Ici, quand ça lui chante, à 7 heures 53, plus tôt ou plus tard, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ourse, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
tassuad : ce jour là j'étais à Santa Reparata di Balagna dans la salle communale où un orchestre jouait , j'ai sorti mon harmo et je fus accepté illico
Le Doc : Va être épuisée la danseuse,elle est en transe depuis le 24 mai!
Cigale : Ben ca lui chante pas souvent à 7H53
Nostalgie : Pourquoi nous priver de tous ces jolis textes nous sommes orphelins de ce blog. Tristes aussi. Amitiès
TASSUAD : AVEC DE LA CHANTILLY MAISON
Owlette : Dessert: 2 tartes..2!
Roger : Mais quelle surprise,pourqu oi ne pas parler de moi, je le vaut bien
MARTINE : Ifrance ne veut pas de moi ! Et zut... Je hais la technique...
Acrostiche : Nous souhaitons ta présence.Se souvenir c'est bien mais lire c'est mieux REVIENS
Acrostiche : Rine que de temps en temps.Etpour nous faire plaisir.Viens nous distraire.Inven tes,tu sais si bien le faire.Emportes nous dans tes contes.
Un ami : Si tu pleures trop parceque tu as perdu ton soleil,tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.
Le blog : C'est le desert total, je suis désespéré, je commence une dépréssion.
C'est Nous : Pourquoi nous laisser tomber?
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Nostalgie : Comme ce blog manque! 2 fois par semaine c'est trop demander?
tassuad : je l'ai vu en concert il y a longtemps un bonheur !!!
micorne : Barbara, un vrai bonheur merci Martine
Owlette : Sublime Barbara! Vive les 100000
3 connecté : pour quoi? ils attendent le passage des coureurs ? dopés
connecté : 6 connectés ? circulez ya rien à voir
Le Blog : He alors Martine ? Et moi, suis toujours là, j'ai faim, donnes moi des mots svp.
tassuad : le blog est mort ! vive le blog !
Ouf : Il était temps!
Kikéla : chouette la blogueuese.Quel le bonne surprise . youpi tralala
tassuad : digne? dingue? tong?
Enfin : Le retour. Sonnes les Martines !
Owlette : tout, blog et carabistouilles confondus
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Publié le Vendredi 28 septembre 2007 à 17:57
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Il y a plus de quinze ans, j’ai rencontré, au détour d’un joli hasard, une âme heureuse dans un corps heureux quoique déjà meurtri. Mais le corps pouvait encore cacher sa blessure et n’entravait encore que vaguement l’âme de son hôte. Je savais que ce corps couvait l’une de ces sales maladies qui ne m’inspirent que des mots d’insultes. Une maladie génétique dont je n’ai même pas envie de prononcer le nom en guise de révolte aussi piètre soit-elle. On fait ce qu’on peut contre ce genre d’injustice. Et là, en l’occurrence, on n’y peut rien. Je venais de rencontrer une chouette nana et j’en étais ravie. Fous rires, soirées sympas, discussions profondes ou totalement anodines, jeux de mots hilarants… Et son corps s’est déglingué, la maladie cherchait insidieusement à s’infiltrer dans toutes les failles pour lesquelles son corps n’était plus armé. Elle y est parvenue la diablesse. Elle abordait ces viles attaques avec philosophie. J’ai toujours eu beaucoup de fascination pour la façon dont elle semblait accepter les choses. Et puis, elle n’était pas seule pour combattre, elle avait l’amour. Ces amours que l’on croit invincibles, capables de surmonter vents et marées tout simplement parce que cet amour « savait » et qu’il ne fuyait pas. Et puis les années ont passé, elle a dû quitter la Corse. Hôpitaux, rechutes, traitements, cures puis canne, puis fauteuil. Puis