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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, quand ça lui chante, à 7 heures 53, plus tôt ou plus tard, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ourse, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
Trafic
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Tribune libre
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
tassuad : ce jour là j'étais à Santa Reparata di Balagna dans la salle communale où un orchestre jouait , j'ai sorti mon harmo et je fus accepté illico
Le Doc : Va être épuisée la danseuse,elle est en transe depuis le 24 mai!
Cigale : Ben ca lui chante pas souvent à 7H53
Nostalgie : Pourquoi nous priver de tous ces jolis textes nous sommes orphelins de ce blog. Tristes aussi. Amitiès
TASSUAD : AVEC DE LA CHANTILLY MAISON
Owlette : Dessert: 2 tartes..2!
Roger : Mais quelle surprise,pourqu oi ne pas parler de moi, je le vaut bien
MARTINE : Ifrance ne veut pas de moi ! Et zut... Je hais la technique...
Acrostiche : Nous souhaitons ta présence.Se souvenir c'est bien mais lire c'est mieux REVIENS
Acrostiche : Rine que de temps en temps.Etpour nous faire plaisir.Viens nous distraire.Inven tes,tu sais si bien le faire.Emportes nous dans tes contes.
Un ami : Si tu pleures trop parceque tu as perdu ton soleil,tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.
Le blog : C'est le desert total, je suis désespéré, je commence une dépréssion.
C'est Nous : Pourquoi nous laisser tomber?
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Nostalgie : Comme ce blog manque! 2 fois par semaine c'est trop demander?
tassuad : je l'ai vu en concert il y a longtemps un bonheur !!!
micorne : Barbara, un vrai bonheur merci Martine
Owlette : Sublime Barbara! Vive les 100000
3 connecté : pour quoi? ils attendent le passage des coureurs ? dopés
connecté : 6 connectés ? circulez ya rien à voir
Le Blog : He alors Martine ? Et moi, suis toujours là, j'ai faim, donnes moi des mots svp.
tassuad : le blog est mort ! vive le blog !
Ouf : Il était temps!
Kikéla : chouette la blogueuese.Quel le bonne surprise . youpi tralala
tassuad : digne? dingue? tong?
Enfin : Le retour. Sonnes les Martines !
Owlette : tout, blog et carabistouilles confondus
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Publié le Dimanche 23 septembre 2007 à 17:47
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

Bleu douceur

Bleu douleur
Bleu lavande aux reflets odorants

Bleu fleuri du myosotis ou du bleuet

Bleu ciel à l’infini

Bleu marine pour s’y plonger

Bleu turquoise pour y rêver

Bleu de l’oiseau du poète

Bleu nuit empreint de mystère

Bleu mélancolique de l’âme

Bleu doublé d’un regard

Bleu glacé de la peur

Bleu déchaînant du blues

Bleu de l’ange de Lola-Lola

Bleu des soldats de la paix

Bleu roi à en perdre la tête

Bleu du lagon de bluette

Bleu pervenche sous l'essuie-glace

Bleu ovale de calendrier à la mode

Bleu barbu d’assassin polygame

Bleu schtroumpfé du Schtroumpf

Bleu du steak surpris

Bleu du cordon gastronome

Bleu maladroit du débutant

Bleu …


Et vous ? Que vous inspire le bleu ? Les commentaires sont là pour être azurés.

Vos bleus

 

Bleu Diogène :

Je me sens comme un bleu bite chez les bas-bleus.

 

Bleu Jean-Paul Ceccaldi :

Bleu nuit de fantôme
Bleu du spectre
Bleu de la colère
Bleu d’hématome

Bleu du feu
Bleu de la peur
Bleu du sang
Bleu d’enfant

Bleu de froid
Bleu canard
Bleu de lessive

Et le bleu de Diogène ?
Bleu est-il haine ?
Bleu est-il noir ?

Bleu de bluette
Affleurement bleuâtre du noir
Bleuissement des paupières fermées
Allez ! Allez, ô jeune fille…
Allez cueillir des bluettes dans votre jardin secret…
Ecrivez-les avec de l’encre bleue…
Ignorez Diogène et ses mouchetures noires.

Bleu Owlette :
Bleu nuit où tous les chats sont gris.

