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Publié le 28/12/2006 à 13:52
Par lagrougniat
Comme chaque semaine, découvrez un nouveau geste technique, expliqué et commenté, pour mieux comprendre la différence entre le tarot et la GROUGNIAT.

Cette semaine : L'ECRASAGE DE BOURRON


Nous vous l'avions expliqué dan les semaines précédentes, un bourron est fait pour être écrasé. Rappel de la règle du bourron (voir rubrique matériel) : A chaque jetée, chaque participant met 10 points au bourron (20 pour le donneur). A la fin de la maine, si un participant a remplit son contrat, il encaisse la valeur du bourron. S'il chute, il double la valeur du bourron qui est remis en jeu pour la maine suivante, et ainsi de suite...

Donc un bourron, surout en fin de partie lorsque la prise de risque augmente, est appelé à monter. On a vu des bourrons à plus de 3000 points dans les parties du début du siècle. On dit donc du grand maître qui remporte le pactole qu'il a réalisé un ECRASAGE DE BOURRON.

Origine : Le terme d'écrasage provient des débuts de la Grougniat, il y a quelques milliers d'années, où le bourron n'avait pas encore la valeur symbolique d'aujourd'hui. Lorsque la mise globale dépassait les 1000 points, la tradition voulait (notamment dans les pays scandinaves) que le grand maître vainqueur se lève et écrase à l'aide d'une masse ou de tout objet contendant en sa possession l'urne après avoir encaissé son contenu.
Mais les problèmes liés à cette tradition étaient multiples : le niveau de tension au moment de l'écrasage était tel qu'il arrivait parfois qu'un autre grand maître se saisisse en premier de l'objet contendant et écrase non pas le bourron, mais le crane du vainqueur. De plus, l'écrasage servait parfois à régler de vieilles querelles entre grands maîtres et plusieurs bains de sang furent à déplorer, comme l'indique l'ancien grand maître Pässde Dahlin dans son recueil "Odin faisait le cinquième", sur les relations étroites entre le tarot et les religions scandinaves. On décida donc, suite au décès de plusieurs grougnistes et le manque cruel de bourrons en état, que l'écrasage deviendrait symbolique.

noel 012.jpg
Photo : Reconstitution de l'acte ancestral par G.C DIALEY (Kapaprendre - 2003)


Comment réaliser le geste technique :
Plusieurs techniques permettent d'écraser un bourron et de prendre un option sur la victoire finale. Les quelques unes recensées sdont les suivantes :

- Avec talent : En cas de domination sans partage sur une session, on peut espérer avec du jeu à chaque maine et ainsi remporter le bourron sans difficulté, notamment par la prédominance psychologique sur les autres concurrents.
- Par hasard : Il est fort possible de toucher une bonne main au moment opportun sans rien avoir fait d'autre de la session. Le problème est que cela énerve passablement les autres grands maîtres qui feront tout pour ne pas vous laisser partir.
- Avec panache : Dans le cas où quelqu'un part pour écraser le bourron et que l'on a un jeu de qualité mais pas forcément suffisant, certains grands maîtres tentent le coup en espérant un appel de roi correct. La garde contre est quasiment obligatoire pour couper court à toute véléité. Le risque de doubler le bourron est quand même important.
- La Tréandise : Technique récente développée en session au début du XXIème siècle, la Tréandise consiste à partir avec rien en priant pour avoir un appel de qualité et ainsi rafler la mise non pas par ses qualités mais en se servant du partenaire. Technique très décriée, elle fera l'objet d'une rubrique spéciale dans les prochains jours, tant elle est prisée en ce moment et qu'elle mérite un développement plus approfondi.


Techniques alternatives et évolution de la règle :

- Politique de Lutte contre la Tréandise : LA D.O.I.G.T a décidé l'an passé de restreindre la valeur maximale du bourron à 1000 points, afin de limiter les tentatives despérées ou autre Tréandises. Au lieu de doubler le bourron, le chuteur distribut l'équivalent aux autres grands maîtres en parts égales. Il ne pourra donc jamais récupérer cette somme.

