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Publié le 12/03/2008
Par lagrougniat
Vous commencez à bien maîtriser le tarot, mais vous rèvez de vous frotter à la Grougniat. Chaque mois, découvrez un nouveau terme du vocabulaire grougniste. Technique, attitude, coup de maître... apprenez tout ce qu'il y a à savoir pour vous rapprocher un peu plus du statut de grand maître.

Ce mois-ci : LE SHUFFLE


C'EST QUOI ?

Qu'il est loin le temps où nous écoutions de la musique sur une bonne vieille chaine hi-fi. Et à un moment ou à un autre, nous avons tous malencontreusement appuyé sur la touche "shuffle" (ou random). Les chansons étaient alors diffusées dans un ordre aléatoire et nous devions prier tous les saints de la terre pour espérer ré-écouter notre morceau préféré dans les 24 heures à venir.

Dans le monde grougniste, le SHUFFLE c'est ça : la gestion de l'aléatoire. Tout miser sur le hasard, la chance ou le karma. Ne pas se référer aux statistiques ou aux règles classiques du jeu, mais tenter sa chance au delà du raisonnable...


L'ORIGINE

La première base de la théorie du shuffle remonte à la dernière bataille de la Guerre de Sécession qui déchira les Etats-Unis au XIXème siècle.

Nous sommes le 8 avril 1865 quand le Général Sniff, l'un des principaux officiers des armées du Sud et accessoirement lointain cousin de Remy la Renifl', décida de détendre ses troupes après d'âpres combats à Appomattox en les initiant aux principes simples de la Grougniat, étant lui même dans le civil l'un des plus célèbres grands maîtres de l'époque.

Le jeune caporal Hunter, qui deviendra plus tard un des joueurs les plus incroyables de cette fin de siècle et dont les amours donneront naissance au grand père de Diane, fut vite passionné par ce jeu dont il ignorait jusqu'à l'existence. Le talent était là et les donnes victorieuses s'enchaînaient. Le général Sniff, acculé dans ses retranchements, ne voulait pas perdre la face contre ce jeune blanc-bec. Sur la golden, équipé d'un trop faible jeu pour l'emporter, il tenta son va-tout. Une garde-contre plus qu'osée, à la limite de la Tréandise. Il appela un bon roi, eut un chien terrible et emporta la victoire finale.


Le shuffle militaire : c'est quand même le foutoire...


"I can't do anything against this fucking Shuffle" ("Je ne peux rien faire contre ce... sacré hasard) hurla Hunter, dépité de sa défaite. Le terme était né. Et cette soirée changea la face de la guerre. Sur de son shuffle, Sniff lança ses troupes à tord et à travers et se fit rétamer par les yankees, qui n'en croyaient pas leurs yeux. Le shuffle avait disparu et le général Lee dut capituler, signant ainsi la fin de la guerre de sécession. Le général Sniff finit lui tristement avec douze balles dans le corps au pied de son poteau d'exécution.


L'APPLICATION GROUGNISTE

Le terme est assez peu utilisé en tant que tel, si ce n'est pas la négation. Vous n'entendrez jamais dire "j'en appelle au shuffle", mais plutôt "je refuse de jouer sur le shuffle". Mais le shuffle est pourtant bien présent, tapis au coeur du jeu. On résume sous ce mot tout gain qui n'était pas calculé ou calculable par le grand maître.

En pratique, un joueur qui part avec un jeu assez limite s'en remet forcément au shuffle. Cela peut se concrétiser de trois manières différentes (indépendantes ou combinées) :

- "Le dog-shuffle" : tirer un bout, trois atouts ou des rois non appelés au chien
- "Le calling-shuffle" : Appeler une pépite, un joueur qui avait fait garde ou une épicerie
- "Le event-shuffle" : Quand la partie se déroule sans aucune logique pour votre bien, avec des plis emportées avec un neuf, le petit qui tombe sur un deux d'atout, etc...


Appeler le roi de trèfle : un sacré "Call-shuffle"

Quoi qu'il en soit, le shuffle fait partie du jeu, car tout exact que soit la science grougniste, elle intègre une part d'imprévu qui fait le sel des sessions...


ANALYSES ET VARIATIONS DU SHUFFLE

 1- la négation du shuffle

Certains grands maîtres nient le shuffle. Ils affirment pouvoir calculer tous les éléments de la session : personne ne parle, donc le chien est bon. Plusieurs personnes parlent et on est presque obligé d'appeler une pépite.

Autant de vérités faciles qui ont couté des milliers de points à leurs auteurs en session, une grougniat pouvant se cacher dans chaque donne (définition de la Grougniat : http://blog.ifrance.com/lagrougniat/post/157625-lexique-la-grougniat).

la négation est aussi souvent un bon moyen de tenter d'impressionner le public, en faisant croire à une technique sans faille alors que son jeu repose en fait sur le shuffle.

 2- un bon jeu est-il du shuffle ?

Certains ont tenté d'aller plus loin que la définition actuelle du shuffle : ils affirment qu'avoir un jeu à garde-contre sur un bourron à 800 points est un shuffle, par exemple.

Les lois de la statistique ne permettent pas de juger de cette théorie. le shuffle n'est qu'une vue de l'esprit, mais on n'a pas encore validé le terme de "good-cards-shuffle"

 3- Peut-on refuser le shuffle ?

G.C Dialey a décidé il y a quelques temps de ne plus rien miser sur le shuffle. Pas de départ précipité, un contrôle de ses points et de son jeu. l'appel du roi n'a plus d'importance, tout semble être sous contrôle. Le chien n'est qu'une péripétie.

dans les faits, cela se résume souvent à des épiceries au délà du raisonnable et le refus du shuffle apparaît concrètement comme une sale excuse. mais on ne jettera pas la pierre à un grand maître de s'en remettre le moins possible au hasard.


L'homme qui a dit "non"... ou plutôt "non, j'y vais pas"

Rendez-vous le mois prochain pour un nouveau terme grougniste !

Nothing but the Grougniat !

Eddy Zdeder
Tacticien Grougniste

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