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La maison de l'escargot
Mon bloc perso.
J'ai entendu dans une interview l'autre jour : "Il est infiniment plus intéressant de vivre dans la fiction".
Je crois que c'est à peu près ce que je ressens.
A lire au fur et à mesure de mes fantasmes...
N 'hésitez pas à laisser vos impressions, vos critiques, vos questions...
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Rmafrodite : Joyeux Noël à toi aussi Bleu, et tous ceux qui passeront par ici ! en ce moment je n'ai pas trop le temps de poster des trucs... bientôt !
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Publié le 15 juin 2006 à 22:57
Par lermaphrodite
Incipit
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11


 

Ce jour là je n'avais pas regardé ma boîte aux lettres. Ce jour-là en particulier, alors que je la regarde toujours. tous les jours quand je rentre chez moi, mon reflexe, c'est d'ouvrir la boite aux lettres. Et là, non !


Alors le soir, quand mon collocataire a frappé à ma porte pour me dire « tiens, tu as du courrier », ça m'a un peu étonné.

J'ai ouvert la grande enveloppe carré avec une belle écriture manuscrite.

C'était un prospectus. Pour un festival dans la région.

Je regarde un peu, ils sont là, dans le bas de la page.

Il ne manquait plus que ça !!

il y a des choses qui me dépassent...

pourquoi toujours ce genre de chose à moi ? Pourquoi moi et pas mon collocataire pour ce festival ?

Il y a des tas de festivals dans la région quand l'été approche, il y a aussi des tas de groupes et des tas de gens qui reçoivent des pubs...

alors pourquoi tous ces éléments cumulés autour de moi se déchainent et me font me sentir aussi mal !?!


Ce n'est pas croyable !


Et puis pourquoi sous enveloppe ??

J'ai froissé le papier, l'ai jeté et me suis effondrée sur mon lit, en pleurs.



J'ai laissé passer ce festival à la noix, je m'étais organisée une soirée révision, histoire d'oublier.

Je n'étais quand même pas très en forme ce soir-là !



Le lendemain je rentre chez moi après les cours et j'avais un message sur mon répondeur :


« Agathe ? C'est Gabriel. Heu... j'espère que tu vas bien... en fait je pensais te voir hier... enfin j'aurais bien aimé t'apercevoir ! Mais je comprends tout à fait... excuse-moi d'avoir pu penser que tu viendrais. Décidément, je ne suis pas très habile en psychologie, déjà à la fac ce n'était pas terrible... j'ai eu 5 ou je crois... enfin bref. On avait envoyé le tract à des gens de la région qu'on avait envie de voir en fait... ce n'était pas un hasard au cas où ce soit ce que tu ais pensé ! Enfin voilà, je ne vais pas encombrer plus ton répondeur, parce que là ça fait déjà un moment que je parle... alors eh bin, à bientôt. Ah si je ne sais pas quand c'est ton concours, alors voilà, si tu veux passer tes nerfs ou tes peurs, tu peux m'appeler... si tu veux...à plus ! »


J'en ai gardé un sourire toute la soirée !

J'aime sa voix, il n'y a pas à tortiller...


Elle illumine mes jours et mes nuits.

J'aimerais l'entendre me chuchotter des mots la nuit, au creux de mon oreille.

J'aimerais l'entendre me parler au réveil, d'un petit ton rauque et ensommeillé.

J'aimerais l'entendre un peu plus sonore, un peu fachée quand j'ai oublié quelque chose d'important où quand j'ai besoin d'être secouée.

J'aimerais l'entendre chantée sous la douche...


Tu rêves ma pauvre fille.

Mais ça fait du bien de rêver parfois, non ?

Du coup je lui ai envoyé un petit mail, court, aimable, pour le remercier et lui dire que j'avais travaillé. Un petit mail ça ne veut rien dire. C'est juste du vent, mais ça peut faire plaisir... autant qu'un message sur le répondeur, mais sans la voix.

Publié le 05 juin 2006 à 17:47
Par lermaphrodite

Incipit

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10




C'est moi qui lui avait envoyé un mail à la base.

J'avais besoin de conseil.

Un conseil de quelqu'un que j'admire.

Je voulais me lancer dans l'écriture, j'avais une ébauche de projet sous le coude, et j'hésitais.

J'hésitais à l'envoyer, à le rendre public.

