Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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bravo : quel talent tassuad !!!
Rencart : On espére qu'elle va retrouver A paddulela à Moriani le 11
tassuad : quelle équipe ou quelle équipée?
Ausecours : vite il faut enlever tous les panneaux avant que Martine revienne!
Owlette : attention de ne pas trop te pencher c'est haut!
Georges C. : Même à Grevin, il n'est pas de marbre
Miso : Ppoint ? Y a le point basta, aussi !
Très sain : Saint Tr(e guéri
Saint Tre : Trop bon, le Desproges. Merci Martine.
Musa : On parle de toi dans musanostra, rencontre 4
Un pote : Toutes les taxes font chier tout le monde... même celle d'habitafion.
abbé froid : paix à son âme
abbé froid : paix à son âme
abbé froid : paix à son âme
l'abbé zef : à ne pas confondre avec le pet de nonne
L'Abbé Bêt : Qui monte, qui monte, qui monte...
L'abbé Gay : Je fais du vélocypède avec l'Abbé Quille.
RENCARD : Le 12 septembre chez TOURISTRA (ex CNRO) à TAGLIO ISOLACCIO avec Ugo Pandolfi et Olivier Collard. Emmenez vos maillots, on sera au bord de la piscine.
con pote : une bonne pomme
Chicon : con bon comme la romaine et chiant qui fait des salades.
Abscons : unconpris vaut mieux quer tu l'auuras.
Vieux con : Ce con plisse avec l'âge
con sultan : possède un harem de concubines.
Bas con : manque de cul haut au con bas.
Sire con 6 : 6ème roi des cons
con tenté : drague incertaine
Conchita : Guenon idiote espagnole
Con cave : con honnête voûté
concitoyen : con victime de la conjoincture et réduit à la portion congrue.
Réclusion : Etat de celui qui est con finement.
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Publié le 16 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Vous n’imaginez tout de même pas que je vous raconte tout de moi ? Ni non plus qu’il faille croire tout ce que je dis… Cependant, d’article en article, vous devez à présent à peu près cerner l’espèce du moustique qui m’a piquée un jour alors que j’étais encore dans mon landau. Un superbe mosquito delirium. Un de ceux qui vous cherchent sans relâche avec toutes sortes de ruses. Vous êtes persuadé que c’est une luciole… eh ben non… c’est un moustique avec une lampe de poche. Il vous cherche… Rusé le mosquito delirium. Il faut dire qu’ils ont eu l’occasion de s’organiser les garnements puisqu’ils sont apparus il y a 170 millions d’années. A noter cependant que le mosquito delirium est une espèce fort rare. Lorsque la fille mosquito (la mosquita) est en âge d’être amoureuse, elle commence à sortir de son étang. Avec son petit sac à main en imitation croco et ses yeux ourlés de longs cils noirs tueurs, elle part voir le monde. Elle volette de ci, de là, cahin-caha (pour peu qu’elle s’appelle Véronique…) et bing ! Il est là, le duvet gominé, accoudé au comptoir et qui sirote un Bloody Mary. Elle le regarde. Il la regarde. Ils se regardent. Après quelques instants où nous les perdons de vue (volontairement par pudeur), Mosquita attend des œufs. Ben oui, nous on attend un bébé, elle, elle attend des œufs. Elle est farcie quoi ! Evidemment, maintenant il lui faut rentrer