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Publié le 05/11/2006 à 16:47
Par Marlon...Lefion
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Publié le 05/11/2006 à 17:05
Par Marlon...Lefion
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VISUELS DU SPECTACLE

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Publié le 05/11/2006 à 17:23
Par Marlon...Lefion

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Critique sur Cabaret - Le Musical aux Folies Bergères, sur Evene.fr


Cabaret CABARET
LIEU : LES FOLIES BERGÈRE - PARIS
LA NOTE EVENE :

Il était une fois une rencontre entre une oeuvre majeure de la scène new-yorkaise et une mythique salle parisienne, les Folies Bergère… ‘Cabaret’, le musical de Broadway, a conquis Paris. Depuis plusieurs mois déjà, difficile d’échapper à ce phénomène qui a fait se construire au sein de l’une des plus belles salles de la capitale une réplique fidèle du célèbre Kit Kat Klub : lampes de velours rouges, tables de bistrot, boule à facettes géante… A peine le pied posé dans l’antre du musical, le public est subjugué par le décor. Aux premières notes de ‘Wilkommen, Bienvenue, Welcome’, Emcee, le maître de cérémonie, présente sa folle cour décadente aux spectateurs. Grimé et affublé des tenues les plus excentriques, Fabian Richard brille et éclipse sans peine Joel Grey, pourtant inoubliable aux côtés de Liza Minelli dans le ‘Cabaret’ de Bob Fosse. Tout à coup, dans l’euphorie de cette atmosphère à la fois fascinante et contre-nature, celle que tout le monde attend fait une entrée fracassante : mesdames et messieurs, veuillez accueillir comme il se doit la renversante… Sally Bowles ! C’est une Claire Pérot à la voix impressionnante et à la présence immense qui brûle les planches dès son entrée sur scène. A la fois mutine, ingénue et manipulatrice, la jeune actrice ne peut laisser indifférent. Danseurs et musiciens, de Catherine Arditti à Pierre Regiani, tout ici sonne terriblement juste. Durant deux heures, les différents tableaux de cette période trouble de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres se succèdent avec une légèreté qui n’est qu’apparente. Au Kit Kat Klub tout est permis, car dehors c’est l’enfer du nazisme qui se met en place. Quand les dernières notes du final (et quel final ! mais nous n’en dirons pas plus…) retentissent, c’est à regret que l’on s’arrache des limbes du Kit Kat Klub. Enfin une comédie musicale digne de ce nom avec une dimension humaine plus que présente. On en redemande ! Emilie Vitel et Fanny Dutriez

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Critique sur Cabaret - Le Musical aux Folies Bergères, sur Le Monde.fr

SPECTACLE

Un "Cabaret" vif et impeccable

LE MONDE | 30.10.06 | 16h40 • Mis à jour le 30.10.06 | 16h41
Dans les coulisses des Folies Bergère, Claire Pérot, interprète de Sally Bowles, héroïne de Dans les coulisses des Folies Bergère, Claire Pérot, interprète de Sally Bowles, héroïne de "Cabaret", de John Kander, Fred Ebb et Joe Masteroff.

PHILIPPE WOJAZER/REUTERS

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C'est fou comme, ces jours-ci, les Folies Bergère ressemblent à l'un de ces théâtres de Broadway, sur la 45e ou la 46e Rue, à New York, avec leurs portes à battants, leurs hautes affiches étroites (photos glamour et charbonneuses d'Ellen von Unwerth). Au lendemain d'une première de gala marquée par la présence de Liza Minnelli, qui fut la vedette de la version filmée de Cabaret, tournée en 1971 par Bob Fosse, la comédie musicale Cabaret (1966) s'installe à Paris dans la mise en scène du cinéaste Sam Mendes, connu pour son film American Beauty (1999).

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Depuis 2004, le retour du "musical" anglo-saxon

La comédie musicale américaine classique (Cole Porter, George et Ira Gershwin, Jerome Kern, Irvin Berlin, etc.) était, entre les deux guerres, souvent présente sur les scènes françaises et parisiennes. Toujours donnée en v.f., elle cohabitait avec les genres légers hexagonaux (revues, opérettes à grand spectacle). Le musical anglo-saxon a ensuite cessé d'être régulièrement à l'affiche des théâtres français, remplacé, dans les années 1990, par des shows à grand spectacle à la française (type Le Roi-Soleil), où la musique et la danse restaient au niveau d'une émission de variétés télévisée.

En janvier 2004, le spectacle Fosse lançait, au Châtelet, le retour du genre anglo-saxon de qualité. Gros succès, vaste public. Deux mois plus tard, le triomphe inespéré de Chicago exige des prolongations au Casino de Paris. Le Violon sur le toit remporte, lui aussi, un immense succès en 2004, et lors de sa reprise en 2005, au même Casino de Paris. C'est sur le boulevard ouvert par ces spectacles que s'installe, probablement pour longtemps, la mise en scène par le cinéaste Sam Mendes de Cabaret, autre show emblématique de Broadway, dont la vie a été prolongée par sa version filmée, avec Liza Minnelli.


