Depuis juillet 1997, voici au jour le jour les infos du monde de la science-fiction et du fantastique et celles de l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Une autre aventure de Péronnik, Les mines du dieu Olyphant, est parue dans l'anthologie Les enfants de Conan et ma nouvelle Terrain de chasse accompagne le roman de Jess Kaan, Réfractaires, toujours aux éditions Eons.
Dernière nouvelle publiée : Chronique des années matinales, dans Appel d'air. Editions ActuSF. Dernier article : La dame de Sassmannhausen, dans Lunatique 77, aux éditions Eons.
Les lecteurs de ce blog peuvent se retrouver dans les forums du Journanal :
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Publié le 15/08/2006 à 21:54
Par Markus Leicht
Voici une critique écrite début 1992 pour le n°1 de Keep Watching the Skies! IVOIRE, un roman de Mike Resnick Après lecture IVOIRE laisse dans la tête un goût de classique de l'âge d'or. Un peu à la manière de FONDATION, d'Asimov. A la différence près que le roman de Mike RESNICK est une oeuvre tout à fait récente. Comme si la SF avait soudain besoin de faire un retour sur elle-même pour se retrouver après une longue période de recherche et d'expérimentation, et trop souvent, hélas, d'égarements. Dans ce même courrant néo-classique je classerais L'ARBRE A REVES, de James MORROW, ou BALEINIER DE LA NUIT (déjà un peu plus ancien), de Robert YOUNG, pour ne citer que ces deux cas exemplaires. La ressemblance avec FONDATION ne s'arrête d'ailleurs pas là puisque IVOIRE se compose d'une succession de nouvelles. Nouvelles d'un intérêt inégal : la seconde moitié de l'ouvrage étant plus originale que la première. Mais Resnick sait captiver ses lecteurs pour que la lecture en soit toujours agréable. En 6303 de l'Ere Galactique, Duncan Rojas est chargé par Bukoka Mandaka, le dernier des Masaïs, de retrouver les défenses du mythique éléphant du Kilimandjaro. Sans quitter son bureau, Duncan se lance, avec l'aide de son ordinateur, à la chasse au trophée. Une chasse qui va l'emmener très loin à travers le temps et l'espace. Cela nous vaut une passionnante suite de nouvelles ou se retrouvent tous les genres : space-opera, policier, politique fiction, récit de brousse, humour... Le tout pas toujours dans un cadre SF puisque LE CHASSEUR se déroule en 1885 et LUI-MEME, en 1898 de notre ère. De plus, chaque récit est suivi de la narration de l'enquête elle-même, chargée d'assurer l'homogénéité de l'ensemble. Le résultat est un voyage chargé d'émotion et de tendresse à travers l'histoire des Masaïs, de l'Afrique de la fin du XIXème siècle jusqu'aux frontières d'un immense empire galactique de rêve. Seul reproche, que certains jugeront sans importance et qui en fera hurler d'autres, le background, la toile de fond de cet univers, n'est pas très crédible. En effet, comment imaginer une absence d'évolution sociale ou technologique sur une période de 6000 ans ? Ici les seules innovations importantes semblent se limiter, en dehors des voyages dans l'espace, à des ordinateurs à commande vocale dotés de la parole et à une technique assez élaborée des hologrammes. Comme si le développement des voyages spaciaux devait bloquer toute forme d'évolution. Mais l'histoire est suffisament forte pour faire oublier ces quelques lacunes. Par contre, attention au porte-feuille ! Pour la publication française, le roman, qui fait 400 pages, a été coupé en deux minces volumes. Ce qui met le roman à près de 100F. Un peu cher pour du semi poche, non ? Markus Leicht
Publié le 14/08/2006 à 06:28
Par Markus Leicht
L.G., UNE AVENTURE DES ANNEES SOIXANTE - Georges PEREC - Le Seuil. Collection LA LIBRAIRIE DU XXéme SIECLE. "Les rapports de la littérature et de la révolution n'ont jamais été simples. Le tort de la littérature engagée est d'avoir cru qu'ils l'étaient. Son échec n'est pas imputable au talent des auteurs, mais à la conception qu'ils se faisaient de la littérature : leurs oeuvres témoignaient d'un désir évident mais vain d'emporter des adhésions immédiates, de balayer des préjugés, d'entraîner des convictions : la littérature était une continuation de la politique : l'on voulait convaincre et seulement convaincre. La politique n'avait pas grand chose à y gagner, et la littérature avait tout à y perdre..." Non, il ne s'agit pas d'une critique de la nouvelle science-fiction politique française de la fin des années 70, mais d'un extrait d'un article de Pérec intitulé "POUR UNE LITTERATURE REALISTE", daté du début des années 60. Il fut écrit pour une revue qui ne vit jamais le jour : LA LIGNE GENERALE. Les lecteurs cinéphiles