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Publié le 29/09/2009 à 10:21
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions...


Ce mois-ci : BIEN TENIR SES CARTES


Lorsque vous avez appris à jouer au tarot, on vous a appris plusieurs règles de bases :

1- "Ne classe pas tes cartes lorsque tu prends les ramasses"
2- "Ne met pas tes atouts sur les côtés, on verra tout de suite s'il t'en reste"
3- "Penche ton jeu, tout le monde le voit"

Vous pensiez donc savoir l'essentiel pour jouer sereinement et ne dévoiler à personne votre jeu. Mais toutes ces règles ne sont satisfaisantes que pour le tarot. Car pour la Grougniat, c'est une toute autre histoire. Car tout est important dans le monde impitoyable des sessions et surtout la manière dont vous tenez votre jeu tout au long de la donne, sous peine de perdre irrémédiablement vos moyens... et la partie.

Voici les différentes techniques et surtout celles à ne pas utiliser...


1- Le jeu tenu négligement




Aucune harmonie dans la tenue. Certaines cartes sont serrées, d'autres écartées. On constate même la formation d'un creux vers le milieu du tas. Les doigts doivent être serrés pour tenir l'ensemble par la base.

Les risques :

- Pour le jeu : Votre regard, pour voir l'ensemble du jeu, va devoir sans cesse aller d'un côté à l'autre du jeu. Vous vous épuiserez donc mentalement et votre technique s'en ressentira.

- Pour le physique : les cartes sont plus lourdes si tenues à la base. Au rythme de 6 sessions par mois, ce sont donc plus de 4.5 tonnes par an que vos articulations devront supporter sur un an. La fracture de fatigue guette...


2- Le jeu trop serré




Les cartes ont un écartement maximal de 7.5 mm. Technique inventée par Remy la Renifl', (que l'on voit ici en photo avec son superbe rose à ongle, ndlr) elle consiste en une double pression à deux mains sur la base des cartes, permettant une amplitude minimale du jeu. Ainsi les adversaires ne peuvent pas lire les emplacements des cartes et la vision globale est plus immédiate, sans déplacement de tête intempestif.

Les risques :

- Pour le jeu : Qui dit faible amplitude dit peu de vision. Les cartes sont serrées au maximum et vous ne voyez qu'une infime partie de la représentation. Les risques d'erreur sont donc grand, une carte pouvant transformer votre jeu à petite en garde contre potentielle. Cette technique n'est pas du tout recommandée pour les débutants. Certains disent même que Remy ne parle jamais en session car il est incapable de lire son jeu. alors un amateur n'arrivera jamais à voir correctement.

- Pour le physique : La tenue de jeu à deux mains est très difficile à maîtriser. Il faut débuter très jeune (vers 4-5 ans) pour pouvoir espérer appréhender complètement la technique. Un passage d'une prise à une mains à une prise double à l'âge adulte est quesiment impossible. et il faut une grande condition physique pour pouvoir tenir la pause, sans quoi le jeu se desserera et le risque de chute de carte serra grand.


3- La technique "papillon"




Les cartes sont séparées en deux parties égales. On remarque la position de l'index et du majeur de la joueuse (en l'occurence Diane la Chasseresse, toujours virtuose et élégante dans son porté de cartes). Les poids sont ainsi répartis, ce qui donne une sensation agréable et permet en plus une vision du jeu entre ses cartes pour observer discretement l'attitude de ses adversaires.

Les risques :

- Pour le jeu : De même que pour un jeu mal tenu, couper ses cartes en deux donne une indcation sur son jeu. Un simple joueur de tarot ne s'apercevra peut-être pas qu'il peut lire dans votre jeu comme dans un livre, mais un grand maître ne mettra pas plus de vingt secondes à connaître la totalité de vos cartes. Et si vous pouvez voir les yeux de vos adversaires, ils le peuvent aussi...

