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Mon bloc perso.
Depuis juillet 1997, voici au jour le jour les infos du monde de la science-fiction et du fantastique et celles de l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Une autre aventure de Péronnik, Les mines du dieu Olyphant, est parue dans l'anthologie Les enfants de Conan et ma nouvelle Terrain de chasse accompagne le roman de Jess Kaan, Réfractaires, toujours aux éditions Eons.
Dernière nouvelle publiée : Chronique des années matinales, dans Appel d'air. Editions ActuSF. Dernier article : La dame de Sassmannhausen, dans Lunatique 77, aux éditions Eons.

Les lecteurs de ce blog peuvent se retrouver dans les forums du Journanal :
http://markus .leicht.free.fr /phpbb3/
Publié le 12/09/2006 à 11:42
Par Markus Leicht

Flotchi et Crutch sont deux inséparables. Tellement inséparables d’ailleurs qu’on les surnomme les inséparables Flotchi et Crutch. C’est tout dire.

Chaque jour ils s’assoient au bord du trottoire, juste devant l’immeuble dont ils squattent un grenier, et ils passent leur matinée à regarder les araignées aux longues pattes courir le long du caniveau. Parfois ils se demandent pourquoi certaines courent plus vite que d’autre. D’autre fois, pourquoi certaines courent moins vites.


S’émerveillant de ce que le monde ne soit qu’une question de point de vue !

L’après-midi, Flotchi et Crutch, tout aussi inséparables, s’assoient de nouveau au bord du trottoire. Et jusqu’au soir venu ils comptent les araignées écrasées par les voitures dans leur course folle.

C’est un passe-temps comme un autre, disent-ils, lorsqu’on les interroge.

Décidément Flotchi et Crutch ne sont pas des araignées comme les autres !

Publié le 04/09/2006 à 17:38
Par Markus Leicht
Avant les avions ne tombaient jamais ou presque.

Dans le ciel on avait posé un joli réseau de câbles invisibles depuis le sol auquel les avions s’accrochaient au décollage. Ainsi suspendus les gros oiseaux de fer accomplissaient leurs trajets sans le moindre incident. Parfois un pilote facétieux accomplissait quelques loopings pour montrer aux voyageurs qu’il n’avait pas trouvé son brevet dans un paquet de bonux et qu’il n’y avait aucun danger à bord de ces monstres d’acier. Au grand dam de quelques estomacs qui déchargeaient leur contenu dans des sacs en papier destinés à cet effet. A part cela tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes aériens.

De temps en temps un avion qui n’avait pas voulu s’accrocher au ciel chutait avec ses passagers faisant les gros titres de la presse. Mais c’était rare.

Et puis avec les années le joli réseau de câble dans le ciel fut laissé à l’abandon et les pilotes ne prirent plus la peine d’y suspendre leurs avions.

Alors, bien sûr, les monstres volants se mirent à tomber comme des mouches. Chaque jour apportait son lot de catastrophes aériennes. Au point que les médias finirent par ne plus en parler tant cela devenait banal.

Cependant, cinq ou six fois dans l’année, on avait droit à un gros article à la une.

“Aujourd’hui, aucune chute d’avion à déplorer". “Pas le moindre crash au cours de ces dernières vingt quatre heures. Que se passe-t-il ?".

Ces journées sans crash une sourde angoisse s’emparait du monde et quelques journalistes se mettaient aussitôt en quête du moindre accident qui aurait pu survenir en un des derniers coins oubliés de notre planète.

Mais dès le lendemain, à la première heure, pour ne pas dire à la première minute, les avions tombaient de nouveau du ciel et le monde, rassuré, reprenait tranquillement ses activités.

Où irions nous si, défiant en cela les lois naturelles de la gravitations, les plus lourds que l’air cessaient tout bonnement de chuter sur nos pauvres têtes ?


Publié le 22/08/2006 à 00:12
Par Markus Leicht

Cette fois-ci une p’tite nouvelle du Markus, inspirée par un article du Monde :

ZOO


Hier on a été au zoo. J’aime beaucoup aller au zoo.

On a vu tonton Emile.


Mam et papa veulent pas qu’on l’appelle tonton. Faut pas lui parler, non plus. Sinon avec Patricia on se fait gronder.


