuis des mois contre une rumeur d’homosexualité qui le poursuit partout.
-          Non, je ne savais pas. Ça n’aurait d’ailleurs pas changé ma vie si je l’avais su. Mais je fais confiance à votre culture.
-          Ne soyez pas méchant, Lieutenant. Je disais donc que ces rumeurs courent et on va dire qu’elles ne se sont pas estompées dans le monde de la Grougniat.
Julien Tchad repensa immédiatement à la phrase mystérieuse de M. Le Croupion : « Il y a bien longtemps que ce n’était plus les femmes qui l’intéressaient ».
-          Dédé ?
Nadine acquiesca de la tête.
-          Et c’est prouvé ?
-          Des rumeurs seulement, toujours des rumeurs. A vous de voir s’il n’y a pas de fumée sans feu.

 
Le policier voyait là une énième piste s’ouvrir. Il ne voulait pas repartir dans des conclusions hâtives. Il n’en avait plus le temps. Et le curriculum du personnage annonçait par avance une tonne de désagréments pour lui. Mais l’évidence était trop troublante.
- Eh bien, dit-il presque abattu. Allons parler à ce monsieur Miller.

Publié le 01/10/2007 à 11:53
Par lagrougniat
Les grands maîtres vont-ils être mis hors de cause dans le meurtre de Dédé ? Retrouver le huitième volet de "Killing Session", le thriller grougniste de Jean-Christophe GROJEU.


Vous pouvez retrouver l'ensemble des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session




CHAPITRE VIII

  
Julien Tchad remerciait depuis une heure l’inventeur de la télécommande. Il venait de se passer en accéléré plus de huit heures de sessions. Huit heures… il n’arrivait pas à comprendre comment ces fameux « Grands Maîtres » arrivaient à tenir autant de temps, ni comment les spectateurs pouvaient rester scotché à ce spectacle pendant toute une nuit…

 
Mais il commençait à comprendre le jeu. Non pas la Grougniat en elle-même avec ses règles complexes, mais le jeu des grands maîtres. Et cela était en train de fissurer toutes ses convictions. Nadine disait vrai : la session n’est pas qu’une épreuve de cartes. C’est aussi une joute verbale et psychologique, un affrontement entre six personnes qui luttent pour la victoire sans une once de retenue. Mais pourtant, il ressort une sorte de respect entre les grands maîtres, quelque chose d’impalpable mais qui balayait les grandes théories de lutte pour la victoire qui aurait mal tourné du policier. Les attaques faisaient parties de l’épreuve, mais la bataille se limitait à la session.
De plus, la fierté sans limite des six personnages, que Tchad n’avait jamais pu prendre en défaut, ne collait pas avec le côté sordide du meurtre. Vingt huit coups de couteau, ça relevait quand même d’une perte de sang froid manifeste. Et ces cinq là ne semblaient pas du genre à perdre leur sang froid de la sorte. A moins que ce ne soit encore une mise en scène ? Le lieutenant ne savait plus quoi penser…

 
Qui sinon les grands maîtres ? Dédé était un vieil homme, assez inoffensif d’aspect. Mais il est vrai que depuis le début de ses investigations, plusieurs personnes avaient livré un sentiment mitigé sur lui. Autant tout le monde vantait ses qualités d’analyse, de justesse, autant les gens semblaient plus nuancés quand on commençait à entrer dans le caractère profond du grand maître. Et cela étonnait un peu le policier, car normalement le jour même du meurtre, c’est plutôt la louange que l’attaque qui prime. Certains n’avaient même pas hésité à le présenter comme un manipulateur, laissant entendre que ce qui venait de lui arriver n’avait rien de surprenant. C’était plus les conditions et l’atrocité du meurtre qui choquaient, pas le crime en lui-même.

