Il est comme un sac, un tas d’os dans son coin,
Des mouches l’entourent, un vautour fait le point,
Tout au fond de ses yeux, son seul éclair de vie,
Tête dodeline, nous voit avec envie.
Les oiseaux n’auront rien, car nous sommes humains,
Nous l’utiliserons, pas plus tard que demain,
Les uns par intérêt, les autres par bonté,
Assassinat légal, un de plus à compter.
Brandir sa dépouille, comme un étendard,
Mais le laisser mourir, sans un morceau de lard,
Panique dans ses yeux, sa faim n’est pas risible,
A-t-il été aimé, tout ça n’est pas paisible.
Puis sa langue gonflée, l’étouffe lentement,
D’un effort surhumain, son doigt tend sûrement,
A nous montrer la voie, un râle nous la coupe,
Trois secondes, pour le suivant privé de soupe…