- Pour le physique : le confort qu'apporte cette posture n'est qu'une illusion. James the Cutter, grand maître du début du XXème siècle, a préféré se droguer toute la fin de sa vie plutôt que de supporter plus longtemps la polyarthrite au majeur qui le faisait attrocement souffir. Car le phénomène est physique : les cartes étant légèrement incurvées vers le centre, tout le poids du jeu se reporte sur le centre et exerce une pression maximale sur les deux doigts centraux.


4- La posture idéale




Les cartes légèrement écartées, la main en position centrale, tous les doigts portent les cartes. Une vue légèrement surèlevée permet un grand confort de vision. Sans compter l'élégance de la posture qui impressionera une grande partie du public, notamment les plus jeunes groupies grougnistes.

Les risques :

- Pour le jeu : il y en a peu, si ce n'est que cette posture classique peut vous faire passer pour un joueur académique et sans relief. Cela peut être un handicap, mais vous pouvez aussi avancer masqué et surprendre vos adversaires.

- Pour le physique : Aucun risque particulier, si ce n'est un besoin de musculation du coude, car cette position demande frequemment de poser le coude sur la table de jeu.


Rendez-vous le mois prochain pour un nouveau geste technique !

Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste

Publié le 11/07/2009 à 09:51
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions... 


Ce mois-ci : L'IMPASSE


Toute personne ayant un jour ou l'autre eut des carte dans les mains connaît ce terme. L'impasse, c'est un petit fait de jeu mais qui peut rapporter -ou coûter- gros.





QU'EST-CE QUE C'EST ?


Tout le monde connaît la technique de l'impasse. Les joueurs de coinche et de belote la considère même comme une des bases du jeu.

Cela consiste simplement à ne pas poser une carte maîtresse, eventuellement en n'empochant pas le pli, de manière à essayer de remporter plus de point sur le tour suivant à la couleur.

Exemple : Vous avez le roi de coeur, la personne juste après vous joue et aucun point n'est sur la table au moment où votre tour arrive. Vous pouvez éventuellement poser une autre carte que le roi et espérer ainsi empocher plus de points au prochain tour de coeur.


QUEL EST L'INTERET ?


A la belote, il y a comme souvent un simple intérêt : l'appat du gain. La Grougniat n'ayant pas dans ses gènes ce pauvre défaut mercantiliste, l'intérêt de l'impasse y est double...


1- Jouer le mystère

Voila un point que nous avons déjà développer dans nos différentes leçons.
 
La base du tarot et de la Grougniat est d'appeler un roi . Lorsque la couleur en question est posée sur le tapis, la personne appelée pose son roi et les équipes sont ainsi identifiées. Tout joueur de tarot connait ça.

Mais un grougniste ne se limite pas à cette petite reglounette : un roi appelé ne va pas forcément se dévoiler à la première occasion. Le grand maître sait jouer le mystère. C'est à dire qu'il ne va pas poser son roi, pour ne pas dévoiler à l'assemblée qu'il est l'élu. Et alors, le suspense restera entier, le finaud essayant de profiter de points donnés par hasard par ses adversaires qui n'auraient pas vu le subterfuge.


2- Encaisser du point

Comme dans les autres jeux, l'impasse peut servir à encaisser la mise.

On ne pose pas ses points au premier tour et l'impasse du roi peut facilement encaisser une dame, un cavalier ou un valet qui se serait égarés par là.



Une impasse à carreaux : faire beaucoup avec peu ?


Mais le Grougniste sait aussi être encore plus téméraire.

Il peut très bien ne pas mettre le roi au deuxième tour. Il peut attendre le 3ème pour tenter une coupe de son partenaire et de belles prises tels que le petit sur des concours de circonstances.

L'impasse est donc une arme qu'il faut savoir utiliser dnas les moments critiques.


LES RISQUES


Bien sûr, comme toute technique de pointe, l'impasse n'est pas sans risque. Elle peut même engendrer de grosses catastrophe. Il faut juste en avoir conscience.


1- Trop de mystère...

On a vu très souvent des joueurs jouer tellement le mystère, que même eux ne savaient plus vraiment où ils en étaient à la fin.

