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Publié le 23/11/2006
Par lagrougniat
Comme chaque semaine, découvrez un nouveau geste technique, expliqué et commenté, pour mieux comprendre la différence entre le tarot et la GROUGNIAT.

Cette semaine : L'EPICERIE

Technique apparue au moyen-orient au milieu du XXème siècle, elle consiste à regarder l'étendue de son jeu avec un oeil modérateur et de prendre en compte, non pas le bénéfice que vous pourriez tirer d'une bonne maine, mais plutôt de la perte que vous pourriez infliger à vos adversaires, en attendant de les achever au coup suivant.

Prenons un exemple en image :

adeline 031.jpg
Photo amateure tirée de la session du 08/03/02 - Diane la Chasseresse

En l'espèce, que constatons nous : 6 atouts, 3 rois, 2 dames, une coupe franche. Pour un peu que le chien à venir soit de race et ça pourra sentir le petit chelem. Nous allons en fait assister à une des plus belles épiceries de ces dernières années, référencée dans l'oeuvre de Pierre Poujadeubout "L'épicerie, remède contre la garde contre".

Le potentiel est énorme : seules 3 à 4 plis devraient échapper au titulaire de ce jeu. Mais là n'est peut-être pas la bonne stratégie, car nous n'avons qu'un seul bout en notre possession. Il y a donc une possibilité que l'un des autres participants parte quand même.
L'épicerie s'applique alors : vous ne dites rien et ne monter surtout pas sur l'annonce de votre adversaire. Deux cas se présentent :
- L'un de vos rois est appelé : vous perdez le bénéfice de votre épicerie car vous devrez aider le partenaire d'une maine à réaliser son cpntrat, chose qui devrait se faire aisément vu votre jeu. Vous gagnerez donc quand même quelques points.
- Un autre roi est appelé : votre épicerie a réussit. Vous avez donc tout loisir de renvoyer vos adversaires à leurs chères études en les atomisant et en plus en les ridiculisant.

Bénéfices de l'opération :

- Vous êtes appelé : Vous encaissez un tiers des points du contrat. Vous perdez le bénéfice du bourron.
- Vous n'êtes pas appelé : vous encaissez le montant de la chute de votre adversaire et le bourron est doublé, ce qui vous laisse la possibilité de l'écraser au prochain tour.
- Vous ridiculisez les adversaires et marquez des points dans la guerre psychologique en cours. En effet, vos adversaires ne seront plus à partir de là ce que vous voudrez dire lorsque vous ne prendrez pas. La peur de l'épicier est une des craintes les plus efficaces de la GROUGNIAT.

Inconvénients de l'opération :

- En terme de points, il n'y a pas d'inconvénient.
- En terme disciplinaire, il arrive que la commission inflige des pénalités lorsque l'épicerie devient une forme de jeu permanente. On parle alors de "Chaine de supermarchés" et les sanctions peuvent être sévères (maximum : suspension pour deux tours)
- En terme de relationnel, une fois l'épicerie faite, abandonnez tout espoir que l'esprit de camaraderie puisse règner autour de la table jusqu'à la fin de la session. Vous devrez subir quolibets et attaques permanentes, et vous serez soupçonné d'épicerie à chaque tour. la suspicion étant à son paraxysme.

L'oeil de l'expert :

Diane la Chasseresse, épicière sans égale, devenue maîtresse dans le maniement du petit commerce et redoutée par tous les grougnistes pour la spontanéité de son jeu, vous donne ce conseil :
"Tentez de faire monter votre adversaire qui est parti avec une petite. La pousse semble le mieux approprié. Soit il vous laissera et vous réussirez votre contrat tranquillement. Soit il partira à la garde et vous l'enverrez par le fond. En fait, n'annocez en général que des pousses, comme ça il sera impossible pour vos adversaires de lire votre jeu et vous leur laisserez toujours une possibilité de monter et de tomber dans le magasin".
Extrait de "La Vie est un (petit) Casino" par Diane La Chasseresse - Editions Laffonpas


Expliquez nous votre vision de l'épicerie, que vous en ayez réalisée et que vous en ayez été victime.