Bleu Micorne :
Bleu de prusse sans casque à pointe
Bleu arc-en-ciel
Bleu lagon nirvana
Bleu marine en goguette
Bleu caravane de touaregs.
 

Bleu Zab :
Bleu quand ça fait mal
Bleu quand tout va mal
Bleu quand c'est pas rose la vie
Bleu partout sur mon corps dans mon coeur.




Les commentaires

Publié le 23 septembre 2007
Par diogène
diogène@hotmail.fr
Je me sens comme un bleu bite chez les bas-bleus


Publié le 23 septembre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Bleu nuit de fantôme
Bleu du spectre
Bleu de la colère
Bleu d’hématome

Bleu du feu
Bleu de la peur
Bleu du sang
Bleu d’enfant

Bleu de froid
Bleu canard
Bleu de lessive

Et le bleu de Diogène ?
Bleu est-il haine ?
Bleu est-il noir ?

Bleu de bluette
Affleurement bleuâtre du noir
Bleuissement des paupières fermées
Allez ! Allez, ô jeune fille…
Allez cueillir des bluettes dans votre jardin secret…
Ecrivez-les avec de l’encre bleue…
Ignorez Diogène et ses mouchetures noires.


Publié le 23 septembre 2007
Par micorne
bleu de prusse sans casque à pointe
bleu arc-en-ciel
bleu lagon nirvana
bleu marine en goguette

Publié le 24 septembre 2007
Par zab
isabolo@wanadoo.fr
Bleu quand ça fait mal
Bleu quand tout va mal
Bleu quand c'est pas rose la vie
Bleu partout sur mon corps dans mon coeur
Publié le Samedi 22 septembre 2007 à 18:08
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie

L’argot et ses expressions plus qu’imagées, souvent drôles et parfois poétiques, font de toute évidence partie du patrimoine de la langue française.

Alors, sans faire de sociolinguistique (surtout pas !), laissons-nous juste aller à ventiler notre flemme et allons jaspiner et rouscailler bigorne.

Déjà, première chose. Sachez que nous ne naissons pas mais que nos mères sortent leur côtelette… Et alors que nous serons encore à l’état de têtards dans nos berceaux, nous n’aurons pas faim mais nous ne penserons qu’à grailler jusqu’à nous en faire péter la sous-ventrière...

 

Les  adolescents paresseux à la peau trop courte que nous deviendrons plus tard tomberont alors amoureux pour la première fois. N’est-il pas joli à cette occasion de recevoir son premier coup de soleil ?
 

Et, ainsi va la vie, nous boirons quelques verres de trop… C’est là que nous chausserons nos premières pompes à bascule et prendrons notre lit en marche. Qui ne s’est pas un peu trop graissé le toboggan à cet âge ?

 

Je ne vous préciserai pas ce que signifie « se mettre à cinq contre un », « se tirer sur l’élastique » ou « agacer le sous-préfet », je vous laisse imaginer…

 

On dira des grands qu’il fait froid dans leur ombre, des petits qu’ils sont des loin-du-ciel, des maigres qu’ils sont gras comme un balai et des gros qu’ils centkilosent.

 

Une fois adultes, certains hommes à la calvitie naissante verront finalement leur crâne servir de skating à mouches. Ne faites pas cette tronche de faire-part messieurs ! Pour les femmes, ce n’est pas mieux puisque après avoir fièrement mis leurs fruits sur l’étagère (ou leurs pamplemousses en devanture), leurs lolos tomberont en mou de veau, en oreilles d’épagneul ou en pelotes à épingles. Réjouissant hein ?

 

Et nous auteurs, que sommes-nous dans tout ça ? Des gratte-papiers, des graffignoux, des fafioteurs, des chieurs d’encre, des brodeurs, des brodancheurs, des barbouilleurs de papier ou des babillardeurs…
Tout ça rien que pour nous ! Voilà de quoi nous mettre les doigts de pied en bouquet de violettes n’est-ce pas ? Quant à savoir si cela nous permettra de baigner dans le beurre, d’être cousus de guinées ou d’être dorés sur tranche, ma foi…

 

Et puis un jour, on perd le goût du pain… On casse sa pipe et on enfile notre paletot de sapin. Paix à notre âme.