G.C DIALEY, grand amateur de la technique, le dit sans détour : "Il faut être un joueur fin pour réussir un vrai mystère. Quand je vois Mme La Bourrone ne pas poser son roi et demander trois tours plus tard quelle était la couleur appelée, j'ai parfois envie de rire".

Mais même les grands spécialistes explosent sous la pression du mystère : car si le roi n'est pas posé dans les deux premiers tours, il va falloir attendre la fin et les chances de le sauver s'amoindrissent.

Donc pour réaliser un beau mystère, il faut être sûr de sa stratégie, mais également sûr que votre partenaire aura l'intelligence de comprendre.


2- Le charclage

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. C'est ce que doit se dire le pauvre roi emmené à l'abattoir sur un 3ème tour à la couleur et qui prie pour pouvoir être épargné.

Car pour toute impasse, la (les) coupe(s) risque d'être tranchante. Cela fait parti du jeu. Déjà que passer un roi au premier tour n'est pas une garantie de réussite, tant les grands maîtres manient l'art de la coupe franche avec un dextérité qui impressionne les plus grands bouchers, oser lancer son altesse royale un peu plus tard relève d'un sens du courage rare.

Il y a un donc un risque : celui de voir un ou plusieurs atouts venir faucher le roi dans sa course. On dit alors qu'il se fait couper, si un pauvre atout arrive en bout de course. Si plusieurs atouts, dont parfois un oudlers, sont utilisés, on dit alors que le roi s'est "fait charclé".




Dédé charclé !


Donc si l'impasse apparait comme une technique de jeu facile et évidente dans la plupart des jeux de cartes, elle prend une importance toute particulière dans la Grougniat, où elle peut faire basculer une partie à chaque instant.

Tout est question de stratégie... et de nerfs solides !


Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste
Publié le 05/05/2009 à 21:37
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions... 


Ce mois-ci : APPELER UNE DAME


G.C DIALEY a beau dire souvent qu'il n'a jamais eu à appeler une dame, elles sont toujours venues toutes seules, on peut considérer qu'il ment. Car au moins une fois en session il a eu à en appeler une : la fois où il a eu les 4 rois.




Le cas est rare mais possible. Il est d'ailleurs survenu plusieurs fois en session au cours des 12 derniers mois. Nous avions consacré deux articles complets au choix du roi à appeler (lire les artcles en cliquant ici), mais si cela est impossible, que faire ? Appeler autre chose, une dame en l'occurence.


LA REGLE

On ne peut appeler une dame que lorsque l'on est en possession des 4 rois.

Bien sûr il serait souvent plus simple et moins dangereux de ne pas appeler un roi afin d'éviter que celui ci ne se fasse couper. Mais le jeu en serait alors faussé.

Le corrolaire est évident : on ne peut appeler qu'une dame lorsque l'on a 4 rois.

La tentation est grande d'appeler autre chose. Dédé fit même un jour pression pour pouvoir appeler un bout (un équivalent roi d'après lui) en prétextant qu'aucune règle ne définissait le cas des 4 rois. Faux ! L'artcle 228.4.3 Bis du Code Grougniste est très précis en ce domaine.

Parallèlement, la Grougniat n'autorise pas de mettre des rois aux chiens, où exceptionnelement sur accord de l'ensemble des participants (le jour où l'on verra les grands maîtres se mettre d'accord autour d'une table, il y aura la paix dans le monde). Le fait d'avoir 4 rois ne change rien à l'affaire : il va falloir les passer tous, pas d'échappatoire possible.


CONNAITRE LES DAMES

Les rois ont leur pendant féminin. Mais ne croyez pas qu'elles soient dépourvues de personnalité. Il faut les appréhender comme des cartes à part entière...


* La Bonnasse



Comme son époux, le roi de coeur, elle a toujours été habituée à passer avant les autres. Le proverbe dit bien "Dame de coeur, à vous l'honneur !".