On l’a mis dans une jolie cage, tonton. Ça ressemble à un “atelier de montage des usines Peunault". J’ai recopié sur la publicité du zoo.

Toute la journée tonton et ses copains fabriquent des autos. Moi j’aime bien. C’est ce que je préfère au zoo. Les lions et les éléphants c’est pas intéressant et ça sent mauvais.


Patricia leur a lancé des cacahuètes, à tonton et à ses copains. Mais le gardien lui a crié dessus. Faut pas donner à manger aux animaux ouvriers. Sinon après ils travaillent pas. C’est écrit sur la cage. Ne pas donner à manger aux animaux.


Maman dit que les gens du zoo ils auraient pas du mettre cette vieille plaque sur la cage. Ça dévalorise les ouvriers, elle dit. Heureusement que Mam a écrit dévalorise sur un papier, parce que moi je sais pas. Mais le gardien il a dit qu’il y avait pas assez de sous pour en fabriquer des nouvelles. Alors on fait avec ce qu’on a.


Aujourd’hui, à l’école, la maîtresse nous a donné une rédaction à faire pour la semaine prochaine. Racontez une visite au zoo.


Maman dit qu’il faut pas écrire qu’on a vu tonton Emile. Alors je parlerai que de ses copains.
J’aime bien le zoo. J’espère qu’on y retournera bientôt.


Markus LEICHT

Publié le 21/08/2006 à 14:07
Par Markus Leicht
Les contes du Journanal...


JEREMIE

Markus Leicht


Presque chaque matin Jérémie quittait son appartement avec son escabeau en alu sous le bras. Un peu encombrant, au passage, le dit escabeau. 15 marches. Acheté au rabais chez Bricobrico, "Tout pour la maison, pour moins cher que pas cher".

Jérémie avait toujours eut le chic pour dénicher les bonnes affaires et il n'était pas peu fier de son acquisition, bien qu'il reconnaissait le côté encombrant de la chose.

Chaque matin, à neuf heures juste, il installait son attirail à l'angle du carrefour du Carrefour et escaladait d'un pas alerte les 15 marches pour s'asseoir sur la minuscule plate forme. Et ainsi il restait toute la journée à observer le ciel.

Parfois un curieux lui demandait poliment : Pardon monsieur, pourrais-je savoir ce que vous faites là-haut ?

Invariablement Jérémie répondait : J'ai toujours voulu voir le ciel de plus près.

Ce qui était en soi une réponse suffisante.

Parfois une bonne âme lui apportait à manger.

D'autre fois Jérémie restait toute la nuit sur l'escabeau.

Je vérifie qu'il n'y ait pas une étoile de grillé, répondait-il à la question qui ne manquait pas de venir.

De temps en temps il lui arrivait de repérer un astre défaillant qu'il s'empressait via son turlophone de signaler au service adéquat : Bureau des Etoiles à Changer. C'est ce qu'il y a de marqué sur la porte du bureau 23 de l'annexe du Centre de l'Entretien Général - Ciel et Terre réunis.

Aussitôt le personnel du dit service s'empressait d'arriver avec une étoile de rechange pour remplacer l'icelle défaillante.

De temps en temps, en pleine journée, Jérémie descendait de ses hauteurs pour constater que vu d'en bas le monde est décidément bien moins beau et il remontait tout aussitôt discuter avec les oiseaux.

Et le soir, sauf quand il décidait de s'installer pour la nuit, Jérémie rentrait chez lui, son escabeau 15 marches, acheté au rabais à Bricobrico, sous le bras.

Il n'y a rien d'autre à raconter.

Sauf qu'un jour de grand vent Jérémie est tombé de son escabeau. Une ambulance est venue le chercher et ne l'a jamais ramené. Pauvre de nous ! Pauvre Jérémie !

C'est depuis qu'un escabeau attend au carrefour du Carrefour. Tout seul. Et personne jamais ne lui demande ce qu'il fait là, tout seul à parler aux nuages dans le ciel.

Et, depuis, jamais personne la nuit, ne turlophone au service des Etoiles à changer bureau 23 de l'annexe du Centre de l'Entretien Général - Ciel et Terre réunis. Pas même l'escabeau qui préfère dormir.

