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Publié le 17/08/2007 à 10:17
Par larevatiere

PHOTO : la grange magnifiquement restaurée.

Le toit de chaume

Toit de chaume, tu me rappelles
Ma jeunesse, et ces vieilles demoiselles,
Nos voisines, nos amies ; les soirs de Juin
Nous les aidions pour rentrer le foin.

Leur grange était couverte de chaume
Un toit immense et lourd, posé
Sur de forts murs en pisé ;
Dans la cour un chargement de foin embaume.

Auguste nous attendait ; avec précautions
Adeline avançait la petite échelle,
Lestes comme des écureuils, nous grimpions
Avant qu’elle fasse passer la « grande échelle ».

Elles étaient d’une forme artisanale,
Confectionnées les soirs d’hier par un ami,
Les barreaux étaient ronds ; dans les annales
Elles se trouvent encore aujourd’hui.

Nous avions peur, mais là n’était pas la question
Pour monter tout là-haut dans le fenil,
Aujourd’hui on ne voudrait pas qu’un enfant même agile
S’avise à grimper si haut sans protection.

Du foin, il y en avait déjà, beaucoup,
Quand Adeline avec ses bras forts
Envoyait des fourchées ; noyées jusqu’au cou
Nous nous débattions ; il fallait tasser encore.

Et toujours ; se jeter à plat ventre,
Aplatir ce foin, dans l’air chaud, irrespirable ;
Dans cette poussière grise, dans cet antre,
Ce four ; aujourd’hui c’est une chose impensable.

Quand nous redescendions, couvertes de sueur
Par cette grande échelle, nous avions encore peur,
L’air plus frais cependant nous faisait du bien,
Et sur le char vide, nous sautions à pieds joints.

Après avoir bu un bon verre d’eau fraîche
A la fontaine, dans la basse-cour sèche
Nous repartions en courant chez notre mère
Qui avait préparé un baquet près de la cuisinière.

Le gros savon de Marseille nous attendait
Sur la petite table à côté, et pour se laver
Nous frottions un peu le gant mouillé ;
A ce moment là, « la douche » personne n’en parlait !

Nos genoux étaient égratignés ; « des bobos »
Par les tiges de luzerne du colombier.
Nous n’avions pas de Jeans pour nous protéger ;
Une robe, et de simples culottes « petits bateaux »

Ne me demandez pas si nous étions fatiguées ?
Une demie heure plus tard pour le repas du soir
Nous mettions la table, et après le dîner

Reposées et tranquilles, nous faisions nos devoirs.

Publié le 12/03/2007 à 15:14
Par larevatiere

PHOTO : près des roselières de Colletière une famille de cygnes se repose...


Le lac bleu

Ô lac bleu et tranquille
Berceau de mon enfance
Plages pleines d’insouciance
Pour une jeunesse gracile.

Etés de sècheresse où l’on marchait
Sur cette vase sèche jonchée de piquets
Témoins de la cité Lacustre
Des chevaliers depuis des lustres.

Lac gelé des hivers rudes
Où il fallait casser la glace
Pour lever nos filets en place
Depuis la veille, cachés, prudes.

Les vagues nous berçaient légèrement
Nous ramions en cadence en fixant
Ce point que nous connaissions par cœur
Ce bouchon, témoin de notre labeur.

Le vent, le froid, la brume, hurleurs
De décembre ne nous faisaient pas peur
De l’eau profonde nous sortions, debout
Nos filets pleins de vase, à cause des remous.

Souvenirs de jeunesse, aujourd’hui inconcevable
Le lac lui, est toujours là imperturbable
Il attend les pêcheurs à la ligne sur ses bords
Et les voiliers qui le sillonnent bord à bord.
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