Elle provoque à la fois l'admiration  et la jalousie de ses camarades et c'est pourquoi les joueurs ont tendance à ne pas forcément l'appeler, autant par sentiment de rébellion que par peur qu'elle fasse sa belle en se cachant au chien.


* La Branleuse



La dame de carreau aime à traîner dans les chiens. Comme son époux, elle veut jouer un rôle plus important dans le jeu et cet artifice lui permet d'être assez crainte des joueurs expérimentés.

Mais plus pâle que la dame de coeur et moins piquante que ses congénères brunes, elle reste souvent à l'écart et est très peu appelée. C'est la malédiction des carreaux.


* La Poufiasse



Elle aime faire sa belle, en se promenant au bras du cador. Quasiment toujours posée au premier tour où ce dernier se présente, ils forment un couple indissociable et si le pli passe, c'est 9 points assuré quasiment à chaque coup.

Par contre,  à toujours se présenter en hôtesse comme ceci, il arrive que la coupe tombe et que la sanction soit alors terrible.


* La Connasse



Souvent appelée parce que... c'est drôle d'appeler "La Connasse", elle pâtit de la réputation de son mari.

Ce dernier ayant pour habitude de prendre du repos dans les chiens, on l'associt au connard alors qu'il n'a jamais été vu dans l'historie que le couple de trèfle soit ensemble dans les trois cartes maudites.

elle est en fait plutôt volâge et n'aime pas trop se promener en dehors des mains amies.


QUELLE DAME APPELER ?


Il ne faut pas confondre : appeler un roi ou une dame n'est pas la même chose. Il y a quelques règles à respecter ou au moins à prendre en compte :

- Eviter d'apper sur sa famille : Si vous avez déjà 8 carreaux, appeler la dame de carreaux en balançant le roi pourrait d'avérer suicidaire. Préférer des appels sans risque, sur une singlette par exemple ou une biglette (deux cartes de la couleur). Le risque de coupe sera limité.

- Préparez vous à ne pas connaître de suite votre partenaire : Le risque est double. Vous pouvez tomber soit sur un peureux qui craindra que sa dame ne plonge avec votre roi, soit sur un impétueux qui considérera que la dame passera au 2ème tour. Donc n'intégrez pas les 4 points dans votre décompte final : considérez là comme perdu d'avance. Au mieux vous aurez une bonne surprise.

- Gare aux impasses : Il n'y a pas de mystère. Si vous avez appelé une dame, vous avez les 4 rois. Donc allez y doucement sur les impasses ou sinon, vous risquerez de courir vers de graves déconvenues.


CAS PARTICULIER : LE COUP DE "CINGLLETTE"


Un autre choix est possible, seul Cingllette l'a réalisé à ce jour : n'appelez pas une dame. appelez un roi !

On entend déjà ici geindre les joueurs de tarots, mais n'oubliez pas que vous n'êtes pas ici dans une simple partie d'étudiant, la Grougniat représente la quintessence du talent.

Un simple calcul peut être fait : 4 rois et un bout, c'est 25 points potentiels. Soit la moitié du total à obtenir. A vous ensuite de jouer fin pour obtenir les points manquants et alors le pactole sera à vous : pas de partage. Vous obtiendrez également l'admiration de vos adversaires et du public.

Bien sûr la technique est plus risquée : si vos rois se font couper par exemple, le contrat aura du mal à être rempli. Mais personne n'a dit que cela devait être simple. Comme le disait si souvent G.C au moment de sa gloire : "Osez, osez, vous êtes grougniste!".


Rendez vous le mois prochain pour un nouveau geste technique...


Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste
Publié le 09/12/2008 à 07:51
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions...


Ce mois-ci : LE COMPTAGE DES POINTS


Combien de sessions improvisées entre amis se sont terminées à peine commencées lorsque qu'un des joueurs à la fin de la première donne a demandé "Quelqu'un sait compter les points ?". Se voyant répondre par la négative, tout le monde a replié le jeu, le tapis et a entamé une partie de 8 américain, renonçant peut-être à un bel avenir grougniste...

