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Publié le 26/10/2007
Par lagrougniat
L'enquète touche au but... à condition de trouver de nouvelles pistes. Connait-on vraiment l'assassin de Dédé ? Voci le chapitre XI de "KILLING SESSION", le thriller Grougniste de Jean-Christophe GROJEU.

Vous pouvez retrouver l'ensembre des chapitres en cliquant sur la catégorie "Killing Session" ou sur le lien ci-dessous :
http://blog.ifrance.com/lagrougniat/killing%20session






CHAPITRE XI

  

Les grands maîtres avaient décidé de faire une pause à la demande de Remy. Cinq heures qu’ils jouaient depuis la fin de leurs interrogatoires, c’était trop long pour lui. Surtout après la session de la veille et les évènements de cette nuit. Et ce Cingllette qui continuait de se vanter de ses trois Ternay Tour, ça en devenait trop pour lui. Quand il poussa la porte de sa chambre, Scarlett, celle qu’il croyait il y a encore deux jours être la femme de sa vie, l’attendait en regardant la télévision.


-         Je ne pensais pas te voir aujourd’hui ! lui dit elle sans même lui jeter un regard
-         J’allais te dire la même chose… répondit le grand maître, qui était déjà en train de se laver les mains.

Elle éteint la télévision et se plaça dans l’entrée de la salle de bain.

-         Ecoute, on ne va pas rester comme ça pendant dix ans. Tu sais bien que tout est à cause de lui.
-         Il n’y était pour rien. C’est toi l’unique responsable. Il n’a fait que me dire la vérité. Il y a encore quelques personnes qui font ça de nos jours.

Scarlett sentait quelques larmes couler le long de ses joues. Elle voyait la situation lui échapper à chaque nouvelle seconde qui passait.
-         Tu sais bien pourquoi il l’a fait. Ce n’était que pour vous destabiliser, G.C et toi. Il s’est servi de cette histoire depuis le début. Il a tout fait pour que cela arrive.

Remy se tourna vers elle d’un seul coup. Il y avait du feu dans son regard.

-         Tout fait ? Ah non, pas tout. Il a bien fallut que G.C et toi fassiez quelque chose par vous même à la fin.
-         C’était un sadique. Tu le sais aussi bien que moi. Il avait tout prévu : ce repas où tout était censé venir et auquel il ne t’avait en fait pas invité, de sorte que je me retrouve en tête à tête avec G.C. Et ces fleurs qui étaient arrivées la veille avec une carte non signée… Il avait tout mis en place.
-         Tu n’étais quand même pas obligée de …
-         Non ! Je n’étais pas obligée. Je sais et je m’en veux chaque minute qui passe. Mais je veux juste t’expliquer que je ne voulais pas que cela se passe, je n’ai pas voulu ça. J’ai fait une erreur, je l’assume. Mais il avait tout mis en place.
-         Dédé était mon ami. Nous étions des « justes ». Il ne m’aurait pas trahi volontairement.

Remy commençait lui aussi à pleurer. Pour la première fois, toute l’émotion de ces trois derniers jours remontait à la surface…

-         Dédé n’était l’ami de personne. Il calculait tout. Tu ne t’es pas étonné une minute qu’il vienne t’annoncer ma liaison avec G.C deux jours avant la finale ? Il ne t’est jamais venu à l’idée qu’il avait tout organisé pour te faire craquer ?
 

Le grand maître ne répondit pas. Il savait au fond de lui qu’elle disait vrai. Dédé ne l’avait jamais soutenu dans les moments difficiles. Même en session, il avait plusieurs fois trahi sa confiance et mis à mal les alliances historiques que Remy avait mis tant de temps à construire. Il n’arrivait plus à se défendre contre Scarlett. Les arguments lui manquaient. Une seule phrase lui venait à l’esprit.

-         J’aimerais tellement être capable de te pardonner.
-         Je ne te le demande pas. J’espère juste…

Il n’était plus question de colère et de rancœur. Remy comprenait enfin ce qu’elle voulait lui dire. Il ressentait enfin sa sincérité.

-         Dédé a voulu te faire du mal et il s’est servi de moi.  Je suis désolé qu’il ait réussi. Je sais que c’est horrible, mais je suis heureuse qu’il ne puisse plus nuire à personne, car maintenant je sais de quoi il était capable pour réussir.

Remy était presque d’accord avec elle. Il ne répondit rien.

 

Quelques secondes plus tard, une idée lui traversa l’esprit du Grand Maître

-         Scarlett, tu n’es pour rien dans la mort de Dédé ?

Elle hésita pour la première fois depuis le début de leur conversation… Elle commença à nier, mais les paroles sonnaient faux dans sa bouche. Remy restait devant elle sans rien dire, incapable de savoir quoi faire… On frappait déjà à la porte. Remy ouvrit la porte.

-         Lieutenant Tchad ? Que faites-vous ici ?
-         On m’a informé que Scarlett se trouvait dans votre chambre. J’aurais quelques questions à lui poser.

Scarlett s’avança dans l’entrée.

-         Bonjour Madame. Pourriez-vous suivre, s’il vous plait ?
-         Je ne vois pas pourquoi…
-         On vous expliquera en bas. Juste quelques vérifications.

Remy intervint alors…

-         Dois-je appeler mon avocat ? Il me semble que vous lui avez déjà parlé tout à l’heure et qu’il vous avait déjà expliqué ce que vous risquiez à interroger tout le monde à tors et à travers.

Le lieutenant Tchad le regarda avec le même sourire qu’il avait lancé à Miller quelques minutes plus tôt.
-         Appelez tous les avocats que vous voulez. De toute façon, suite au suicide du collègue de votre fiancée, les lieux vont bientôt grouiller de juristes et de policiers en tout genre. Alors, un de plus ou un de moins, ça ne changera pas ma situation.


Scarlett passa devant Remy qui la regarda sans qu’elle puisse savoir le fond de ses pensées. Lui savait qu’il la voyait sans doute pour la dernière fois…

 
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