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Publié le 22/10/2009 à 16:59
Par lagrougniat
G.C erre entre la vie et le trépas. Mais la situation des grands maîtres restés en altitude est-elle plus enviable ? C'est toute la question de ce nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume d'Alain Shopainoulder que nous vous livrons toute l'année avant sa parution...


Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant :http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat






Chapitre 40 : LE NOUVEAU CHEF DES HAUTEURS


« Qui est ce José ? » demandait Dédé qui avait retrouvé de la vigueur dans le regard !
« Pourquoi poses tu cette question ? José est José comme je suis Hector, comme tu es Dédé ! Veux tu savoir qui est la Bourronne ? »

Hector énervait Dédé au plus haut point... Le Grand Maître n'en pouvait plus de tolérer pareille humiliation. Et ce conflit soudain entre les champions et les salariés des Ternay Tour finissait de rendre Dédé sous le joug des questions haletantes :
« Qu'avez vous vécu à notre service de si intolérables que vous ayez le souhait de nous le faire payer ? »
Hector cette fois ne pipa mot et laissa José, qui entrait juste dans le mess, s'approcher d'eux.
« Diane est introuvable » dit il sans sourciller.
Julien semblait nerveux mais n'osait rien formuler de tel. José était cependant un chef fin psychologue. « Ne vous tourmentez pas ! Ou croyez vous qu'elle ait pu aller ? Elle ne manquera pas longtemps à l'appel ! J'inverse juste l'ordre. Je fais venir les femmes ici, et je chercherai Diane plus tard. »

Dédé pesta en silence contre son impuissance, tout plein d'espoir pour que Diane les sorte d'affaire. La Bourronne ne supportait plus la compression des liens sur ses poignets et Cingllette fixait sans mot dire le tissu de la tente qui claquait sous les fracas du dehors.
 
Publié le 14/09/2009 à 16:14
Par lagrougniat
Vaut-il mieux errer comme un malheureux sous dix mètres de glaces ou être pris bêtement en otage par des spectateurs rebèches ? Découvrez le dans ce nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume d'Alian Shopainoulder que nous vous livrons toute l'année avant sa parution...


Retrouvez la totalité du roman en cliquant sur le lient suivant :http://blog.ifrance.com/lagrougniat/wild%20of%20grougniat






Chapitre 39  LA PANNE DES MOTS


Depuis combien de temps déjà GC discourait il ainsi, seul au milieu d'une crevasse, bercé le regard par les pluriels des couleurs sur les parois de glace, l'œil souvent fermé et livré dans ses noirs au fulgurance des mots qu'il braquait à l'emporte pièce à l'encontre de tout, guidé par son désespoir et... le froid ?

C'est qu'il était engourdi GC, et avait beau tourner en rond parfois même en courant, et avait beau ne jamais arrêter le courant de sa langue, il était gagné par les pesanteurs des températures infernales de ces hautes montagnes...
« Bientôt je serai glaçon, et bientôt encore des colonnes de pèlerins graviront la montagne et descendront dans la cavité divine pour venir voir ma statut ! Je serai de glace, certes, mais je réchaufferai encore les cœurs de ceux qui aiment le spectacle ! »GC avait il conscience qu'il était parti dans les voies de la folie et qu'elle était désormais seule à la maintenir en vie comme elle agitait son sang pour lutter contre l'engourdissement des membres et des pensées ? !

Sans doute y avait il un peu de sa volonté pour glisser ainsi dans la folie, et GC avait il calculé qu'il y allait de son intérêt ! Sans doute pour une autre part, il était devenu le jouet de ses allées et venues dans l'incompréhensible et le surdimensionné !

Était ce livré à ces observations sur soi-même qu'il se tut soudain, et d'un commun accord avec la glace, au moment même où elle se mit à crisser fort, comme si une autre force, plus puissante encore, était en train de la briser ?
 
Publié le 03/08/2009 à 14:19
Par lagrougniat
G.C est au plus mal, il est celui des Grands Maîtres dont la situation est la plus précaire dans cette montagne maudite. Du moins, jusqu'à maintenant... Voici un nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume d'Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


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Chapitre 38 : LE COMBAT DES COQS


Cingllette le premier ouvrit la tente, mais Dédé courait déjà et prenait par le colbac un des hommes qui empoignaient la Bourronne !

