Depuis juillet 1997, voici au jour le jour les infos du monde de la science-fiction et du fantastique et celles de l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Une autre aventure de Péronnik, Les mines du dieu Olyphant, est parue dans l'anthologie Les enfants de Conan et ma nouvelle Terrain de chasse accompagne le roman de Jess Kaan, Réfractaires, toujours aux éditions Eons.
Dernière nouvelle publiée : Chronique des années matinales, dans Appel d'air. Editions ActuSF. Dernier article : La dame de Sassmannhausen, dans Lunatique 77, aux éditions Eons.
Vient de paraître Le Passe Rêve, recueil de textes courts, aux Editions Le Songe des Murènes.
Les lecteurs de ce blog peuvent se retrouver dans les forums du Journanal :
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Publié le 13/09/2006 à 19:45
Par Markus Leicht
Quelques refexions rapides, pour passer le temps. Depuis quelques années, la science-fiction a bien du mal à trouver un nouveau public. Personnellement j’y vois plusieurs raisons. Deux en particulier. En premier lieu la SF a perdu son pouvoir d’émerveillement, ce sense of wonder qui caractérise une bonne partie des classiques du genre. A cela on a cherché de nombreuses raisons, nous affirmant par la même occasion que l’espace ne faisait plus rêver et que les sciences, de part leur évolution rapide, nous empêchaient de projeter notre esprit suffisamment loin. A partir de ces constatations nous ne serions plus capable de mettre en scène de nouveaux futurs, de nous plonger dans des univers imaginaires inspirés des nouvelles découvertes. Comme si la science-fiction avait besoin de cela pour fonctionner. Comme si l’évolution de la science était soudain perçue comme une machine à tuer le rêve. Comme si nous, auteurs de SF, n’étions plus capables d’inventer des histoires. Comment expliquer alors des séries comme Honor Harrington ou le cycle Vorkosigan ou celui d’Hyperion ? Comment justifier le succès jamais démenti de Dune ? Je pense que l’espace et les mondes lointains, sont toujours porteurs de rêves. Après tout, à bien y réfléchir, les mondes de la fantasy ne sont très souvent que des variantes de planet opera. Mais voilà : à force de vouloir tout rationaliser dans la science-fiction on a délaissé la fiction au profit de la science, coupant le genre de ses racines populaires, transformant certains romans en lourds pensums illisibles. Car si, depuis ses origines, la SF repose plus ou moins sur la science, beaucoup de romans des années 40/60 laissaient place à une large part de poésie et d’imaginaire. Que la planète Mars d’Edgar Rice Burroughs ou celle de Ray Bradbury ne soient pas réalistes n’a pas d’importance. Ce sont ces univers qui ont fait le genre et qui lui ont permis de toucher un large public. Si j’ai envie d’en savoir plus sur les étoiles à neutrons ou sur la théorie des cordes j’irai chercher un bon ouvrage de vulgarisation. L’univers élégant, de Brian Greene, m’en apprendra certainement plus qu’une centaine de romans de hard science et sera souvent plus lisible. Dans un roman de science-fiction la science est là pour être manipulée, détournée. Et pourquoi pas, mise à mal. L’écrivain doit savoir se l’approprier pour l’intégrer plus ou moins à son oeuvre, sans noyer pour autant ses personnages et son intrigue. Quitte à s’en écarter totalement lorsque c’est nécessaire. Il faut bien reconnaître que nous touchons là un des problèmes essentiels de la SF d’aujourd’hui. Au fil des ans on a fini par oublier, à force de réalisme, que les ouvrages de science-fiction ne sont pas des oeuvres de vulgarisation. Un roman de science-fiction sert tout au plus de véhicule pour faire passer certaines idées, certaines découvertes dans le grand public, mais inutile pour cela de remplir son