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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, quand ça lui chante, à 7 heures 53, plus tôt ou plus tard, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ourse, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
tassuad : ce jour là j'étais à Santa Reparata di Balagna dans la salle communale où un orchestre jouait , j'ai sorti mon harmo et je fus accepté illico
Le Doc : Va être épuisée la danseuse,elle est en transe depuis le 24 mai!
Cigale : Ben ca lui chante pas souvent à 7H53
Nostalgie : Pourquoi nous priver de tous ces jolis textes nous sommes orphelins de ce blog. Tristes aussi. Amitiès
TASSUAD : AVEC DE LA CHANTILLY MAISON
Owlette : Dessert: 2 tartes..2!
Roger : Mais quelle surprise,pourqu oi ne pas parler de moi, je le vaut bien
MARTINE : Ifrance ne veut pas de moi ! Et zut... Je hais la technique...
Acrostiche : Nous souhaitons ta présence.Se souvenir c'est bien mais lire c'est mieux REVIENS
Acrostiche : Rine que de temps en temps.Etpour nous faire plaisir.Viens nous distraire.Inven tes,tu sais si bien le faire.Emportes nous dans tes contes.
Un ami : Si tu pleures trop parceque tu as perdu ton soleil,tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.
Le blog : C'est le desert total, je suis désespéré, je commence une dépréssion.
C'est Nous : Pourquoi nous laisser tomber?
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Nostalgie : Comme ce blog manque! 2 fois par semaine c'est trop demander?
tassuad : je l'ai vu en concert il y a longtemps un bonheur !!!
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Owlette : Sublime Barbara! Vive les 100000
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Le Blog : He alors Martine ? Et moi, suis toujours là, j'ai faim, donnes moi des mots svp.
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Kikéla : chouette la blogueuese.Quel le bonne surprise . youpi tralala
tassuad : digne? dingue? tong?
Enfin : Le retour. Sonnes les Martines !
Owlette : tout, blog et carabistouilles confondus
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Publié le Mardi 18 septembre 2007 à 03:30
Par Martine Rousset
Nina se leva en soupirant, s’approcha de la cheminée et s’installa en tailleur à même le sol. Elle tournait le dos à Lazare. « Il ne répondra pas mais au moins il aura entendu ma question » se résigna-t-elle en offrant ses mains ouvertes à la chaleur des flammes. 
Lazare alluma sa dixième cigarette de la matinée et la rejoignit près de l’âtre. Elle lui retira avec agacement la cigarette de ses doigts et la jeta au feu. Il se sentit tout à coup à découvert. Son âme déshabillée et nue, à la merci de l’autre, s’accordait un soupçon de répit dans la lutte.
Il rompit enfin le bruit du silence.
- Il serait bon de nous envisager en ces temps moroses… Qu’en pensez-vous chère farfadette ? Les yeux dans les yeux…
- Il n’y a pas de féminin à farfadet…
- Pour moi oui.
- Nous envisager entre quatre yeux ? C’est restrictif non ?
- Déjà, que suis-je pour vous ? Un écueil au gré de la houle ?
- Euh… Je n’en sais rien ! Cela demande réflexion. Un « peut-être » ?
- Oh, les filles, il ne faut pas chercher à les comprendre. Jamais. Les charmer oui… Mais pourront-elles me séduire en retour ?
- Nous sommes nombreuses ?
- Celles d’avant, celles d’après, celle de maintenant…
- Et si il n’y en avait plus après le maintenant ?
- Après, c’est quoi ? Demain ? Dans dix ans ? Après et déjà hier… La lumière n’existe que par l’ombre… Si pour un homme, il existe une fille qui, existentiellement, éventuellement lui correspondrait, ce serait le…  loto !
- Vénal !
- C’est écrit dans le destin, le karma, que sais-je ! Seriez-vous le centre du monde ?
- Oh non, j’aurais trop peur de me perdre !
- Restez la farfadette de mon monde. Du mien et du reste. Soyons épicentraux. Sans plus. « épi » qui vient du grec et qui signifie « autour ». Pas dedans… 

- J’en fais un peu trop là ! La farfadette de mon monde… Pff… Je me sens mièvre…
- Mais non… Vous êtes parfait. Regardez comme elle sourit aux flammes… J’aime bien quand vous faites de la philosophie de comptoir ! Elle a le mérite d’être teintée de fraîcheur.
- De la philosophie de comptoir ! Vous êtes blessante ! Eh bien, puisqu’on est au comptoir… un pastis s’il vous plait !
- Et puis quoi encore ?
- Avec deux glaçons, ça ira. 

