Régulièrement, au fil des années, la légende qui entoure Orson Welles se développe et prend une ampleur que notre homme n’eut sans doute pas désavouée.
Ainsi, avec la sortie du nouveau film de Spielberg, le Monde nous offre-t-il un énième article pour ajouter à la mystification qui entoure la diffusion radiophonique de La guerre des mondes, en 1938.
Ainsi apprend-t-on que “Après un mois de rodage, l’émission piétinait, quand Welles proposa une énième adaptation de La Guerre des mondes , de H. G Wells, pour la fête d’Halloween, à la fin d’octobre".
En réalité ça faisait plusieurs mois que l’émission tournait et comme toutes les séries de dramatiques radiophoniques de l’époque marchait très bien. Les gens étaient très friands de ce genre d’émissions : les séries TV n’existaient pas encore).
Le Mercury Theatre on the Air débuta le 11 juillet 1938 avec une adaptation de Dracula et fut suivi de :
Treasure Island (18 juillet)
A Tale of Two Cities (25 juillet)
The 39 Steps (1er août)
Three Short Stories: I’m a Fool, The Open Window, and My Little Boy (8 août)
Abraham Lincoln (15 août)
The Affairs of Anatol (22 août)
The Count of Monte Cristo (29 août)
The Man Who Was Thursday (5 septembre)
Julius Caesar (11 septembre)
Jane Eyre (18 septembre)
The Immortal Sherlock Holmes (25 septembre)
Oliver Twist (2 octobre)
Hell on Ice (9 octobre)
Seventeen (16 octobre)
Around the World in 80 Days (23 octobre)
The War of the Worlds (30 octobre)
En tout il y aura 22 émissions, puis la Campbell’s Soup Company sponsorisera la série et le Mercury Theatre deviendra The Campbell Playhouse (dernière émission programmée le 24 mars 1940). Avant de créer cette émission Orson Welles s’était fait la main en 1937, sur Mutual Network, avec une adaptation en sept épisodes des Misérables.
“…l’émission démarra par la retransmission d’une soirée dansante de Ramon Raquello, puis un présentateur intervint brusquement à l’antenne pour un “bulletin spécial".
Euh… Pas vraiment, non. L’émission commence par le générique du Mercury Theatre avec sa musique pompeuse, puis le titre War of the worlds, by H. G. Wells est annoncé, suivi d’un bla bla un peu long de Orson Welles. Ce n’est qu’après que le présentateur intervient.
A l’époque les émissions de radio étaient parfaitement calibrées et débordaient rarement, pour ne pas dire jamais, sur une autre émission.
“Un vent de folie parcourut l’Amérique, des milliers de personnes hystériques qui avaient pris l’émission de Welles en cours se jetèrent sur les routes pour fuir les petits hommes verts.”
Non, il n’y eut pas des milliers de gens qui s’enfuirent. Tout au plus quelques centaines, par contre il y eut quelques milliers des coups de téléphone angoissés aux rédactions des journaux (The New York Times reçu 875 appels) et aux commisariats.
“L’émission fut vite interrompue.” Ben non, elle fut bien programmée jusqu’au bout. Orson Welles rassurant les gens à la fin : “This is Orson Welles, ladies and gentlemen, out of character to assure you that “The War of The Worlds” has no further significance than as the holiday offering it was intended to be. The Mercury Theatre’s own radio version of dressing up in a sheet and jumping out of a bush and saying Boo!
Starting now, we couldn’t soap all your windows and steal all your garden gates by tomorrow night… so we did the best next thing. We annihilated the world before your very ears, and utterly destroyed the C. B. S. You will be relieved, I hope, to learn that we didn’t mean it, and that both institutions are still open for business.
So goodbye everybody, and remember please, for the next day or so, the terrible lesson you learned tonight. That grinning, glowing, globular invader of your living room is an inhabitant of the pumpkin patch, and if your doorbell rings and nobody’s there, that was no Martian… it’s Halloween.”
Voilà comment, une fois de plus, on amplifie la légende qui entoure cette fameuse émission, tordant allègrement le nez à la réalité.
Le script complet de l’émission.
L’émission elle-même, en mp3.
Les articles de presse qui ont suivi la diffusion de l’émission.







