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Mon bloc perso.
Guy-Joseph LUGGUY
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Publié le 11/12/2007 à 19:33
Par lugguy
DEBUT D'UNE HISTOIRE SANS FIN D'UN HOMME QUI AIMAIT TANT LES ARBRES ET LA RIVIERE..

on raconte plus d'un conte étrange sur la communion entre l'homme et l'eau, et plus d'une histoire bizarre dans la sympathie entre l'être humain et la rivière...Voici un conte qui me fut envoyé par une inconnue et que j'ai réécrit avec ma mémoire et ma plume...


 Félicien Troubleau, dès que bruissait le ventre blanc des   flammes  d'hirondelles, petit matin, se diri­geait vers le fleuve. L'oeil brillant, le pas léger, il tirait la chaîne de sa plate, levait l'ancre et poussait l'embarcation; il entrait  dans le courant .Une main rivée au plat-bord, ballotté et dansant, il filait au gré de l'eau mouvante dans le velouté de l'aube sur sa couche de soie somptueuse.De  mémoire  de grand-père, on n'avait jamais vu  Fé­licien sans sa barque sur les  chemins secrets du fleuve, chaque fois plus loin; on n'aurait pu dire avec certitude qui  de  notre bonhomme  ou de sa barque guidait l'autre. Son grand bonheur était de se faire arbre chablis, de flotter immobile, grisé par les frissons des saulaies et le murmure gravillon des remous, son grand bonheur était  d'attendre les oi­seaux....  et ils approchaient bientôt en longues glissades prudentes, au-dessus de lui: leurs cris? Il les connaissait tous!  Les "piou piou" des gravelots, l'éclat grave des hérons cendrés, la vigile des sternes qui alarmait à l'entrée de leur territoire avec des "kirri-kirri "suraigus...Tous ,ils finis­saient par se poser dans le bateau, attirés par les petits poissons vif-argent qui étoilaient l'eau de cette grande Côme improvisée! Alors Félicien se fai­sait plus immobile encore. Un matin, à son grand émoi, (ô, il avait tant pensé à ce moment-là) un martin-pêcheur vint se poser sur lui : cette fois, il avait réussi, il était accepté, eau et bois, sable et vent à l'image de son univers. Retenant son souffle, il fixait le petit oiseau, tout palpitant de lumière, solitaire aux plumes de toile cirée, lui dont si sou­vent seul un sifflement bref signalait la présence.               Ivre de joie, la gorge serrée, Félicien se sentait pris d'une sorte de torpeur, son corps noueux, li­gneux, le soulevait, l'emportait. Le lendemain les pê­cheurs  ramenèrent un bateau vide, que tout le monde connaissait bien, un bateau vide auquel était amarrée une barque plus petite, faite du bois le plus étrange qu'on n'ait jamais trouvé. Personne ne revit Félicien Troubleau, alors que les habitants du village sentant on ne sait quoi d'extraordinaire, ancrèrent les deux barques à la tête de l'île, là où viennent tant d'oiseaux, et ils n'y touchèrent PLUS.                                                                       
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ta niece ! : peintures magnifiques et lectures très interressantes !!