Le chat vint se loger entre eux. Assis, droit comme un « i », les yeux clos, il absorbait avec délice la douceur enveloppante de la cheminée.
- Mon chat est un poète, vous le savez ?
- Il fait des vers sans en avoir l’air… Ironisa-t-elle.
- Ne vous moquez pas de mon chat. Vous ne savez pas ce qu’il pense à l’instant présent.
- Il parait serein…
- Il l’est lui !
- Mais il ne le sait pas…
- Et vous que savez-vous au juste ?
- Si peu de choses… Comme le chat, je regarde les flammes sans savoir quand elles vont s’éteindre.
- Arrêtez de rêver.
- Je ne fais que rêver que je rêve. C’est bien comme compromis non ?
- Je vais vous poser une question aussi saugrenue que celle du sel. C’est une question que se pose Martine, je le sais.
- Martine ? Qui est-ce ?
- Une vague connaissance qui ne fait que me contrarier…
- Une ex ?
- Oh non ! Ce n’est pas mon genre… Trop fleur bleue. De l’espèce à n’aimer que la littérature de gare… Vous voyez le genre !
- Quelle horreur en effet ! Et sa question, quelle est-elle ?
- Lorsque vous avez jeté votre grain de sel à la mer, aimiez-vous déjà l’amour ? 

- Pas d’accord là ! Vous m’inquiétez car vous exprimez des choses que je ne souhaite pas vous entendre dire. Vous cherchez à m’écraser ? A anéantir ma condition d’auteur ? A démontrer mon inutilité ? Je dois m’effacer et vous laisser délirer c’est cela ? De la littérature de gare ! Je vous ferais remarquer que vous avez un prénom de gare ! Méfiez-vous, je ne vous ai pas encore donné de patronyme… Lagarcin, ça vous irait ?
- N’arrive-t-il donc jamais qu’un personnage échappe à son auteur ? Vous avez décidé de faire de Lazare un rebelle, vous en subissez les conséquences.
- Pourquoi une telle provocation ?
- Vous m’obligez à sortir de moi-même. Je m’échappe comme je peux. 

Nina émit un long bâillement sonore qui fit sursauter le chat.
- Je vous embarrasse ? Demanda Lazare.
- Non… Oui… Aimais-je déjà l’amour avant de vous rencontrer ? J’étais désabusée, c’est vrai. Non, en fait, je n’aimais plus l’amour… L’amour était un vieil amant oublié. Il me rappelle à son bon souvenir mais il n’a pas gagné la bataille… La route est longue… La confiance est fourbe. A trop s’y plonger, on s’endort. Au fait, vous me ferez lire ce que vous avez écrit ?
Lazare réfléchit un bref instant. Il se leva d’un bond, attrapa les pages abandonnées sur la table et en deux enjambées, les jeta dans la cheminée. 

- Nooooon !
- Si. 

- Je ne suis pas fait pour écrire. J’aurais trop peur que l’un de mes personnages ne m’échappe et ne s’empare de l’histoire.
- Et si c’était moi qui vous échappais ? Vous tenteriez de me retenir ?
- Non, ma chère… Je suis chevaleresque moi ! Noble dans ses intentions quoique parfois roturier dans ses actes…
- Alors… Partons en croisade contre l’ordinaire même si l’extraordinaire que nous visons n’est pas nécessairement très original aux yeux du commun des mortels... 

Puis chacun se mit au travail. Nina dessina avec conviction un chaton qui voyait un lion dans le reflet du miroir dans lequel il se regardait. Lazare déconseilla avec tout autant de conviction la poésie à un poète maladroit dont les textes ne rimaient strictement à rien.
 

- Un petit strip poker pour rigoler ?
- Ah non ! Vous seriez capable de me ridiculiser auprès de mes lecteurs…
- Une dernière chose… Pourriez-vous éteindre la radio, cela me perturbe pour travailler.
- Tout à fait réalisable. Bonne journée Lazare. Demain sera un autre jour.
- Vous ne m’importunerez plus ? Promis ?
- Etes-vous capable de promesses ?
- Non…
- Moi non plus. 

Lazare n’interrompit son travail que le temps d’éteindre Radio Nostalgie.

(Peut-être fin)

Les commentaires


Publié le 18 septembre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Lazare cite Jean-Pierre Santini ( recueil d’aphorismes « Le rêve des îles est d’oublier la mer aux Edition A Fior di carta)

Après
Que j’ai bien lu en elle
La tête fraîche
Au chant des fontaines,
Elle referme lentement les bras
D’un livre endormi…

Nina est le « peut-être » de Lazare. Peut-être ? doute ou possible ?… C’est une sorte de ni oui ni non qui laisse dans le doute en même temps qu’une porte s’entrouvre.