Allez, je me suis suffisamment mis les boyaux en spirale et j’ai assez montré les tabourets de ma gargote. Il est temps que je graisse mes bottes et que je me tire les pattes.

 

Mais je ne décanillerai pas sans vous serrer la pogne.

A la revoyure !


Aucun commentaire
Publié le Vendredi 21 septembre 2007 à 15:26
Par Martine Rousset
Humeur : Au secours !
Alors que j’arrivais il y a quelques jours chez l’une de mes meilleures amies pour un petit café et un grand papotage entre filles, celle-ci, dès qu’elle m’ouvrit la porte, se jeta sur moi en trépignant sur place et en criant : « Martiiiiiine ! Va y’avoir un spidétine à Bastia ! »

Un spidétine ?! Mais c’est quoi ça ? Et qu’est-ce qui lui prend à ma copine d’hurler ainsi, elle qui est habituellement si posée et de surcroît, noble utilisatrice de mots choisis ?
« Mais si, tu sais bien, ces rencontres expresses entre célibataires ! »
« Aaaah ouiiii ! Tu veux dire un « speed dating » ! » Réalisai-je enfin après m’être souvenu que si elle maîtrisait parfaitement l’italien et l’espagnol, en revanche elle ne parlait pas un mot d’anglais.
Le speed dating… J’en avais déjà vaguement entendu parler en effet.
Elle m’expliqua ensuite en long, en large et en travers de quelle façon se déroulaient ces rendez-vous.
Sept minutes pour séduire un inconnu et le séduire. Puis on passe au suivant jusqu’à épuisement du stock. Tout ceci dans une ambiance feutrée et un éclairage tamisé. Super pour estomper les rides et camoufler les boutons. 

Sept minutes ! Soit c’est trop long, soit ce n’est pas suffisant…
Parce que sept minutes pour dire avec diplomatie « Bonsoir, je m’appelle Machin-Truc, je suis célibataire mais je compte bien le rester et vous n’avez aucun argument pour me faire changer d’avis…», cela signifie qu’il nous restera 6 minutes 50 pour regarder les mouches voler, s’examiner les ongles et vérifier qu’aucun SMS ne nous soit parvenu sans avoir entendu la sonnerie. Mais si l’interlocuteur nous inspire, sept minutes ne suffiront pas à caser : « Bonsoir, je m’appelle Machin-Truc, j’ai 47, euh… pardon, 37 ans. Où ai-je la tête… Joli cet endroit, n’est-ce pas ? Cela me rappelle un restaurant à Venise que j’avais particulièrement aimé. Ah ! Venise ! Ses ponts… ses gondoles… ses chats… Vous aimez les chats ?... » et de poursuivre par une comparaison détaillée entre le comportement du chat de gouttière et du chat racé, laissant croire que vous avez un matou chez vous alors que vous n’avez que des rats dans la cave de votre maison… Laquelle maison mérite d’ailleurs un bon coup de peinture, ce qui explique l’habile « vous aimez bricoler ? », question subliminale glissée entre le chat Persan et le chat Siamois…
Ceci dit, l’interlocuteur peut également nous laisser parler en regardant les mouches voler, s’examinant les ongles et vérifier ses SMS… 

Il faut bien avouer que les femmes célibataires, aussi endurcies soient-elles, restent néanmoins, les talons aiguilles dans les starting-blocks (quitte à y rester coincées…), à l’affût d’un égaré de la ruche et prêtes à en faire leur miel. Pas folles les guêpes ! D’où les guêpières d’ailleurs et le guêpier duquel elles sont parfois obligées de se sortir ensuite…  
Oui, je sais, vous allez me faire remarquer « dare-dare » (vous le voyez le jeu de mot désopilant ?) que dans les ruches on trouve des abeilles et non des guêpes… Je vous rappelle que je dis ce que je veux.
Mais revenons à nos moutons. 

Ma réaction à la proposition de mon amie de nous y rendre ensemble m’arracha un « non ! » catégorique accompagné d’un vulgaire « mais ça va pas la tête ? » outré, reflet spontané de mon indignation.
 
Ses arguments tels que « tu trouveras peut-être le prince charmant ! », « on ne sait jamais ! », « qui ne tente rien n’a rien ! », « qu’est-ce que tu risques ? », « t’en n’as pas marre d’être célibataire ? » me laissèrent impassible. Dans l’ordre, mes réponses furent « bof », « bof », « bof », « le ridicule ne tue pas c’est vrai » et « non ». 