Parfois je le trouvais à mon image, et parfois je le trouvais d'une nullité accablante (remarquez que les deux ne sont pas forcément incompatibles !!)

Je voulais savoir comment lui il fonctionnait, comment il écrivait...

Il était 3h du matin lorsque je l'ai envoyé, après de nombreuses tergiversations...

Le lendemain à 7h j'avais une réponse !!



Une réponse longue, belle, simple et merveilleuse.

Très humaine, très touchante aussi car pour répondre à mes doutes il ne pouvait que me faire part des siens.



Il m'a redonné espoir, courage, confiance en moi.

Alors je lui ai répondu pour le remercier, tout en posant quelques questions rhétoriques...

Et il m'a à nouveau répondu, ....



La boucle avait commencée.



On s'écrivait régulièrement, au moins une fois par semaine, mais le plus souvent, bien plus que ça.

On se dévoilait petit à petit.

Il aimait « mon écriture naïve et belle. »

J'aimais ses rêves et ses espoirs, ses doutes et ses défaites.



Je suis allée le voir à la fin d'un concert.

On a discuté toute la nuit autour d'un verre...

C'était  magique.

On échangeait nos opinions, nos points de vues, nos envies, nos textes aussi parfois, enfin nos brouillons de textes...


C'était terriblement agréable, mais la chute a été abrupte...


C'est un autre musicien qui me l'a appris.

« bin non ça tombe le week end du mariage de Gabriel... »



Le choc.

Ça devait se voir, parce qu'il a enchainé « tu n'étais pas eu courant ? »

Non.



J'ai eu du mal à rester souriante ce soir-là.

Publié le 05 juin 2006 à 17:04
Par lermaphrodite
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Publié le 02 juin 2006 à 20:52
Par lermaphrodite

Incipit
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9


 

J'ai pris une bonne résolution...

Pour arrêter d'y penser, je me suis remise au travail.

Je ne sais pas si tout ça va bien se passer, je n'ai pas été excessivement concentrée ces temps-ci, mais c'est excusable vu les circonstances, non ?

Ah ! Merci...

Donc je me suis remise au travail. J'ai un concours difficile à préparer.

Et il faut que je travaille.

De toute façon mon rôle dans la pièce est à présent fini.

C'est son histoire à lui, et moi je n'en fais plus partie et tant mieux !

Il faut que je l'oublie.

Plus facile à dire qu'à faire...


Aller hop !


Je me replonge dans l'anatomie...

je revois ses doigts, ses mains magnifiques, ses bras...


mauvaise idée !!


Optique ? Ça devrait aller...

je me plonge dans ses yeux immenses et profond, bleus à en perdre toutes les autres couleurs...


pfff !


On n'est pas sortis de l'auberge les enfants !!


Il faut que je me concentre.

En persévérant, je ne penserais plus à lui.


Concentration.

Concentration.

Concentration.

Concentration...



zut, je me suis endormie !

Publié le 01 juin 2006 à 22:33
Par lermaphrodite
 

Incipit
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8


Autant dire que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit...


Il paraissait tellement perdu.

Comme si c'était lui la victime !

Il aurait pu y penser avant tout de même.

Comme si le simple fait de me rencontrer (d'après ce que j'ai compris !) lui avait fait comprendre qu'il n'était plus autant attaché à elle qu'auparavant !?


J'aimerais le croire.

Je ne demande que ça !!

Mais comment pourrais-je espérer à nouveau ?

Comment me laisser embarquer à nouveau dans ses possibles ?

Et puis en toute rationnalité... je ne crois pas que ce soit une très bonne idée...


Il a 32 ans...

Ça fait 8 ans qu'ils sont ensemble.

Elle le soutient.

Il a un regard très critique sur ses oeuvres, et ça lui plait.

Elle n'est pas fan de musique contemporaine en général, elle travaille surtout en concertos de Bach.

Mais elle le soutient.

Et c'est ce qui compte pour lui.

Ils étaient très amis avant d'aller plus loin.

Ils ont une sorte de respect artistique mutuel.

C'est ça leur lien le plus fort finalement.

Du moins c'est ce qu'il m'a laisser entendre.

Il ne sait pas s'il l'aime encore.

S'il la désire encore.

Et s'il veut se réveiller à ses côtés tous les matins de sa vie.


Mais tous les futurs mariés doivent se poser ce genre de question, non ?