texte d’explications lourdingues et de formules mathématiques que moins de 10% des lecteurs seront capables d’appréhender. (Un lecteur de SF, écrivain et éditeur, me disait un jour au sujet d’un roman, dont je n’ai plus le titre en tête : “C’est un chef d’oeuvre". Et comme je lui faisais remarquer que la partie hard science n’était pas très lisible, il m’avoua, très innocemment : “J’ai sauté plein de pages. De toute manière personne ne les lit ces explications scientifiques.” Ça montre bien ou se situe le problème de la SF lorsqu’elle se veut trop pointue). Jusque dans les années 80 les romans de science-fiction permettaient de faire passer pleins d’idées auprès du public, sans sacrifier à l’intrigue. D’ouvrir les portes de nouveaux univers. De faire peur aussi. Mais toujours avec cette part de romanesque que demande le lecteur de fictions. Aujourd’hui ce genre qui nous a longtemps passionné nous offre trop souvent des livres sans vie, moins intéressant que nombres d’essais abordant les mêmes sujets. Peut-être serait-il temps de revenir à de bonnes histoires quitte, parfois, à tordre sérieusement le nez au sacro-saint réalisme scientifique, comme l’ont souvent fait Bradbury, Fredric Brown, Sturgeon, Dick, Sheckley, Van Vogt, pour n’en citer que quelques-uns. Peut-être ne serait-il pas inutile, non plus, de rendre sa place à l’indispensable part d’humanité dont manquent singulièrement les personnages des romans d’aujourd’hui. Autre point qui me paraît important dans ce désintérêt des lecteurs pour le genre, la méconnaissance et le rejet par les amateurs eux-mêmes de l’histoire de la SF. Rejet qui s’est opéré à partir des années 80/90, au moment, justement, ou on a commencé à privilégier le courant hard-science. C’est ainsi que certains classiques du genre, ou même des auteurs (Ballard est un bon exemple), ont été repoussé en dehors du genre, alors que jusque là personne n’avait remis en cause leur appartenance à la SF. D’autres classiques ont été réécrits, modernisés, retraduits, à la demande d’éditeurs qui n’avaient pas compris que ce révisionnisme tuait le genre à petit feu. Pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts il suffit de comparer les deux versions des Chroniques martiennes ou de Fahrenheit 451. Vouloir les transformer à tout prix en oeuvres du vingt-et-unième siècle en gommant une partie de leur magie, n’était sans doute pas la meilleure des choses à faire. Le charme de ces romans vient de leurs racines profondes dans les années 50. Imaginerait-on les livres de Boris Vian réécrits sous prétexte que leurs univers imaginaires sont trop caractéristiques d’une époque passée ? Personnellement je ne me serai sans doute jamais intéressé à la science-fiction si j’avais directement découvert les romans de Bradbury dans leur traduction moderne. Ce qui m’a plu dans la découverte du genre, au début des années 60, c’était justement cette présence de l’irréel, cette présence très forte de la fiction, au sein d’un univers qui racontait notre monde. C’est à travers l’oeuvre de Bradbury, en dépit de son irréalisme, que j’ai compris, enfant, ce qu’était le racisme et que j’ai ouvert les yeux sur le monde tel qu’il est. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les adolescents d’aujourd’hui se tournent plutôt vers la fantasy, même si celle-ci est souvent assez pauvre. Les écrivains de SF ont fini par oublier d’ouvrir une porte essentielle : celle qui donne sur la part d’imaginaire et de rêve qui est présente en chacun de nous. Que la SF nous fasse de nouveau rêver tout en nous faisant réfléchir ou en nous inquiétant et elle touchera de nouveau son public. Mais il faut se dépêcher, tant que le livre intéresse encore quelques esprits rétrogrades. Ils sont de moins en moins nombreux.
