Chaque mois, découvrez un nouveau terme du vocabulaire grougniste. Technique, attitude, coup de maître... apprenez tout ce qu'il y a à savoir pour vous rapprocher un peu plus du statut de grand maître.
Ce mois-ci : LA GEINTE
C'EST QUOI ?
Qui n'a pas eu dans sa famille ou ses amis un geigneur ? une personne qui, quoi qu'il arrive dans le monde ou dans sa vie, se plaindra systématiquement, comme si tout ce qui se passait dans l'univers n'avait qu'un seul but : lui pourrir la vie.
Dans le monde de la Grougniat, la geinte n'est pas rejetée. Pire, elle est même sacralisée. Les grands maîtres se plaignent. S'ils perdent, ils se plaignent du manque de jeu. S'ils gagnent, ils se plaignent d'être attaqués malgré leur talent. Bref, le grand maître geint et ce n'est jamais par plaisir, plutôt par nécessité.
En effet, la geinte est une technique difficile à manier. elle demande maîtrise de soi, adaptation aux évènements de la session, rhétorique sans faille pour pouvoir se justifier sans être abusif.
Bref, la geinte peut être une des clés de la victoire en session.
L'ORIGINE
Nous vous avons souvent parlé du caractère noble de la Grougniat. les Grands Maîtres forment un cercle très fermé, peu accessible aux personnes qui ne feraient pas preuve d'une moralité irréprochable. Donc la question se pose de savoir comment la geinte a pu devenir un des piliers de la psychologie grougniste, tant la pleureuse semble en général loin de ce monde vertueux.
Le premier cas de geinte recensé date du XIIIème siècle, lors de la session organisée à l'occasion de la création de la ville de Sarajevo (Bosnie Herzegovine). Dedievic Snippic dit "le Fourbe" (1417-1461), lointain aieul de Dédé la Mitraille, le grand maître superstar de l'empire Ottoman, vivait sur son ancienne gloire.
Ses trois premières années dans la confrérie lui avaient apporté un Ternay Tour, un Bourron d'Or et surtout une popularité hors norme. Mais depuis plus de dix ans, aucune victoire ne venait enrichir son palmares.

Gravure de Dedievic Snippic Le Fourbe
(Musée Tarotistique de Zurich - 1457)
Donc, en ce mois de juillet 1461, Dedievic commença à geindre. Il faisait trop chaud, pluis trop froid. il n'avait pas assez d'atouts, puis pas de oudlers, puis pas assez de points. Bref, il passa la session à se plaindre de tout. Ses adversaires, décontenancés par ces gesticulations inédites et incessantes, n'arrivaient plus à trouver un brin de concentration et il y eu même un avertissement de M. le Croupion.
Mais le resultat fut là : 4000 points au final pour Dedievic et la chute pour les autres. Le public se mit alors à rire de cette stratégie osée mais payante. Le grand maître avait trouvé la faille et les portes de la gloire se ré-ouvraient devant lui.
Les portes ne se sont réouvertes que deux heures, car il s'est fait égorgé au détour d'un rue en rentrant de la session, le crime n'ayant jamais été élucidé. Mais sa technique était née et reste encore aujourd'hui l'une des armes les mieux utilisées en session.
LES DIFFERENTES GEINTES
il y a de multiples façons et diverses raisons de geindre en session. L'idée est surtout d'adapter les geintes de la vie de tous les jours pour retourner une situation à son avantage.
- La geinte offensive (ou geinte de manque) : il s'agit de la plus commune et la plus acceptée de toutes les plaintes. Elle consiste à se plaindre d'un manque de jeu ou d'un manque de réussite. En général, elle est comprise des autres joueurs.
Intéret : à par le simple fait de geindre, qui est toujours agréable, elle permet de ne pas attirer l'attention sur soi et de permettre éventuellement de remonter au score dans l'indifférence générale. Elle attire aussi la sympathie du public, si elle n'est pas excessive.
Risque : passer pour une pleureuse et frôler le ridicule, ce qui n'est jamais bon pour un grand maître.
Spécialiste : Tous les grands maîtres
- La geinte défensive (ou geinte de victoire) : dans le cas où vous dominiez une session, vous allez forcément subir les attaques verbales de vos adversaires. Le but est donc de geindre, même en préventif, afin de calmer tout le monde. hurlez à la calomnie, ressortez le jour où vous avez chuté il y a 21 ans, ou n'importe quelle excuse. Mais geignez pour ne pas devenir la cible.
Intéret : gagnez la session dans un calme relatif. Une pratique usuelle peut permettre d'avoir un effet quasi permanent sur les autres et de ne plus avoir à l'utiliser à chaque fois.
Risque : Que vos geintes n'aient plus d'impact à force d'être répétées. Et devenir ensuite la cible en toute occasion (chute, coup raté, etc...)
Spécialistes : Dédé et Remy

La geinte physique, par G.C DIALEY
(Ag. Kapaprendre - 06/2007)
- La geinte par omission (ou silence geignant) : Vous pouvez geindre en silence. Pour celà, il faut avoir habitué l'assistance à parler à tout va. En cas de silence prolongé, tout le monde se demandera ce qu'il peut bien se passer et vous ferez ressentir votre mauvaise humeur sans avoir à être démonstratif.