Et pourtant… Je me trouvais toujours chez elle à l’heure de l’apéritif lorsqu’elle eut soudain la sournoise idée de me dire : « Allez, viens ! Tu pourras même le raconter dans ton blog ! ».
J’en étais à mon second Martini et j’ai dit oui…
Ce à quoi elle s’est exclamée, radieuse : « qu’est-ce qu’on va se marrer ! ».
J’en ris d’avance… Pfff… 

Et maintenant, comment vais-je me sortir de ce guêpier ? Parce que moi, au spidétine, ben j’irai pas.
 

Quant au Martini, j’arrête.



Les commentaires

Publié le 21 septembre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Toutes les 7 minutes, c’est un peut rapide.
Bien sûr, il n’a fallu que six jours à Dieu pour la création du monde et le septième jour , il s’est reposé. Sept minutes devraient suffire pour séduire mais combien de temps cela durera ?

Peut-être que le Speed dating part du principe que, en amour, il n’y a que les commencements qui soient charmants et que l’on trouve du plaisir à recommencer souvent…

Faut-il aimer n’importe qui, n’importe quoi, n’importe comment, pourvu qu’on aime ? comme le conseillait Alexandre Dumas fils. L’amour n’est-il pas l’espace et le temps rendu sensible au cœur, pour citer Proust. Mais celle qui a le mieux « indéfinit » l’amour, c’est Mlle de Scudery : « L’amour est un je-ne-sais-quoi, qui vient je-ne-sais-où, et qui finit je-ne-sais-quand ».

Au fait, c'est un rabbin américain qui, en 1998, a inventé ces rencontres rapides pour limiter les mariages mixtes et les célibats dans sa communauté religieuse... C'est une marque déposée en France... Je laisse tirer les conclusions qui ne peuvent être que politiques.
Publié le Jeudi 20 septembre 2007 à 15:33
Par Martine Rousset
Humeur : Maussade
J’ai vu ce matin les feuilles d’un châtaignier joncher la route. Je les ai toutes ramassées et rendues d'un geste rageur à leur arbre, les posant en un seul petit tas sur une branche.
J’ai supplié l’arbre de les retenir. Je lui ai fait remarquer qu’il est un feuillu. Il m’a sèchement rétorqué que pour être un feuillu, les feuilles doivent être caduques. Puis il a profité d’une soudaine bourrasque pour recracher sa frondaison.
Une bogue s’en est alors mêlé. Entrebâillant sa coque, elle m’a laissé entrevoir deux petits fruits blottis secrètement au fond de leur écrin hirsute. « Nous empruntons à l’automne une raison d’exister » a murmuré l’un d’eux. Puis la bogue s’est refermée, me laissant seule face à un tronc bicentenaire. Je n’étais donc rien.

D’ici quelques jours, l’automne, pour se faire pardonner de nous avoir pris l’été, étalera ses ors, ses ocres et sa palette d’orangés. De tout mon être, seuls mes yeux émus de tant de merveilles accepteront son subterfuge. Mon âme, elle, n’absoudra ni l’automne ni le temps de leur cruelle inexorabilité. L’âme n’a probablement pas la faiblesse des yeux.

Alors, plongée dans le souvenir d’une douce odeur de cendres chaudes et d’heures bénies mais révolues, j’ai volé quelques sanglots longs à Verlaine et j’ai pleuré de savoir que les bonheurs eux aussi sont quelquefois caducs.
 
Mais de ces larmes inutiles, ont soudainement resurgi les mots des fruits jumeaux de la bogue. Ces petites châtaignes serrées l’une contre l’autre, encore fragiles mais pleines de projets.
 

Et tout à l’heure, adossée pensivement au tronc du vieil arbre, j’ai finalement décidé de faire de chaque fruit un bonheur et de chaque bogue un espoir. C’est à ce moment-là que pour la première fois de cette première journée d’automne, j’ai souri.  





Les commentaires

Publié le 21 septembre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Pour prolonger le sourire de Martine et de ses visiteurs....