Publié le 12/09/2006 à 19:49
Par Markus Leicht
Je vous en ai déjà parlé, je participe à la Bibliothèque de Gerland, à une série d’ateliers autour de la science et de Jules Verne gérés par l’association des Petits Débrouillards. Participants : une dizaine de gamins, de 11/12 ans, serrés autour d’une table, prêt à en découdre avec la science-fiction. Romuald Boissard présente les idées sur lesquelles chacun a travaillé la semaine précédente. Du super Nautilus, de Simon, à l’aspirateur volant, pour remplacer le traditionnel balai des sorcières relégué aux oubliettes. Chacun y va de son invention. Une boite qui se transforme en téléphone, d’un côté, un stylo à tout faire, mais alors vraiment tout, de l’autre, en passant par la voiture amphibie ou la machine pour ramener les morts à la vie. Dix gamins et le Romu et le Markus pour dompter tout ça et essayer d’en tirer une histoire. Chacun essayant de poser ses idées, parfois un peu hasardeuses, mais à force de discussion et de questions un squelette d’histoire prend forme. Un heure c’est court et c’est vite passé. Mais nous le tenons notre récit de SF. Plus qu’à mettre un peu de chair autour de tout ça. Ce sera l’objectif du prochain atelier. Et qui sait, peut-être sortira-t-il de ce groupe le prochain Markus. Bon, OK, ce n’est sans doute pas une référence
Publié le 11/09/2006 à 10:48
Par Markus Leicht
Suite à mon précédent article, Enro apporte, en commentaires, quelques éclaircissements utiles. "Il me semble qu’il faut bien distinguer les deux. La transfiction de Berthelot est un genre (qui justement pourrait se définir comme n’appartenant à aucun genre) tandis que la transfictionnalité (que l’on pourrait définir comme l’interpénétration des univers littéraires et de leurs personnages) est un outil/artifice d’écriture, aussi parfois appelé intertextualité. Notons que l’on retrouve aussi l’intertextualité au cinéma (voir le personnage de Mr Darcy interprété par Colin Firth dans l’adaptation du roman de Jane Austen par la BBC et son personnage dans “Le journal de Bridget Jones", ladite Bridget étant fan incontestée du livre d’Austen…)." J’ai également trouvé sur le site de Francis Berthelot cette page sur Les transfictions, qui constitue un résumé de la première partie de Bibliothèque de l’Entre-Mondes. Livre qui ouvre des portes, mais des interrogations aussi. La subjectivité des choix, dans les ouvrages, demanderait sans doute un énorme travail collectif pour tenter de cerner plus précisément ces transfictions. Ne serait-ce que parce qu’une personne ne peut pas tout lire. Par exemple : à L’Atlantide (1919), de Pierre Benoit, je préfère She (1887), de Sir Rider Haggard, qui à mon avis va bien plus loin dans la transgression. La copie, volontaire ou non, conserve-t-elle ce côté transgressif ? Peut-elle être encore considérée comme une transfiction ? Voilà une question qui mériterait d’être étudiée.
Publié le 11/09/2006 à 10:03
Par Markus Leicht
Sur la fiction et les transfictions j’ai trouvé cet intéressant article universitaire : La fiction à travers l’intertexte, par Richard Saint-Gelais. “…La transfictionnalité est elle aussi, à sa façon, une “machine à voyager à travers l’intertexte” : elle permet aux lecteurs qui aimeraient savoir ce qui arrive après la fin du récit (ou avant qu’il ne commence, ou parallèlement à lui, tandis que le narrateur décrit les agissements de X mais néglige ceux, simultanés, de Y) de satisfaire leur curiosité. Il s’agit d’une pratique courante en paralittérature (ou les séries, cycles et sagas de toutes sortes abondent), mais dont la littérature générale ne se prive pas non plus : qu’il suffise de songer aux innombrables versions de Faust (Marlowe, Goethe, Mann, etc.) ou, plus près de nous, aux romans consacrés à Charles Bovary (Améry 1991), à Madame Homais (Monod 1988) ou à la fille des Bovary (Benoît-Jeannin 1991 ; Jean 1991). Telle que je l’entends, la transfictionnalité se distingue de la parodie qui, en jouant de la similarité et de la déformation, maintient un écart jamais nul entre les objets fictifs concernés. La transfictionnalité, pour sa part, part du principe de l’identité des instances fictives à travers des oeuvres autonomes - ce qui ne l’empêche pas, on le verra, de rendre cette identité quelque peu problématique à l’occasion…” Et un commentaire de René Audet sur cet essai. “La transfictionnalité commence donc où se termine l’autorité de l’auteur (telle que perçue par le lecteur); ce dernier est aussi seul impliqué dans la détermination de l’autre frontière de la transfiction. En effet, où se termine-t-elle? Quand cesse-t-on de considérer des textes “voisins” comme des cas de transfiction? Quand la parenté entre deux univers devient-elle insuffisante pour prétendre à un partage d’univers? C’est une évaluation qui est foncièrement subjective, selon le taux de tolérance du lecteur aux incompatibilités.” Approche intéressante qui diverge légèrement de l’approche de Francis Berthelot, dans l’ouvrage précédemment cité : Bibliothèque de l’Entre-Monde. Ce qui fait que je suis un peu dérouté. Ou commence et ou finit la transfiction ? Dans quel cas y a-t-il réellement transfiction ? La transfiction échappe-t-elle à ses théoriciens au point qu’il existe autant de transfictions différentes que de spécialistes du sujet ? J’ai l’impression que Francis Berthelot en donne dans son livre une définition assez large, ce qui lui permet de faire entrer sous cette étiquette des textes qui stricto sensu n’en sont pas tout à fait. Ou alors vraiment limite. Mais j’en apprendrai sans doute un peu plus au fur et à mesure de ma lecture. C’est le genre d’ouvrage qui se lit par petites doses.