Ce ciel plein d'étoiles éteintes ça fait un peu négligé, tout de même, vous ne trouvez pas ?


Publié le 17/08/2006 à 11:37
Par Markus Leicht

VOYAGE AU PAYS D’ELLE-MÊME



Un conte de Markus Leicht


Pour Sylvie Lainé


Cette seconde histoire des Petits Bonhommes est parue en 1985, dans le n° 5 des Lames Vorpales. Elle est bourrée de références et de clins d’oeil. Les plus perspicaces devraient découvrir l’identité de ELLE, une auteure de littérature générale très connue. Joclin est un personnage de Sylvie Lainé dont les aventures vianesques parurent dans le n° 2 des Lames Vorpales.


l


- Tu ne t’occupes plus beaucoup de nous, me dit un soir Tim Timmy, la voix chargée de reproches. Depuis que tu as rencontré Sophie tu ne penses plus qu’à elle.

- Pardonnez-moi, tous les deux. Mais je ne vous ai pas oubliés. Je lui ai même parlé de vous.

- C’est vrai ? interrogea Five 0′Clock. Qu’a-t-elle dit ?

- Je crois qu’elle vous aime beaucoup.

- Ouaiaiai! s’écrièrent-ils aussitôt, puis, se prenant par la main, ils se mirent à danser en chantant

- Elle nous aime, nous aussi… Elle nous aime ….

Ils exécutèrent de nombreuses cabrioles et le petit chat en pelote de laine qui ne grandit jamais se joignit à leurs jeux. Lorsque, quelques heures plus tard, ils eurent retrouvé leur calme - quand les petits bonhommes sont heureux ils sont capables de manifester leur joie pendant plusieurs heures d’affilée - Tim Timmy et Five 0′Clock me demandèrent :

- Comment est-ce le Pays d’Elle-Même ?

- C’est très beau. C’est plein de rêves… C’est plein de tendresse. C’est parfois un peu/beaucoup triste. Il y a des rires et de la liberté. Il y a des livres et des gens. C’est comme une chanson douce, le Pays d’Elle-Même.

- On veut y aller ! s’écria Pive O’Clock.

- On veut y aller ! répéta Tim Timmy. Et le petit chat en pelote de laine aussi.

- Et moi aussi, ajouta Tic Tac Dring.

- A ce que je vois c’est la grande expédition. Mais je ne sais pas si le Pays de Moi-Même communique avec le Pays d’Elle-Même..

- Si tu l’aimes fort, fort, fort et que tu penses à Elle, m’expliqua alors Tic Tac Dring, le Pays de Toi-Même deviendra un peu le Pays d’Elle-Même et nous pourrons passer de l’un à l’autre.

- Et si je ne l’aime pas ?

- Mais tu l’aimes, dirent d’une même voix Tim, Five et Tic Tac, et le petit chat en pelote de laine ajouta Miouou, Miouou. Ce qui veut dire la même chose, ou à peu près.

- Vous en êtes sûrs ?

- Oui, oui, oui, Miouou.

J’éclatai de rire.

Timidement Tic Tac Dring demanda :

- Tu dis oui ?

- Bien sûr. Je vais essayé de penser très fort à Sophie… Vous allez bientôt pouvoir passer.

Tandis que les paroles d’une chanson des années 60 résonnent dans ma tête, son visage, puis son corps envahissent totalement mon esprit. La voix de Tim Timmy me parvient, de très loin :

- Ça y est ! La porte est ouverte. A bientôt.

- A bientôt, vite !


Publié le 17/08/2006 à 11:15
Par Markus Leicht
II

Les petits bonhommes sautaient, dansaient, couraient, et bien sûr cabriolaient, tant ils étaient heureux. Ils s’étaient arrêtés dans un loin-pré que traversait une belle rivière mousseuse.

- Mais, c’est de la Mackeson, s’écria Tim Timmy après y avoir goûté.

Alors ils y goûtèrent tous, y compris le petit chat en pelote de laine qui aime bien jouer avec la mousse, comme tous les chats.(1)

Le Pays d’Elle-Même, large vallée bordée par les collines de la vie et les montagnes de l’angoisse, s’étend entre mille pensées de tendresse.