D'où notre geste technique du jour, le comptage de points...


LA VALEUR DES CARTES

Chaque carte a une valeur, c'est logique. Encore faut-il la connaître (ndlr : cette règle s'applique aussi au tarot)...

Les cartes de couleurs de l'as au 10 : 0.5 points
Les valets : 1.5 points
Les cavaliers : 2.5 points
Les dames : 3.5 points
Les rois : 4.5 points
Les bouts (excuse, le 1 et le 21 d'atout) : 4.5 points
Les autres atouts (du 2 au 20) : 0.5 points


Il y a 91 points au total dans un jeu de tarot


COMMENT COMPTER LES POINTS ?

Il est toujours possible de compter les cartes une par une. Mais il faut avouer que les demi-points compliquent sérieusement la tâche. D'où l'intérêt d'associer les cartes en couple pour arriver à des chiffres ronds et ainsi simplifier le comptage...

On associe donc toujours une carte de valeur 1/2 points avec une carte maîtresse. Voici quelques exemples...

2 de coeur + roi de pique : 0.5 + 4.5 = 5 points
6 de pique + valet de carreau : 0.5 + 1.5 = 2 points
3 d'atouts + excuse : 0.5 + 4.5 = 5 points
6 de coeur + 8 d'atout : 0.5 + 0.5 = 1 point

Exceptionnel : pour illustrer notre leçon, Raymond Delexcuse, le célèbre cinéaste, a accepté de nous confier un extrait de "Au Coeur du Beau Jeu", le documentaire réalisé sur une session d'entraînement des grands maîtres grougniste... Découvrez Dédé la Mitraille en train de joueur à M. Le Croupion.







Retrouver un autre extrait en cliquant sur ce lien



COMBIEN FAUT-IL FAIRE DE POINTS ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le nombre de points à faire ne dépend en rien du contrat demandé. Que l'on ait fait une petite, une garde ou même uen garde contre, le nombre de points nécéssaire dépend du nombre de bouts (oudlers) que l'on a dans les plis remportées.

Nombre de points à réaliser :

Sans oudlers : 56 points
1 Oudler : 51 points
2 Oudlers : 41 points
3 Oudlers : 36 points

On voit donc l'intérêt d'être soit bien équipé au départ, soit de faire un bon appel ou de réaliser des traques du petit bien senties, car en cas d'absence de bouts, il faut quand même réaliser près de 65% des points du jeu pour réussir son contrat.


COMBIEN GAGNE T-ON OU PERD T-ON DE POINTS ?

La partie qui semble la plus difficile, mais qui n'est qu'un mécanisme à comprendre : combien de point gagne t-on ou perd t-on au final ? Pour cela, il faut suivre les 3 phases...

1- On compare le nombre de point réalisé avec le nombre de points à faire et on arrondi à la dizaine la plus proche (à la dizaine supérieure si multiple de 5).

Exemple 1 : 58 points réalisés pour 51 points à faire. Contrat réussi avec un écart de 7 points, arrondis à 10.
Exemple 2 : 34 points réalisés pour 36 points à faire. Contrat échoué avec un écart de 2 points arrondis à 0.

2- On ajoute à ce chiffre le montant du contrat. Ces montants sont les suivants (chiffres grougnistes, le tarot classique étant assez rétrograde sur le sujet) :

Petite : 10 pts / Pousse : 20 pts / Garde : 40 points / Garde Sans : 80 points / Garde Contre : 160 points / Petit Chlem : 320 pts / Grand Chlem : 640 pts

Exemple : Une garde réussie de 7 points donne le total : 40 + 10 = 50 points

3- En cas de réussite, 2 des adversaires donnent la somme calculée ci-dessus à celui qui a réussi son contrat. Le 3ème adversaire donne la somme à celui qui avait été appelé.
Inversement en cas d'échec, le partant donne la somme à deux adversaires et le partenaire d'infortune verse au 3ème.