Publié le 11/09/2006 à 06:28
Par Markus Leicht
J’ai commencé la lecture de Bibliothèque de l’Entre-Monde, de Francis Berthelot (FolioSF). J’aime bien Francis Berthelot. J’ai souvent parlé de Rivage des intouchables, un des meilleurs romans français de SF. (C’est même un des rares romans que j’ai chroniqué plusieurs fois dans des magazines). Mais là je reste un peu perplexe. On apprend dans ce nouvel ouvrage que la littérature est partagée en deux continents : - La littérature générale - Les littératures de l’imaginaire, “souvent regroupées sous le label plus large de SF.” J’ai l’impression qu’on va un peu vite en besogne, là, gomant par la même occasion tout un pan des littératures de genre, pour mieux faire coller la théorie. Car je me vois mal inclure la littérature policière sous l’étiquette SF ou essayer de la ranger dans la littérature générale. Or effacer la littérature policière d’une étude sur les transfictions c’est passer à côté d’oeuvres plus intéressantes dans la transgression des genres que certains livres mentionnées dans cet essai. Je pense en particulier à La vierge de glace, de Marc Behm (mais on pourrait citer une bonne partie des romans de l’auteur), Cosmix banditos, de AC Weisbecker, Strip Tilt, de John D. Mc Donald et sans doute des dizaines d’autres… Il est évident que Francis Berthelot s’est un peu trop focalisé sur la SF et le fantastique au détriment d’autres genres. C’est bien dommage.
Publié le 03/09/2006 à 07:56
Par Markus Leicht
Sans doute avez-vous déjà entendu la réflexion : “Ça ce n’est pas de la science-fiction, c’est de l’anticipation". La phrase qui tue par excellence. Après ça essayez d’expliquer à votre interlocuteur que les deux termes recouvrent le même genre. Je me souviens encore de gens qui entraient dans la boutique, à la fin des années 70 et même au début des années 80, et qui demandaient “Est-ce que vous avez de l’AS ?". La première fois j’ai regardé la personne avec des yeux ronds. Jusqu’à ce qu’elle précise ” Je cherche des numéros de la collection Fleuve Noir.” Là j’ai compris qu’il s’agissait d’anticipation scientifique. Bien que Boris Vian, - et sans doute quelques autres -, avait déjà tenté d’introduire le terme science fiction chez nous on s’obstinait au début des années 50 à utiliser les termes anticipation, anticipation scientifique (on à même vu anticipation scientifique romancée), merveilleux scientifiques, romance scientifiques et quelques autres appellations diverses et avariées. De tous ces termes, bien que le mot science-fiction se soit imposé, le mot anticipation est resté, car c’était également le nom d’une des principales collections françaises, celle du Fleuve Noir. A travers le temps ces désignations sont devenues de plus en plus floues et il n’est pas rare d’entendre les non amateurs de SF utiliser le mot anticipation pour désigner des oeuvres qu’ils refusent de classer dans la science-fiction. De toute manière, moi Monsieur, je n’aime pas la science-fiction. Encarta, qui n’est pas à une approximation près, ne précise-t-elle pas : ” … le premier grand auteur de science-fiction (plus exactement de romans d’anticipation) est le Français Jules Verne. D’autres termes ont tenté de s’imposer sans jamais toucher le grand public : spéculative fiction (proposé une première fois par Robert Heinlein, puis redéfini par Harlan Ellison), fiction conjecturale (surtout utilisé par Pierre Versins)… Ces dernières années on a vu revenir en avant le terme Imaginaire, qui permet de regrouper fantastique, fantasy et science-fiction, réponse au terme anglais fantasy dans son sens large. Terme qui permet de réunir surtout fantasy et SF, les frères ennemis, sous un même chapeau. Encarta, l’encyclopédie de Microsoft, tente de définir la SF. Ce n’est pas des plus brillants. Et la définition donnée par la Wikipédia , dont on notera le paragraphe suivant : Des expressions telles que roman scientifique (scientific romance en anglais) ou roman d’anticipation apparaissaient comme surannées ou maladroites et le genre ne voulait pas se restreindre aux œuvres décrivant les voitures volantes de l’an 2000 ou, de manière plus générale, à ce que serait la vie dans le futur. On a donc préféré leur substituer le terme scientifiction puis science-fiction. Petit retour sur deux maîtres du merveilleux scientifique : Wells et Rosny aux racines de la Science-Fiction moderne, par Roger Bozzetto.
