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Publié le 30/10/2007
Par marie-catherine2b

            la vallée de la Soummam:
Luis , Anna: la rencontre...

 la vallée de la Soummam: Luis ,  Anna: la rencontre...


Anna rit.
« C'est sain de rire», intervient la voix de Max dans les pensées floues d'Anna perdue à la terrasse du café.
Les rires de la nuit lyonnaise s'égrènent sur les mots de Max.
Elle les écoute un moment, puis ils s'effacent et tandis qu'elle les cherche et les essaye encore, ils s'évanouissent.
Luis est venu. Il s'est mélangé immédiatement à la foule d'étudiants hétéroclites qui bouillaient autour d'Anna.
Le « Vieux Lyon» regorgeait lui aussi de ces mille conversations intéressantes, bizarres, ahurissantes et souvent pleines d'amour, des amoureux seuls jamais dérangés même au cœur du magma.
La simplicité avec laquelle Luis se mêlait aux conversations mettait Anna à genoux.
Il savait parler avec chaleur et semblait s'intéresser bien plus aux gens qu'à leurs conversations. Anna avait pour cet homme des petites bouffées de tendresse.
Elle aurait voulu l'empoigner par les deux oreilles: approche-toi, regarde-moi.
Est-ce que tu sens aussi ce petit sanglot qui monte à la gorge, est-ce que tu sens aussi ce frémissement au creux des reins?
Déjà, je t'aime. Laisse- moi t'embrasser.
A présent, Luis parlait. Il racontait la peinture, les monuments, les rues de la ville, tout ce qu'il avait croisé au hasard et qu'il avait « visité.»
Quand il approuvait, il communiquait sa passion et souvent, les autres finissaient par croire qu'ils avaient eux même aimé ces trucs alors qu'ils avaient seulement tourné autour, avidement sans savoir par quel bout ils auraient bien pu les apprivoiser.
Il avait aussi des drôles d'idées qui mettaient tout de suite les gens en alerte et les intéressaient au plus au point. A ce moment-là, les regards devenaient plus attentifs.
Certains se mordaient le bout des doigts, d'autres se caressaient les lèvres, les cheveux, parfois même ils se mettaient à fumer goulûment comme s'ils avaient voulu absorber Luis dans leur incendie. Enfin, quoi qu'il en soit, tous l'écoutaient d'un air plutôt méditatif.
Ensuite ils méditaient et la conversation reprenait.
Ils quittèrent le bar vers deux heures du matin.
Luis vibrait au parfum, à la beauté, à la tiédeur de l'air.
Il marchait droit et souple.
Il s'arrêta. Ses pieds et son corps semblaient commencer une danse.
Oui, maintenant il dansait le flamenco dans une rue de Lyon silencieuse, noire et sa passion résonnait dans tous les pavés et les mûrs de la ville.
Il n'y avait pas de guitare, mais de la terre sourdait un rythme puissant.
Anna rentra dans la danse. Luis ne martelait plus le sol. Il ralentit le pas, prit Anna dans ses bras et entama une valse lente qu'il sifflotait. Leur émotion se sentait dans leur souffle et dans le regard qu'ils échangèrent.
Ils tournèrent ainsi jusqu'au bout de la rue.
La Vespa les attendait à l'angle.
Anna s'assit derrière Luis, jeta un dernier regard sur la rue qui demain, se réveillerait dans une sourde allégresse étonnée d'être encore habitée de musique.
A Terrenoire, munie d'un petit morceau de charbon de bois elle inscrivit sur le mur: « tresses noires sur nuit chaude, mon bonheur de peau brune».
Dessous il ajouta: « Je vais faire l'amour avec Anna». Elle roula dans ses bras.

Plus tard dans le commissariat de police, au cours de l'interrogatoire aux lumières crues, aux visages pleins de la violence à venir, dans l'étau du sommeil, Anna ne put expliquer la puissance de cet amour. Comment dire aux autres cette évidence?.
C'est alors que silencieuse retranchée dans sa peau sous les yeux des flics qu'elle exaspérait, elle réalisait ce fait qui ne l'avait jamais frappée.
Comment s'était installée entre eux cette évidence?
En silence parmi les menaces, elle découvrait ce qu'aux yeux d'étrangers leur rencontre pouvait avoir de mystérieux, de magique.
Les commentaires
Publié le 05/04/2008
Par tahar
ou est la vallée de la soummam dans tout ça?
a bientot!
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