La montagne a faim et veut se nourrir des grands maîtres. L'un d'entre eux se trouve même au fond de ses entrailles. Découvrez son chemin de croix dans ce nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume d'Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...
Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant :http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat
Chapitre 37 : LES SECOURS DU MONOLOGUE
GC tempêtait désormais contre la terre entière et jusque contre lui-même. Dans la galerie de glaces, il sentait l'horreur qui s'immisçait en lui, et ne savait pas retirer de ses pensées la vision morbide du visage putréfié de MacMahon dont le corps, tout proche, était figé dans la douleur.
« Oh toi je te pardonne ! Vil organisateur ! Tu m'as précipité dans les mâchoires infernales du froid, et dans le ventre de la montagne où déjà tu es rigide comme de la glace, je me fige doucement, perdant pied sous tes yeux éteints ! Si tu pouvais encore voir le spectacle de ma mort, sans doute mourais tu une seconde fois ! Moi, je vis pour la dernière... et je parlerai jusqu'au bout ainsi que j'ai joué, sans crainte ni prudence ! Je suis GC, palais des glaces, je suis GC, saura tu me dévorer avant de fondre sous les soleil de mes mots ? ! »
GC avait les yeux injectés de sang, il approchait du corps inerte du défunt et l'empoignait violemment. D'abord il le traîna sur plusieurs mètres, butant chaque fois contre des parois de glace dont les couleurs changeaient en permanence, passant du blanc au bleu, du jaune au brillant pur... GC portait MacMahon comme un déchet qu'on veut jeter, mais il n'avait point d'ouverture. Ses marches étaient comme des cris, à coups venus du bide, forces soudaines et tranchantes. Il aurait fait peur à qui l'aurait pu voir.
Mais GC était seul. Et GC était persuadé de tenir à bout de bras celui qui avait comploté pour sa mort.
Au détour d'un énième éclat de glace, il sentit d'abord le sol quitter de sa planeur pour s'incliner en pente. Il lâcha le corps et tâta les murs... que ses mains ne trouvèrent pas. Ici il pouvait jeter le corps. A coups de pieds il poussa la dépouille de MacMahon dans le vide et la vit s'engouffrer à l'inconnu d'un éclat de couleurs dans un rire sardonique et vengeur.
Il reprit son monologue de fou.