Publié le 02/09/2006 à 14:42
Par Markus Leicht
Voici une notule, reprise de pages anciennes de mon Journanal, qui complète l’extrait du texte de Jean-Paul Tardivel, mis en ligne hier : L’Eglise s’est, à travers son histoire, toujours méfiée des livres, véhicules de toutes les perversions. Et régulièrement des éclésiastiques ont tenté de tenir les lecteurs dans le droit chemin en publiant des ouvrages recensant les écrits des suppots de Satan. Les auteurs de SF n’ont pas échappés à la vindicte religieuse. Voici deux exemples des notices, bourrées d’erreurs, de l’abbé Bethleem, dans son fameux ouvrage, Romans à lire et romans à proscrire : “Jean de La Hire, de son vrai nom Adolphe Lepic, ancien éditeur parisien, né à Banyuls-sur-Mer en 1882. Romans d’aventure, de passion, et de mauvaises moeurs. Quelques volumes honnêtes : La captive du soleil d’or, L’épave sanglante, Le trésor dans l’abîme, Le Zankador. John-Antoine Nau, de son vrai nom André Touquet (1873-1918). Un jeune cerveau chaotique qui obtint en 1903 le Prix Goncourt pour son roman La force ennemie. Cette oeuvre étrange met en scène un fou qui se sait fou, c’est à dire possédé par une force ennemie, une âme tombée d’un astre lointain! La Gennia est “la plus détestable et la plus folle histoire de revenants que l’on puisse concevoir.” (Jules Bois). Christobal le poète est nauséabond.” A noter que La Hire, de son vrai nom Adolphe d’Espie de La Hire, est né en 1878. Nau est né en 1860 et s’appelait Eugène Torquet. Jules Verne est par contre fortement conseillé : “Il est seulement regrettable qu’il n’ait presque jamais mis les influences de sa vogue prodigieuse au service de la religion : ses livres sont en effet le plus souvent neutres et laïques.”
Publié le 01/09/2006 à 23:13
Par Markus Leicht
Arrêtez de lire ! Vos âmes sont en grand péril. “Le R. P. Caussette, que cite le R. P. Fayollat dans son livre sur l’Apostolat de la presse, appelle les romans une invention diabolique. Je ne suis pas éloigné de croire que le digne religieux a parfaitement raison. Le roman, surtout le roman moderne, et plus particulièrement encore le roman français me paraît être une arme forgée par Satan lui-même pour la destruction du genre humain. Et malgré cette conviction j’écris un roman! Oui, et je le fais sans scrupule; pour la raison qu’il est permis de s’emparer des machines de guerre de l’ennemi et de le faire servir à battre en brèche les remparts qu’on assiège. C’est même une tactique dont on tire quelque profit sur les champs de bataille. On ne saurait contester l’influence immense qu’exerce le roman sur la société moderne. Jules Vallès, témoin peu suspect, a dit: “Combien j’en ai vu de ces jeunes gens, dont le passage, lu un matin, a dominé, défait ou refait, perdu ou sauvé l’existence. Balzac, par exemple, comme il a fait travailler les juges et pleurer les mères! Sous ses pas, que de consciences écrasées! Combien, parmi nous, se sont perdus, ont coulé, qui agitaient au-dessus du bourbier où ils allaient mourir une page arrachée à la Comédie humaine…. Amour, vengeance, passion, crime, tout est copié, tout. Pas une de leurs émotions n’est franche. Le livre est là.” [Citation du père Fayollat.] Le roman est donc, de nos jours une puissance formidable entre les mains du malfaiteur littéraire. Sans doute, s’il était possible de détruire, de fond en comble, cette terrible invention, il faudrait le faire, pour le bonheur de l’humanité; car les suppôts de Satan le feront toujours servir beaucoup plus à la cause du mal que les amis de Dieu n’en pourront tirer d’avantages pour le bien. “ Jules-Paul Tardivel(1851-1905). Pour la patrie.