Tim Timmy frissonna en regardant les montagnes entourées de petits nuages sombres. En ramenant son regard sur ses compagnons, il eut la surprise de se trouver nez à nez avec un garde-manger nomade qui lui demanda :

- Voulez-vous manger ?

Tim Timmy vit que ses compagnons dévoraient d’énormes sandwichs au fromage (fondu) d’où dépassaient de nombreux ingrédients.

- J’en veux un comme eux, dit-il au garde-manger. Celui-ci lui tendit aussitôt un énorme sandwich qu’il sortit de son corps.

- Curieux sandwich, remarqua Tim, en découvrant les trous dont il était percé.

- C’est ce qu’on appelle un sandwich à trou-trou. C’est ce qui les rend si facile à digérer. Si vous n’avez plus faim et que vous désirez conserver votre sandwich jusqu’au prochain repas remplissez les trous de cire. Ainsi il se conservera parfaitement plusieurs jours durant.

Sur ces mots le garde-manger s’enfuit sur ses courtes jambes, comme s’il avait une armée de mange-gardes à ses trousses.

Après avoir mangé, et bu une quantité impressionnante de bière, les petits bonhommes décidèrent de gagner la principale cité du Pays d’Elle-Même qui a pour nom Sophie.

Pour cela ils prirent un billet de loterie et montèrent dans la locomotive solaire à vapeur qui parcourait le Pays d’Elle dans tous les sens. Y compris de long en large et de bas en haut (et inversement).


Publié le 17/08/2006 à 11:07
Par Markus Leicht
III

Sophie est la plus grande cité du Pays d’Elle-Même. Ses maisons penchent en avant les jours pairs et se croisent les bras les nuits impairs. Quant à ses rues tout ce qu’on peut en dire c’est qu’elles ne ressemblent pas à des rues, ni à rien d’autre de connu. Elles passent la plupart de leur temps à se courir les unes après les autres à travers la ville.

A peine arrivés, un jeune homme vêtu de rayures jaunes et noires, ou plutôt noires et jaunes, et coiffé d’une curieuse pile de couvre-chefs, les accueillit.

- Bonjour, leur dit-il. Je m’appelle Joclin. Soyez les B.V. dans Sophie.

Les B.V. ? demanda Five 0′Clock.

- Et Ben Voui : les BienVenus, ou les Boris Vian, ou les Baron Visi ou les BoutaVents ou tout ce que vous Bien Voudrez.

- Même les Beaux Vampires ou les Broches Vorpales ? demanda Tim Timmy.

- Ou les Bols Volants ? s’informa Tic Tac Dring.

- Miouou Miouou (Et les Battes Vertes) ? s’étonna le petit chat en pelote de laine.

- Et les Bons Voleurs et les Barbus Voltigeurs ? ajouta Five O’Clock qui ne voulait pas être en reste.

- Et bien d’autres, dit Joclin en riant. Les Bien Vivants, les Bords Violets, les Brutes Véreuses, les Bernard Villaret, les Bonbons Vilains et tous les autres, sans oublier les Bougres Variqueux et les Jimmy Guieu.

- Et les Jimmy Guieu ? s’étonnèrent d’une seule voix les petits bonhommes.

- Oui. Lui il a obtenu une dispense spéciale.

- Bon Vent, dit une Blonde Vénitienne à la Bouche Vermeille, en se joignant à leur groupe.

- Bon, Voici Feuille, la présenta Joclin à ses nouveaux amis.

- Bonjour Vous, dirent les petits bonhommes pour montrer qu’ils avaient parfaitement assimilé le B.V.

- Bmiouou Vmiouou, ajouta le petit chat en pelote de laine qui ajoutait toujours dans ces cas-là.

- Ou Bien Voulez-vous aller ? demanda Joclin.

- Manger des glaces! dit Tim Timmy.

- Bien Vanillées, fit Tic Tac Dring.

- Et pilées aussi, précisa Five 0′Clock.

- Miouou Miouou, commenta une quatrième Bonne Voix que tout le monde aura reconnue.

Ils se rendirent donc dans l’armoire à glaces la plus proche.


Publié le 17/08/2006 à 11:05
Par Markus Leicht
IV

L’armoire à glace du Borot Venteux était la dernière armoire à la mode, se laissant flotter entre l’Autan et le Mistral (Ce qui est parfaitement indiqué pour une armoire dans le vent).