Par contre, pour le bourron, seul le partant est responsable. Il encaisse la totalité en cas de réussite ou double seul le montant en cas de chute.


Vous êtes maintenant paré pour débuter une session en toute connaissance de cause. Découvrez bien d'autres règles et subtilités du jeu dans notre rubrique geste technique.


Nothing but the Grougniat

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste

Publié le 01/12/2008 à 10:28
Par lagrougniat

Incroyable reportage que celui réalisé par Raymond Delexcuse, le célèbre cinéaste et réalisateur de documentaires coups-de-poing. Il a en effet réussi à introduire une caméra à l'intérieur d'une session d'entrainement des grands-maîtres grougnistes, ce que personne n'avait jamais réalisé avant lui.

Raymond Delexcuse avait découvert le monde de la Grougniat à l'occasion de son dernier reportage, consacré au drame des agriculteurs-grougnistes, qui n'avaient pas le temps du fait de leur 21h de travail par jour d'assouvir pleinement leur passion pour le jeu.

Ce film a fortement ému certains grands maîtres, notamment Cingllette étonnement touché par ce phénomène, et ces derniers ont alors donné leur accord pour qu'un de leurs entraînements soit intégralement filmé, à la condition que cela soit sans commentaire. Le choix du réalisateur fut alors de prévilégier les caméras fixes, pour filmer autre chose que le jeu : les attitudes, le geste technique. En un mot, la virtuosité.

Découvrez un premier extrait, en exclusivité avant sa sortie en salle, de ce que beaucoup d'amateurs grougnistes considèrent comme une oeuvre d'art et d'essais.




Nothing but the Grougniat !

Jean Dietter
Envoyé Spécial
Publié le 13/12/2007 à 12:22
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions...

Ce mois-ci, découvrez la technique du Mystère


QU'EST-CE QUE C'EST ?


La phrase a été lancée par hasard au milieu du Round VIII du Golden Bourron Ternay Tour : Diane, qui avait été appelée par mme la Bourronne de Mesrine, lui dit en fin de jetée : "Désolé, je n'ai pas pu jouer le mystère"... la phrase a interloqué le public. Pourtant c'est une technique connue et souvent utilisée en session. 

Le Mystère, c'est le fait d'avoir le roi appelé, mais de ne pas se dévoiler immédiatement. On dit alors qu'on "joue le mystère".

L'intéret : destabiliser les autres joueurs, qui n'oseront pas se défosser, ne sachant pas qui est leur deuxième adversaire. Et en fin de jetée, ils seront obliger de tenter une sorte de pari, qui consistera à "pisser" des points au hasard des plis. Vous pourrez donc ainsi récupérer une partie des gros points qui ne vous étaient normalement pas destinés.


COMMENT LE REALISER ?

On ne peut pas jouer le mystère à tous les tours. Comme le bluff au poker, la technique doit être utilisée avec précaution. Elle doit être instinctive.

Techniquement, lors du tour dit "d'appel", c'est à dire quand quelqu'un lance à la couleur du roi appelé, il faut s'abstenir de le poser. Le tour va se finir sans aucun point et le doute subsistera.

C'est là que le choix crucial arrive : on peut jouer un "full-mystère", c'est à dire garder son roi le plus longtemps possible. Il est aussi possible de jouer un "mystère partiel", c'est à dire jeter son roi dès le deuxième ou troisième tour à la couleur.
Il y a aussi le "protect-mystère", qui se fait fortuitement : si vous avez une famille accompagnant votre roi, le risque de se faire couper au premier tour est grand et il vaut parfois mieux le garder pour le passer en fin de jetée.

Car le risque est là : se faire couper son roi et éventuellement faire perdre des points à son partenaire. De plus, vous pouvez être découvert et la pratique n'aura eu aucun intérêt.



Sur l'exemple ci-dessus, on voit le jeu à mystère idéal...