- Cingllette a tenté une technique d'écrasage nouvelle il y a quelques semaines, que l'on pourrait intituler : "Le noyage de bourron"

noël 007.jpg

En fait... ça ne sert à rien, ça ne rapporte rien et ça mouille les rondelles. La technique est donc rejetée et M. Cingllette est crédité d'une réserve pour profanation de bourron.

A bientôt pour un prochain geste technique.
World is Grougniat

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste

Publié le 01/12/2006 à 13:47
Par lagrougniat
Humeur : Souriante

Comme chaque semaine, découvrez un nouveau geste technique, expliqué et commenté, pour mieux comprendre la différence entre le tarot et la GROUGNIAT.

Cette semaine : LA COUPE


Passionné de tarot, Florent Pagny parlait dans une de ses chansons de "savoir donner". Nous, au sein de la confrérie de la GROUGNIAT, nous ne sommes pas tout à fait d'accord avec lui. Le geste important n'est pas de savoir donner, mais de SAVOIR COUPER.

En effet, qu'est-ce qui va déterminer la maine que vous aurez au prochain tour ? La donne ? Non. En fait, tout le monde donne presque de la même façon. C'est la coupe qui va tout conditionner comme il est prouvé de façon statistique dans le livre "The Best Way to Cut" d'Odette DEJEU (Editions Laffonpas - 1978).
 
Voici quelques exemples qui vous permettrons de savoir bien couper lors de vos prochaines sessions.

Exemple n° 1 :

session 003.jpg REFUSEE

Cette coupe n'est pas autorisée en compétition, car elle ne partage pas le jeu de façon équitable : le nombre de cartes de chaque partie de la coupe doit au moins être égal à 3.


Exemple n° 2 :

session 004.jpg ACCEPTEE MAIS DECONSEILLEE

Le nombre de carte de chaque partie est supérieur à trois, donc rien n'empêche les juges de valider cette coupe. Mais vous pouvez constater que la carte située sous le premier tas est visible de l'ensemble des participants placés face au coupeur. Cela devoile donc partiellement le jeu du donneur. Cette pratique est donc à éviter. Soyez discret pendant vos coupes.


Exemple n° 3 :


session 005.jpg REFUSEE

Non, non et non ! Soyez raisonnable ! Certes la coupe est un moment fort de la jetée, mais il n'est pas possible de ne pas respecter les règles à ce point là. Le nombre de tas de cartes après la coupe doit être de 2. Il n'y a pas d'alternative, même si cela pourrait vous paraître judicieux.


Exemple n° 4 :

session 006.jpg  ACCEPTEE

Bravo. Vous savez couper. Les tas sont presque identiques, les cartes n'ont été vues de personnes et il y a bien deux tas distinct. Tout est fait dans les règles de l'art. Certes cela ne vous assure pas d'une grande maine après la donne, mais vous êtes sûr que votre coupe ne souffrira d'aucune contestation et ne génèrera pas de réserve qui pourrait vous coûter des points.


Que ce cher Florent Pagny se rassure, savoir donner est également important et fera l'objet d'une leçon ultérieure. Mais il était impossible de ne pas commencer par le commencement. C'est un geste technique primordial que le joueur de tarot classique néglige en général. Ce qui fait la différence entre lui et un grand maître de la Grougniat, ce sont souvent ce genre de petits détails.

World is Grougniat

* Crédit Photo : Agence kappapartir - Remerciements à M. DIALEY qui a accepté de prêter ses mains pour cette leçon.

Publié le 23/11/2006 à 14:10
Par lagrougniat
Comme chaque semaine, découvrez un nouveau geste technique, expliqué et commenté, pour mieux comprendre la différence entre le tarot et la GROUGNIAT.