Nina cite Maryse Rossi ( recueil de poèmes « Vers le sillence des questions » aux Editions L’Harmattan )

Image
Réelle ou illusoire ?

Morsure vive
Sous l’ongle du doute

Et c’est sans cesse
Remodeler le monde
Que nier
L’éclat tremblé.

Martine cite Angèle Paoli ( Noir écrin aux Editions A Fior di Carta)

Tout à l’heure
Dans une demi-attente
Ou peut-être
Dans une semi-sommeil
Bercée entre l’entre-deux des jours
Dans un halo en demi-teinte
Ou peut-être en demi-soupir
A mi-voie entrebue
Entre veille et rêve
A mi-contrée
De la terre et de l’eau
Dans l’entre-deux du ciel
A demi-mots
A demi-nue…

Lazare, déçu par Martine, demande à Nina : Encore un petit strip pocker pour rigoler ?

Nina : Peut-être !…

Martine cite Maryse Rossi. Pour Lequel de ses personnages ?

Un souffle de flammes
A dévasté
Ton champ de certitudes

Plus clair est ton regard
Désormais

Le doute t’appartient
Tu peux grandir enfin

Le chat cite Alain

« Nous ne savons pas ce qu'il y a dans les choses, mais nous avons découvert que les diables, lutins et farfadets n'y sont pas »

Le farfadet cite Jean-Pierre Santini

Le jour
Où je n’aurais plus rien à dire
Je n’en penserai peut-être
Pas moins.

Ugo s'exclame alors...
Quel pastis!....


Publié le 20 septembre 2007
Par micorne
Pan dans l'oeil! Mais la vue n'a rien à voir dans ma confusion.
Je me couvre (virtuellement) la tête de cendre.
OK, je n'avais pas lu avec assez d'attention.
Merci pour vos explications qui ont éclairé mon mi crâne de blonde d'automne.
Publié le Lundi 17 septembre 2007 à 01:21
Par Martine Rousset
Il n’eut pas le temps de terminer la première page. Nina apparut soudain, les cheveux ébouriffés et les yeux à peine entrouverts.
- Vous avez bien dormi ? S’enquit-il.
Elle ne répondit pas, lui caressa le bras au passage et se dirigea au radar vers la cafetière. Lazare s’amusa à imaginer qu’à l’insu de Nina, il avait remplacé la cafetière par le robot de cuisine… S’en serait-elle rendu compte ? Cela le fit rire. 
Nina s’assit sur le banc qui longeait toute la table, s’adossa au mur, releva les genoux, mit les pieds sur le bord du banc et passa par-dessus ses jambes le tee-shirt qu’elle avait emprunté à Lazare, celui où était inscrit « Pitbull » en grosses lettres rouges. Elle plongea le nez dans son bol et laissa la caféine faire son office. 

- Aimeriez-vous que je vous demande un jour de me passer le sel ? Lui balança-t-elle brusquement en reposant le bol vide sur la table.
Ahuri par cette question inattendue, il en lâcha la feuille qu’il tenait entre les mains. Cependant intrigué, il la fixa et attendit la suite, le regard interrogateur.
Elle saisit son incompréhension et reformula sa question :
- Avez-vous déjà imaginé qu’un jour une femme pourrait vous demander de lui passer le sel ?
Les yeux de Lazare s’arrondirent davantage. Il fit vaguement « non » de la tête.
- « Passez-moi le sel », reprit-elle, est une phrase que tout individu doit accepter d’entendre un jour de celui ou celle qui partage sa vie. Lorsque ni l’un ni l’autre n’ont plus rien d’autre à se dire. Qu’ils se sont tout dit. Mais si ils ont su se le dire et qu’ils se le sont bien dit, n’est-ce pas que la sérénité s’est enfin installée ? Finalement, cette phrase est réconfortante, vous ne trouvez pas ?
Abasourdi, Lazare alluma une cigarette du mauvais côté. Le goût écoeurant du filtre brûlé le fit grimacer. Il l’écrasa vite dans le gros cendrier de pierre et en alluma une autre.
Il l’observa un long moment en silence à travers les volutes de fumée. Il réalisa soudain que cette question l’encourageait à se projeter lui-même dans un avenir qui lui échappait forcément. Il ne savait que répondre. Totalement déstabilisé, il ne quittait pas son regard. 