Intéret : Le silence appelant le silence, personne n'osera vous demander le problème. Et vous passerez donc une soirée tranquille, sans effusion à votre encontre. Et le mal-être palpable autour de la table pourra destabiliser de nombreux grands maîtres.
Risque : Que tout le monde s'en moque ou pire... qu'on vous agace volontairement.
Spécialiste : Mme la Bourronne de Mesrine
- La geinte ciblée : Elle consiste à se plaindre d'un adversaire, de façon justifiée ou non, de manière à provoquer les attaques de la foule contre cette personne. La palette de geinte est alors multiple : geinte d'agacement, geinte de dénigrement, geinte gratuite. on peut même aller jusqu'à l'insulte.
Intéret : La destabilisation complète d'un adversaire intime. De plus, cela permet de ne pas trop tourner les projecteurs vers soi et de pouvoir alors avancer masqué alors que la victime sera ciblée en permanence. Les autres joueurs peuvent de plus vous aider dans l'entreprise. Et cela permet également de règler de vieux comptes personnels.
Risque : Le retour de bâton est souvent terrible à la session suivante.
Spécialiste : Diane la Chasseresse
- La geinte pour la geinte : Les grands maîtres sont quand même des hommes. ils ont le droit à une mauvaise humeur passagère. ils peuvent donc alors se défouler en se plaignant de tout. On regroupera donc la geinte de fatigue (Cingllette), la geinte d'ennervement (G.C), la geinte climatique (Dédé), la geinte physique et tout autre geinte, la liste étant longue.
Intérêt : Aucun mais ça fait du bien. Et ça rend les sessions délétères à souhait.
Risque : De se faire traîter de tous les noms par les autres grands maîtres et huer par le public.
Spécialistes : un peu tous, mais principalement Dédé, Remy et Cingllette.

Mme la Bourronne, victime des geintes
de Cingllette (Ag. Kapapartir - 11/2007)
CONCLUSION
La geinte est à la croisée de la nature humaine et de la stratégie grougniste. Arme souvent utile, elle est aussi inhérente au caractère de chacuns des grands maîtres.
Et le public ne s'en plaindra (sic) pas. Car une bonne geinte est toujours signe de spectacle en session, les réactions des adversaires étant souvent disproportionnées par rapport à la geinte initiale. On voit surtout les alliances ressortir au moment des plaintes. Tout ne peut pas se plaindre de la même façon et chacun doit adapter sa geitne à son jeu.
Au final, comme dans la vie, la geinte est humaine.
Nothing but the Grougniat
Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste
Ce mois-ci : LA GEINTE
C'EST QUOI ?
Qui n'a pas eu dans sa famille ou ses amis un geigneur ? une personne qui, quoi qu'il arrive dans le monde ou dans sa vie, se plaindra systématiquement, comme si tout ce qui se passait dans l'univers n'avait qu'un seul but : lui pourrir la vie.
Dans le monde de la Grougniat, la geinte n'est pas rejetée. Pire, elle est même sacralisée. Les grands maîtres se plaignent. S'ils perdent, ils se plaignent du manque de jeu. S'ils gagnent, ils se plaignent d'être attaqués malgré leur talent. Bref, le grand maître geint et ce n'est jamais par plaisir, plutôt par nécessité.
En effet, la geinte est une technique difficile à manier. elle demande maîtrise de soi, adaptation aux évènements de la session, rhétorique sans faille pour pouvoir se justifier sans être abusif.
Bref, la geinte peut être une des clés de la victoire en session.
L'ORIGINE
Nous vous avons souvent parlé du caractère noble de la Grougniat. les Grands Maîtres forment un cercle très fermé, peu accessible aux personnes qui ne feraient pas preuve d'une moralité irréprochable. Donc la question se pose de savoir comment la geinte a pu devenir un des piliers de la psychologie grougniste, tant la pleureuse semble en général loin de ce monde vertueux.
Le premier cas de geinte recensé date du XIIIème siècle, lors de la session organisée à l'occasion de la création de la ville de Sarajevo (Bosnie Herzegovine). Dedievic Snippic dit "le Fourbe" (1417-1461), lointain aieul de Dédé la Mitraille, le grand maître superstar de l'empire Ottoman, vivait sur son ancienne gloire.
Ses trois premières années dans la confrérie lui avaient apporté un Ternay Tour, un Bourron d'Or et surtout une popularité hors norme. Mais depuis plus de dix ans, aucune victoire ne venait enrichir son palmares.
Gravure de Dedievic Snippic Le Fourbe
(Musée Tarotistique de Zurich - 1457)
Donc, en ce mois de juillet 1461, Dedievic commença à geindre. Il faisait trop chaud, pluis trop froid. il n'avait pas assez d'atouts, puis pas de oudlers, puis pas assez de points. Bref, il passa la session à se plaindre de tout. Ses adversaires, décontenancés par ces gesticulations inédites et incessantes, n'arrivaient plus à trouver un brin de concentration et il y eu même un avertissement de M. le Croupion.