voilà. Puis zut. Puis c’est comme ça. Puis on fera avec. Facile pour moi. Terrible pour elle. Insurmontable pour lui. Mais son âme est restée intacte. Une que la maladie n’a pas eue. Contrairement à ce que beaucoup d’entre nous auraient fait dans une telle situation, elle ne s’est jamais plaint, a continué à rire et à se moquer même souvent d’elle-même avec une dérision déstabilisante. Et son amour s’est fait la malle en emportant dans sa valise toutes ses évidences. Pas si simple… Nous nous sommes revues, téléphoné, envoyé des courriels. Nous n’avons jamais rompu le contact. L’amitié peut être tenace. Rassurant, n’est-ce pas ? Et là, elle vient de m’écrire… « Martine ma fille, et si tu pouvais essayer de pondre quelque chose au sujet d'une fille qui à l'aube de ses 26 ans a tout perdu, de sa personnalité, de ce qui faisait qu'elle était elle, pleine de vie et d'Amour, à recevoir et à donner... des jours où elle se sentait tout amour, tout projet à venir, prête à mordre dans cet Ailleurs qu'elle recherchait depuis toujours en s'expatriant à l'Ouest, à l'Est, traversant les mers, les lacs... pour un autre côté toujours plein de surprises... qui aimait bouger, courir, danser, crapahuter, randonner, rigoler, plaisanter, dessiner, photographier la Vie... et tout ça fauchée un beau matin d'automne par la maladie... plein de copains copines envolés, l'envie de mettre fin violemment à tout ça et « sauvée » malgré tout par « l'amour » d'un amour passé, qui n'avait pas bien saisi la lourde tâche qui était de prendre soin de l'être qui n'était plus ce qu'il avait connu... un être blessé, écorché, qui jamais n'accepterait d'oublier tout ce qui lui avait été pris et qui ne reviendrait jamais... il fallait patience, compréhension, encouragement... ce n'était pas facile, inconsciemment elle le savait, mais elle ne lui avait rien demandé... il n'a pas su... » Alors ma vieille, pondre ton histoire ? Non, tu écris trop bien. C’est à toi de le faire. Pourtant je la connais autant que toi tu connais la mienne… Nous avons suffisamment parlé toutes les deux… Sais-tu que tu es la seule personne au monde avec laquelle je parle de la mort entre deux fous rires ?
Sache, ma vieille, que tes copines ne se sont pas toutes envolées.
Tu trouves que ton fauteuil est encombrant ? Je m’en tape de ton fauteuil. Ce n’est pas l’étroitesse des portes et le nombre de marches qui nous ont empêchées de rentrer où que ce soit lorsque tu étais en Corse cet été, non ? D’autant plus que les bras musclés qui se précipitent pour donner un coup de main sont parfois fort intéressants… Les gens sont gentils avec toi ? Tant mieux, laisse-les faire. Tes amis en profitent autant que toi aux caisses des supermarchés et dans les files d’attente… Tu as bien vu que lorsque nous étions quelque part où nous pouvions danser, je le faisais quand même alors que toi, tu ne le peux pas. Tu n’aimes pas que tes proches fassent des concessions pour toi ? Tu vois, je n’en fais pas et tu le sais bien.
Je n’ai pas envie que tu souffres. Je veux que tu vives. Que tes sourires profitent à d’autres. Tu as une multitude de choses à donner et à recevoir. N’arrête pas. Et si j’ai décidé, sans te prévenir, de rédiger cet article c’est… pour voir si tu lis mon blog ! Attention, interrogation écrite demain matin ! Mais non… J’ai dit un jour ici que j’écrivais parfois des hommages. C’en est un. J’en ai assez que tu te caches. Je t’ai sortie de ton trou, voilà tout. C’est ma façon à moi de te dire : que tu sois déglinguée ou non, je t’aime, ma vieille.