 
Et c’est des membres du staff du Ternay Tour que les critiques les plus sévères étaient venues. L’avantage pour le policier, c’était que ces personnes partageaient la vie des grands maîtres presque en permanence et qu’on pouvait donc accorder du crédit à leur témoignage. Alors que Charles Quintefleuche, le président de La DOIGT (l’organisme régissant les règles du jeu et le Ternay Tour) s’était surtout évertué à défendre les intérêts de sa compétition plutôt que d’honorer la mémoire du défunt, c’est M. Le Croupion qui se fit apparemment un plaisir de donner le cv « non officiel » de Dédé.
Etrange personnage que ce Monsieur le Croupion. Sans personnalité, droit comme un « i » du haut de sa prestance, alors que son rôle dans les sessions se limitait à un pauvre comptage des points. Il semblait représenter une sorte d’autorité dure et inflexible, sa fonction se confondant avec son apparence. Nadine avait expliqué que jamais dans l’histoire personne n’avait contesté une seule de ses décisions. En somme, sa voix était d’or. Et il en tirait une fierté incroyable. Il se fit donc un plaisir de déblatérer sur le grand maître

 
D’après M. Le Croupion, Dédé était un être solitaire. On ne lui connut qu’une aventure, il y a plusieurs années, avec Mme la Bourronne de Mesrine, même si aucun des deux n’a jamais officiellement confirmé. La naissance des deux princesses de Moldavie durant cette période a alimenté les chroniques, mais jamais Dédé n’a assumé aucune de ces paternités. Le fait est que Mme la Bourronne ne le lui a jamais demandé non plus. Sentimentalement, sa vie s’est plutôt résumée à un vide sidéral, tant il s’est senti investit d’un rôle au sein de la Grougniat. Vétéran des grands maîtres en activité (même si on ne connaît pas sa date de naissance exacte), il a traversé les âges et les générations de grougnistes sans jamais faiblir. Il a vu des grands maîtres abandonner, arrêter la compétition sur blessure, voire même mourir dans de troubles circonstances, souvent à causes d’activités annexes dans lesquelles ils n’auraient jamais dû tremper. Lui n’a jamais subit rien de tout cela. Aucune blessure, aucune faiblesse morale et aucune tentation à laquelle céder. Il est resté là, autour de la table sans jamais manquer une session. Sa force mentale n’avait de paire que sa résistance physique.

 
Mais le tableau idyllique du joueur parfait s’arrêtait là. Car M. Le Croupion avait une théorie sur son incroyable longévité : s’il ne craquait jamais pour des plaisirs défendus, c’est qu’il les maîtrisait tous ! Il savait gérer les sessions, car il avait organisé tout le système du Ternay Tour il y a de nombreuses années ave son ami Charles Quintefleuche. Il ne se laissait pas embarquer dans des affaires louches, car il régnait en maître sur toute la nébuleuse des paris en ligne liés à la Grougniat. Il ne se laissait pas atteindre par les tentations de la chair, car il y a bien longtemps que ce n’était plus les femmes qui l’intéressaient  et qu’il avait de nombreux moyens de pression pour museler les médias qui auraient pu dévoiler ses secrets les plus intimes.
Si personne ne parlait, c’est aussi que Dédé avait des dossiers sur tout le monde. La Grougniat était un monde de tentations et chacun, grand maître comme suiveur, avait un jour ou l’autre cédé. Et à chaque fois, Dédé ou un de ses hommes de mains avaient été là. Pour ramener la cassette vidéo ou le document qui pourrait être utile le moment venu.

 
Alors qu’il enquêtait sur la mort d’un pauvre vieil homme injustement assassiné, Julien Tchad venait d’entendre le portrait du « Parain » de la Grougniat. La charge semblait presque irréelle. Et peut-être un peu trop violente pour être vraie. Mais il savait que M. Le Croupion ne sortait pas de son silence pour rien. Il voulait qu’il sache, qu’il sache sur qui il enquêtait. Pour peut-être ne pas s’égarer sur des fausses pistes. Ou peut-être pour se couvrir lui-même… M. Le Croupion un suspect ? C’était peut-être aller loin. Et puis quel intérêt aurait-il à attaquer comme cela alors que la bonne stratégie aurait plutôt été de rester calme et silencieux, ce qui n’aurait choqué personne ? La vengeance du croupion était là, en brisant les louanges alors que le corps n’avait même pas refroidi. Pas d’état de grâce pour le défunt. Déjà l’opprobre s’abattait sur le grand maître et c’était en ça que M. Le Croupion tenait sa revanche. Pourquoi avait-il à se venger ? « J’ai été jeune et je n’avais pas la même force de résistance au monde extérieur qu’aujourd’hui ». Julien Tchad ne chercha pas à en savoir plus. La dernière phrase du croupion résonna dans le silence : « Et tout ça pour mourir sans jamais avoir gagné un seul Ternay Tour »