« Lâche la ou je te tue ! » hurlait Dédé que Cingllette rejoignait à la bataille. Car les trois hommes qui, un instant avant, brusquaient la Bourronne repliée contre le comptoir, s'étaient détachés d'elle et s'engageaient à molester les Grands Maîtres.
Cingllette n'avait pas mis un coup que Dédé flirtait déjà au sol avec le calvaire des chaos de vertige, le nez en sang et la pommette gauche bleue. La Bourronne poussait des cris hirsutes que ponctuait de rires un des trois gaillards qui se mêlaient le moins aux luttes. Il voyait devant lui Cingllette se faire rosser et qui pliait déjà, se rabattant vers l'entrée de la tente, laissant Dédé et la Bourronne aux prises des trois insurgés.

Pendant qu'ils poussaient deci delà Dédé du pied, la Bourronne en profitait pour passer de l'autre côté du comptoir ou, en sécurité, elle interrogeait leurs intentions :
« Et qu'allez vous faire, maintenant ? »
Le plus fort d'entre eux, celui là même qui avait rit tout du long et regardé ses deux camarades suffire pour terrasser les Grands Maîtres, n'eut pas une seconde d'hésitation :
« N'avez vous pas trouvé que les autres mouraient vite, dans ce camp ? La tempête était certes forte, mais tout de même : vous viviez, ils mouraient, et à ce fait vous n'avez attribué qu'une explication : nous sommes les Grands Maîtres ! Eh bien, pour n'avoir pas regardé les corps des morts de plus près, vous n'avez rien compris de ce qui se tramait déjà... Et vous voilà pris au piège ! Hier nous étions les responsables de la sécurité, smicards sans le sou d'un cirque qui brassait des milliards, hier nous assurions que votre argent ne perde pas ses maîtres, que le Peuple ait ses idoles... Mais aujourd'hui les idoles sont dans les cieux, perdues et loin des caméras ! Aujourd'hui nous allons à nouveau assurer votre sécurité ! Et les survivants du cirque, ceux qui vont ont servi corps et âme jusqu'ici, vont tout faire pour que vous restiez en vie ! Les rôles ne font que s'inverser... Vous serez les idoles au service du bon peuple ! Les Grands Maîtres pour les femmes, et les Grand Master Girl pour les hommes ! »

Il quitta la Bourronne des yeux, fit mettre genoux à terre à Cingllette d'un seul regard tendu, atterra Dédé plus encore horrifié par les intentions du mutin et s'adressa désormais à ses deux camarades : « Hector, Julien ! Gardez ces trois, je cherche Diane et la ramène et, une fois tout ce petit monde mis au pli, j'avertis nos compagnes ! »
Hector et Julien regroupèrent les trois Grands Maîtres pendant que leur simili chef se servait un café. Hector donnait des coups de pieds à Dédé qui geignait de douleurs, puis à Cingllette qui ne comprenait pas... « Pourquoi moi ? » sanglotait il, « Pourquoi moi ? », et Hector le reprenait : « Il va falloir montrer plus de valeur, si tu ne veux pas décevoir tes fans ! » Julien calmait son acolyte : « Hector, ne les brise pas trop vite ! Ils doivent nous servir encore... »

Dédé profita de l'accalmie soudaine des petites violences pour se tourner vers leur chef... « Mais qui es tu pour nous en vouloir ainsi ? »
Le silence de quelques secondes fut lourd comme celui qui précède le tonnerre. La Bourronne retenait son souffle, Cingllette eut préféré se bouger les oreilles, Hector et Julien craignaient que trop vite la rancoeur de José ne prenne le pas sur leurs intérêts.
« Je suis José. Et vous m'appellerez ainsi. Vous saurez le reste bien assez tôt ! »

Publié le 16/07/2009 à 09:02
Par lagrougniat
La montagne a faim et veut se nourrir des grands maîtres. L'un d'entre eux se trouve même au fond de ses entrailles. Découvrez son chemin de croix dans ce nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume d'Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


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Chapitre 37 : LES SECOURS DU MONOLOGUE



GC tempêtait désormais contre la terre entière et jusque contre lui-même. Dans la galerie de glaces, il sentait l'horreur qui s'immisçait en lui, et ne savait pas retirer de ses pensées la vision morbide du visage putréfié de MacMahon dont le corps, tout proche, était figé dans la douleur.