C'est un engagement immensément important.

Déterminant.

Il est normal de douter.

Est-ce que ses doutes à lui sont plus profonds ?

Est-ce qu'il a plus de raisons de douter que les autres ?

Est-ce que c'est vraiment moi ses doutes ?

Ou ne suis-je qu'un prétexte ?

Il serait trop présomptueux de penser que c'est moi qui lui fait tourner la tête à ce point...

donc si je résume la situation, c'est seulement moi qui lui ai fait comprendre qu'il n'était peut être plus vraiment attaché à elle.

Donc je suis la responsable de ce massacre...

pfff.


Si seulement je n'avais pas insisté pour comprendre, pour être sûre...

J'aimerais pouvoir réparer tout ça.

Mais je dois le laisser réfléchir tranquillement.

Il n'y a que lui qui puisse décider de son avenir.

Lui seul sait ce qu'il ressent.

Il est trop difficile de savoir ce qu'on ressent, soi, pour aider quelqu'un à se plonger dans son coeur, à lui.

J'ai envie de lui dire tout ça.

Mais il ne faut pas.

Tout ce qu'il faut, c'est qu'il ne la quitte pas s'il n'est pas sûr de lui.

Mais je ne crois pas qu'il en ait l'intention.

Il va réfléchir.

Il va se rendre compte qu'il l'aime réellement.

C'est une mauvaise passe entre eux.


Et moi je suis le théatre des larmes.

Je soutiens.

J'encaisse.

Je console.

Et puis je sombrerai très bas.

Je souffrirai beaucoup.

J'aurai peut être au moins la reconnaissance.

Il me remerciera de l'avoir remis sur le droit chemin...

Oui voilà.

Nous allons rester très proches, parce qu'on aura vécu des moments difficiles ensemble, qu'on se sera confié l'un à l'autre...

Finalement c'est mieux que rien.


Mais je suis quand même très triste en rentrant chez moi.

Et je ne dors pas non plus.

Je me refais en long en large et en travers toute notre conversation de ce soir.

Il avait l'air tellement déboussolé...

Je crois que j'ai bien fait de le remettre sur les rails, enfin je crois que je l'ai remis sur les rails. C'est dommage de tout gacher maintenant.

Mais c'est vrai que s'il n'est pas sûr de son amour pour elle...

Enfin tout ça n'a rien à voir avec moi.


Ce sont ses propres doutes qui se sont répercutés sur ma compréhension à moi. Et c'est pour ça que j'ai perçu une quelconque possibilité d'ouverture. J'ai trouvé la faille si je puis dire.

Mais je ne veux pas être le piollet qui déchire la montagne...

Et son choix sera complètement indépendant de moi et mes sentiments.

Il est assez adulte et responsable pour savoir ce qui est bien pour lui, pour elle, pour eux.


Mais quand même, il a essayé de m'embrasser !!

Publié le 31 mai 2006 à 19:06
Par lermaphrodite
 

Incipit
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7



Je lui fais face.

Il avance, un peu hagard, un peu perdu.

Me vois.

Me souris.



« ça fait longtemps que tu m'attends ?
-
non, et puis j'avais envie de t'attendre... j'aime bien l'ambiance tellement sereine et reposante de ce genre d'établissement... »



Il me sourit.

Il commande un demi.

Il me regarde en silence.

Il m'observe...

Son regard me gène.



« toi aussi tu trouves que je ressemble à un zombie... je suis venue au saut du lit si on peut dire...
-
non, c'est juste que j'avais oublié ton regard quand tu n'es pas triste...
-
je le suis toujours.
-
.... »



Il boit en silence.

Il a le regard vide.



« je n'ai pas été tout à fait honnète avec toi l'autre jour...

[je n'aime pas les conversations qui commencent comme ça... ça présage de longues heures de discussion et de débat...]

-
moi je t'avais trouvé très clair...
- justement. »



Je ne comprends pas très bien.

Lui non plus.

Quand il me cache quelque chose, je lui en veut.

Quand il me dit la vérité, je lui en veux aussi...

et là apparemment la vérité n'est pas ce qu'elle aurait dû être...

Il s'en veut d'avoir été clair ?

Si je lui en veut et qu'il s'en veut aussi pour les mêmes raisons, on ne va jamais s'en sortir !!