- Martiiiiine ! Vous êtes là ?
- Evidemment ! Si vous y êtes, j’y suis aussi !
- Qu’avez-vous l’intention de me faire dire à présent ? Je vous préviens, il est hors de question que le misanthrope que je suis réponde à cette question.
- C’est simple pourtant… Nina vous demande le plus ingénument du monde si votre rencontre sera utile à votre quête de sérénité. L’aimez-vous ?
- Qu’en sais-je ! Suis-je capable d’aimer l’autre ? J’aime l’amour pour l’acte, pour le bien qu’il procure. Je suis un homme ! J’ai multiplié toute ma vie les aventures, j’ai aimé physiquement, parfois davantage mais de là à imaginer que je demanderai à l’une d’entre elles de me passer le sel un jour !
- Pensez-vous que Nina puisse être à la fois acte et sentiment ? Votre curiosité vous a poussé vers elle. Votre désir d’acte ne vous a-t-il pas mené au sentiment ? Ne combattez pas Lazare !
- Je suis un combattant ! Un dissident ! Un militant ! Le dernier des Mohicans, c’est moi ! Mais je me combats moi-même… et je reconnais qu’en tant que misanthrope, j'ai besoin de l'autre. Paradoxe ? Je ne suis pas fou… Je suis paradoxe. Mais je suis aussi un humain, ce qui est mal vu en ce moment de certitude réalisto-basique. Il faut être rentable… Collègue rentable, ami rentable, consommateur rentable, esclave rentable, amoureux rentable aussi. Il est encore ouvert le bar à Cuba ? Celui où Hemingway refaisait le monde entre deux délires ?
- La Bodeguita del Medio ? Allez voir !
- C’est une idée en effet. Au moins, il y avait des humains…
- Peut-être tout simplement parce qu’il y avait des penseurs, des humains en quête de bases humaines pour y loger leur mal-être ?
- Ils ne cherchaient pas… Ils le vivaient ! Le monde était encore possible ! Alors le monde, soit je le fait péter, soit je le quitte. Mais si je me bats, je ne le ferai que s’il y a des comancheros.
- Allons Lazare, rangez votre sarbacane !!
- Où sont les Fanfan la Tulipe, les Guillaume Tell, les Robin des Bois, les Thierry la Fronde, les… Zorro !
- La cape de Zorro vous irait à ravir… Finalement, je me demande si le monde ne s’est pas compliqué en voulant faire croire qu’il serait plus simple ? Leurre. Valeurs oubliées. Sentiments tronqués. Pureté perdue.
- C’est bien dit, c’est cela.
- Je le pense en tout cas.
- Oui mais vous le dites bien. Vous voyez Martine, moi j’ai la haine, et vous, vous le dites bien. Faites attention ! En ces jours sombres de matérialisme, les artistes ne sont pas reconnus comme… rentables ! Terrible erreur d’une société déliquescente !
- Je n’ai pas le désir d’être rentable !
- Je parlais d’esprit !
- Je ne demande à personne de m’entendre sauf s’il se balade sur la même longueur d’ondes que moi. Les autres ne m’intéressent pas.
- Ce n’est pas une solution… Si il n’y avait pas eu Jésus Christ, nous fêterions quoi le 25 décembre ?
- Quel rapport ?
- Lui, il s’occupe des gens et il y croit ! Aimer son prochain, c’est s’aimer soi-même. Mais… quand il n’y a plus de prochain ? Que faisons-nous ? Eh bien, nous poussons des chariots d’esclaves à Auchan et nous votons pour nos propres chaînes.
- J’aime mon prochain…
- Vous avez de la chance… Il est inhumain, je trouve. Vous voyez mon chat, là, sur le fauteuil ? Il est plus humain ! Il est fidèle, généreux, indéfectible. Ni haine, ni Dieu ! Oh, Martine, je crois que vous avez raison… Je mène un combat inutile… J’aime l’amour et Nina, les deux se confondent parfois… Donnez-moi les mots que vous voulez. Je baisse les armes.

- Soit. Mais il n’est pas certain que Nina ne fasse pas de la résistance ! Restez prudent.

(à suivre)



Les commentaires


Publié le 17 septembre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Après lecture, à la Bodeguita del Medio, on goûterait volontiers un de ces fameux mojitos( un cocktail cubain préparé avec du rhum, du citron, de la « hierba buena » plante qui ressemble à la menthe, sucre, eau gazeuse et glace), en compagnie d’Ernest Hemingway, de Nicolas Guillem, Poète National de Cuba, Salvador Allende, qui fut président du Chili… et tant d’autres noms figurant sur les murs de l’établissement cubain..

Mais revenons à Lazare et Nina… La volonté n’a rien à voir avec l’amour… Tous les amours sont involontaires, même le premier n’en déplaise à La Bruyères…
Le sel peut être mis sur des plaies. Quel usage va en faire Camille, si Lazare lui passe la salière ? Acceptera-t-il ce « mot-geste » dont il ne saisit pas le sens ? Ses plaies sont-elles trop profondes pour qu’il se méfie des grains de sel ?
Et Camille ? A-t-elle jeter une bouteille à la mer, uniquement pour se faire passer une salière ? A quoi joue-t-elle ? Au jeu du hasard puis au « je… de l’amour »… Après Musset, Martine se livrerait-elle à quelque marivaudage ? Lazare et Nina vont-ils réussir à dire « Nous » ?
Jeu de dupe ? Besoin de jeu ? Je favori ? Jeu cruel ? Le jeu en vaut-il la salière ? Comment lire dans le « je » de Camille ? Agit-elle par jeu ? Jeu de l’imagination ? Inspirée par René Char, résistera-t-elle à la fatalité ?…
Les lecteurs sont dans l'attente de la suite... sauf un qui n'aime pas ce qu'il appelle une bluette. Bof! Tampis pour lui...


Publié le 18 septembre 2007
Par jean-paul
flicorse@ifrance.com
Il fallait écrire... Tant pis pour lui... Bof! Cela ne l'a même pas fait bouger à nouveau! Il reste tapi dans son tonneau...


Publié le 18 septembre 2007
Par micorne
michele.v@wanadoo.fr
Bluette, sil l'on veut, ma bluette m'est chère.
Qui est Camille? aurais-je manqué quelque chose?


Publié le 18 septembre 2007
Par Mi-figue, mi-raisin mildiousé
mathieu.difrade@caramail.com
Micorne serait-elle myope, puisque ‘elle ne manque pas d’r .
Si elle a tout raté, je lui explique…
Camille , surnommée Nina, est amoureuse de Perdican qui se fait passer pour Lazare afin de la séduire …
Tous ces personnages échappent à Martine et sont en quête d’auteur(e)s, s’ajoutant aux six de Pirandello.
Est-ce la faute à Rousseau ? Est-ce la faute à Voltaire ? Oui, répondrait Gavroche qui a semé la révolte. La révolution cubaine s’exporte et fait un tabac. Perdican fume le cigare de Lazare. Martine a effacé la mer. Une pénurie de sel a fait monter les cours. Plus personne ne veut lâcher sa salière qui est devenue le cadeau de fiançailles le plus apprécié.
J’espère que Micorne arrive à suivre, sans mi-graine dans son mi-crâne, sur lequel Je pose la question « être ou ne pas être… ». Si Shakespeare avait été Musset, il aurait ajouté « …amoureux ?». Nous sommes en septembre et nous avons passé la « miaoût ». Près de la cheminée, le chat est là pour nous le rappeler.
Les amours d’automne sont trop prés de l’hiver et la pluie fine tombe sans fin. Il n’y a pas d’amour heureux, dit le poète. Si Lazare est un sot, c’est la faute à Rousseau, si Nina a les nerfs, c’est la faute à Voltaire, si Perdican n’est plus puceau, c’est la faute à Rousseau, si Camille se désespère, c’est la faute à Voltaire…
Camille a trouvé Dieu, Perdican a perdu Camille, Nina a trouvé un homme que Diogène cherche toujours lorsqu’il sort de son tonneau. Cet homme est Garcin Lazare qui fume de longs cigares…
Voilà, Micorne, un mic-mac aux allures de réjouissances de la mi-carême pour une bluette qui n'est pas faite pour les mi-dinettes et les mi-gnons... ni pour le misanthrope.
Publié le Dimanche 16 septembre 2007 à 01:29
Par Martine Rousset
Lazare, à peine levé, s’empressa d’allumer la cheminée. Il grelottait. Ce mois de janvier était glacial. Nina dormait encore, égarée au chaud sous la couette décorée de joyeux Mickey. Mickey qui danse. Mickey qui joue de la trompette. Mickey qui rit. Il ne manquait que Mickey qui joue au poker.

Elle n’était pas rentrée chez elle depuis plusieurs jours. Ils vivaient à présent à une poignée de kilomètres l’un de l’autre et la veille, elle s’était juste rendue dans son appartement en coup de vent afin de récupérer son matériel de dessin.
 

Lazare entassa des brindilles sèches au fond du foyer et craqua une allumette. Les branchettes s’enflammèrent instantanément dans un gai crépitement claquant. Il ajouta un rondin de bois qu’il fit reposer en équilibre sur l’un des deux chenets et alluma Radio Nostalgie. Quand il entendit la voix de Jacques Brel chanter La Quête, il esquissa un sourire narquois.
 

Il s’installa ensuite à la grande table de la salle à manger, dos à la cheminée et reprit les feuillets écrits la veille. Une idée de Nina :
- Au lieu de vous plaindre de ne lire que des textes qui ne vous intéressent pas, pourquoi n’écrivez-vous pas vous-même ? Lui avait-elle suggéré.
Il s’empara alors d’un stylo, attira Nina à lui, lui ordonna de se retourner et inscrivit quelques mots en lettres minuscules dans le creux de ses reins. La jeune femme se tordit le cou mais ne parvint pas à les déchiffrer.
- Qu’avez-vous écrit ?
- « T’ES MORT ».
- ?
- Un avertissement à celui qui pourra lire ces mots en dehors de moi !
Elle éclata de rire et l’embrassa sur la tempe. 

Le jour se levait à peine et au dehors tout avait gelé. Le chat vint se frotter en ronronnant contre le mollet de son maître, l’interrompant dans sa lecture. Il reposa les feuilles, prit son chat dans ses bras et le gratta doucement entre les oreilles. Manifestement, le matou n’en avait que faire… Plutôt agacé, il se dégagea promptement, sauta prestement sur le sol et la queue levée en point d’interrogation, invita Lazare à le suivre dans la cuisine, jetant de temps à autre un coup d’œil en arrière pour s’assurer qu’il se faisait bien comprendre.
- Roger ! Message reçu 5 sur 5. Croquettes en cours d’atterrissage ! Le rassura son maître en lui versant une pluie de croquettes dans une assiette en porcelaine, seule rescapée du service à dessert de sa grand-mère. 
Puis Lazare s’en retourna à ses feuilles et poursuivit sa lecture. Il avait choisi d’écrire à la plume Sergent Major et il lui fallut près d’une semaine pour trouver la plume qui lui convenait, le porte-plume et l’encrier qui lui plaisaient et apprendre à s’en servir. Mais après des débuts laborieux, il s’en sortait plutôt bien. Quand, le plus sérieusement du monde, il déclara à Nina qu’un écrivain devait absolument avoir la noblesse d’écrire avec une plume et utiliser un encrier, elle s’était moquée gentiment de lui :
- Arrêtez de faire le traditionaliste ! Ou bien, allez jusqu’au bout, utilisez du parchemin et écrivez à la lueur d’un chandelier !
Il avait haussé les épaules en marmonnant. 
Il n’avait aucunement l’intention d’écrire un livre. Juste des réflexions, des pensées, du tout-venant. Pour le moment, il refusait à Nina le droit de lire.
- Plus tard, lui avait-il déclaré, lorsque ce que j’aurai écrit prendra un sens, toutefois si un jour cela en prend un…
Elle n’insista pas mais se vengea néanmoins par principe. Le soir même, installée en face de lui pour dessiner, elle prit avec son bras gauche la position de l’écolier qui cache sa copie à son voisin. Du coup, Lazare se saisit d’un carton à dessin, le retourna, l’entrouvrit et le posa en équilibre sur la table en guise d'écran. L’un et l’autre se jetèrent mutuellement toute la soirée des œillades moqueuses par-dessus le carton. 

Il n’avait pour l’instant griffonné qu’une vingtaine de pages. Il prenait son temps. « Je prends mon temps avant que le temps ne me prenne » s’était-il dit, mélancolique. Il avait tourné et retourné une dizaine de fois la première phrase de son texte. Primordiale l’entrée en matière. Et après maintes hésitations, il trouva enfin les mots adéquats selon lui :
« Je crois bien qu’il aimait l’amour avant d’aimer une femme… » 
- Pssst…
- ? 
« Une femme entra dans sa vie alors que l’amour s’y trouvait déjà. L’homme est capable de dissocier l’amour d’une seule, de l’amour de l’amour… » 
- PSSST !
- ??!!
- Martine ! Vous êtes là ?
- …
- C’est moi… Lazare… Martine, pardonnez-moi cette intrusion mais je vous rappelle que j’ai refusé à Nina de lire mon texte… C’est donc valable pour vous aussi, avec tout le respect que je vous dois.
- Mais que faites-vous là ? Depuis quand les personnages sortent-ils des histoires ? Rassurez-moi, Lazare, je rêve, n’est-ce pas ?
- Je ne vais tout de même pas accepter que l’on étale ma vie en public ! Donc, j’interviens. Mes écrits sont trop personnels. Oubliez-les.
- Il me semble que vous n’êtes qu’un personnage au centre d’une histoire dont je tiens les rênes. Que cela vous plaise ou non !
- Alors, continuez à écrire ce que bon vous semble… Mais ne vous étonnez pas alors de mes réactions. Je sais être persuasif vous savez !
- Que me voulez vous ?
- J’attends pour le moment que vous entendiez ma revendication.
- D’accord pour cette fois-ci Lazare. Mais à présent, restez là où vous êtes.

- Oh ! N’entends-je pas Nina qui se lève ? Hein Martine ? Elle se lève Nina ! Ni-na se lè-ve ! Parce qu’il est temps pour Ni-na de se le-ver !

(à suivre)


Aucun commentaire
Publié le Samedi 15 septembre 2007 à 03:38
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

La quête (Jacques Brel)

 

Rêver un impossible rêve

Porter le chagrin des départs

Brûler d'une possible fièvre

Partir où personne ne part

 

Aimer jusqu'à la déchirure

Aimer, même trop, même mal,

Tenter, sans force et sans armure,

D'atteindre l'inaccessible étoile

 

Telle est ma quête,

Suivre l'étoile

Peu m'importent mes chances

Peu m'importe le temps

Ou ma désespérance

Et puis lutter toujours

Sans questions ni repos

Se damner

Pour l'or d'un mot d'amour

Je ne sais si je serai ce héros

Mais mon cœur serait tranquille

Et les villes s'éclabousseraient de bleu

Parce qu'un malheureux

 

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé

Brûle encore, même trop, même mal

Pour atteindre à s'en écarteler

Pour atteindre l'inaccessible étoile.



A entendre aussi (bien plus qu'à voir car la qualité de la vidéo est très mauvaise) :
http://www.youtube.com/watch?v=iffb2MNEJUo

  

Brûle encore, même trop, même mal pour atteindre l’inaccessible étoile…

Nina et Lazare connaissent probablement cette chanson. Que représente-t-elle pour eux ? Nous n’aurons pas de réponse car ils ne le savent pas eux-mêmes.

Je leur ai rendu une petite visite, comme ça, sans les prévenir… Quel tumulte dans la tête de nos deux tourtereaux ! Difficile à décrire… Il arrive parfois que nos personnages nous échappent… Là, ils m’ont dépassée ! Surtout Lazare… Indomptable, rebelle et indiscipliné Lazare.

 

Nina et Lazare (Suite inopinée) à partir de demain…


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Publié le 15 septembre 2007

Par martine.rousset

15 août-15 septembre, cela fait un mois Jean-Paul...
Pour le premier Moisiversaire de mon blog, je suis ravie de souffler les 1000 bougies ! Mes 1000 petites étoiles...
Ca s'arrose !


Publié le 15 septembre 2007

Par jean-paul

flicorse@ifrance.com

http://blog.ifrance.com/flicorse

Pour compter jusqu’à mille, en comptant un nombre chaque seconde, cela prend 16 minutes et 40 secondes.
Tu n’as donc pas eu un visiteur par seconde, mais 1000 visiteurs en deux mois, c’est un excellent score … De quoi faire pâlir de jalousie des sites d’éditeurs pour qui cela apparaît comme une « inaccessible étoile ». Donc, bravo ! Et qu'il n'en déplaise à un certain Idiogêneur!...

  
Publié le Vendredi 14 septembre 2007 à 11:20
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

J’ai deux mots à vous dire à propos du mot... « mot ».

Trois lettres seulement et pourtant à lui seul il porte la terre entière…

Omniprésence du mot même lorsqu’il n’est pas prononcé. Il est alors un geste. Le mot « geste ».

 

Tout au long de notre vie, nous cherchons nos mots. A moins que ce ne soit les mots qui nous cherchent ? Ne naissons-nous pas sans mots et sans même soupçonner leur existence ? Les mots viennent ensuite. Peu à peu, ils s’insinuent. Nous balbutions des mots étrangers pour les apprivoiser. Assaillis de mots, il nous faut les apprendre pour les dispenser et pour les penser. Les uns après les autres. Mot à mot et mot pour mot.

 

Les mots nous nourrissent et nous les mangeons même parfois en nous taisant. Ne rien dire. Manger ses mots. Mais dans ce cas, faut-il mâcher ses mots ?

Les mots sont quelquefois des musiques lorsqu’ils s’enchaînent. Certains mots retentissent avec légèreté. Ils tintinnabulent. D’autres résonnent pesamment. Lugubrement.

De deux mots, on en invente un troisième. Accroche-cœur. Porte-parole. Ces fameux mots si difficiles à mettre au pluriel et qui nous brandissent effrontément un ou deux « s » dont on ne sait que faire. Mot composé.  Plume décomposée à l’idée de les multiplier.

Ces mots avec lesquels nous jouons en les déjouant. Mot d’elle. Mot cas. Mot leste. Mot laid. Mot luxe. Jeu de mots.

 

Le petit mot doux qui fait le joli cœur ; le gros mot rustre qui fait le gros dos.

Les mots bleus que l’on dit en chanson avec les yeux ; les mots que l’on a, les poings serrés.

Le mot de passe déguisé en mot-clef. Ou l’inverse.

Les mots que l’on croise et que l’on flèche parfois comme pour ne pas les perdre.

Le mot que l’on prend au pied de la lettre.

Le mot que l’on se donne d’un clin d’œil complice.

Le mot que l’on ne souffle pas et qui reste un secret.

Le mot plus haut que l’autre :

            MOT

                        MOT

 

Et puis… le mot de la fin.



Les commentaires


Publié le 14 septembre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
"Ce qui ce conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément" écrivait Boileau… Et pourtant, dans la jungle des mots, comment choisir les bons ? Non, pas les bons mots, ces mots pour par dire, mais plutôt les mots justes... Non pas ces mots à double sens propice aux pirouettes, ces mots de clown avec leur nez rouge, ces mots vides de sens et ces mots suspendus comme des trapézistes dont on attend la chute…

Au bas mot, entre deux mots faut-il choisir le moindre, celui qui n’en dit pas long et qui reste sur la réserve ? Vaut-il mieux ne pas en souffler mot même si ce mot est sur le bout de la langue.
Dans le polar, on a choisi les attaques à mots armés, refusant cependant de répondre à un mot d’ordre. Si l’on pratique le mot à mot, ce n’est pas pour que les mots défilent en rangs serrés dans des casernes. On ne se paie pas de mots. On ne se donne pas le mot, préférant les voler dans la rue ou dans quelque bouge. Il s’agit de mots courants, usuels ou populaires et, parmi eux, certains refusent d’entrer dans le dictionnaire. Ils n’ont pas tous été premiers de classe mais , finalement, le plus important est d’avoir le dernier mot. Et comme je n’ai pas dit mon dernier, sachez qu’il y a parfois des mots laissés que l’on répète, autant qu’ils soient des mots pour rire.

... Ces quelques lignes pour venir jouer avec les mots de Martine Rousset. C’est un jeu de mots croisés avec un seul mot : « Mot ». Il peut se jouer à plusieurs, sans limite du nombre… Marie Cardinal a écrit un roman « Les mots pour le dire » dans lequel viennent finalement s’exprimer les mots du silence.
Publié le 15 septembre 2007


Par Angèle
terresdefemmes@hotmail.fr
"je mets des
mots de côté
sans qu'on le voie
pour retrouver
mes traces"
Henri Meschonnic, Voyageurs de la voix, Verdier, 1985, page 50.

"La poésie n’est pas plus dans les mots que dans le coucher de soleil ou l’épanouissement splendide de l’aurore – pas plus que dans la tristesse que dans la joie. Elle est dans ce que deviennent les mots atteignant l’âme humaine, quand ils ont transformé le coucher du soleil ou l’aurore, la tristesse ou la joie. Elle est dans cette transmutation opérée sur les choses par la vertu des mots et les réactions qu’ils ont les uns sur les autres dans leurs arrangements – se répercutant dans l’esprit et sur la sensibilité."

Pierre Reverdy, « Cette émotion appelée poésie », in Essais, Gallimard, Collection Poésie, 2003, page 108.

@ + luntanu
Anghjula


Publié le 19 septembre 2007
Par jean-paul
flicorse@ifrance.com
Mots
origine des mots à l'origine
origine de l'échange
mots des origines
la voix par-dessus les mots
quelle voix derrière les mots
mots privés d'échos
.../...
Indices de présence, poèùe d'Angèle Paoli
recueil Noir Ecrin, Poèsie cap-corsaire
Editions A fior di carta (2007)
site http://terresdefemmes.blogs.com
"Une ballade insulaire mi soleil, mi mélancolique"