Après la session exceptionnelle de cette nuit, ayant vu les grands maîtres embarqués à bord de l'avion de Tripoli ramenant les infirmières bulgares, ces dernières n'ayant pu voir de session depuis 8 ans, Alain Béchamel revient sur cette joute sauvage qui a vu la victoire à l'arrachée de Dédé et un nouveau pas vers la victoire finale de Remy.
C’est un exercice bien délicat que de réagir à chaud à la Grougniat. Aujourd’hui plus encore qu’aucun autre jour.
Le lendemain des sessions, ma plume est aussi excitée qu’angoissée. Elle confondrait vitesse et précipitation, comme le disent les commentateurs sportifs de ces joueurs trop pressés d’en finir et qui s’emmêlent les pinceaux.
Aujourd’hui plus encore qu’aucun autre jour, la chose est bien là, dans mes doigts, impatiente de prendre la forme des mots, impatiente de se dérouler le long des lignes, et pourtant toute à l’appréhension des choses à dire… La session d’hier soir, oui, a atteint des sommets, de ceux qui tracent des lignes de forces, de celles qui séparent aussi fortement qu’elles unissent. Et l’analyste lambda que je suis ne peut, sans se couper des réalités de l’exercice auquel il s’adonne, se jeter dans la gueule de ces rapports de force, sans en mesurer d’abord les tenants et les aboutissants. Qu’auriez vous sous les yeux alors, sinon le vague magma d’une réflexion cadencée mais sans but, d’une réflexion brouillonne et sans colonne vertébrale ?
Ainsi donc, la session d’hier soir.
Et son cours, somme toute facilement descriptible : un Dédé maître de ses cartes dès le début de la session, allant au jeu de la domination en duo avec la Bourronne, régnante ; l’une et l’autre suivi de près par un Dialey visiblement affûté. Derrière, Cingllette et Rémy rongent leur frein, se marquant à la culotte dans ce duel au sommet qui les oppose pour la conquête du Ternay Tour. Mais la session, elle, semble déjà leur avoir échappé.
C’était sans compter le talent inexprimable de la Bourronne, pour le moins gourmande hier soir. Voulant saupoudrer une partie bien entamée par de l’Ultimate Tarot dont elle a le secret, la Bourronne s’est embarquée dans un bal des faiblards, demandant garde contre avec des jeux à petite. Dialey, bien sûr, applaudit des deux mains, lui qui appelle panache tout complexe de supériorité eu égard à son jeu ! Pendant ce temps là, la Bourronne remplit bourron sur bourron, entraînant dans sa chute un Cingllette qui n’en avait pas besoin et un Dédé qui, fort heureusement pour lui, avait de belles économies.
Finira t elle par se refaire, le mal est fait chez les leaders : Cingllette a cédé des points, et Rémy s’est refait une santé…
Le tenant du jeu juste s’offre deux épiceries peu amènes sur GC, qui criera ses grands dieux que c’était abominable, et sans aller dans sa démesure, on conviendra que le jeu juste demande autre chose que des épiceries sur les derniers du classement général.
Maître Piergès veillant au grain, Rémy passe une nouvelle soirée à travers les gouttes, cependant que Dédé continue son cavalier seul dans la course à la victoire du jour. Cingllette et la Bourronne ayant décidé de mourir ensemble hier soir, la fin de session se fait tranchante au niveau des scores : Dédé franchit allègrement la barre des 3000, rémy culmine à plus de 2600, la Bourronne et Cingllette limite les frais, GC poursuit sa dégringolade !
Au devant de ces évènements factuels, un doute ne subsiste pas : Dédé aurait du franchir les 4000. L’Ancêtre a été vif comme aux heures de sa jeunesse, impressionnant de maîtrise et de fluidité. N’aurait il pas eu les folies de la Bourronne à assumer, son amassage de points n’en aurait pas fini…
La Bourronne a renoué avec ses heures de gloire, de celles qui lui firent endossées le surnom de Mesrine. Attaquant à tout va, elle a réjouit son fan Dialey et fait hurler les rois qu’elle appelait. Une session qui nous parle de frustration. Le Ternay Tour lui échappe. Et les voix grognonnes disent même, n’est ce pas sa carrière qui lui échappe ?
Cingllette n’a rien pu faire. Face au destin, le vainqueur des deux précédents Ternay Tour a été digne. Il aurait pu délétériser sur la Bourronne. Point. Il aurait pu appeler au meurtre de la chatte tibétaine, point. Il s’est contenté de tenter et de s’agacer quelque peu. Un Cingllette qui, visiblement, trop reposé par ses vacances, n’était pas psychologiquement remonté comme une pendule.