"L'Automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'Hiver .» Georges Sand

« L'automne est le printemps de l'hiver » Henri de Toulouse-Lautrec

« En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles. » Khalil Gibran. Le sable et l'écume
Publié le Mercredi 19 septembre 2007 à 12:17
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie

Je viens de découvrir que Lazare n’est pas le seul personnage à échapper à son auteur…

En effet, un certain commissaire Armand Pierucci s’est non seulement éloigné de la plume de sa créatrice mais a également poussé l’affront jusqu’à créer son propre blog. Est-elle seulement au courant ?


Si cela peut amener à en conclure avec satisfaction que le mot « fin » pourrait n’être qu’un prétexte et qu’un livre ne serait pas hermétique  -deux points rassurants pour le lecteur en quête de vagabondage- la situation reste néanmoins préoccupante car notre Lazare, en fieffé combattant qu’il est, serait probablement capable d’organiser une révolte chez les personnages des ouvrages, lesquels se tenaient jusque-là paisibles dans l’ombre de leurs auteurs…
 

Donc… Supposons que, soulevés par Lazare, nos personnages revendiquent soudain une totale liberté de penser et d’agir, qu’ils s’autorisent des actes tout à fait saugrenus dont l’idée n’aurait pas même effleuré le plus farfelu d’entre nous, qu’ils continuent les histoires à notre insu et en détournent les intrigues, tout cela dans l’anarchie la plus totale. Pire, qu’ils nous ridiculisent et nous mettent en danger, nous, leurs divins créateurs !

 

Pourrait-on imaginer alors une révolte de nos protagonistes, armés jusqu’aux dents, manifestant sur les Champs Elysées afin de revendiquer leur liberté ? Hercule Poirot tenant le bras de Justine, Chimène aux côtés de Roméo, le Petit Poucet sur les épaules de Jean Valjean, Sherlock Holmes entre Madame Bovary et Eugénie Grandet, Scarlett O’Hara tenant Croc-Blanc en laisse, les commissaires Maigret, San Antonio et Armand Pierucci en rang serré derrière les quatre filles du Docteur March, et Lazare, en tête, brandissant une banderole sur laquelle il aurait écrit à la plume : « Liberté pour les  héros » !

Faune totalement anachronique équipée de lances, d’arcs, de pistolets à poudre noire, de massues, de tronçonneuses, de frondes, de couteaux, de Beretta 9 mm, de lance-pierres, de carabines Winchester, de sarbacanes, de fioles d’arsenic, de menhirs, de sabres, de sachets de cacahuètes… et j’en passe...

Et les CRS, quelle tête feraient-ils face à ce défilé de « sans-papiers » vindicatifs ? Et celle du Président Sarkozy recevant l’information au téléphone…

- Monsieur le Président ?

- Je.

- Une manifestation se met actuellement en place sur les Champs Elysées. Il s’agit de célébrités de la littérature, toutes armées et menées par Lazare !

- Lazare !!! Le Lazare de Nina !?

- Oui Monsieur le Président…

- Nom de Dieu ! Déclenchez le dispositif de sécurité niveau rouge, j’arrive…

 

Non, c’est impensable.

 

Pour notre tranquillité, nous nous devons absolument de bien éduquer nos personnages. N’oublions jamais que, dans les esprits, l’auteur restera forcément associé à vie (et à mort pour les plus chanceux d’entre nous…) à son personnage, et que vis-à-vis de la loi il risque bien d’être également responsable de ses actes. Qui serait l’auteur du délit ?  Le personnage, certes… Mais si l’on ne peut condamner qu’une personne physique, vers qui les tribunaux se retourneraient-ils alors ? Qui est l’auteur de l’auteur de délit ? Nous… Aïe… Nous devons impérativement, dans notre intérêt, leur enseigner les vraies valeurs, le respect, la politesse, à bien se tenir à table, à aider les vieilles dames à traverser la rue, à se moucher dans un mouchoir, à ne pas lancer de projectiles sur les forces de l’ordre, etc.