Publié le 01/09/2006 à 10:02
Par Markus Leicht
Ayah Pin a tout pour être heureux. Il vit à Kampung La, il est Dieu et il possède une théière géante. Pas n’importe quelle théière. Du genre de celles qui ouvrent plus facilement les portes du royaume des cieux. Bien sûr, les autres lui en veulent. Sans doute eux aussi voudraient-ils une belle théière comme celle là. Après avoir échappé à un raid des autorités religieuses il y a deux semaines, des cocktails Molotov ont été lancés contre l’objet de tant de convoitise et de tant de haine, et notre théière sacrée a été endommagée par un début d’incendie. Vivement que le monument le plus kitsh du monde, ou peu s’en faut, entre au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ainsi Ayah Pin pourra-t-il continuer d’assumer en toute tranquilité ses fonctions de Dieu parmi sa centaine de fidèles. Il faut bien un commencement à tout. Aujourd’hui Kampung La et sa théière géante, demain le monde…
Publié le 01/09/2006 à 06:30
Par Markus Leicht
L’article sur Welles, dont je parlais hier, appartient à une série de six articles du Monde sur Les aventures du faux. L’auteur abordait Welles sous l’angle du faux ludique. Comme je l’expliquais le fait que l’auteur de l’article mélange la fiction et la réalité fausse fortement le contenu du texte. La série se termine avec un papier sur Roswell. En fait je devrais plutôt dire dont Roswell sert de prétexte. Car Michel Braudeau préfère analyser les rapports que nous avons à la photographie, à l’image. “Traquenard subtil : la responsabilité du piège n’est pas du côté de l’outil, mais de l’esprit qui l’a conçu, de l’oeil qui s’en sert et simultanément s’y désoriente.” “Bien que prévenus des erreurs que véhiculent les photos, leur séduction est telle qu’une forme fossile de foi primitive subsiste en nous. Nous voudrions encore y croire.” En ce sens l’affaire Roswell est significative. A travers le temps d’habiles manipulateurs ont tenté de nous tromper, passant de la photo à l’image cinématographique pour tenter de donner plus de vraissemblance à la fiction. Et de nombreuses fois, au cours du siècle écoulé, l’Histoire à du se plier aux faux de la propagande. A un moment ou l’image perd de sa crédibilité, il est si facile aujourd’hui de retoucher une photographie, le texte imprimé garde encore une forte puissance de persuation. Comme s’il était plus difficile de tricher avec l’écrit (c’est vrai, puisque c’est dans le journal), alors que nous savons parfaitement qu’il n’en est rien." Deux des quatre autres articles de Michel Braudeau : Vrain-Lucas, l’intrépide La vengeance de Hans Van Meegeren (plus en ligne) : "Artiste aigri, l'obscur professeur de Delft sut leurrer les experts avec des Vermeer si parfaits qu'on l'accusa, après 1945, d'avoir vendu des trésors nationaux. Pour se disculper, il dut avouer l'imposture." Elmyr de Hory, le caméléon
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Mll MICHEL : Bonjour, je suis l'auteur de l'ouvrage "Nouvelles de l'ombre". Merci de récupérer le nouveau visuel et résumé sur le site edilivre.com.
Saxe : das liest sich gut an!
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