A l’inverse de Rémy, descendu à moins de 1100 points et revenu à 2600… performance dont l’on ne saura pas dire si elle relève de la chatte, de l’épicerie ou du talent.
A bloque du début à la fin de la session, Rémy a surtout brillé par l’espoir qui se lisait dans ses yeux : à trois sessions de la fin, qui pourra, cette fois, venir le faire chuter ?
Sûrement pas GC, perdu dans sa délétérisation, plus préoccupé de faire la police autour de la table que d’annoncer correctement… celui que la rédaction avait surnommé le Petit Prince et à de moult reprises qui avait inspiré les envolées lyriques de nos reporters s’est laissé entraîné dans les confins de sa déchéance, seul, en girouette professionnelle. En choisissant de rythmer les débats par la parole plutôt que par les actes, fait il un choix tactique pour le long terme, ou n’exprimait il que son amertume ?
Toujours est il que la cible de Dialey, dans le fin fond du classement, était Rémy. Ce dernier chantait les Justes avec Dédé pendant que Bourronne, Dialey et Cingllette moquaient l’alliance du déshonneur et de la chance.
La rédaction doit elle prendre parti : doit elle acquiescer à l’une ou l’autre de ses prises de position si franches ? Donner raison aux uns, et affubler les autres de tous les torts ?
La nuit a été courte au sein de la rédaction, les débats vifs.
L’opposition d’hier est symptomatique de la Grougniat d’aujourd’hui : ceux qui gagnent s’allient entre eux. Ceux qui perdent s’allient entre eux.
A n’en pas douter, si Dédé et Rémy n’avaient pas été premier et deuxième, les Justes n’auraient pas même été évoqués. A n’en pas douter, si Cingllette eut passé les 1500 points, GC n’aurait pas mâché ses mots à son encontre.
A n’en pas douter, les Grands Maîtres sont décidément des opportunistes. Qui ont quelques atomes crochus.
Mais il ne faut pas attendre
- Du leader du Ternay Tour qu’il prenne des risques ;
- Du dernier qu’il accepte sa défaite ;
- De la Bourronne qu’elle laisse filer un bourron ;
- De Maître Piergès qu’il soit clément.
Bref, dans le monde impitoyable de la Grougniat, les débats ont de beaux jours devant eux.
Et les trois sessions qui s’annoncent risquent bien d’atteindre à des sommets délétères. Avec le retour de Diane, c’est le grand Barnum général qui va se remettre en route. Les fans n’ont pas fini de se délecter. Quoique GC invoque la mort du beau jeu !
Nothing but the Grougniat !
Alain béchamel
Sur le fil du rasoir
C’est un exercice bien délicat que de réagir à chaud à la Grougniat. Aujourd’hui plus encore qu’aucun autre jour.
Le lendemain des sessions, ma plume est aussi excitée qu’angoissée. Elle confondrait vitesse et précipitation, comme le disent les commentateurs sportifs de ces joueurs trop pressés d’en finir et qui s’emmêlent les pinceaux.
Aujourd’hui plus encore qu’aucun autre jour, la chose est bien là, dans mes doigts, impatiente de prendre la forme des mots, impatiente de se dérouler le long des lignes, et pourtant toute à l’appréhension des choses à dire… La session d’hier soir, oui, a atteint des sommets, de ceux qui tracent des lignes de forces, de celles qui séparent aussi fortement qu’elles unissent. Et l’analyste lambda que je suis ne peut, sans se couper des réalités de l’exercice auquel il s’adonne, se jeter dans la gueule de ces rapports de force, sans en mesurer d’abord les tenants et les aboutissants. Qu’auriez vous sous les yeux alors, sinon le vague magma d’une réflexion cadencée mais sans but, d’une réflexion brouillonne et sans colonne vertébrale ?
Ainsi donc, la session d’hier soir.
Et son cours, somme toute facilement descriptible : un Dédé maître de ses cartes dès le début de la session, allant au jeu de la domination en duo avec la Bourronne, régnante ; l’une et l’autre suivi de près par un Dialey visiblement affûté. Derrière, Cingllette et Rémy rongent leur frein, se marquant à la culotte dans ce duel au sommet qui les oppose pour la conquête du Ternay Tour. Mais la session, elle, semble déjà leur avoir échappé.
C’était sans compter le talent inexprimable de la Bourronne, pour le moins gourmande hier soir. Voulant saupoudrer une partie bien entamée par de l’Ultimate Tarot dont elle a le secret, la Bourronne s’est embarquée dans un bal des faiblards, demandant garde contre avec des jeux à petite. Dialey, bien sûr, applaudit des deux mains, lui qui appelle panache tout complexe de supériorité eu égard à son jeu ! Pendant ce temps là, la Bourronne remplit bourron sur bourron, entraînant dans sa chute un Cingllette qui n’en avait pas besoin et un Dédé qui, fort heureusement pour lui, avait de belles économies.