Publié le Jeudi 27 septembre 2007 à 17:52
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique
Aujourd’hui, pour en faire un jour différent, j’ai opté pour la prévoyance. Pas question de feeling, j’ai décidé de suivre les instructions de mon horoscope à la lettre. J’en ai consulté plusieurs et je ferai tout ce qu’ils me disent. Ils sont forts ces gens-là, on peut leur faire confiance…
Hormis que tous les horoscopes m’ont confirmé que j’étais du signe du Lion (si il y a d’autres Lions dans la salle, ils pourront également en profiter), que j’ai découvert avec une grande émotion que j’étais née le même jour, même mois, même année qu’Antonio Banderas (il en a de la chance !), voici, en plusieurs horoscopes, ce que me réserve ma journée.
1) Célibataires, vous séduirez par votre fougue, votre ardeur. Celui que vous aimez et que vous avez décidé d'épouser se laissera emporter dans ce tourbillon de passion. Pensez à lui demander son avis ! Quand la pauvreté frappe à la porte, l'amour s'enfuit par la fenêtre (proverbe allemand).
« Dis, toi qui n’existe pas, si tu m’aimes, veux-tu me prendre pour épouse ? »
Parce que le « tourbillon de passion », Bondad divina (le « bonté divine » en espagnol, c’est juste au cas où Antonio serait dans les parages) ! J’en veux ! Finalement, après avoir lu le proverbe allemand, je reformule ma question : « Dis, toi qui n’existe pas, si tu es riche et que tu m’aimes, veux-tu me prendre pour épouse ? ». Et puis en même temps que je lui demanderai son avis, il faudra aussi que je pense à lui demander son nom. 2) La Lune est en harmonie avec votre Jupiter natal : votre joie de vivre et votre entrain font le bonheur de ceux qui vous entourent. Cette journée devrait être placée sous le signe de la bonne humeur, et devrait vous réserver d'agréables moments dans votre univers personnel. Mon Jupiter natal ! Mamaaaan ! Pourquoi m’as-tu fait croire que j’étais née à Créteil aux aurores ? Suis-je une enfant adoptée ? Vas-y, dis-moi la vérité… Je suis prête… 3) Contrairement à d'autres signes très anti-conformistes, vous êtes une chaude partisane de la loi et de l'ordre. Ainsi, le mariage représente pour vous une institution utile qu'il faut préserver. À l'occasion de vos noces, jour mémorable entre tous, vous donnez libre cours à votre goût du faste. Et, si les circonstances et votre conjoint le permettent, vous vous offrez une cérémonie brillante et une réception grandiose. Comme vous êtes une passionnée, éprise d'absolu, vous avez toutes les chances de faire un mariage d'amour. Cependant, si votre partenaire possède une personnalité aussi forte que la vôtre, des tensions finissent par se produire au fil du temps. Pourtant, vous attachez beaucoup d'importance aux apparences. Vous n'envisagerez donc le divorce qu'en dernière extrémité et mettrez toujours un point d'honneur à donner, à l'extérieur, l'image d'un couple uni et d'un bonheur sans nuages, rien que pour le plaisir de voir la jalousie et l'envie assombrir les yeux de vos relations !
Voilà un horoscope étonnant. En quelques lignes, il me marie en grande pompe, m’avertit que si mon mari n’est pas trop niais, je vais rapidement le regretter mais que pour faire bisquer mes copines je vais faire croire au bonheur parfait, et là, seulement si elles ne bisquent pas, je divorce. Il me semble que je vais à nouveau reformuler ma question : « Dis, toi qui n’existe pas, si tu es riche, niais et que tu m’aimes, veux-tu me prendre pour épouse ? »
4) Vous aurez besoin de vous assurer que vous plaisez à tout prix. Vos tendances excessives vous font prendre des risques notamment si vous cherchez de nouvelles rencontres. Votre expansion se poursuit.
Quelles tendances excessives ? Quelle expansion ? Je vais grossir, c’est ça ? Mais si je dois m’assurer que je plais à tout prix, comment puis-je poursuivre mon expansion dans ces conditions ? Non, là, j’ai raté quelque chose. Comment voulez-vous que je prenne du poids alors que je construis moi-même actuellement une aile à ma maison, réplique exacte de l’Aile du Midi du château de Versailles ?