auront reconnu là le titre d'un film d'Eisenstein. C'est l'ensemble des textes que Pérec écrivit pour cette revue que reprend ce recueil. La vous commencez à vous inquiéter. Ça y est, Markus est fou. Il voit de la SF partout. Vous n'y êtes pas du tout. Et voilà en quoi cet ouvrage nous intéresse : ce volume reprend un article de 25 pages, intitulé L'UNIVERS DE LA SCIENCE-FICTION. Article paru en 1963, dans le n°10 de Partisans. (Hé, les Martel, vite à votre Mac pour rentrer cette info !) Vu la date de parution il est aisé de deviner que cet article porte sur une analyse de l'essai de Kingsley Amis, paru chez Payot. En fait Pérec torche celui-ci en quelques pages pour tenter à son tour de cerner la science-fiction. Trente ans après la parution de cet article, les idées exprimées ici peuvent paraître naïves, mais une bonne partie des propos de Pérec reste d'actualité et ses critiques de quelques classiques du genre sont souvent pertinentes : " Fondation, d'Isaac Asimov, déroule des perspectives souvent impressionnantes avec une pénurie de moyens souvent affligeants." Dans la dernière partie, Pérec analyse comment, à partir des idées véhiculées par la SF des années 50 on en est arrivé à la revue PLANETE, de Pauwels. "Chaque numéro de Planète nous plonge dans des univers obscurantistes et crétinisants sensiblement inférieur au niveau mental des aventures de Superman ou de Mandrake, remplacés ici par Teilhard de Chardin et Alfred Korzybski". On se souviendra qu'à l'époque, Fiction refusa de se pencher sur le cas de Planète, sinon pour célébrer sa naissance dans un article de plusieurs pages extrêmement ambigüe. Alors que deux ans auparavant Gérard Klein et Francis Carsac dénonçaient violemment LE MATIN DES MAGICIENS, l'ouvrage qui fut à la base du mouvement Planète, dans les pages de ce même Fiction. Dans cette période de crise science-fictionnelle Pérec nous offre par dela le temps un regard lucide et rafraîchissant qui nous fait regretter la disparition des grands critiques de SF et même des grands critiques tout court. Markus Leicht...
Publié le 12/08/2006 à 18:59
Par Markus Leicht
NON-RETOUR, d'Alexandre KABAKOV. 10-18. Depuis une bonne dizaine d'années la SF perd peu à peu son rôle de littérature d'idées, au même titre d'ailleurs que celui de littérature en prise sur le réel, à un moment ou les gens ont de plus en plus besoin d'explorer le monde qui nous entoure. Et face à cet abandon, - ne devrait-on pas parler plutôt de démission ?-, les nouvelles générations de lecteurs se tournent de plus en plus vers la littérature générale. Pas celle des bêtes sellers ou du roman petit bourgeois typiquement franchouillard, mais celle qui explore d'autres voies narratives ou formelles. Seul Ballard et Vonnegut, dans le domaine qui nous intéresse, continue à faire preuve d'invention et d'originalité, là ou Spinrad s'enlise lamentablement dans des mélos grotesques tandis que Silverberg s'égare dans de médiocres juvéniles que la critique ensence comme s'il s'agissait d'oeuvres majeures. Quant à la relève elle ne se montre pas. Ou alors elle se cache bien. Le lecteur de Jack Barron, de Tous à Zanzibar ou du Temps incertain n'a guère d'autre solution, en ce temps de vache maîgre, que de se tourner vers d'autres horizons. Et cette même jeune génération qui, il y a quinze ans, auraient lu de la SF se plonge aujourd'hui dans les oeuvres de Brett Easton Ellis, Bohumil Hrabal ou James Ellroy, pour ne citer que ceux là. Littérature coup de poing, parfois à la limite du supportable chez Ellis ou Ellroy, ou plus élaborée, plus construite, chez Hrabal ou Kabakov. Et c'est au sein de cette production que se cache parfois quelques merveilles qui nous ramènent à la SF et qui permettent d'assurer un lien ténu avec les nouveaux lecteurs. Non-retour, de Kabakov est une de ces perles. Au premier abord ce roman peut dérouter le lecteur traditionnel de SF. En effet : peut-on cataloguer Non-retour comme roman de SF ? Le récit s'y articule-t'il vraiment autour d'un voyage dans le temps, ou bien s'agit-il tout simplement de l'histoire d'un écrivain livré à ses fantasmes ? Car pour Alexandre Kabakov nul besoin de la moindre machine ou de la moindre drogue pour explorer le futur. La puissance de l'imagination est largement suffisante. Et s'il est question d'une nouvelle science ce n'est qu'allusivement. On n'apprend rien sur les méthodes qui permettent aux extrapolateurs de se déplacer dans un futur proche. De toute manière celà n'a aucune importance. Ici la succession d'évènements qui amène le narrateur à se révolter et à fuir son monde est plus