Finira t elle par se refaire, le mal est fait chez les leaders : Cingllette a cédé des points, et Rémy s’est refait une santé…
Le tenant du jeu juste s’offre deux épiceries peu amènes sur GC, qui criera ses grands dieux que c’était abominable, et sans aller dans sa démesure, on conviendra que le jeu juste demande autre chose que des épiceries sur les derniers du classement général.
Maître Piergès veillant au grain, Rémy passe une nouvelle soirée à travers les gouttes, cependant que Dédé continue son cavalier seul dans la course à la victoire du jour. Cingllette et la Bourronne ayant décidé de mourir ensemble hier soir, la fin de session se fait tranchante au niveau des scores : Dédé franchit allègrement la barre des 3000, rémy culmine à plus de 2600, la Bourronne et Cingllette limite les frais, GC poursuit sa dégringolade !
Au devant de ces évènements factuels, un doute ne subsiste pas : Dédé aurait du franchir les 4000. L’Ancêtre a été vif comme aux heures de sa jeunesse, impressionnant de maîtrise et de fluidité. N’aurait il pas eu les folies de la Bourronne à assumer, son amassage de points n’en aurait pas fini…
La Bourronne a renoué avec ses heures de gloire, de celles qui lui firent endossées le surnom de Mesrine. Attaquant à tout va, elle a réjouit son fan Dialey et fait hurler les rois qu’elle appelait. Une session qui nous parle de frustration. Le Ternay Tour lui échappe. Et les voix grognonnes disent même, n’est ce pas sa carrière qui lui échappe ?
Cingllette n’a rien pu faire. Face au destin, le vainqueur des deux précédents Ternay Tour a été digne. Il aurait pu délétériser sur la Bourronne. Point. Il aurait pu appeler au meurtre de la chatte tibétaine, point. Il s’est contenté de tenter et de s’agacer quelque peu. Un Cingllette qui, visiblement, trop reposé par ses vacances, n’était pas psychologiquement remonté comme une pendule.
A l’inverse de Rémy, descendu à moins de 1100 points et revenu à 2600… performance dont l’on ne saura pas dire si elle relève de la chatte, de l’épicerie ou du talent.
A bloque du début à la fin de la session, Rémy a surtout brillé par l’espoir qui se lisait dans ses yeux : à trois sessions de la fin, qui pourra, cette fois, venir le faire chuter ?
Sûrement pas GC, perdu dans sa délétérisation, plus préoccupé de faire la police autour de la table que d’annoncer correctement… celui que la rédaction avait surnommé le Petit Prince et à de moult reprises qui avait inspiré les envolées lyriques de nos reporters s’est laissé entraîné dans les confins de sa déchéance, seul, en girouette professionnelle. En choisissant de rythmer les débats par la parole plutôt que par les actes, fait il un choix tactique pour le long terme, ou n’exprimait il que son amertume ?
Toujours est il que la cible de Dialey, dans le fin fond du classement, était Rémy. Ce dernier chantait les Justes avec Dédé pendant que Bourronne, Dialey et Cingllette moquaient l’alliance du déshonneur et de la chance.
La rédaction doit elle prendre parti : doit elle acquiescer à l’une ou l’autre de ses prises de position si franches ? Donner raison aux uns, et affubler les autres de tous les torts ?
La nuit a été courte au sein de la rédaction, les débats vifs.
L’opposition d’hier est symptomatique de la Grougniat d’aujourd’hui : ceux qui gagnent s’allient entre eux. Ceux qui perdent s’allient entre eux.
A n’en pas douter, si Dédé et Rémy n’avaient pas été premier et deuxième, les Justes n’auraient pas même été évoqués. A n’en pas douter, si Cingllette eut passé les 1500 points, GC n’aurait pas mâché ses mots à son encontre.
A n’en pas douter, les Grands Maîtres sont décidément des opportunistes. Qui ont quelques atomes crochus.
Mais il ne faut pas attendre
- Du leader du Ternay Tour qu’il prenne des risques ;
- Du dernier qu’il accepte sa défaite ;
- De la Bourronne qu’elle laisse filer un bourron ;
- De Maître Piergès qu’il soit clément.
Bref, dans le monde impitoyable de la Grougniat, les débats ont de beaux jours devant eux.
Et les trois sessions qui s’annoncent risquent bien d’atteindre à des sommets délétères. Avec le retour de Diane, c’est le grand Barnum général qui va se remettre en route. Les fans n’ont pas fini de se délecter. Quoique GC invoque la mort du beau jeu !
Nothing but the Grougniat !
Alain béchamel