5) La journée devrait être placée sous le signe de l'amour ! Tout est réuni pour que vous rencontriez l'âme soeur. Si c'est déjà fait, votre relation devrait être au mieux, les querelles disparaîtront et tout finira sur l'oreiller.
Aaaaah ! Enfin je rencontre mon âme sœur ! Il était temps que l’on m’en parle vu qu’après la petite querelle, je dois l’épouser dans la journée.
6) Si vous êtes célibataire, une attirance peut se transformer en « coup de foudre » ! Bien entendu, il faudra que le transit passé d’autres pôles d’intérêt se crée, mais cette période est généralement bien vécue sur le plan sentimental.
Qu’appellent-ils le « transit passé d’autres pôles d’intérêt » ? Là, je cale… Quoique finalement, cela n’a aucune importance puisque le docteur es horoscope précise que cette période est généralement bien vécue. Autre chose, pourquoi ont-ils mis le coup de foudre entre guillemets ? Une mode ?
7) Vous devriez changer quelque chose au sein du foyer. Déléguer une partie des corvées : il vous faut créer, imaginer pour être heureux(se). Quelle idée délicieuse de savoir que le bonheur réside dans le partage des corvées ! Création, imagination… Disposer joliment la vaisselle dans l’égouttoir… Passer la serpillière en réalisant des magnifiques traces mouillées en arabesques sur le sol… Et puis comme il faut partager, Monsieur étendra le linge en respectant un dégradé de couleurs assorti aux pinces à linge et disposera harmonieusement ses chaussettes et ses chaussures en « nature morte » sur le buffet de la salle à manger… A compter d’aujourd’hui la ménagère s’appellera donc « l’artiste de moins de cinquante ans ». Je récapitule. Je suis née une nuit de pleine lune à Jupiter probablement sous un pont puisque je fus ensuite adoptée. Artiste-ménagère totalement conformiste, je vais rencontrer aujourd’hui mon âme sœur, un homme riche et niais mais qui m’aime. Je vais dans la même journée connaître le coup de foudre entre guillemets et l’épouser en grande pompe. En même temps, je dois commencer un régime. Juste avant la noce, il me faut laisser passer le transit d’autres pôles d’intérêt mais je n’ai aucun souci puisque je ne sais pas de quoi il s’agit et que de toute façon, cela n’influera pas sur mon mariage. Enfin, avant la nuit de noces, il me faudra épingler sur le réfrigérateur la répartition des tâches de l’art ménager. Très instructive la lecture de l’horoscope. Nous apprenons ainsi sur nous-mêmes une multitude de choses totalement ignorées. Quand je pense à tous les horoscopes que j’ai ratés ! Quel gâchis. Alors, qui veut être mon témoin ? Qui vient de dire « et le mari ? » ? Quel mari ? Tiens, j’ai une idée. Je vais demander à cette géniale Jacqueline (cf. Forum) de me dessiner un mari en fresque (cela m’épargnera ainsi ses frasques et par ricochet que je lui jette ses frusques sur le paillasson). Et puis cela laissera aussi une chance à Antonio…
Publié le Mercredi 26 septembre 2007 à 17:55
Par Martine Rousset
Lazare,
J’ai lu ce matin « le passage » que vous aviez laissé sur la table… J’ignore si il m’était destiné mais j'ai pris la liberté de lire. Et vous m’avez émue. Profondément émue. Comment n’ai-je pas compris toute seule que d’accepter de baisser les armes était pour vous un combat aussi douloureux ? C’est justement pour que vous compreniez que je ne désire surtout pas vous piéger que je vous ai posé la fameuse question saugrenue de la salière. Et bien évidemment, vous l’avez deviné, je me posais au passage la même question. Je voulais, l’espace d’un instant, que nous anticipions sur notre relation. J’ai peur du temps qui passe Lazare… Pas la peur de vieillir, non, juste la crainte qu’un grain de