En effet, mettons nous dans le cas où le roi de carreau serait appelé. Si un de vos adversaires lance le roi de coeur, vous allez lui donner votre cavalier. Il va donc croire automatiquement que vous êtes partenaire. Si lorsqu'il va lancer un carreau vous décidez de jouer le mystère, le piège est tendu. Vous ne serez plus soupçonné jusqu'à la fin.

N'hésitez donc pas à alterner mystère et jeu classique. un bon panachage des méthodes étant toujours dans la Grougniat le meilleur moyen d'obtenir des résultats (même si l'épicerie systématique est l'exception qui confirme la règle).  


EST-CE EFFICACE ?

Comme toujours avec les techniques un peu pointues, c'est à double-tranchant. En fait, le problème est que vous ne connaissez pas les intentions de la personne qui est partie. l est donc fort possible que votre attitude ne l'arrange pas du tout.

Mais généralement, il faut reconnaître que c'est assez dévastateur pour vos adversaires et ce pour plusieurs raisons :

- Les points ne tombent pas : personne n'ose charger personne. Donc si votre partenaire a beaucoup d'atouts, il pourra faire un beau pactole en fin de jetée.
- On n'ose pas tenter de sauver le petit : Ne sachant pas qui est avec qui, le petit n'ose pas s'aventure dans le jeu, de peur de tomber entre de mauvaises mains.
- On vous donne des points par erreur : pour un peu que votre visage soit celui d'un ange, on vous fera une confiance éperdue et on vous donnera des cartes maîtresses... à tord.


Cingllette, jouant le mystère
(Ag. Kapapartir - 10/2007)

Quels sont les risques : Ce sont les mêmes mais pour votre partenaire.
- Il n'ose pas sauver son petit, ne sachant pas avec qui il joue
- Il ne donne pas de points non plus
- Votre roi risque de se faire couper en fin de donne, car à partir du troisième tour, il est presque sûr que vous ne pourrez plus le passer sans coupe. Le sauver reste donc très aléatoir et cela peut faire la différence au moment des totaux.

Mais le seul plaisir de voir quatre joueurs en train de se demander bêtement qui peut bien être le grand stratège vaut le coup. A vous de jouer la surprise quand vous voyez que le roi ne tombe pas. Les meilleurs acteurs sont les plus mystérieux.

Le petit +

Le mystère est LA technique a utiliser sur une garde-contre. Car si vous jouez bien le coup, vos adversaires peuvent croire le roi au chien et vous donner des points allègrement, sans aucune forme de méfiance.


Rendez vous le mois prochain pour un autre geste technique.

Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien grougniste

Publié le 11/11/2007 à 09:27
Par lagrougniat
Chaque mois, nous vous proposons un nouveau geste technique pour vous aider à parfaire votre style de jeu et mieux comprendre les sessions...

Ce mois-ci, découvrez la théorie de la Mère-Ourse (ou de la Maman-Ourse).


QU'EST-CE QUE C'EST ?


Cette technique est très nouvelle. Elle date en effet de quelques semaines et est l'oeuvre de l'un des plus grands théoriciens actuels de la Grougniat : G.C DIALEY. Les plus assidus d'entre vous ont d'ailleurs pu découvrir le descriptif de cette technique page 134 de son livre "Le Dégout du Risque" (Ed.Plomb), une oeuvre majeure dont nous avons déjà parlé dans nos colonnes.

La technique en question est en fait le fruit d'une étude poussée du grand maître à la fois de nombreux documentaires animaliers, de divers rappots éthologiques et surtout du film de Jean-Jacques Annaud.

Il en est alors ressorti une évidence qui a constitué le socle de la théorie : QUOI QU'IL ARRIVE, LA MAMAN-OURSE ESSAIE TOUJOURS DE SAUVER SON PETIT. L'application au jeu en devenait alors une évidence.


"Help-me, mum !", le film-documentaire qui a inspiré G.C (René Manoir Vidéo)


COMMENT LA REALISER ?


Il n'y a pas de technique infaillible à proprement parler. Mais la protection du petit doit être une priorité.
 