World is Grougniat
Les commentaires
Publié le 24/11/2006
Par Jean Pochecash
L'épicerie est à la grougniat ce que le sel est à la cuisine... ça relève le goût, tant qu'on en met pas trop. A trop jouer l'épicier, on finit par ne plus manger.
Dans ma pratique stratégique de la grougniat, l'épicerie ne possède que peu d'avantage. En effet, elle comprend deux risques : le premier, d'être appelé avec un bon jeu, et de faire alors moins de point qu'en y étant allé soi-même ; le second, faire chuter le partant avec son épicerie, mais ne pas écraser le bourron sur la mène suivante.
Autant dire que l'épicerie est plus qu'à double tranchant.
En ayant regardé de près la manière dont les épiciers fonctionnaient, j'en conclus tout de même : que l'épicerie a beaucoup plus vocation à faire perdre qu'elle ne conditionne des gains futurs. C'est donc une tactique négative.
Les perspectives de points qu'elle engendre sont trop minimes eu égard à la chute qu'elle entraîne.

Par ailleurs, je m'étonne que cette étude de l'épicerie n'est pas évoquée une forme toute aussi classique d'épicerie, ou me trompès-je : le départ à petite ou pousse armé d'un jeu qui eut pu solliciter a minima une garde.
Le partant peut alors être taxé d'épicier, pour être parti en possession d'une annonce minimale en rapport aux possibilités qu'offrait son jeu.

La grougniat est un sport extraordinaire. L'interprétation du jeu est illimité.
Je vous conseille donc de vous munir d'une encyclopédie qui, à mon sens, est la seule à faire le tour de la question : l'Encyclopédia Grougniat Eternae, aux éditions Maximus. Ecrite en 1532 après Jésus Christ par un collectif de moines grougnistes qui vivaient reclus dans le temple de la Grougniat, à Flesselles les Courreaux, elle a été réédité et complété une fois par siècle suite à des Congrès Extraordinaires de la Grougniat, et vous la trouverez dans sa dernière version, amendée par le Conseil Fédéral de la Grougniat et le DOIGT, aux éditions Nathanpluspourpartir, en date de l'année 2001.
Publié le 24/11/2006
Par Alain Diébon-Wiken
Je m'élève en faux contre les propos de ce M. Pochecash, qui préfère se référer à des oeuvres antiques, plutôt que de voir que comme la société, la Grougniat change.

Membre du "Eight to Eight Club" de Nairobi, je fais partie de la Grougniat "émergente", comme vous dîtes. Mais nous somme l'avenir de la Grougniat. Certes, nos moyens sont plus faibles et nos fédérations ne sont pas encore aussi structurées que les vôtres, mais notre ouverture d'esprit est cent fois supérieure à la votre. L'exemple de l'épicerie est flagrant : vous laissez entendre que pratiquer l'épicerie n'a aucun intérêt et est l'arme des esprits faibles. Pour notre part, nous estimons que l'épicerie peut s'intégrer à merveille dans une stratégie globale de session.
Vous en appelez aux textes anciens, mais il semble que vous confondiez devoir de mémoire et conservatisme. Vous devriez ouvrir les yeux : un nouveau jour se lève, celui d'une Grougniat jeune et mondiale.

Alors assez de morale et regardez la jeunesse devenir votre égal. Car comme le dit notre devise : "World is Grougniat".

Alian Diébon-Wiken
Publié le 11/12/2006
Par P. Bruel
bonjour, dans l'un de vos commentaires vous posez une réserve pour je cite : "parlage". qu'est ce dire exactement et y a t il un lien avec le "regardage" ? Vont ils de pair ?

Bien à vous
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