sable du sablier du Temps ne se perde encore. J’en ai perdu tant… Voilà pourquoi probablement j’en cherchais un. Et le Temps m’aurait-il fait l’incroyable cadeau d’un grain de sable ? Vous ? Je ne suis pas sûre de moi. Comment pourrais-je être sûre de vous ? C'est la raison pour laquelle j'ai dit de vous que vous étiez mon « peut-être ». Je vous avoue que je n’avais jamais laissé ma porte ainsi entrouverte depuis fort longtemps. Comme vous, mes histoires passées m’ont inspiré la prudence. Mais savez-vous seulement que vous êtes mon premier « peut-être » ? Dans le passé, tout m’a porté à croire que l’amour aboutissait infailliblement à l’ennui. Et vous, Lazare, vous surgissez avec votre strip poker de Don Juan, votre verve de Don Camillo et votre armure fêlée de Don Quichotte ! Vous m’avez surprise, voilà tout. Je vous avais espéré sans imaginer que vous pouviez exister.
Nous sommes finalement des gens bien ordinaires tous les deux. Notre rencontre est extraordinaire mais pas nous. Je ne sais pas dire les choses aussi bien que vous. Je ne sais que dessiner. Quand j’ai mal, mes lapins pleurent. Si ils rient, c’est que je ris aussi. En définitive, une seule question subsiste : acceptons-nous de prendre le risque d’emprunter le chemin de la salière pour peut-être, finalement, ne plus être ensemble pour se la demander ? Vous voulez savoir si je vous aime ? Peut-être bien. N’avez-vous pas remarqué que mes lapins rient tous en ce moment ? A chacun sa façon de dire les choses. Votre Nina. « L’Amour prit le sablier du Temps et le retourna dans ses mains étincelantes. Chaque moment, sous la secousse légère, s’écoula en sable d’or… » (Lord Alfred Tennyson, Locksley Hall)
Publié le Mardi 25 septembre 2007 à 17:50
Par Martine Rousset
Mon père était garde-barrière. Un frais matin de printemps, alors qu’il abaissait les barrières du passage à niveau, celui-ci entendit brusquement des cris qui s'échappaient de la petite gare. Il attendit consciencieusement le passage du train et se rua vers la maisonnette. Ma mère allait accoucher. Mon passage fut un peu laborieux mais dès que je me suis trouvé dans les bras de ma mère, tout fut vite oublié. Mon père me donna le prénom de Lazare par ambition. Sa gare à lui était si minuscule… J’étais un petit garçon espiègle. J’adorais me promener dans le champ près de chez moi et là, à califourchon sur une branche de l’unique pommier, aux premiers beaux jours, je surveillais le passage des hirondelles et m’interrogeais sur le fait que l’on disait d’elles qu’elles ne faisaient pas toujours le printemps alors que c’était écrit sur mon calendrier des Postes.
Dans mon champ, je parlais aux coccinelles et aux abeilles. Elles me répondaient et il arrivait souvent que j’en oublie que le soleil se couchait lui aussi. Je leur expliquais qu’elle devait être prudentes car les hommes allaient bien un jour les intoxiquer avec leurs pesticides. Je dessinai un jour pour elles un masque à gaz miniature dont je leur montrai le plan. J’ai laissé le plan sur le sol et le lendemain, il n’y était plus. Elles l’avaient emmené...
Dès mon passage de l’école maternelle à l’école primaire, j’acquis très rapidement la lecture et me plongeai dans tous les livres que je trouvais. Un jour que je n’avais plus rien à lire, j’empruntai à mes parents l’annuaire du téléphone et l’emmenai avec moi sur mon pommier. Je fus émerveillé de trouver autant de personnages dans un seul ouvrage. Quelle imagination débordante avait donc cet auteur pour inventer autant de noms différents ! J’ai même écrit une lettre à ce mystérieux Monsieur P. T. T. pour lui demander si il prévoyait de sortir le second tome. Il ne m’a pas répondu.
