IN BED WITH G.C DIALEY... OPUS 9
« J’ai sauté dans le lit en criant « garde contre ! ». Je pensais faire rire Keira, et surtout, je l’avoue, je pensais qu’elle assimilerait cela à une sorte de danse de l’excitation. Mais le rite que je tentais de créer n’a pas pris. Et pour toute réponse, j’ai eu droit à un « ah bon ? » visiblement sincère.
Ma mine s’est un peu déconfite. Heureusement que je garde, même avec une mine déconfite, une allure de seigneur. Alors, pour me flatter, elle a rajouté : "Mais si, c’est super, tu as demandé une garde contre !"
Bon, je l’ai remercié et je suis retourné dans la salle d’entraînement ; il y a des jours où j’oublie que Keira est actrice et que je ne l’ai pas rencontré à un symposium sur « la confrontation psychologique entre une interprétation freudienne de la pousse et l’appel du roi au chien ». Il y a des jours où on a besoin de penser des choses comme ça de la personne avec qui on vit. Ça détend de penser du mal. Je me demande comment Keira fait pour penser du mal de moi. Ça doit être dur de vivre avec un Grand Maître, quelqu’un qui n’a pas de faille.
Quelque part j’envie Keira de vivre avec moi. Je ne pourrai jamais savoir ce que cela fait de vivre avec un être comme moi ; par moment j’en conçois une certaine frustration.
Avec toute ma panoplie, je suis forcément un être du don. C’est vrai que j’ai de la chance d’être moi. C’est vrai que Keira ne doit pas toujours croire à sa chance quand elle se lève. Pour l’aider, le matin, je la pince. Elle me dit merci en me demandant pourquoi je fais ça.
C’est mignon de sa part, de cacher le plus possible son rêve d’être avec moi, pour que je ne souffre pas d’un complexe de supériorité, qu’il serait si naturel que j’ai. »