 
Quand le policier retrouva Nadine, il n’avait plus aucune certitude. Cette enquête qui semblait difficile lui paraissait maintenant insurmontable. La liste des suspects s’élargissait d’heure en heure. Douze heures maintenant que le meurtre avait été commis et il n’y avait rien. La moitié du délai qui lui avait été accordé pour pouvoir garder tout le monde sous la main s’était envolé pour rien. Nadine s’approcha de lui et mis la main sur son épaule. Le policier se mit à table.
-        
Si vous saviez le portrait de Dédé que je viens d’entendre.
-        
On vous a parlé des ses activités « annexes » ?
-        
Au moins d’une partie. Tout le monde semblait avoir un bon motif pour le tuer. Au pire, ce sont même ses fameux collègues qui avaient le moins de raison.
-        
Je vous l’avais dit. Les histoires de la Grougniat sont complexes.
Le policier regarda Nadine. Elle semblait en savoir beaucoup plus que ce qu’elle lui avait dit au départ. Mais sur le moment, il n’avait plus la force d’aller plus avant.

 
De toute façon, son portable retentissait au fond de sa poche.
-         Tchad !
répondit-il d’une voix sèche
La conversation fut courte, mais l’abattement du Lieutenant était perceptible à chaque mot de son interlocuteur. Il raccrocha dans un long souffle.
-        
C’était la préfecture. On m’ordonne de relâcher « le carré VIP ». Je les avais presque oubliés ceux-là.
C’est vrai que parmi toutes les personnes bloquées dans cet hôtel de montagne, il y avait bon nombre d’acteurs, de comédiennes, de chanteurs ou autres personnalités, toutes venues en « guest » assister à la grande finale.
-         De toute façon, je ne vois pas à quoi ils pourraient me servir…
lâcha Tchad. Au moins ça nous fera plus de place.
-         Vous ne les interrogez pas ? demanda Nadine
-        
Pourquoi faire ? J’ai eu assez de problème pour aujourd’hui. Je ne vais pas me coltiner en plus leurs quarante avocats qui doivent attendre derrière la porte.
-        
Vous devriez quand même parler avec certains. Car tous ne sont pas de simples spectateurs.
La phrase eut un effet déclencheur sur le policier. Au lieu d’être abattu par l’apparition d’une nouvelle série de suspect, il voyait enfin quelque chose de nouveau. Et cette information lui redonna étonnement de la force. Il attrapa de suite son portable.-        
Bonjour. Lieutenant Tchad. Je voudrais parler au responsable du car-régie.
L’employé de la BBC prit le téléphone quelques secondes plus tard.
-        
Mac Cullum !
-        
Bonjour. Lieutenant Tchad, police judiciaire. Vous étiez bien la personne en charge de la diffusion des images pour l’Eurovision hier soir ?
-        
Oui.
-        
Aviez vous une caméra chargée uniquement du public ?
-        
Oui, bien-sûr. Vu les stars dans les gradins, nous avons toujours deux cameramen chargés exclusivement des plans public.
-        
Pourrais-je récupérer les cassettes s’il vous plait ?
-         Vous avez une autorisation pour me demander ça ?
répondit Mac Cullum d’un ton grave
-        
Rien du tout ! Mais j’aimerais bien trouver un meurtrier qui se trouve peut-être à moins de dix mètres de vous.
Il y eut un silence. Puis le machiniste reprit :
-        
Je vous amène ça tout de suite.

 
Julien Tchad rejoignait déjà la salle vidéo. Il se tourna vers Nadine.
-        
Vous voulez venir avec moi ? Je ne suis pas très au fait des choses du « People »
Nadine lui sourit.
-         Une petite question avant qu’on y aille…
reprit le policier. Pourquoi ne m’avez vous rien dit sur Dédé ? Sur ses activités ?
La journaliste parut soulagée qu’il lui pose enfin cette question.
-        
Il avait tout prévu pour que je sois assez sympathique dans mes articles.
-        
Sympathique ?
-        
Si on apprenait qu’une journaliste de la Grougniat avait eu une relation avec un grand maître, ça pourrait mettre des doutes sur son objectivité.
-        
Vous ? Avec Dédé ?
-         Non, pas avec lui ! Mais il savait et il me l’a vite fait comprendre.

Julien ne demanda plus rien jusqu’à l’entrée de la salle vidéo.


 

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