« si je ne t'ai pas dit pour Marie et moi, c'est parce que, quand je discutais avec toi, je l'oubliais complètement... je ne pensais plus à elle, seulement à toi et à nous. »



Qu'est-ce que je dois répondre à ça ??

qu'est-ce que je dois comprendre ?

Qu'il ne m'a pas caché son mariage, seulement que sa mémoire flanche ??



« tu sais, les trous de mémoire ce n'est pas forcément très grave... parles-en ton médecin ! 
-
je ne plaisante pas... [avec un sourire, néanmoins...]
-
excuse-moi... je t'avoue que je suis un peu perdue là... où tu veux en venir...
-
je ne le sais même pas moi-même... tout ce que je peux te dire, le plus honnetement possible, c'est que tu n'es pas la seule à t'être fait des films...
-
???
-
je sais que ce n'est pas très clair ce que je te dis, ce n'est pas très clair pour moi non plus... tu me manques, nos conversations me manquent, tes mots, ton humour, tes remarques sarcastiques, tes rires sous-entendus...
-
je t'arrêtes tout de suite... tu fais quoi là ? Je ne sais pas si tu te souviens de ce que je t'ai dit la semaine dernière, mais cela tient toujours... mes sentiments à ton égard n'ont pas changé... mais je m'étais faite une raison, j'avais planqué tous mes espoirs, ou plutôt, tu avais planqué tous mes espoirs... Et là, je pourrais presque penser que tu essaies de me torturer...

[il sourit... ce qui est formidable avec lui, c'est qu'il sait tout de suite quand je suis sérieuse et quand je suis cynique... et ça c'est très agréable quand, comme moi, on fait genre : je ne prends rien au sérieux... même ce qui nous tient le plus à coeur.]

-
je n'avais pas l'intention de te torturer, quoique tu ferais peut être remonter mon côté sado-maso... et tes espoirs je les avaient enterrés pour que les miens les suivent... »



Si je comprends tout, lui aussi avait des espoirs d'un futur à deux pour nous ?

De quels espoirs parle-t-il ?

Sait-il vraiment ce qu'étaient mes espoirs ?

Est-il bien sûr de ses propres espoirs ?

Est-ce qu'il se rend compte que les miens viennent de rejaillir du fond de ma tête où je les avaient enfermés ?

Je reprends mes esprits...



« est-ce que tu réalises ce que tu es en train de me dire ? Tu vas te marier !! Tu te maries dans très peu de temps... comment peux-tu me dire ça maintenant ? Comment peux-tu lui faire ça à Elle, me dire ça à moi dans son dos ?

-
je ne sais pas comment je peux... je sais que je suis un monstre, mais je n'en pouvais plus de garder ça pour moi... j'ai même essayé de faire une chason pour vider ça de ma tête, je n'y arrive pas !! je suis complètement perdu... aide-moi ! »



Et moi je ne le suis pas perdue peut être ?

Bien sûr ces mots sont ceux que j'attendais dans mes rêves, mais là...

Il va se marier tout de même !

Ce n'est pas rien !

S'ils se marient c'est qu'ils s'aiment et qu'ils comptent beaucoup l'un pour l'autre...



« c'est bien ça mon problème... je ne suis plus très sûr de l'aimer. »



Nous en avons parlé pendant au moins deux thés pour moi et trois cafés supplémentaires pour lui.

Il m'a raccompagné jusque chez moi.

Il doit prendre le temps d'y réfléchir.

Il doit passer du temps avec elle pour comprendre ses sentiments.

Moi je ne peux qu'attendre son jugement.

Je ne dois pas l'orienter.

c'est une grande décision.


Il s'est approché pour m'embrasser.

Il a compris dans mon regard que ce n'était pas une bonne idée.

Que ce n'était pas ce que je voulais.

Il s'est ravisé, m'a sourit, tristement avec tout le désarrois dans lequel il était, avec tous ses doutes qui refaissaient surface à chaque instant. Il m'a pris la main, l'a embrassée et est partis.

Me laissant seule devant ma porte d'entrée.

Je restais là.

Figée.

Je venais de laisser passer ma chance.

Il aurait suffit que je lui propose pour qu'il me suive.

Mais il avait besoin de réfléchir.

Réfléchir pour ne pas regretter sa décision.

Il savait que c'était très dur pour moi.

Mais il savait que j'avais raison.