A l’adolescence, je m’intéressais de très (mais vraiment très) près aux jeunes filles de mon âge. Comme tout le monde.
Je me rebellais également contre tout et refaisais le monde chaque matin avec une telle conviction que chaque soir, je m’endormais avec la certitude que moi, Lazare, j’avais le pouvoir de tout changer. Les gens ne se posaient pas suffisamment de questions et cela m’agaçait. A vingt ans, j’organisais une manifestation pour les questions. A vingt-trois ans, j’en organisais une contre les mauvaises réponses… Aujourd’hui, j’ai des questions et je n’ai pas de réponses, ni bonnes, ni mauvaises.
Mes études terminées, je devins conseil littéraire et m’amusai à exiger la photographie des femmes qui m’envoyaient leurs textes. Crédules, elles s’y pliaient sans imaginer un seul instant qu’il s’agissait bien souvent du meilleur passage qu’elles me livraient ainsi… Je papillonnai de bas-bleu en bas résille, sans aucun désir d’escale. Jusqu’au jour où… … dans un train, je rencontrai Denise, une commerçante qui ne ressentit jamais le besoin d’écrire autre chose que sa comptabilité. C’était un joli bout de femme, spirituelle, cultivée et séduisante. Fou amoureux, je ne regardai alors plus le monde qu’à travers elle. Je lui fis béatement deux enfants et laissai le temps s’égrener en douceur, me laissant porter avec délice. Sans questions alors que je militais auparavant pour qu’on s’en pose. Quand Denise me quitta, le choc fut effroyable. Elle ne m’aimait plus… Abominable passage à tabac de tout mon être. Totalement électrocuté par cette décision à laquelle je ne m’attendais pas, je me retranchai dans la solitude et fis de ma cheminée ma seule interlocutrice et ma confidente. En quelques secondes, je passai du bonheur à la souffrance. Ecorché par l’amour, je tentai de panser ma plaie dans l’isolement. Passage à vide cruel de l’être qui s’aperçoit soudain qu’il est un funambule et que son équilibre est bien précaire… Le temps passant, petit à petit, je me raccrochai à nouveau au monde, ne me contentant cependant que de quelques amis triés sur le volet. Mais ils étaient fidèles. C’est à cette époque que je me pris d’une passion subite pour les cocktails pour lesquels je prenais un plaisir fou à en effectuer les mélanges de couleurs et de goûts. C’est également à cette époque que je repris mon papillonnage abandonné un jour pour une seule femme. Je savais qu’aucune d’entre elles ne me prendrait encore. J’avais goûté à la déchirure, je ne prendrai plus jamais le risque d’en subir une nouvelle. J’en étais convaincu. En lutte perpétuelle contre la moindre étincelle amoureuse, je lui barrais le passage dès qu’elle semblait poindre son nez à l’horizon. Non. Plus jamais. Jusqu’à ce que Nina me surprenne avec son grain de sel… Une Nina au naturel désarmant. Une Nina qui prit de jour en jour, un peu plus de place dans mon univers. Une Nina qui, sans le savoir, se frayait un passage dans mon cœur endurci de guerrier. J’ai su que j’étais pris au piège, le jour où elle oublia son grand pull gris chez moi avant de rentrer chez elle. Eh bien, vous savez quoi ? Quand j’ai pris ce pull dans mes mains et que j’ai senti son odeur, j’ai eu mal… C’était l’odeur de l’absence… Elle me manquait. J’étais cuit ! Vous l’avez remarqué, la vie est faite de passages. Nous déambulons de passage en passage… Nina, c’est mon passage protégé. J’ai baissé les armes, elle le sait. Elle, pas encore. Son histoire de passage de la salière est un leurre. Ce n’est pas à moi qu’elle a posé la question, c’est à elle-même… Alors si au passage elle trouve une réponse, j’ose espérer que j’en profiterai… Nous ne sommes que des voyageurs de passage, il ne faut rien rater. J’ai mis plus de cinquante ans à le comprendre. L’essentiel est invisible pour les yeux (Antoine de Saint-Exupéry).