Cette semaine : L'EPICERIE

Technique apparue au moyen-orient au milieu du XXème siècle, elle consiste à regarder l'étendue de son jeu avec un oeil modérateur et de prendre en compte, non pas le bénéfice que vous pourriez tirer d'une bonne maine, mais plutôt de la perte que vous pourriez infliger à vos adversaires, en attendant de les achever au coup suivant.

Prenons un exemple en image :

adeline 031.jpg
Photo amateure tirée de la session du 08/03/02 - Diane la Chasseresse

En l'espèce, que constatons nous : 6 atouts, 3 rois, 2 dames, une coupe franche. Pour un peu que le chien à venir soit de race et ça pourra sentir le petit chelem. Nous allons en fait assister à une des plus belles épiceries de ces dernières années, référencée dans l'oeuvre de Pierre Poujadeubout "L'épicerie, remède contre la garde contre".

Le potentiel est énorme : seules 3 à 4 plis devraient échapper au titulaire de ce jeu. Mais là n'est peut-être pas la bonne stratégie, car nous n'avons qu'un seul bout en notre possession. Il y a donc une possibilité que l'un des autres participants parte quand même.
L'épicerie s'applique alors : vous ne dites rien et ne monter surtout pas sur l'annonce de votre adversaire. Deux cas se présentent :
- L'un de vos rois est appelé : vous perdez le bénéfice de votre épicerie car vous devrez aider le partenaire d'une maine à réaliser son cpntrat, chose qui devrait se faire aisément vu votre jeu. Vous gagnerez donc quand même quelques points.
- Un autre roi est appelé : votre épicerie a réussit. Vous avez donc tout loisir de renvoyer vos adversaires à leurs chères études en les atomisant et en plus en les ridiculisant.

Bénéfices de l'opération :

- Vous êtes appelé : Vous encaissez un tiers des points du contrat. Vous perdez le bénéfice du bourron.
- Vous n'êtes pas appelé : vous encaissez le montant de la chute de votre adversaire et le bourron est doublé, ce qui vous laisse la possibilité de l'écraser au prochain tour.
- Vous ridiculisez les adversaires et marquez des points dans la guerre psychologique en cours. En effet, vos adversaires ne seront plus à partir de là ce que vous voudrez dire lorsque vous ne prendrez pas. La peur de l'épicier est une des craintes les plus efficaces de la GROUGNIAT.

Inconvénients de l'opération :

- En terme de points, il n'y a pas d'inconvénient.
- En terme disciplinaire, il arrive que la commission inflige des pénalités lorsque l'épicerie devient une forme de jeu permanente. On parle alors de "Chaine de supermarchés" et les sanctions peuvent être sévères (maximum : suspension pour deux tours)
- En terme de relationnel, une fois l'épicerie faite, abandonnez tout espoir que l'esprit de camaraderie puisse règner autour de la table jusqu'à la fin de la session. Vous devrez subir quolibets et attaques permanentes, et vous serez soupçonné d'épicerie à chaque tour. la suspicion étant à son paraxysme.

L'oeil de l'expert :

Diane la Chasseresse, épicière sans égale, devenue maîtresse dans le maniement du petit commerce et redoutée par tous les grougnistes pour la spontanéité de son jeu, vous donne ce conseil :
"Tentez de faire monter votre adversaire qui est parti avec une petite. La pousse semble le mieux approprié. Soit il vous laissera et vous réussirez votre contrat tranquillement. Soit il partira à la garde et vous l'enverrez par le fond. En fait, n'annocez en général que des pousses, comme ça il sera impossible pour vos adversaires de lire votre jeu et vous leur laisserez toujours une possibilité de monter et de tomber dans le magasin".
Extrait de "La Vie est un (petit) Casino" par Diane La Chasseresse - Editions Laffonpas


Expliquez nous votre vision de l'épicerie, que vous en ayez réalisée et que vous en ayez été victime.

World is Grougniat
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