Publié le 28 mai 2006 à 21:14
Par lermaphrodite
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Publié le 28 mai 2006 à 20:58
Par lermaphrodite
 

Incipit

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6



Je sors de mon lit.

Je lui avais parlé allongée dans le noir.

J'allume la lumière.

J'enfile mon jean resté sur le dossier de la chaise, je mets le premier t-shirt qui me tombe sous la main.

Merde c'est le sien, le leur.

J'en prends un autre, parce que dans le genre détachement on fait mieux !

Je n'ai même pas envie de mettre de l'anti-cerne pour cacher ma fatigue et mes sanglots.

Je sors : il fait froid...

Je remonte, je prends mon sweat à capuche.

N'est pas classe qui veut à 1h du matin...

Je suis en avance.

Le temps qu'il arrive, je vais l'attendre au moins 15 minutes...

Tant pis.

Je n'aurais pas pu attendre chez moi de toute façon.

Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas y repenser pendant tout ce temps.

Je m'installe sur une banquette défoncée.

Un petit coin isolé, intime.

Je ne sais pas si c'est ce qu'il faut !!

Je commande un thé au lait.

Le serveur est surpris vu l'heure (à mi-chemin entre le tea time et le breakfast.)


«  vous voulez manger quelque chose ?
-
non merci. »



Mon regard se perd dans ma tasse.

J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de grave.

Il avait l'air bouleversé, mais pas triste.


Une bonne idée d'avoir pris quelques cours à relire.

Le problème c'est la lumière.

Un coin intime d'un pub de quartier, niveau hallogène, ça se pose plutôt là...

Deux gars au comptoir me dévisagent.

Je dois avoir l'air d'un zombie !

Tant pis.


J'ai lu, relu, re-relu la carte...

Le jour de mes partiels, je pourrais peut-être ressortir la liste des prix, faute de me souvenir des données quantitatives de la santé publique en France...

Je sirotte mon thé. Trop chaud.

Les amateurs de café ne comprennent jamais qu'un thé ça se savoure, pour trouver juste la bonne chaleur... l'envie dévorante mais qui brule le palais... la patience d'attendre le refroidissement, les essais de température...

La patience, on ne peux pas dire que j'en ai à revendre en ce moment.
ouch ! Non trop chaud !

La déco n'est vraiment pas terrible dans ce pub...

Une espèce de filet de pêche au dessus du zinc.

La porte s'ouvre.

Un léger tintement.

Publié le 27 mai 2006 à 15:45
Par lermaphrodite
 

Incipit

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5



Il m'a appelé.

Ce soir là il m'a appelé.

Cela faisait au moins un mois que je n'avais pas eu de ses nouvelles.

Il était relativement tard, peut être bien minuit et demi.
Mais je ne dormais pas.
Présentiment ? Peut être.

Il a la voix fatiguée, légère comme un souffle.
Comme je suis très sujette à l'invention de films, de scénarii complexes et recherchés, je pourrais dire qu'il pensait à moi depuis un moment, dans son lit, allongé dans le noir, seul. Il me plait de penser que je pourrais hanter ses nuits comme il pourchasse les miennes.
Ou bien non.
Peu importe finalement.
Il m'a appelé.
L'espace d'une seconde j'ai oublié qu'on s'était dit au revoir.


« Je te réveille peut être ?

- non

-
ah tant mieux... »



J'aurais dû lui dire qu'il savait très bien que quand quelque chose me tracassait, je n'arrivais pas à dormir. Mais je n'ai pas eu cette présence d'esprit.



« J'ai besoin de te voir. »



Comment réagir à cela ? N'est-ce pas lui qui, il y a quelques temps, m'avait enlevé tout espoir de futur ?


« Moi j'ai besoin de dormir, je bosse demain. »



Peut être un peu trop brutal... tant pis c'est lâché.



« ... oui excuse-moi, je suis désolé... en fait je voulais juste... heu... non rien en fait. Laisse tomber, je m'en veux tu sais... enfin voilà. Je... heu... je m'excuse... excuse-moi et... bonne nuit... »



Je n'y croyais pas mais il a raccroché !! Parfois j'ai vraiment du mal à savoir ce qui se trame dans sa tête. Et puis qu'est-ce que j'avais à perdre ?? Donc je l'ai rappelé !



« Oui ??