Publié le Lundi 24 septembre 2007 à 17:43
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Vous y avez cru ? Vous ne vous imaginez tout de même pas que nous sommes là pour parler politique ! Politique, religion, éducation des enfants… les trois mamelles de la discorde. La simple mention d’un président de la République dans l’histoire de Nina et Lazare a suffi à donner le blues à quelques lecteurs… Etonnant comme parfois des mots surgissent d’un rêve et nous ramènent soudain à une triste réalité ! Nous avons tous des soucis et des révoltes, entraînons-nous à les oublier le temps de ne pas en parler. N’est-il pas bien plus amusant, par exemple, de se souvenir de son premier flirt ? J’accorde ici une pause à chacun d’entre vous pour qu’il se le remémore.
Alors ?
Vous souvenez-vous au moins de son prénom (moi non, juste de la marque de sa belle moto rouge et blanche qui rendait mes copines vertes de jalousie…) ? Vous rappelez-vous que nous disions alors que nous « sortions » avec Untel(le). Il nous arrivait même d’envoyer notre meilleur copain (ou copine) en messager pour annoncer au fameux Untel(le) que voulions « sortir » avec lui (ou elle)…
Sortir ? Quelle étrange expression. Sortir où ? Personnellement, j’ai un souvenir amusant d’un petit mot envoyé par un prétendant alors que j’étais une toute jeune fille à peine libérée des poupées Barbie. Je me trouvais chez un camarade de classe pour travailler avec lui pour un exposé quelconque quand il me passa soudain un petit mot griffonné par son frère aîné : « Si tu veux sortir avec moi, rendez-vous dans le cagibi »… Totalement paradoxal. Sortir dans un cagibi… Ceci dit, à l’époque, ce n’est pas l’absurdité de la phrase qui m’a interpellée mais plutôt le côté boutonneux du grand frère ! Nous étions bien cruels… Je me souviens de ma meilleure amie et de cet amoureux transi qui surgit un jour au milieu de notre groupe d’adolescents affalés mollement sur un banc. Il était en vélo, le bas de son pantalon soigneusement resserré par des pinces et, tout cramoisi, il lui amenait un petit bouquet de fleurs pour lui déclarer sa flamme… Il n’est jamais revenu… Le groupe entier se tordit de rire… Mon amie fut tétanisée par la honte… Pourtant, c’était si joli… Je suis certaine que ce garçon échappé d’un autre siècle aurait pu être Lazare… Et Lazare ? Et Nina ? Ils sont nés adultes dans mon imagination mais ont-ils eu une enfance ? Une adolescence ? Un premier flirt ? Par quelle mystérieuse alchimie seraient-ils arrivés à cette phase de lutte permanente de l’un contre l’autre, et ensemble contre une simple salière ? Ils sont trop vivants pour ne pas avoir un passé. - Lazare ? Vous dormez ? - Non, je regarde le défilé celtique à la télévision. Ils m’ont piqué l’idée des Champs Elysées… Ils doit y avoir des Bretons qui lisent votre blog ! - Vous ne voudriez pas plutôt me raconter quelques bribes de votre vie avant celle que je vous ai donnée ? - Cela vous intéresse donc tant que cela ? - Oui… - Bon, vous me laissez regarder la fin du défilé de binious et de kilts, et ensuite je vous écris un petit quelque chose pour un de ces jours prochains. Ça vous va ? - Merci Lazare. Nous demanderons également à Nina, si toutefois elle accepte de sortir de l’ombre…
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