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Mon bloc perso.
Depuis juillet 1997, voici au jour le jour les infos du monde de la science-fiction et du fantastique et celles de l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Une autre aventure de Péronnik, Les mines du dieu Olyphant, est parue dans l'anthologie Les enfants de Conan et ma nouvelle Terrain de chasse accompagne le roman de Jess Kaan, Réfractaires, toujours aux éditions Eons.
Dernière nouvelle publiée : Chronique des années matinales, dans Appel d'air. Editions ActuSF. Dernier article : La dame de Sassmannhausen, dans Lunatique 77, aux éditions Eons.

Vient de paraître Le Passe Rêve, recueil de textes courts, aux Editions Le Songe des Murènes.

Les lecteurs de ce blog peuvent se retrouver dans les forums du Journanal :
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Publié le 16/09/2006
Par Markus Leicht

Maurice Level (1875-1926) fut un des auteurs du théâtre du Grand Guignol, genre de spectacle qui mélangeait suspense et horreur. C'est parfois un peu daté, mais ces histoires sont à la base d'une bonne partie des thrillers d'aujourd'hui.


Dans son roman policier L’épouvante, il raconte comment une simple mise en scène se retourne contre son auteur. (En voici une version en PDF, sur la bibliothèque électronique du Québec).


“Onésime Coche jeta un long regard autour de lui, s’assura que les
rideaux des fenêtres étaient bien fermés, prêta l’oreille afin
d’être certain que nul ne viendrait le déranger dans sa besogne,
puis, rassuré, il enleva son pardessus, le déposa sur une chaise
avec sa canne et son chapeau, et réfléchit.


Il s’agissait maintenant de créer de toutes pièces la mise en
scène du _Crime d’Onésime Coche_, et pour ce, tout d’abord, il
fallait faire disparaître tout ce qui pouvait mettre sur la trace
des _vrais coupables_.


Le cadavre découvert, ce qui, dans cette pièce, retenait d’abord
l’attention, c’étaient les trois verres oubliés sur la table. En
omettant de les faire disparaître, les assassins avaient commis
une faute grave. Leur négligence suffisait à donner à la justice
un renseignement précieux. Un homme seul passe inaperçu là où
trois hommes se font arrêter. Il lava donc les trois verres, les
essuya, et avisant un placard ouvert où d’autres verres étaient
rangés, les remit à leur place. Ensuite il prit la bouteille
entamée, éteignit l’électricité afin qu’aucun de ses gestes ne pût
être vu du dehors, tira les rideaux, ouvrit la fenêtre, les
volets, et la lança de toutes ses forces. Il la vit tournoyer en
l’air et retomber de l’autre côté de la chaussée. Le bruit du
verre brisé éveilla pendant une seconde le silence. Il se rejeta
en arrière, et se mordit les lèvres:


– Si quelqu’un avait entendu?… Si l’on venait?… Si l’on me
trouvait là, dans cette chambre?…


La peur qu’il éprouva n’avait rien de comparable à toutes celles
qu’il avait connues jusqu’alors. Rapide, incisive, elle le clouait
sur place, arrêtant sa respiration. Il eut, en moins d’une
seconde, très chaud et très froid… Il fouilla la nuit, guetta le
silence… Rien. Alors, il referma les voleta, la fenêtre, tira
les rideaux, revint à tâtons jusqu’au commutateur, et donna de la
lumière.”


Du même auteur, un recueil de nouvelles, Les portes de l’enfer.


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