Joclin présenta les petits bonhommes à ses amis : Eugène, Kolinda, Jordan, Tapha, et les autres. Joclin avait beaucoup d’amis et il n’était pas possible de se souvenir de leurs noms à tous.

Ça faisait d’ailleurs beaucoup de monde et on était un peu à l’étroit. D’autant plus que l’armoire ne pouvait pas accueillir plus de trois personnes à la fois, en temps normal. Mais pour une fois le temps était anormal et l’armoire acceptait ses vingt deux clients, sans compter les musiciens qui, en fait, ne comptaient pas puisqu’ils étaient aussi clients.

- Si on faisait de la musique, proposa Joclin.

- Ouaiaiai, approuvèrent les petits bonhommes.

Tim Timmy et Five O’Clock sortirent leur masses, Joclin alla chercher son saxiphone public, Jordan prit ses virgules électriques et Tapha ses problèmes de stationnement. Ainsi ils formaient un fort bel orchestre à cordes à linges. Feuille en profita pour faire une lessive.

La bière et la musique roucoulaient à flot. Tic Tac Dring et le petit chat en pelote de laine se mirent à danser, puis Feuille, Tapha et les autres.

A 20h30, très exactementheure, arriva la fusée en providence d’AlphaBétaCétaDeltaetc du Centaure. Morrison, suivi d’ une rose, en descendit : “Belle Vision".

- BienVenue, dit Joclin tout en soufflant dans son saxiphone, ce qui n’était pas à la portée du premier souffleur venu.

- Elle est là, dit encore Morrison.

- ELLE ? dit Feuille.

- ELLE, dit la Rose.

ELLE apparut dans le sas de la fusée. Tous retinrent leur souffle. Pas trop quand même. Juste ce qu’il fallait pour ne pas périr asphyxiénoyépendu.

- Êtes-vous bien vous ? dit Joclin interrogalamment.

- Je suis bien moi, dit-elle souriamment.

- Elle est bien ELLE dit la Rose, confirmanman.

Les petits bonhommes ne disaient rien, admiramment.

Sa praisance illuminait l’armoire à glaces juste ce qu’il fallait. Le Borot Venteux - très éconhomme sur l’énergie, la sidérurgie, les bougies et toutes les choses en gie, en profita pour éteindre la lumière, ainsi que tout ce qui s’éteignait.

Joclin s’avança jusqu’à La toucher.

- Je Vous aime, dit-il.

- Nous Vous aimons tous, dit Feuille.

- M’iouou, M’iouou, dit élégaminoutamanman le petit chat en pelote de laine.

- Qui est-Elle ? demanda enfin Tic Tac Dring qui ne comprenait pas trop ce qui se passait/présentait/futurait.

- Vous ne la connaissez pas ? s’étonna Feuille.. Mais c’est ELLE : la Manman de Morrison, de Céline, de Thomas et de nombreux autres enfants.

- Attention! annonça le Borot Venteux, sentencieux et terres. Le temps va quitter l’anormal.

Le temps fit plop(2) et redevint normal. Presque tous les occupants de l’armoire à glaces - sauf trois privilégiés, dont une fusée et un problème de stationnement - furent éructés dans une zone incertaine de non-temps.


Publié le 17/08/2006 à 11:02
Par Markus Leicht
V

Devant c’était vert, à droite et à gauche aussi, dessus itou, dessous idem, et derrière c’était du pas reil au même.

- Nous sommes dans l’hyperespace, dit Jordan qui connaissait bien les mathématiques et l’électrique. Il en profita pour citer le troisième théorème de Limat : “Tant va l’oeuf au vert, qu’à la fin la cruche ménage sa monture".

A la suite de quoi Joclin dit : “A propos". Il n’ajouta rien d’autre car tout était dit dans cette formule magique.

Restait à déterminer le propos. Le troisième théorème de Limat n’apportait pas beaucoup d’éclaircissements au problème. Le premier et le deuxième non plus d’ailleurs.

Morrison dit :

- L’armoire nous a éructés dans une zone de non-temps, entre le Pays d’Elle-Même et le Pays de Lui-Même.

ELLE ajouta

- Nous devons leur faire parvenir un message cardiaque pour que leurs pensées s’unissent.