importante que les moyens qui lui permettront de mener son projet à bien. Tant pis pour les inconditionnels de la hard science. Un jour de 1990, Youri Ilitch, extrapolateur effectuant des travaux pour un institut de recherche, est chargé, par deux agents d'une organisation gouvernementale, d'établir un rapport sur ce qui se passe dans le Moscou de 1993, - le choix de 93 n'est pas ici un hasard : il s'agit d'une référence au roman de Victor Hugo -, pour juger des effets de la perestroïka. Il se retrouve au choeur d'une ville livrée à la guerre civile, ou chaque individu ne sort de chez lui qu'armé. A chacun de ses retours du futur, Youri doit transmettre toutes les informations dont il dispose, à ses deux contacts. Mais très vite ce n'est plus qu'à contre coeur qu'il accepte de jouer son rôle d'espion dans cette étrange partie. D'autant plus qu'il apprend que ses rapports doivent permettre aux agents du gouvernement d'identier les extrapolateurs qui travaillent pour ceux d'en face. Un jour Youri Ilitch décide donc de franchir le pas, de s'évader une fois pour toute, en compagnie de sa femme, vers ce futur terrifiant. Il est prêt à se battre pour assurer sa survie dans cet univers chaotique. Dans ce court roman, que les amateurs de SF qualifieraient plutôt de novella, Kabakov se montre le digne héritier de la SF des années 70. Rythme rapide, humour absurde, - les interventions des deux agents du gouvernement sont fabuleuses -, pas de place ici pour le pathos et le pessimisme facile. Rien qu'une porte sur l'espoir d'un monde différent. Rien qu'un cri de révolte. Comme si Dick ou le Spinrad des années 70/80 avaient fait des émules à l'est. Voilà une SF efficace comme on aimerait en lire plus souvent. Sans radotage et sans remplissage inutile. Markus Leicht
Publié le 08/08/2006 à 11:25
Par Markus Leicht
Pour ceux qui veulent se procurer mon roman, Péronnik l'idiot, via un point de vente en ligne, deux adresses : Alapage, ou le site de l'éditeur : Eons. Faut bien que je fasse un peu de pub pour mon bouquin. Et maintenant même les visiteurs japonais du Journanal peuvent acheter Péronnik : https://bookweb2.kinokuniya.co.jp/guest/cgi-bin/booksea.cgi?ISBN=2754403302. PERONNIK L’IDIOT de Markus Leicht Editions Eons Bienvenue en Cynandrie, contrée où l’on ne « manque pas de héros : Cugle le malicieux, Gougueule le chercheur, Grou le vagabond, Khonan le terrible ». Celui qui nous intéresse présentement s’appelle Péronnik l’idiot. On le trouve le plus souvent à la taverne du Barbare Barbant. Pour le reconnaître, c’est simple, il porte à la ceinture un tonneau « qui avait la particularité de n’être jamais vide, à moins que ce ne fût d’être toujours plein, et qui contenait une bière toujours fraîche ». Un équipement qui peut s’avérer bien utile quand il s’agit de s’aventurer dans un pays où les dragons font des bras d’honneur, où les nécromanciens bégayent, où les vieux magiciens sont perclus de rhumatismes, et où des clowns payés en coin-coins profitent de la nuit pour réparer le soleil. Dans cet univers à la Terry (Pratchett ou Gilliam, choisissez), Péronnik se frotte (et se pique) à une kyrielle de sortilèges. Il faut voir notre guerrier ventripotent faire face à une bande de géants « dont un géant un peu plus géant que les autres », affronter les arbres mangeurs d’homme, traverser la grande plaine des herbes folles et des champignons coureurs, chasser les boites de conserve sauvages, rencontrer Ah’Nho et sa « Compagnie des glaçons » (toute ressemblance…) ! Tout cela pour espérer récupérer un « cybertonneau quantique à effet de Bretzel double » entre deux cabanes à kebabs ! Louange à Markus Leicht d’avoir créé cet univers « où l’on pouvait faire passer autant de droites qu’on voulait par deux points non confondus sans que cela fût une gêne pour quiconque » ! Plutôt que de fonder une Eglise de Scientologie bis, il a préféré écrire les aventures de Péronnik en glissant au moins une trouvaille par page ! À défaut d’en tirer fortune, cela lui vaut la reconnaissance de son lecteur. Frédérick Houdaer
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markus : Voilà, ça marche cette fois-ci.
blogajo : Merci, pour le retour lien, mais je crois qu'il ne mène nulle part.Je pense que lors de mon post des espaces se sont insérés il faut les envevler
BlogaJo : j'aime bien ce blog j'ai mis un lien ici : http://blog.ifr ance.com/joquin tino
markus : Ça à l'air de marcher pour le moment.
Kel69 : Problème sur les forums : c'est inaccessible : General Error. C'est grave docteur Markus ?
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