iBLOG précédent iBLOG suivant



Mon bloc perso.
Depuis juillet 1997, voici au jour le jour les infos du monde de la science-fiction et du fantastique et celles de l'univers de Markus Leicht, auteur du bouquin Péronnik l'idiot, aux éditions Eons.
Une autre aventure de Péronnik, Les mines du dieu Olyphant, est parue dans l'anthologie Les enfants de Conan et ma nouvelle Terrain de chasse accompagne le roman de Jess Kaan, Réfractaires, toujours aux éditions Eons.
Dernière nouvelle publiée : Chronique des années matinales, dans Appel d'air. Editions ActuSF. Dernier article : La dame de Sassmannhausen, dans Lunatique 77, aux éditions Eons.

Vient de paraître Le Passe Rêve, recueil de textes courts, aux Editions Le Songe des Murènes.

Les lecteurs de ce blog peuvent se retrouver dans les forums du Journanal :
http://markus .leicht.free.fr /phpbb3/
Publié le 11/08/2006
Par Markus Leicht
Aujourd'hui on me connait surtout pour mes textes fantastiques ou SF. Ou pour mes récits humoristiques. Mais dans les années 60/70 j'ai écrit beaucoup de textes courts, certains très classiques, d'autres plutôt expérimentaux. La période post 1968 fut très riche en tentatives de toutes sortes. Et mon écriture s'ouvrait à des recherches narratives très diverses. Voici un texte de cette période.
(Note : le Journanal ne change pas de formule. Il ne fait que suivre mon évolution. J'avais repris l'écriture en 2000, avec ma nouvelle Le tueur de cerfs-volants, dans l'antho Escales 2001, aux éditions Fleuve Noir mais ce n'est qu'à partir de 2004 que le démon de l'écriture m'a repris vraiment. Donc vous retrouverez à partir d'aujourd'hui les infos habituelles parfois entrecoupées d'articles ou de textes divers).



DE QUELQUES APOCALYPSES DOUCES : CUT/UP

Un récit de Markus LEICHT

William Burroughs lisait pour la troisième fois un court roman de Theodore Sturgeon. Peut-être "Some of your blood". Je ne suis plus sûr. De Burroughs non plus. Cela se passait il y a longtemps. Du côté de 1965, à moins que ce ne soit un peu plus vers le nord, du côté de 1966. Mais même de cela je ne suis plus certain. Peut-être en ce temps là 1965 dérivait-il vers d'autres lieux, vers d'autres temps. Tout ce dont je me souviens c'est que Kennedy nous avait quitté. L'Amérikkke essayait de sortir d'une longue nuit. Le rêve aux cinquante étoiles n'en finissait pas de mourir.

L'envoyé des étoiles venait juste d'arriver. Le président lui serrait la main. Flash ! Flash ! Flash !

Images mentales en 625 lignes.

Une musique métallique résonnait dans ma tête et - Flash ! - des journalistes s'agglutinaient autour du vaisseau inconnu venu de l'espace.

Moi, je me contentais de regarder, seul dans mon coin, tandis que William S. Cut/up découpait avec une mauvaise paire de ciseaux un texte peu connu de Théodore Sturgeon. Sur la dernière page du magazine, je m'en souviens très bien, il y avait la petite fille de papier. Elle s'appelait Gina. Elle était italienne. Brune. Presque nue. Une culotte de dentelle. C'est tout ce dont je me rappelle. Je ne revois même pas les seins aux pointes roses. Mais peut-être cela n'a-t-il aucune importance. Seulement le rasoir.

D'autres, sans doute aussi William S., se souviendront sur la dernière page, des vêtements de la petite fille de papier. Il fallait les découper soigneusement et replier les onglet pour la vêtir.

L'envoyé des étoiles... Ce ne pouvait être qu'en 1965...

Le président souriait. Flash ! William cut/up Burroughs écrivait une longue lettre à Théodore Sturgeon.

Réglage de la stabilité horizontale.

Elle s'appelait Gina. La lame tranchante du rasoir découpait la culotte de papier.

Un peu de ton sang rougissait la dernière page du magazine. Et ma tête s'incendiait aux dérapages d'une musique d'Heiner Stadler. Cut/up.

L'envoyé des étoiles parlait dans ma tête. Il s'appelait Théodore S. Et je crois bien que sur sa planète il rêvait d'étranges histoires qu'il écrirait certainement un jour.

Entrelacement imperceptible des lignes horizontales.

Le magazine s'imprégnait lentement de mon sang. Cut/up. Lentement de ton sang. Cut/up. Avidement de nos sangs mêlés. Cut/up. Jusqu'à la dernière goutte.

Dans un coin de la pièce William S. dormait.

Un bout de 1965 dérivait vers 1992.

Sur une musique d'Heiner Stadler, à moins que ce ne fut un autre...

Fondu au noir.

Ou peut-être... Cut/up.


Avec un peu de ton sang. Sur la lame d'un rasoir.

A moins que ce ne fut 1966.

Aucun commentaire

Mon calendrier
< Mar. 2010  
L M M J V S D
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    
Ma photo
Le Journanal du Markus
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Trafic
Noter ce blog :
1 5
20622 connectés
980106 visiteurs
Tribune libre
Mll MICHEL : Bonjour, je suis l'auteur de l'ouvrage "Nouvelles de l'ombre". Merci de récupérer le nouveau visuel et résumé sur le site edilivre.com.
Saxe : das liest sich gut an!
patrick : le journanal,ça recommence à déconner à mort
brian aldi : les supertoys durent tout l'été