-
Ecoute Gabriel, excuse-moi j'ai été un peu sèche. Je m'en veux. Je t'en veux ! Ça n'a pas l'air d'aller ?

-
Non pas terrible...

-
Tu voulais qu'on se voit ?

-
Oui...en fait j'aimerais qu'on discute tous les deux.

-
On ne s'était pas tout dit la dernière fois ?

[j'ai essayé de poser ma voix pour la rendre la plus douce possible... je sentais qu'il n'allait vraiment pas bien, et que chacun de mes mots pouvait le blesser]

-
Pour ma part non, en tout cas. Tu crois qu'on pourrait manger ensemble demain ?

-
Heu... demain midi cela va être compliqué, j'ai cours à 12h30... le soir si tu veux ?

-
Non, demain soir on répète... C'est important ! Je ne vais pas pouvoir attendre deux jours... tant pis je n'irais pas à la...

-
Tout de suite ?

-
Tout de suite ? Preuve que je ne te réveille pas vraiment, et que tu n'as pas besoin tant que ça de dormir !!

-
Si tu veux tout savoir, tu me parais tellement mal en point que je n'ose pas te laisser éveillé seul ! Et puis je ne pourrais jamais dormir sachant que tu as quelque chose à me dire ! Je ne voudrais pas rater ça !!

[Je sens un rire dans sa voix. Je souris]

- Tu veux qu'on se retrouve où ?

-
Moi ?? je ne veux rien du tout, moi, je fais ça pour te rendre service...

-
Bon ok, moi je veux savoir ce qui t'arrange le plus, ça te va comme ça ou il faut que je recommence encore ma phrase pour savoir où on va ??

[je ris]

-
non je vais m'en contenter... »



On s'est donné rendez-vous dans un petit pub de quartier.
À cette heure tardive de la nuit, c'était le seul endroit qui me paraissait possible, et pas trop loin de chez moi, parce qu'il ne faut pas exagérer, ce n'était pas à moi de faire tout le chemin...


Je n'aurais pas dû être aussi souple avec lui.

Je n'ai toujours pas digéré tout le mal qu'il m'a fait et tous mes désenchantements, tous mes espoirs effacés.

Mais...

Mais il avait l'air tellement mal.

Tellement embêté.

Comme un petit garçon qui a fait une bêtise et qui a peur que sa mère ne l'aime plus.

Je l'aime toujours.

Je doute que ce soit ça son soucis...

Publié le 25 mai 2006 à 17:15
Par lermaphrodite
 

Incipit

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4



« Agathe ? »


Il était derrière moi, le regard inquiet.

Beau. Magnifique.

Avec dans sa voix toute la douceur dont je me rappelais.


« qu'est-ce que tu fais là ? »


Il n'a pas l'air uniquement surpris.

Sa douceur a disparu.

Un brin en colère.

Je pouvais deviner les questions qui suivaient dans son esprit "qu'est-ce que tu lui as raconté ?"

Il aperçoit mes yeux rougis, et se rend compte que le ton de sa voix m'a choqué.

Il pose sa main sur mon bras, me demande ce qui ne va pas.

Je m'effondre davantage.

Il m'entraine un peu plus loin dans la rue.

Me prend dans ses bras.

Je sens son parfum sur son épaule, sa main sur ma nuque et le haut de mon dos.

J'aurais aimé que ce moment dure toujours...

Mais je me suis calmé rapidement, et me suis éloigné de lui.

Je sèche mes larmes.

Il me propose une cigarette et s'en allume une aussi, le temps que je retrouve mon calme.



« ne t'inquiète pas, je ne lui ai pas dit que tu exerçais ton charme sur des gamines de 19 ans à tes heures perdues...


[il me regarde, amusé ; je lui souris, mais pas trop]

-
on s'est déjà expliqué là-dessus, non ?

-
Si on veut oui...

-
je me suis déjà excusé, pour t'avoir fait penser... pour que tu ais pu croire qu'il se passait quelque chose... quelque chose d'autre... je croyais que tu avais compris mes explications, et mes excuses...

-
je sais...

-
je ne te dragais pas là non plus, ok ?

[j'ai toujours du mal à rire quand je pleure...]

maintenant dis-moi ce que tu fais là, bon sang ?? »



Je lui ai tout raconté. Comment j'avais trouvé son nom, pourquoi.

Pourquoi j'avais besoin de savoir comment elle était.