à l’étang car il lui faudra très bientôt déposer ses futurs mosquitons sur l’eau. Les jolis petits œufs de la mosquita, une fois éclos, deviendront des ingrates larves bizarres. Des mosquitos adolescents. Ceux-ci, équipés d’un tuba pour respirer, resteront dans l’eau le temps de grandir un peu. Dès qu’ils se rendent compte qu’ils ont des ailes, ils les utilisent alors. C’est à cet instant qu’ils deviennent adultes. Et l’histoire continue. La particularité du mosquito delirium est qu’il est un insecte enjoué et très joueur, particularité qui peut être transmise à l’homme par sa piqûre. On n’observe d’ailleurs chez lui ni fugues chez les mosquitons, ni suicides, ni insecticides (équivalent de notre homicide), ni violence en général. Le saviez-vous ? PS : Petits écoliers de passage, si vous avez un exposé à faire sur les moustiques, évitez le « copié/collé » avec ce que vous venez de lire. Ou si vous le faites, ne venez pas vous plaindre ensuite… Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 15 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Trop c’est trop. Deux bigoudis, encore ça va. Ça se digère bien même au pluriel. Mais voilà qu’il me restait dans le placard un paquet de ukulélés… Et là, les accents aigus, je ne les supporte pas. Mais vu que j’ai un mal fou à résister aux « k », j’ai craqué… Un jour, un accent circonflexe est resté coincé en travers de ma gorge après avoir ingurgité un mât. « Vous en avez besoin de suite ? », a alors demandé l’accentopathe qui m’a auscultée. « C’est-à-dire que j’ai un mâtin sans chapeau qui souffre dans mon placard et je crains qu’il ne passe pas midi. » Ai-je objecté. Convaincu par mon argument, le spécialiste m’a extrait l’accent circonflexe avec une désaccentueuse. Depuis, je privilégie le diplomate et le mur plutôt que le diplôme et la mûre. Chaque samedi, je fais mes courses au Géant Casimots. Je prépare consciencieusement ma liste et de rayon en rayon, je remplis mon caddie. Je profite de quelques promotions au passage telle une phrase entière au pluriel au prix du singulier. Je m’accorde un pack de kayaks, un kilo de kopecks ou parfois même un okapi s’il en est d’abordable. L’une de mes amies a beaucoup moins de chance que moi car le moindre mammouth la fait grossir. Elle est contrainte de suivre un régime perpétuel de mots courts. Il est fort attristant de la voir picorer un jet alors que je m’empiffre de supersoniques. Elle ne s’octroie un pluriel que le dimanche midi. Je reste en revanche prudente sur certains mots, notamment ceux à la racine douteuse. J’ai d’ailleurs remisé à la cave plusieurs caisses de boomerangs, de pull-overs, de cow-boys et de week-ends. On ne sait jamais. Et lorsque je pars en promenade, j’emmène avec moi quelques abréviations peu encombrantes que je glisse dans mon sac à dos. Une fois n’est pas coutume et quelques CQFD, PS ou NB font un excellent pique-nique. Je dois vous laisser car ce soir, je reçois des amis à dîner et il me faut réfléchir à ce que je vais leur servir : cataplasme ou cataclysme ? Le « y » est de bon ton mais les trois « a » font leur effet. J’hésite.
