Les grands chasseurs vous en parleraient pendant des heures : une chasse est toujours meilleure quand elle est difficile, car le bonheur de la réussite n’en est que plus grand.
Rappel de la définition : Le petit (ou 1 d’atout) est un oudler. A ce titre, il permet de faire moins de points pour réussir un contrat et rapporte cinq points. Par contre, il est le plus petit des atouts. A ce titre, il est vulnérable, car difficile à protéger. Chaque carte est son ennemie.
Donc vous avez décidé de partir et vous n’avez pas le petit. Si l’idée vous en prend, vous pouvez décider de prendre le petit. Trois techniques principales s’imposent : la chasse, la traque et la battue.
LA CHASSE
Origines
C’est le roi Childéric III, grand maître honorifique de la Grougniat, qui est à l’origine des premières chasses au petit en l’an de grâce 748. Une petite ère glaciaire était tombée sur la France et tout voyage en forêt était devenu impossible, du fait d’un climat trop rigoureux.
Le Roi, incapable de rester plus d’une semaine sans chasse, organisa donc la première chasse au petit de l’histoire : il choisit dans le jeu l’ensemble des atouts du 16 au 21 et donna le petit deuxième à un de ses proches conseillers. Il prit donc facilement l’oudler sacré et fit bien sûr pendre le conseiller, ne le trouvant pas assez combatif.
La tradition de la chasse au petit se perpétua donc à chaque temps de pluie ou de neige. La technique rentra dans les mœurs des sessions peu de temps après. Il est à noter, pour l’anecdote, que lors d’une session contre Charles Martel, Childéric perdra son petit au 3ème tour d’atout. Déshonoré, il se tondra la tête et entrera au Monastère de Saint-Bertin pour y mourir, restant dans l’histoire comme le dernier des Rois Mérovingiens.
Analyser ses chances de réussite
La chasse est facilitée par votre nombre d’atout. Une poignée donne par exemple de grandes chances de réussite, car elle diminue mathématiquement le nombre d’atouts de vos adversaires.
Mais le nombre n’est pas tout. Il faut surtout posséder les GROS ATOUTS. Une chasse n’a par exemple aucune chance de réussir si votre plus forte carte est le 14. Seul un concours de circonstance ou un jeu fin pourra vous assurer de la victoire, mais on rentrera alors plus dans le domaine de la traque ou de la battue.
Voici un exemple de jeu permettant une chasse assez tranquille, avec une incertitude du sport proche du zéro absolu.

Le fait de ne pas avoir le 20 ou le 21 n’est pas rédhibitoire. Il suffit de les faire tomber. Mais la chance doit alors intervenir.
La technique
La chasse est assez basique dans le procédé. Deux cas se présentent :
- Vous avez le 21, le 20 et d’autres gros atouts : jetez les dans l’ordre. Mais arrêtez-vous dès que vous risquez de ne plus être maître. Au mieux, votre partenaire aura le petit et vous le donnera avec plaisir. Au pire, les atouts seront tombés et vos rois ne seront pas coupés. Vous garderez ensuite un œil sur les coupes pour tenter de prendre l’oudler qui devrait se sentir bien seul dans le jeu de votre adversaire.
- Vous n’avez pas le 21 ou 20 : Jouez de petits atouts pour faire tomber les gros progressivement. Il faut bien entendu essayer de le faire avant que l’on connaisse l’identité de votre partenaire. Le petit hésitera à sortir tout seul, sans garantie. Avec un peu plus de chance, votre partenaire aura les gros et vous aidera dans la chasse. Sinon, il est possible que le détenteur du petit possède aussi les gros atouts et ne puisse se débarrasser de son boulet.
Si le jeu est adapté, une chasse a donc de grandes chances de réussir. Mais, amateurs grougnistes, vous reconnaîtrez qu’elle ne comporte qu’un intérêt sportif limité. La Grougniat ne pouvait s’arrêter là.
Suivez donc dans nos prochains articles les vraies techniques des esthètes grougnistes : la traque et la battue, autrement plus spectaculaires et dangereuses.
Nothing but the Grougniat !
Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste
Remerciements : A Diane la Chasseresse pour les extraits de son œuvre « Ma vie est une battue » et son recueil photographique « Mes plus belles chasses » (Ed. Nathan Papourpartir – Coll. Nature)