- J’envoie un message à Sophie, dit Joclin.

- Et moi à Markus, précisa Tim Timmy.

- Hum ! ajouta Five O’Clock qui avait des lettres et savait les utiliser à bon escient.

Comme ils dirent, ils firent.

Mais le contact ne se fit pas, car, juste à ce moment, il y eut un plop qui ressemblait fort au bruit d’une capsule de coca qui décolle d’une bouteille d’idem et les petits bonhommes se retrouvèrent chez eux. Ou presque. Car si cela y ressemblait beaucoup il y avait tout de même quelque chose de curieux. Dans cet endroit tout était inversé. A tel point que ce n’était plus un endroit mais un envers. La droite se retrouvait à gauche et vice-versa. Devant ce vice de forme manifeste Five O’Clock demanda :

- Ou donc sommes-nous si nous ne sommes pas chez-nous ?

Question fort judicieuse qui ne manqua pas de jeter encore plus le trouble chez Tim Timmy qui n’y comprenait déjà pas grand chose.

- Peut-être, proposa Tic Tac Dring, ne sommes-nous pas revenu au Pays de Lui-Même mais dans le Pays de Lui-Même de l’Image dans le Miroir.

- Miouou, dit le petit chat en pelote de laine qui ne grandit jamais. Ce qui voulait dire à peu près : Voilà ce qui arrive quand on fréquente un peu trop les miroirs et les glaces.

- Tu as parfaitement raison, ajouta Tim Timmy. Mais maintenant qu’on est là on y reste. Peut-être qu’ici on ne se donne pas de coups de masse sur la tête tous les matins.

- Youpi ! s’écria Five 0′ Clock.

Épuisés par leurs aventures ils s’endormirent, presque tout de suite, dans l’herbe, sans voir passer devant leur nouvelle demeure un lapin blanc qui paraissait bien pressé.

Ainsi manquèrent-ils leur rendez-vous avec une autre aventure, quelque part dans un autre Pays des Merveilles.

C’est ainsi que prend fin cette seconde chronique des Petits Bonhommes. Mais il y aura d’autres rêves et bien des aventures encore.


Notes

(1)NDLR : Affirmation dont nous laissons l’entière responsabilité à l’auteur, qui raconte parfois n’importe quoi…

(2)Comme l’a très justement remarqué M. Einstein, dans sa théorie relative au plop temporel, le temps fait plop chaque fois qu’il en a envie.

Publié le 16/08/2006 à 07:36
Par Markus Leicht

Voici un vieux texte des années 70. Il fut créé pour deux amies. L’une d’elle, Marie Masset, s'est éteinte en début d'année.
Les petits bonhommes sont là pour rappeler qu’elle est passée et qu’elle fut une part importante de mes années 70.

LES PETITS BONHOMMES

Un conte merveilleux de Markus Leicht

Pour Claude Deltour et Marie Masset


Quelquepart dans mon pays d’esprit, il est une contrée dans laquelle vivent deux petits bonhommes en bronze doré. Certains me feront remarquer qu’on ne dit pas bonhommes mais bonshommes. Ceux là ne comprendront jamais rien aux histoires de petits bonhommes et peuvent passer leur chemin et retourner à leur console vidéo. Pour les autres voici mon histoire.

L’un des petits bonhommes s’appelle Tim Timmy et l’autre Five 0′Clock (comme son nom l’indique celui ci est d’origine irlandaise par l’arrière cousin de l’oncle du grand-père de son voisin de droite).

Tim Timmy et Five O’Clock habitent chacun dans une belle et grande maison et ces maisons se font face les jours ensoleillés et se tournent le dos les nuits pluvieuses. Le reste du temps elles dorment couchées sur le toit, les pieds dressés vers le ciel. Mais cela n’arrive jamais en fait car tous les jours le soleil soleille et toutes les nuits la pluie pleure sur les maisons des petits bonhommes. Ce qui est parfait ainsi et les petits bonhommes n’en demandent pas plus, ni moins d’ailleurs.

Tim Timmy, en plus de sa maison, a un chat en pelottes de laine qui ne grandit jamais et qui dit Miouou Miouou lorsqu’il veut que Tim Timmy joue avec lui. Tim Timmy aime beaucoup aussi le cinéma mais pas autant, quand même, que le petit chat en pelotes de laine.