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 14 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique
- Dis, Maman, quelque chose me vient à l’esprit… - Quoi donc Papa ? - Il faut penser à tout je crois. Nous avons pensé à faire notre vie et il me semble qu’à présent il serait utile de préparer notre mort. - Papa ! S’indigna Lucienne, tu n’as rien d’autre à dire de plus amusant ? - Pourtant il faut bien que nous y songions. Il ne faudrait pas que nos enfants soient tourmentés par nos obsèques. Et puis, si nous y songeons avant, cela nous permet de programmer dès à présent la façon dont elles se dérouleront et au moins, elles seront réussies. Tu ne crois pas ? Louis attendait que sa femme digère ce qu’il venait de lui dire. Il l’observait par-dessus ses lunettes. Elle réfléchit un instant, puis : - Ma foi, d’y penser ne nous oblige pas à mourir… C’est peut-être finalement une bonne chose. Tu le voudrais comment ton enterrement toi ? - Oh, simple. Je pourrais inviter juste notre famille, quelques voisins et amis, et c’est tout. Mais pas cet âne de Gontran ! Depuis l’histoire de la clôture sur le terrain, il ne mérite même pas de profiter du verre de blanc que l’on servira à mon apéritif d’adieu. - Un apéritif d’adieu ? Pour quoi faire ? - Pour que les gens s’en jettent un petit derrière la cravate en pensant à moi pardi ! - Et si on se faisait incinérer ? Cela coûterait probablement moins cher. - Ah non ! Je crains la chaleur, tu le sais bien. Je veux un beau cercueil. Un en chêne mais pour les poignées, j’hésite... Tu vois, j’y verrais bien les poignées de la commode de notre chambre. - Et comment je l’ouvre la commode si tu meurs avant moi ? - Zut, je n’y avais pas pensé. Lucienne se souvint soudain qu’elle avait aperçu une publicité avec le mot « obsèques » dans le programme de télévision. Elle alla le chercher, le posa sur la table de la cuisine, s’installa sur la chaise en bois et feuilleta le journal. Quand elle l’eut trouvée, elle tira une autre chaise près d’elle et demanda à Louis de la rejoindre en tapotant du plat de la main sur la chaise. Ils étaient à présent tous deux côte à côte, le nez penché sur la page qui titrait en grosses lettres « Convention Obsèques ». Lucienne s’écria soudain : - Regarde Papa ! Ils acceptent de nous prendre sans examen médical ! On a le choix de mourir malade ou en bonne santé. C’est formidable ça. - Je préfère mourir en bonne santé moi. - Tu as raison, moi aussi. Ça fait plus propre. Mais dis, tu vas être habillé comment ? Ton costume gris ? - Tout à fait, celui du mariage de Simone. Il ne faudra pas oublier les bretelles d’ailleurs, sinon le pantalon à tendance à descendre… Lucienne était songeuse. A ses sourcils froncés, on devinait que quelque chose la perturbait. - Je vais m’acheter une robe. Lança-t-elle soudain. Il me faut une robe qui ira avec mon foulard Dior. J’irai voir en ville demain matin. Satisfaite de cette décision, elle continua consciencieusement la lecture de l’article. Ils en commentèrent chaque point, s’accordant à trouver la proposition extraordinaire. - Regarde Maman, il y a un coupon à découper pour demander une documentation. On découpe ? - Allez ! Il est écrit en plus que c’est sans engagement de notre part ! Tu vois, on n’est pas obligés de mourir. Et puis ils offrent un cadeau aussi, regarde l’image ! Une montre ! - Cela doit être une montre spéciale qui t’indique à quelle heure il faut mourir. Il faut pas que tout le monde meure en même temps sinon ils ne vont pas s’en sortir. Et puis, il est écrit qu’elle est garantie deux ans. Ça nous laisse le temps. - C’est bien pour les enfants tout ça. On va dire tout ce qu’on veut à Monsieur Obsèques et ils seront tranquilles. Le petit tableau dit qu’on ne paiera que 20 euros par mois pour nous deux pendant 10 ans. Louis leva alors la tête et se rejeta en arrière sur le dossier de la chaise. Il resta ainsi quelques secondes le nez en l’air et le regard dans le vague vers le plafond. Seuls ses doigts qui se dressaient les uns après les autres laissaient imaginer qu’il comptait... Il reposa les mains sur ses genoux et se tourna vers Lucienne : - Finalement, j’en sais rien… Et si on partait en croisière pour ce prix-là ? Le visage de Lucienne s’illumina. - Quelle bonne idée Papa ! Et puis les enfants ne sauront pas avec quel argent on paiera le voyage…