 

Puisque notre désir d’être surpris persiste, puisque résiste notre besoin d’attribuer sournoisement à l’imaginaire ce que l’on ne souhaite pas nécessairement dire soi-même mais que l’on souhaite dire quand même et puisque notre envie de rêver continue à dépasser le rêve lui-même, eh bien, une fois éduqués, laissons-les vivre en marge de nos pages…  Il nous restera à faire admettre aux français qu’ils devront lire tous les ouvrages dont sont issus nos personnages afin de pouvoir suivre l’actualité… Puis, le mouvement gagnant du terrain, aux européens et enfin à tous les terriens ? Ne serait-ce pas là que se nicherait la plus grande révolution de notre troisième millénaire ?


- Waow ! Il me connaît Sarko ?

- Ne croyez pas tout ce que je dis mon cher Lazare… Je m’égare parfois… Cependant, il faut que nous parlions... J'ai quelques notions à vous faire assimiler...
- Une autre fois. Ne voudriez-vous pas plutôt que nous fassions une partie de strip poker ?
- ...

Les commentaires
Publié le 20 septembre 2007
Par Mathieu
mathieu.difrade@caramail.com
Forum des héros de papier

Le personnage du héros:
Que pourraient faire un héros de papier contre le briquet d’un auteur ?… A quoi me serviraient des armes froissées dans une corbeille à papiers ?… Que vaut mon sang d’encre noire , bleue, rouge ou verte contre la gomme et le correcteur blanc ?… Je vieillirai sur du papier jauni, alors que des privilégiés verront leurs linceuls changés par des rééditions pour finir en livres de poche. Des best-sellers, comme des humbles, connaîtront le pilon. Les plus résistants se retrouveront sur les étals des bouquinistes ou d’ Emmaüs. Nous sommes tous mis par nos auteurs à la merci des lecteurs qui peuvent nous laisser enfermés et rangés sur des étagères ou dans des caisses en carton… . Les plus chanceux vivront plusieurs vies imaginaires au chaud dans des bibliothèques avec leurs sorties surveillées pour aller visiter les esprits studieux ou romanesques. J’en connais qui sont présentés par leurs maîtres Editeurs à des concours et obtiennent des prix.
Finalement, l’Internet ne serait-il pas notre seul espace de liberté. L’espace est virtuel ? Virtuel, oui , mais, là, tout le monde est logé à la même enseigne … Rien d’étonnant alors qu’on abuse de cette liberté. Hercule Poirot peut tenir le bras de Justine, Chimène être aux côtés de Roméo, le Petit Poucet sur les épaules de Jean Valjean, Sherlock Holmes entre Madame Bovary et Eugénie Grandet, Scarlett O’Hara tenir Croc-Blanc en laisse, les commissaires Maigret, San Antonio et Armand Pierrucci défiler en rang serré derrière les quatre filles du Docteur March… Tout est possible sur l’Internet. On pourrait y voir Pardaillan et Don Quichotte s’entre-tuant pour les beaux yeux de Carmen pendant que D’Artagnan tire au 11/43 sur Mickey. Cela ne choquerait personne même pas le père Noël. Et le réel ? me direz-vous. Il y a bien Kouchner au gouvernement, des politiciens envoyés au violon et Giscard D’estaing à l’accordéon. Ce ne sont pas des anachronismes ? Et alors ! Je suis libre, aussi libre que les autres héros (e)ncrés sur du papier avant d’être brochés.

Le chœur des auteurs : Tout est écrit.

Le personnage du héros : Oui, peut-être… mais tout n’est pas lu.

Le personnage du héros imitant le Président de la République: En outre, on peut toujours tout effacer, déchirer et brûler tous les papiers… voire ne plus en fabriquer.

Le chœur des auteurs : Mais alors que deviennent nos héros?

Le personnage du héros: Des héros sans papier.

L’auteur : Pourquoi supprimer le papier ?

Le personnage du héros imitant le Président de la République : La fabrication du papier détruit nos forêts de sorte qu’il y a pénurie de logement pour les oiseaux migrateurs. Si on fabrique des papiers, il n’y a plus assez de logement. Alors on commence par ne plus donner de papier à ceux qui n’ont pas de logement et on ne donne plus de logement à ceux qui n’ont pas de papier…