« Oh toi je te pardonne ! Vil organisateur ! Tu m'as précipité dans les mâchoires infernales du froid, et dans le ventre de la montagne où déjà tu es rigide comme de la glace, je me fige doucement, perdant pied sous tes yeux éteints ! Si tu pouvais encore voir le spectacle de ma mort, sans doute mourais tu une seconde fois ! Moi, je vis pour la dernière... et je parlerai jusqu'au bout ainsi que j'ai joué, sans crainte ni prudence ! Je suis GC, palais des glaces, je suis GC, saura tu me dévorer avant de fondre sous les soleil de mes mots ? ! »

GC continuait, tantôt s'adressant à MacMahon, tantôt à la montagne... Il n'arrêtait plus de prendre à parti le monde, de le défier, et faisait se dresser contre lui sa propre stature, tressant dans son discours le portrait du joueur qu'il était à ses yeux.
D'un coup, il reprit le silence comme il lui sembla que MacMahon avait bougé.
« Ainsi tu n'es pas mort ! Tu m'as tué ou presque mais toi, tu sais mourir et reprendre vie ! Ah, voilà ! Je comprends mieux ! MacMahon est le vrai phoenix, ou son allié ! Ah, voilà, tout s'éclaircit ! Il travaille pour Cingllette ! Il veut éliminer GC ! Il a fait tuer Rémy ! Et maintenant c'est mon tour... Oh, vil épisode que celui qui se joue sous mes yeux... Mais les comploteurs avaient ils prévu mes forces ? Pensaient ils que je résisterai encore et encore, sans jamais m'abattre mais en trouvant toujours le dernier mot, la parade vitale ? Ils sont las devant mes talents, et MacMahon va payer pour l'avoir ignoré ! »

GC avait les yeux injectés de sang, il approchait du corps inerte du défunt et l'empoignait violemment. D'abord il le traîna sur plusieurs mètres, butant chaque fois contre des parois de glace dont les couleurs changeaient en permanence, passant du blanc au bleu, du jaune au brillant pur... GC portait MacMahon comme un déchet qu'on veut jeter, mais il n'avait point d'ouverture. Ses marches étaient comme des cris, à coups venus du bide, forces soudaines et tranchantes. Il aurait fait peur à qui l'aurait pu voir.
Mais GC était seul. Et GC était persuadé de tenir à bout de bras celui qui avait comploté pour sa mort.

Au détour d'un énième éclat de glace, il sentit d'abord le sol quitter de sa planeur pour s'incliner en pente. Il lâcha le corps et tâta les murs... que ses mains ne trouvèrent pas. Ici il pouvait jeter le corps. A coups de pieds il poussa la dépouille de MacMahon dans le vide et la vit s'engouffrer à l'inconnu d'un éclat de couleurs dans un rire sardonique et vengeur.

Il reprit son monologue de fou.
« Va, impudent, tu as appris ma loi ! Rapporte à ton maître l'étendue de ma force ! Dis lui mon panache ! Dis lui que je le chasse ! Qu'il ait peur pendant que je m'approche... Qu'il tremble comme un enfant ! Je suis son monstre ! Je vais hanter ses nuits jusqu'à sa mort ! Sa mort, je la lui donnerai en main propre !... »
 
Publié le 25/06/2009 à 10:03
Par lagrougniat
Alors que G.C lutte seul contre la mort, le camp de base semble vouloir se transformer en débit de boisson. Un répis dans la tempète ? Découvrez un nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume de Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


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Chapitre 36 : LES DISCOUREURS DISPUTES


Ils faisaient face au grand blanc de la tempête, dont les fureurs s'étaient calmés, comme on défie l'horizon des largesses de ses vœux. Leur ambition était elle en cause, alors ?
 
Sous la poitrine, Dédé sentait bien que rebattaient des sangs qu'il avait eu fougueux dans sa jeunesse, quand il courait la planète aux côtés d'un Charles Quintefleuche juvénile et jeune Président de la DOIGT. Cingllette, lui, n'hésitait pas à taire la manière dont il était empli d'un rayonnement de puissance. Ses pensées furent elles audibles, on aurait entendu comment il considérait Dédé d'une bonne aide, la Bourronne et Diane comme ses admiratrices consacrées, les hommes survivants du camp ses redevables obéissants et, GC et Rémy, qui avaient tenté l'impossible, ainsi que l'on pense après coup à la folie d'un geste qui ne pouvait que mener à la mort.