La production, financée par Stage Entertainment France, filiale de la multinationale hollandaise Stage Entertainment (4 700 employés, chiffre d'affaires annuel du plus de 500 millions d'euros, propriétaire du Théâtre Mogador et probable acquéreur des Folies Bergère), ne manque pas de moyens : une longue, coûteuse et très habile campagne publicitaire a "infiltré" tous les médias, exposant progressivement le nom d'inconnus, tous français, tels que la jeune Claire Pérot, qui reprend le rôle principal de Sally Bowles, la jeune danseuse du Kit Kat Club, lieu d'amours bisexuelles et libertaires dans le Berlin cosmopolite du début des années 1930.

Montée à Broadway, au légendaire Studio 54, qui venait de rouvrir, en 1998, puis dans six pays européens depuis sa création au Donmar Warehouse à Londres, en 1993, cette nouvelle mouture de Cabaret avait redonné un souffle au spectacle, dont la dernière reprise de la production originale datait de 1987 et n'avait pas obtenu le succès escompté. Pour tout le monde, Cabaret, c'était - et c'est toujours - le film de Bob Fosse, récompensé par huit Oscars.

Ainsi qu'en témoignent les auteurs de Cabaret, le compositeur John Kander et le parolier Fred Ebb (mort en 2004), auteurs à succès de Chicago (1975) et de la chanson New York New York pour le film homonyme de Martin Scorsese (1977), cette version de Sam Mendes "paraissait soudainement aussi innovante et osée que l'avait paru la production originale" (Colored Lights, Faber & Faber, 2003).

Il est vrai que Cabaret avait, à son époque, révolutionné ce genre dont 99 % des exemples étaient au service prioritaire de l'entertainment, du divertissement chorégraphique et musical sans arrière-pensées. Adapté du livre Adieu à Berlin (1939), de Christopher Isherwood, le spectacle révèle une palette qui va du graveleux explicite au grinçant le plus insidieux. La peinture de cette vie de débauche et de la rencontre d'une jeune danseuse anglaise, Sally Bowles, et d'un jeune romancier homosexuel, Cliff Bradshaw, est sous-tendue par le récit implacable de la montée du nazisme.

The Sound of Music, South Pacific et The King and I, de Rodgers et Hammerstein, avaient à leur manière traité du racisme. Mais Cabaret s'offre le luxe déconcertant de s'achever non pas en grand "final" et en "happy ending", mais sur l'évocation sans ambiguïté des camps de la mort nazis. On sort glacé de ce spectacle fort, culotté, essentiel.

DES SECONDS RÔLES PARFAITS

La version théâtrale recentre l'intérêt sur les dialogues, alertes et très bien traduits, et sur les excellentes chansons, écrites dans le style des années 1920 et 1930. Claire Pérot est éblouissante de naturel mutin, à la fois catin et enfant, elle est bonne comédienne, bonne danseuse et bonne chanteuse.

Le rôle omniprésent du Maître de cérémonie, créé par Joel Grey à la scène et à l'écran, revient à Fabian Richard, impudique et ambigu, mais d'une manière très différente de l'original. Qu'il soit en tenue SM et moulante, en manteau de nazi ou en habit à rayures des camps, son talent éclate. Même si elle ne chante pas très bien, Catherine Arditi est bouleversante dans le rôle de Fraülein Schneider, créé à la scène par Lotte Lenya, la veuve de Kurt Weill.

Autour d'eux, des seconds rôles parfaits, une troupe épatante, vive, sexy, un orchestre tonique. Tout cela prouve que les Français sont capables d'un professionnalisme impeccable et multi-facettes à l'anglo-saxonne (certains acteurs et danseurs jouent aussi d'un instrument). La mise en scène de Sam Mendes et la chorégraphie de Rob Marshall sont d'une efficacité minimaliste prodigieuse dans ces Folies Bergère rhabillées en Kit Kat Club avec petites tables à loupiotes où le public sirote. On ne sort pas indemne de Cabaret, mais on n'a qu'une envie : y retourner.

 


Cabaret, de John Kander, Fred Ebb et Joe Masteroff. Avec Claire Pérot (Sally Bowles), Fabian Richard (le Maître de cérémonie), Catherine Arditi (Fräulein Schneider), Pierre Reggiani (Herr Schultz), Geoffroy Guerrier (Clifford Bradshaw), orchestre dirigé par Daniel Glet, Same Mendes (mise en scène), Rob Marshall (mise en scène et chorégraphie). Folies Bergère, 32, rue Richer, Paris-9e. Tél. : 08-20-84-25-38 (0,12 €/mn). M° Grands-Boulevards, Cadet. Jusqu'au 31 décembre. De 25 € à 80 €. www.cabaret-lemusical.fr

Renaud Machart
Article paru dans l'édition du 31.10.06.


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