Dans tous les cas, il faut savoir à quel moment le passer, s'il faut l'abandonner de suite avant de croiser les chasseurs ou l'emmener au bout du chemin pour le protéger sjusqu'à la fin. On doit considérer que ce sauvetage est le seul moyen de réussir, même si cela implique quelques sacrifices.


Une vraie Kroupe (Ag. Kapapartir - 04/2007)


Prenons le cas ci-dessus : la Maman-Ourse est contente, car son petit est accompagné d'un gros mâle (le 21), mais elle a malheureusement été abandonné par toute la tribu. Il va donc falloir lutter.

G.C devra donc choisir : partir à garde ou non et quelle stratégie adopter pour sauver son petit.


Cas n° 1 : Le Grand Maître ne part pas

Il possède en fait une des plus belles pépite possible (lexique : cliquez sur le lien suivant : http://blog.ifrance.com/lagrougniat/post/482707-lexique-la-pepite): 1 roi, deux bouts, une singlette. Si celui qui a prit le risque de partir l'appelle, c'est la réussite assurée... à condition bien-sûr de sauver le petit. Pour cela, la maman-ourse devra se débarrasser rapidement du papa et prier sur un 20 d'atout salvateur. Ou sinon, l'option de la singlette à pique peut permettre de faire partir le petit par un chemin détourné.

S'il n'est pas appelé, il y a des grandes chances qu'il fasse chuter le courageux (et en même temps qu'il se fasse traîter d'épicier). Mais l'objectif de la maman-ourse sera plus dur à atteindre. Il faudra compter sur les piques presque exclusivement.

Cas n° 2 : Le Grand Maître part à garde

L'option la plus sage serait d'utiliser le chien pour se faire une coupe franche et sauver directement le petit. Cela serait un déchirement pour la maman-ourse, mais l'objectif serait atteint.

Sinon, il est également possible de ne se faire aucune coupe franche et de tenter d'épuiser les chasseurs et ainsi amener le petit au bout. mais cela est très risqué et il serait étonnant que quelques tireurs embusqués n'attendent pas au bout du chemin. Cela ne peut en tout cas pas se réaliser sans un pertenaire puissant et un chien de qualité. Attention donc à faire un bon appel.

NDLR : La dernière fois que G.C DIALEY a dû faire une garde avec ce jeu là remonte à 1987, l'année de la secheresse.


EST-CE EFFICACE ?


Il est toujours beau de voir une maman-ourse sauver son petit. En hommage à cette scène merveilleuse de la nature, G.C DIALEY accompagne toujours le ramassage du pli où le petit se trouve d'un grognement inspiré du dernier cri de l'ourse Canelle.


Un ours victorieux ou un pied dans un piège ? (National Grougnographic - 10/2007)

Cela dit, même si l'intention est belle, le résultat est plus mitigé. En fait, il semblerait que le grand maître se soit un peu trop inspiré de "L'Ours" de Jean-Jacques Annaud. il a oublié l'élément central du film : LE PETIT EST SAUF, MAIS LA MAMAN-OURSE SE FAIT MECHAMMENT DEGOMMER !

En effet, les inspirations de G.C sont souvent les mauvaises : un petit sauvé au début alors qu'il aurait pu aller au bout, un petit au bout alors que tous les chasseurs l'attendaient là. Bref, c'est quasiment la chute assurée à tous les coups. Le petit est en fait alors la seule chose à sauver dans la technique de G.C.

Car le petit n'est pas tout et c'est peut-être pour cela que les autres grands maîtres n'ont pas encore véritablement intégré cette technique dans leur mode de jeu. D'aucun parleront même de cette théorie comme d'une nouvelle inéptie d'un grand maître fantasque. Lui préfèrera dire qu'il est en avance sur son temps. laissons le temps à cette technique de prendre son envol et de s'étoffer.
En fait, laissons à G.C le bénéfice du doute.

Rendez-vous dans un mois pour un nouveau geste technique...


Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste


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