C'est alors qu'ils se baignaient l'un l'autre dans un bain de lauriers, côte à côte livrés à leur narcissisme décuplé, que Diane arriva comme une furie. Et les bruits de la tempête parurent reprendre leurs droits.
« Très bien Messieurs, et vous allez m'écouter ! Vous deux, et vos craintes minables, vous n'avez donc aucun respect ! Nous faire ainsi jurer le serment des quatre, invoquer la survie et donner de l'espoir pour retrouver si vite le chemin de vos orgueils personnels ! Pendant ce temps, qui sait, Rémy et GC sont peut-être déjà morts ! Mais vous savourez déjà vos talents de beaux parleurs... et recréez ici les conditions de votre règne aristocratique d'en bas ! Un mess avec des femmes, des hommes à vos ordres... et pour quoi faire ? Récupérer des informations comme vous l'annonciez ? Non point ! Pour parader ! Je vous traînerai dans la boue des médias dès que nous serons sortis d'ici. Et à bon entendeur, pendant qu'il en est encore temps, si vous souhaitez éviter à la Bourronne le plaisir de trois partenaires, allez donc vous servir un café ! Salut ! »

Diane tournait les talons devant Cingllette et Dédé hébétés. Un instant plus tôt en train de tutoyer leur grâce, ils se retrouvaient comme pieds nus dans la neige. Un sentiment de honte piquait leur voûte plantaire. Ils décidèrent sans un mot de rejoindre le mess.


Publié le 03/06/2009 à 12:06
Par lagrougniat
La situation de G.C empire, alors que les autres survivants croient en des jours meilleurs... Mais ont-ils vraiment raison ? Voici le nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume de Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


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Chapitre 35 : UN MESS DANS LE CIEL


Dehors Cingllette et Dédé devaient organiser les travaux depuis une bonne heure, et les premiers hommes entraient dans la salle du mess. D'abord étonnés qu'une telle pièce eut été mise sur pied, ils s'avançaient bientôt vers le comptoir, découvrant deux tables entourées chacune de trois chaises et posaient leurs yeux fatigués vers les deux femmes qui se tenaient proches l'une de l'autre, à quelques pas d'eux.

« Messieurs ! » fit la Bourronne l'air réjoui. Avait elle tiquée à l'idée de se retrouver tenancière, elle prenait maintenant un malin plaisir à jouer les Marilyn au milieu des soldats !

Ils étaient trois qui ne marchaient plus et se gardaient toujours de répondre. Ils avaient ôté leur couvre chef et oubliaient leur ridicule silence ainsi que leur allure pataude cependant qu'ils sentaient déjà le repos couvrir leurs membres de tendresse.
Diane s'irritait des manières de la Bourronne et, comprenant que cette dernière profitait de la situation pour flatter son ego, reprit le ton des choses à l'immédiat :
« Messieurs, nous vous proposons de vous asseoir. Vous serez mieux pour reprendre des forces. Ici, nous ne sommes plus des Grands Maîtres que vous devez servir. Ici, la tempête qui fait rage nous met tous au même niveau, et nous unissons nos forces pour passer ce temps difficile... »

Diane, qui n'avait pas fini, était coupé par l'un des trois hommes : « Merci Madame, ici nous serons bien... Et, je m'excuse de vous interrompre, surtout que je suis honoré que vous vous adressiez à nous, mais sur les conditions actuelles et la situation que nous partageons, sur les objectifs que nous avons collectivement, Cingllette et Dédé viennent de nous entretenir durant une heure... Nous avons juste le temps d'un peu d'abri avant de les rejoindre. Ils ont deux ou trois choses encore à nous dire. »

La Bourronne n'avait pas le souhait de faire cas de cette remarque. Elle tirait une chaise pour inviter ces hommes à s'asseoir, et tournait sur elle-même avant de demander, innocente : « Voudrez vous une boisson chaude » (et elle appuyait sur ce dernier mot) « ou quelque remontant plus viril ? » (et elle laissait glisser ses yeux vers le haut des orbites)...