Le lecteur :
Stop ! Voilà ce qui arrive lorsque l’on donne trop de liberté à des héros de papier sur l’Internet, ils sortent de leur espace virtuel pour venir, de façon insidieuse, nous parler des sans papier, des sans logis… On voit bien qu’ils n’ont pas d’autres soucis comme, par exemple, l’âge de la retraite, le chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la mondialisation… Monsieur le héros est loin de toutes nos contingences matérielles parce qu’il n’en a aucune. Alors, il peut se permettre de jouer au Président de la République pour tenter de réveiller les mauvaises consciences. Il m’a encore gâché ma visite sur le blog de Martine Rousset…
Publié le 20 septembre 2007
Par martine.rousset
Cher Mathieu,
Vous aussi, vous vous êtes donc évadé de votre carcan de papier… Difficile de respirer dans l’univers abracadabrant de nos auteurs, n’est-ce pas ? Nous y manquons de l’oxygène dont nous n’avons pourtant que faire.
Le réel ? Mais qu’est-ce donc que le « réel » pour nous ? Par définition, les personnages que nous sommes, n’ont justement pas de définition à proposer au mot « réel ». Quoi que vous en pensiez, nous resterons imaginaires puisque issus de l’imagination de quelques hurluberlus en quête de gloire. Cependant, contrairement à eux, nous sommes capables d’immortalité. Est-il indispensable que subsistent les livres pour que certains personnages survivent ? Non… On peut détruire tous les exemplaires d’un seul ouvrage, il n’empêche que quelques-uns des héros subsisteront dans les mémoires.
Les auteurs habitent un monde où la douceur des paroles peut s’envoler et la cruauté des écrits peut rester. Nous squattons leur monde, c’est tout. Nos écrits n’existent pas et nos paroles sont écrites…
Mais voilà, Mathieu Difrade ou Lazare ne sont pas nécessairement nés sous une bonne étoile… Inaccessible étoile de l’éternité. Si tout est écrit mais pas forcément lu, cela n’est pas de notre ressort. Mieux, cela ne nous regarde pas. Nous sommes des êtres sans conscience. Sans foi ni loi.
Quant au lecteur que vous citez, conseillez lui d’aller plutôt visiter les blogs politiques. Ils foisonnent sur le web. Sa déprime sera ainsi justifiée.
Je vous trouve vous aussi bien déprimé… Un petit strip poker ?
Virtuellement,
Lazare
Publié le 20 septembre 2007
Par mathieu
mathieu.difrade@caramail.com
Mon cher Lazare,

Martine a raison , ton lecteur devrait aller se déprimer sur les sites politiques… mais il s’agit sans doute d’un lecteur du néo polar avec une mauvaise conscience.
Je suis moi-même un personnage ( je ne dis pas héros ) de polar et nos auteurs aiment reprendre l’expression de Daeninckx à savoir qu’ils sont des arpenteurs du réel. Laissons-les arpenter ce réel qui n’existe pas et retournons à notre vrai monde imaginaire dans lequel , sans foi ni loi, on peut s’inventer un bonheur virtuel…
Pour le strip poker, je préfère Nina.
Au fait, quelque chose me tracasse : lui as-tu passé la salière ? Votre auteure nous a-t-elle servi une histoire sans fin ? Donc éternelle !… A moins que de nouvelles suites inopinées te sortent de ces commentaires. Finalement, en marge de son histoire, le héros ne risque-t-il pas d’être confronté au réel ? Il peut y rencontrer des personnages de la littérature de gare et trouver une conscience.
Heureusement, Martine t’a rattrapé par la main pour te ramener au pays des songes.
Ô liberté, que de crimes on commet en ton nom ! s’écria Madame Roland en montant sur l’échafaud. Lazare, tu n’es pas fait pour cette liberté chère aux auteurs de la littérature de gare…
De toute façon, Nina t’a déjà séduit et, par amour pour elle, tu resteras bien au chaud dans le monde de Martine.

Que viendraient faire les sans-papiers dans le monde des héros de papier ?...

Martine, un strip Poker avec Nina et moi, pour rigoler ?…
Virtuellement
Mathieu
Publié le 20 septembre 2007
Par micorne
Lazare, tu es le meilleur. Je te décerne la Salière d'or.
Les Champs envahis par tous ces personnages, n'auraient jamais été mieux utilisés. Même le 14 juillet Sarkosmic aurait l'air d'une fête foraine!
Je les vois tous défiler avec toutes ces couleurs, ces costumes.
Les armes, bof, comme dirait l'autre.