Pourquoi j'avais eu besoin de découvrir moi-même ce qu'il n'avait pas daigné me dire.

Il m'écoutait en silence.

Une atmosphère de remords tout de même.

Il a fait des erreurs avec moi, et il le sait.

Son regard s'est agrandi quand je lui ai dit pourquoi Elle avait voulu me revoir.

Il est surpris.

Mais pas tant que ça.



« c'est moi qui rend ton regard si triste ? Si "étrange", comme elle le trouve ?

-
j'en ai peur...

-
c'est l'ironie du sort...

-
ouais... »



Nous sommes restés quelques secondes, silencieux, assis sur les marches d'une institution quelconque.



« tu veux y aller ? Enfin tu veux aller la voir ?
-
Non. »



Il ne m'a pas posé plus de questions.

Il a compris je crois.

J'étais mal à l'aise avec elle, forcément.

Pas de la simple jalousie ou de l'envie.

Il a compris.



« tu vas lui dire que tu me connais ?
-
je ne crois pas. »



Moi aussi j'ai compris.

Ce serait comme trahir ce que j'ai pu ressentir pour lui.

On se comprend tellement tous les deux...


« qu'est-ce que tu ressens toi, là, en ce moment ? Après ce que je t'ai fait ?

-
mal. Mais je m'en veux, d'avoir pu être aussi bête et aussi naïve. D'avoir pu croire que tu ressentais quelque chose pour moi. Alors qu'elle est tellement merveilleuse... 

-
tu n'es pas moins bien qu'elle. Ne crois jamais ça. »



Il avait l'air honnète.



«  Je t'aime.

[ça y est, c'était dit. Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'était comme si ces mots me brulaient la langue depuis que je l'avais rencontré. Et là, ils m'ont échappé.]

-
tu m'as toujours dit que tu t'enflammais très vite pour les mecs un peu torturés de l'esprit, un peu mystérieux...; ce que je suis, je crois...

-
non, là c'est différent. »



Il n'avait rien à me répondre le pauvre. Il devait regretté de m'avoir rencontré. Avec tous les problèmes que je lui créais en ce moment... C'est ce que je lui ai dit.



« je ne regretterai jamais de t'avoir rencontré !! Tu es tellement enrichissante! Tu illumines tout ce que tu touches... tu ...

[il s'est arrêté net. Comme s'il avait peur de ma réaction...]

-
ne t'inquiète pas, je ne vais pas prendre ça pour du rentre dedans, ou un numéro de charme quelconque...

[il me sourit, un peu gêné. Il est émouvant au possible quand il est gêné... je n'ai qu'une envie : l'embrasser]

-
je suis honnète simplement. Je t'apprécie pour ce que tu es, mais sans amour... »



Je le savais.

Il devait retourner à l'intérieur.



« tu veux que je t'appelle un taxi ?

-
non je vais prendre le bus... je dois faire peur avec mes yeux rouges et mon mascara qui coule...

-
oh, ça va, tu es encore très présentable... pour ne pas dire jolie, tu le prendrais pour un compliment ! »



Nous avons ris. Je l'ai poussé gentiment, comme des amis qui se chamaillent...

J'aime cette fossette près de sa bouche et les plissements de ses yeux quand il rit...

Il s'est relevé et m'a tendu la main pour m'aider.

Il m'a embrassé sur le front, en passant sa main dans mon dos.



« aller, cours chez toi, mets-toi sous la couette, et racontes-toi plein d'horreurs sur moi !! 

-
t'inquiète, j'aurais pas trop de mal pour ça ! 

- Agathe
... tu sais, je l'aime, Elle. »



Un ton bizarre dans sa voix. La gêne je suppose.

Le coup de grace était arrivé...

Pourtant ça se serait bien terminé.

Le bus arrive, je monte dedans.

Je ne me retourne pas.

Je ne sais pas s'il a attendu que je parte ou s'il est rentré directement...

Il est à peine 20h, je ne sais pas ce que je vais faire ce soir.

Merde, j'ai raté mon arrêt de bus...

Tant pis je continue encore un peu.

Je me suis balladée dans les rues.

J'ai regardé tous ces couples heureux qui flottaient dans leur bonheur, un vendredi soir, début de la "semaine de couple"...

Les retrouvailles pour beaucoup.

Les adieux pour moi.

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