Diane n'y tenait plus. Les minauderies de la Bourronne l'exacerbaient, et elle venait d'apprendre que Dédé et Cingllette, plutôt que travailler, exerçait leur talent discoureur dans les froids. Elle empoignait sa veste, et lançait à la parade :
« J'ai des choses à dire à ces messieurs les Grands Maîtres ! »

Dans la foulée, elle se tournait, avant de franchir le seuil du mess, vers les trois hommes et la Bourronne : « Vous, vous ne bougez pas ! Et, Madame la, je vous conjure de servir des cafés avant d'aller dans les arrières pour ranger nos affaires. »
 
Publié le 08/05/2009 à 09:40
Par lagrougniat
Alors que les Grands Maîtres au sommet retrouvent l'espoir, G.C est au coeur de l'enfer. Suivons ses aventures dans un nouvel épisode de Wild Of Grougniat, le roman posthume de Alain Shopainoulder que nous vous livrons en exclusivité avant sa parution...


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Chapitre 34 : AU CENTRE DE LA MONTAGNE


De visage, MacMahon n’en avait plus. Brûlé par le froid et croqué par les glaçons, il ressemblait à un portrait fou, une horreur sur pied. Le cri que GC avait échappé se prolongeait dans l’effroi ; et il était si puissant, ce cri, qu’il faisait tremblé les ruines du visage de MacMahon… le détruisant plus encore.

GC cessa de crier, pour mettre fin au massacre. Il ferma les yeux pour les rouvrir, avec l’espoir que cette vision se terminerait, et que MacMahon aurait retrouvé sa figure. Mais il n’en fut rien. Rouvrant les yeux, GC contempla le même désastre.

Son cœur se mit à battre à toute zingue ! Mais que se passait il ? N’en finirait il jamais des horreurs ? L’Enfer ne lui donnerait il donc jamais la mort ? Devrait il passer par toutes les plus terribles émotions avant de pouvoir regagner un peu de calme, fut il mortel ?
Il cria contre lui-même, et contre l’Enfer. Le visage de MacMahon s’effrita encore plus. Alors GC laissa retomber le corps au sol, et reprit définitivement ses esprits. Enfin, il put comprendre où il se trouvait.

La cavité n’était pas bien grande, mais elle était lumineuse. Elle était d’un bleu de glace, et étrangement, il y faisait chaud. Etait ce l’absence de vent, dans cet abris naturel, qui lui donnait une fausse impression de chaleur ? Sans doute, car il posa la main au sol, et constata qu'il s’agissait bien de glace, puis il fit le tour de la cavité des yeux, et se mit à donner un nom au lieu, cependant qu’il pensait à voix haute : « Voilà ton tombeau, GC, la galerie des Glaces ! »

Comme il se relevait sur un pas de danse digne du Roi Soleil, il convint aussitôt des douleurs qui irriguaient tout son corps. MacMahon reposait à ses pieds. Il le tourna face contre terre, afin de ne plus voir le spectacle de ce visage détruit. Que s’était il passé ?
Il leva les yeux au ciel et ne vit que des glaces et leurs reflets, sans pouvoir rien distinguer de plus. Où il était tombé, il devinait bien que c’était une crevasse… Mais il ne pouvait être aucunement plus précis.

Ses forces reprenaient place dans son corps. De voir clair et de n’avoir plus le refrain du vent dans les oreilles le comblaient d’aise. Et dans ce confort tout nouveau, il recouvrait un peu de lui.
« Si seulement MacMahon n’était pas mort dans cette chute… » pensa t il dans sa tête. Puis il marcha autour de la cavité pour en prendre la mesure, et faire un point sur la situation. Il marchait lentement cependant qu’il se mettait à nouveau à parler à voix haute.

« Venez, c’est en hommage à mon pays, on fait une session dans les cimes ! Et allez, les quatre autres qui sont d’accord, et la Grougniat qui monte dans les hauteurs… Et hop, l’orage ! Bravo MacMahon, belle organisation ! Une poignée qui s’en va, et les autres ? Abandonné ! Bravo l’organisation ! Et GC ? Et GC n’a plus qu’à écouter son courage et son panache ! Et GC n’a plus qu’à partir en Enfer ! C’est quoi ? La dernière solution que la Bourronne ait trouvé pour ouvrir son palmarès, liquider les autres ? »
 
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