Five O’Clock lui, n’a pas de petit chat en pelotes de laine qui ne grandit jamais, mais est marié à une dame petit bonhomme qu’on ne voit jamais, tant elle est discrète, qui s’appelle Tic-Tac Dring.

C’est bien beau tout ça, me direz vous, mais de quoi vivent donc Tim Timmy et Five O’Clock ? Ils exercent un très ancien métier, dont on trouve des traces jusqu’au néolitiquetaque supérieur (à moins que ce ne soit l’inférieur, je confonds toujours) : le rare et beau métier de réveil-heurt. J’en vois déjà dans le fond qui murmurent : Y nous raconte vraiment n’importe quoi. En quoi donc consiste le travail de réveil-heurt ?

C’est très simple. (Heureusement d’ailleurs, car si cela avait été compliqué je n’aurais pas pris la peine de vous l’expliquer). Chaque soir, avant de m’endormir, j’envoie un message aux petits bonhommes, du genre : “Demain je désire me réveiller à telle heure". Et à l’heure dite les petits bonhommes sortent de leur maison respective, une lourde masse à la main. Ils se placent face à face et, alternativement, chacun donne un coup de masse sur la tête de l’autre jusqu’à ce que le nombre de coups soit égal au nombre d’heures demandé. Cela est bien pratique et évite l’utilisation d’un réveil matin toujours bruyant et encombrant.

Pour les petits bonhommes c’est moins drôle quand même parce qu’après avoir reçu des coups de masse sur la tête ils rentrent chez eux en titubant, comme s’ils étaient ivres. Parfois ils sont même obligés de prendre plusieurs comprimés d’aspirine bleue - ATTENTION NE PAS DEPASSER LA DOSE PRESCRITE - tellement ils ont mal à la tête. Ce léger désagrément mis à part, le métier de réveil-heurt demeure un des plus agréables qui soit.

Il y a bien parfois de petits incidents, mais sans gravité. L’autre jour, en frappant un peu trop fort sur la tête de Five O’Clock, Tim Timmy a cassé sa masse. Fort heureusement il en avait une de rechange et j’ai été réveillé avec un retard d’à peine quelques secondes.

Pour se consoler d’avoir cassé sa masse préférée Tim Timmy s’est projeté une nouvelle fois son film préféré : Blanche Neige et les sept petits bonhommes (ne pas confondre avec l’autre). Il l’avait déjà visionné deux fois hier, et une fois avant hier, sans compter les jours précédent et les jours avant les jours précédent aussi. Y a rien à faire. Tim Timmy est comme ça. Quand il aime quelque chose il l’aime vraiment.

Tim Timmy aime beaucoup aussi son petit chat en pelotes de laine qui ne grandit jamais. C’est un petit chat très drôle qui n’a pas de nom. Ce qui ne l’empêche pas d’être très drôle. Parfois il essaie de se faire les griffes sur les jambes de Tim Timmy, mais sur le bronze doré au lieu de faire griffe-griffe-griffe, griffe-griffe-griffe, ça patine (sans doute est-ce pour cette raison qu’on dit que les petits bonhommes sont en bronze patiné). Alors ça fait rire Tim Timmy qui prend le petit chat en pelotes de laine qui ne grandit jamais dans une main et lui fait gratte-gratte-caresse-caresse sur la tête. Et tous les deux, tout contents, vont faire des cabrioles dans les champs. Car les petits bonhommes aiment bien faire des cabrioles dans les champs et les petits chats en pelotes de laine qui ne grandissent jamais aussi.

Ainsi vivent les petits bonhommes, quelque part dans le pays de Moi-Même. Il n’est point utile d’en dire plus.

Bonne nuit. Et bon réveil…

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markus : Voilà, ça marche cette fois-ci.
blogajo : Merci, pour le retour lien, mais je crois qu'il ne mène nulle part.Je pense que lors de mon post des espaces se sont insérés il faut les envevler
BlogaJo : j'aime bien ce blog j'ai mis un lien ici : http://blog.ifr ance.com/joquin tino
markus : Ça à l'air de marcher pour le moment.
Kel69 : Problème sur les forums : c'est inaccessible : General Error. C'est grave docteur Markus ?