Mais le resultat fut là : 4000 points au final pour Dedievic et la chute pour les autres. Le public se mit alors à rire de cette stratégie osée mais payante. Le grand maître avait trouvé la faille et les portes de la gloire se ré-ouvraient devant lui.
Les portes ne se sont réouvertes que deux heures, car il s'est fait égorgé au détour d'un rue en rentrant de la session, le crime n'ayant jamais été élucidé. Mais sa technique était née et reste encore aujourd'hui l'une des armes les mieux utilisées en session.
LES DIFFERENTES GEINTES
il y a de multiples façons et diverses raisons de geindre en session. L'idée est surtout d'adapter les geintes de la vie de tous les jours pour retourner une situation à son avantage.
- La geinte offensive (ou geinte de manque) : il s'agit de la plus commune et la plus acceptée de toutes les plaintes. Elle consiste à se plaindre d'un manque de jeu ou d'un manque de réussite. En général, elle est comprise des autres joueurs.
Intéret : à par le simple fait de geindre, qui est toujours agréable, elle permet de ne pas attirer l'attention sur soi et de permettre éventuellement de remonter au score dans l'indifférence générale. Elle attire aussi la sympathie du public, si elle n'est pas excessive.
Risque : passer pour une pleureuse et frôler le ridicule, ce qui n'est jamais bon pour un grand maître.
Spécialiste : Tous les grands maîtres
- La geinte défensive (ou geinte de victoire) : dans le cas où vous dominiez une session, vous allez forcément subir les attaques verbales de vos adversaires. Le but est donc de geindre, même en préventif, afin de calmer tout le monde. hurlez à la calomnie, ressortez le jour où vous avez chuté il y a 21 ans, ou n'importe quelle excuse. Mais geignez pour ne pas devenir la cible.
Intéret : gagnez la session dans un calme relatif. Une pratique usuelle peut permettre d'avoir un effet quasi permanent sur les autres et de ne plus avoir à l'utiliser à chaque fois.
Risque : Que vos geintes n'aient plus d'impact à force d'être répétées. Et devenir ensuite la cible en toute occasion (chute, coup raté, etc...)
Spécialistes : Dédé et Remy

La geinte physique, par G.C DIALEY
(Ag. Kapaprendre - 06/2007)
- La geinte par omission (ou silence geignant) : Vous pouvez geindre en silence. Pour celà, il faut avoir habitué l'assistance à parler à tout va. En cas de silence prolongé, tout le monde se demandera ce qu'il peut bien se passer et vous ferez ressentir votre mauvaise humeur sans avoir à être démonstratif.
Intéret : Le silence appelant le silence, personne n'osera vous demander le problème. Et vous passerez donc une soirée tranquille, sans effusion à votre encontre. Et le mal-être palpable autour de la table pourra destabiliser de nombreux grands maîtres.
Risque : Que tout le monde s'en moque ou pire... qu'on vous agace volontairement.
Spécialiste : Mme la Bourronne de Mesrine
- La geinte ciblée : Elle consiste à se plaindre d'un adversaire, de façon justifiée ou non, de manière à provoquer les attaques de la foule contre cette personne. La palette de geinte est alors multiple : geinte d'agacement, geinte de dénigrement, geinte gratuite. on peut même aller jusqu'à l'insulte.
Intéret : La destabilisation complète d'un adversaire intime. De plus, cela permet de ne pas trop tourner les projecteurs vers soi et de pouvoir alors avancer masqué alors que la victime sera ciblée en permanence. Les autres joueurs peuvent de plus vous aider dans l'entreprise. Et cela permet également de règler de vieux comptes personnels.
Risque : Le retour de bâton est souvent terrible à la session suivante.
Spécialiste : Diane la Chasseresse
- La geinte pour la geinte : Les grands maîtres sont quand même des hommes. ils ont le droit à une mauvaise humeur passagère. ils peuvent donc alors se défouler en se plaignant de tout. On regroupera donc la geinte de fatigue (Cingllette), la geinte d'ennervement (G.C), la geinte climatique (Dédé), la geinte physique et tout autre geinte, la liste étant longue.
Intérêt : Aucun mais ça fait du bien. Et ça rend les sessions délétères à souhait.
Risque : De se faire traîter de tous les noms par les autres grands maîtres et huer par le public.
Spécialistes : un peu tous, mais principalement Dédé, Remy et Cingllette.
Mme la Bourronne, victime des geintes
de Cingllette (Ag. Kapapartir - 11/2007)
CONCLUSION
La geinte est à la croisée de la nature humaine et de la stratégie grougniste. Arme souvent utile, elle est aussi inhérente au caractère de chacuns des grands maîtres.
Et le public ne s'en plaindra (sic) pas. Car une bonne geinte est toujours signe de spectacle en session, les réactions des adversaires étant souvent disproportionnées par rapport à la geinte initiale. On voit surtout les alliances ressortir au moment des plaintes. Tout ne peut pas se plaindre de la même façon et chacun doit adapter sa geitne à son jeu.
Au final, comme dans la vie, la geinte est humaine.
Nothing but the Grougniat
Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste