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 13 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Assise sur le divan du salon, la tête rejetée en arrière, Juliette ressortait ces minutes d’extase et les visionnait une à une. Elle souriait. Quand elle regarda à nouveau l’heure, elle tressaillit. Dix heures ! Et il n’est pas encore levé ! Elle se leva d’un bond et se dirigea vers la chambre de son bambin. Elle entra à pas de loup et s’approcha du lit… Sa chair, sa vie, son sang, sa raison d’être n’y était pas… Elle fit le tour de la maison, pièce par pièce, vérifia les verrous de la porte d’entrée, retourna dans la chambre, regarda sous le lit, dans les armoires. Michel avait disparu. Juliette se mit alors à trembler, jetant des regards affolés dans tous les coins de la maison. Plantée au milieu du salon, elle hurla : « Mon bébééééé ! Où es-tu ? ». Pas un bruit. Totalement paniquée, elle se rua sur le téléphone et composa le 17. - Police, j’écoute. - Venez vite, mon petit garçon a disparu ! Vite ! Je vous en supplie ! - Gardez votre calme madame. Où et quand a-t-il disparu ? - Il n’est pas dans son lit ! Mon bébé d’amour n’est pas dans son lit ! Vite ! - Nous venons immédiatement madame. Donnez-moi votre nom et votre adresse. - Juliette Peres, résidence Les Alouettes, bâtiment A, 1er étage gauche, ânonna-t-elle en pleurant toutes les larmes de son corps. - Nous serons là dans quelques minutes madame. Quel âge à votre petit garçon ? - Euh… Eh bien… Il a vingt-trois ans…
- ... Quand Michel rentra dans l’après-midi, le visage tiré par une nuit blanche avec ses copains, il lança à sa mère vissée dans le fauteuil du salon : - Salut M’man ! Tu vas bien ? Tu ne t’es pas inquiétée au moins ? - Tu veux rire. Je viens seulement de m’apercevoir que tu n’étais pas rentré…
Fin
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 12 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Juliette installait sur la table de la cuisine le petit déjeuner de son fils. Son « bout d’chou » comme elle l’appelait tendrement. Elle sortit la boîte de Nesquik et compta cinq cuillères à café qu’elle versa consciencieusement une à une dans le bol à l’effigie des Pokémon. Elle prépara ensuite des grosses tartines beurrées qu’elle recouvrit copieusement de confiture de fraise. Sa préférée. Elle les disposa près du bol et jeta un coup d’œil sur l’horloge du four à micro-ondes. Neuf heures… « Quelle grasse matinée ce matin ! Se dit-elle, il se fait un sacré gros dodo mon petit garçon ! ». Le matin, elle adorait l’instant où son petit Michel faisait irruption dans la cuisine en baillant, les yeux encore alourdis de sommeil et ses cheveux blonds en bataille. C’était son moment à elle, où elle offrait l’amour de son regard sur ce morceau d’elle dont la vulnérabilité matinale la faisait fondre. Elle l’avait tellement désiré ce petit ! Les mots du médecin résonnent encore dans sa tête. « Vous allez être maman ! ». M-a-m-a-n… Dès lors, elle avait supporté ses nausées avec un sourire béat, avait regardé dans la glace de l’armoire son ventre s’arrondir avec une joie indicible et avait tricoté jusqu’à s’en engourdir les mains. Et quand, enfin, un dimanche de juillet, elle sentit les premières contractions, elle en pleura d’émotion. « C’est un beau garçon », avait déclaré la sage-femme. Beau ? Plus que ça ! Une véritable petite merveille. Un bijou. Un diamant. Le premier anniversaire de Michel fut un grand jour car ce fut également celui de ses premiers pas. Elle avait scotché des ballons de toutes les couleurs sur les murs du salon, avait confectionné un gigantesque et compliqué gâteau au chocolat et invité toute sa famille. Perché sur sa chaise de bébé, Michel avait ri aux éclats quand elle avait gonflé ses joues afin de souffler la bougie et qu’elle avait fait mine plusieurs fois de ne pas y parvenir. Quand tous les convives furent partis, l’enfant, accroché à une chaise, fit alors trois pas vers la table basse, se lâchant dans un équilibre précaire sous les yeux ébahis de Juliette.
(à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset
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