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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
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1 policier : Je suis pas commissaire comme Flippi mais si Hugues se nomme Capet, il pourrait être le père d'Adrienne... mais on me demmandera pas mon avis...
Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
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Polisson : pratique l'érotisme
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Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
Cancan : Candide? Qu'en dis-tu? Et qu'en dira le qu'en dira-t-on? Qu'en dit le candidat? Qu'en dis-je, moi-même? Il faudrait être candide pour y croire.
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Publié le 08 octobre 2007 à 17:30
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

Juste un pas pour avancer un peu, pour ne pas rester là où nous n’avons peut-être plus de raison d’être. Ne serait-ce que par curiosité. Un bonheur se niche peut-être à deux pas. Il faut aller voir.
 

A petits pas, à grands pas, à pas comptés, à pas de loup, qu’importe. Avancer. Ne pas renoncer. Donner le pas au pas.
 

Si un jour un peu de hasard et d’amour nous ont permis de faire nos premiers pas, c’est pour qu’ils soient repris en écho par les suivants.


Bruit du pas rassurant de celui que l’on reconnaît et que l’on attend. Pas inquiétant de celui inconnu qui s’approche. Pas hésitant que le nôtre alors.


Le pas, signe de vie qui mène à la trace. Arlette Shleifer l’a compris (cf.
www.corsicapolar.eu). La trace qui révèle l’existence d’un passage. La trace est immobile mais présente parce quelque chose ou quelqu’un a bougé. Manifestation de vie qui sème des souvenirs. Le pas question et la trace réponse. L’empreinte du temps passé à faire un pas.


Les pas se succèdent. Un pas de côté, un pas en avant, pas de deux, pas de danse sur notre route en quête d’empreintes.


Le pas est à franchir, sans le presser. De l’expérience à la connaissance, il n’y a qu’un pas. Prendre le pas sur les heures vécues, puis revenir sur ses pas pour finalement sauter le pas, c’est un pas.


Ne pas défiler en cadence au pas de l’oie. Plutôt se défiler de l’ordre trop établi et zigzaguer. Résister à chaque pas, toujours résister.


Diriger ses pas sans certitude. Ne rien exclure et surtout pas le doute. Chaque pas est balbutiement, essai et suggestion.


Faire un premier pas, le deuxième suivra… Peut-être. Peut-être pas. Dans le doute ne pas s’abstenir. Quitte à trébucher. Faux pas d’équilibriste mais pas tenté.

 

Et là, sur le pas de sa porte, faire un signe. Un petit pas grand-chose. Un petit je-ne-sais-quoi. Surprise parfois. Communion du pas et de son empreinte.

Publié le 07 octobre 2007 à 15:34
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique

Ils sont souvent bien attendrissants ces petits groupes de touristes retraités. Les messieurs avec leur bob, leur short, leurs sandales et leurs chaussettes de tennis. Quant aux dames, elles sont souvent  vêtues d’une robe à fleurs rehaussée d’un bob ou d’un chapeau de paille et chaussées d’espadrilles pas toujours assorties aux fleurs… La sacoche autour de la taille, on visite, on achète des cartes postales, on s’offre une jolie assiette encadrée de coquillages collés et agrémentée d’un superbe portrait de Pascal Paoli.
Ce qui m’amuse le plus, c’est leur naïveté à imaginer qu’ils se fondent dans la population locale. Un jour, un couple de touristes tout à fait charmants, la chaussette montée haut et le bob enfoncé bas, m’interpelle dans la rue afin que je leur indique la Poste. Je les renseigne gentiment et avant de continuer mon chemin, je leur lance un « Bonnes vacances ! ». Interloqués, leurs yeux s’arrondissent d’étonnement : « Comment savez-vous que nous sommes en vacances ? » me dit l’homme. Que répondre à cela ? J’ai souri et j’ai baissé les yeux vers ses chaussettes...

 

Et puis, il y a d’autres touristes, plus rares heureusement, comme la horde inattendue de touristes débarquée aujourd’hui au village. Je les ai entendus arriver sur la place de l’église. Un peu surprise pas un tel brouhaha alors que le village s’est désertifié de toute sa faune estivale, en bonne villageoise, je suis allée à ma fenêtre.

Une quinzaine de marcheurs, hommes et femmes, la retraite fraîchement acquise ou prête à l’être, sacs à dos tout neufs, shorts (sans short, les vacances ne sont pas des vacances) et casquettes (pour faire sport). Leurs baskets laissent à penser qu’ils ne sont que des marcheurs occasionnels. L’accent plutôt pointu et le verbe haut. Le tout dans une bonne humeur franchouillarde.

 

Une dame, la main sur la poignée de la porte de l’église, invite les autres à la suivre pour la visiter. Refus catégorique général. « Toutes les mêmes les églises », « Moi, je suis fatigué », « Moi, j’aime pas les églises », « Moi, j’ai faim ». A cet instant, le clocher sonne les douze coups de midi et réveille encore davantage les ventres gargouillant du groupe.

 

Ils s’installent tous en brochette sur un muret, libèrent leur dos de leur sac et en sortent leurs sandwiches soigneusement enveloppés dans du papier aluminium. Le soleil est radieux et les sandwiches gaiement entamés. J’entends quelques réflexions moqueuses à l’encontre des habitants dont un « Comment font-ils pour vivre dans un bled aussi paumé ? Vous croyez qu’ils ont la télé ? ». Hé banane, les paraboles que tu peux voir si tu daignes regarder autour de toi, tu crois que l’on s’en sert de barbecue ? Et qu’en automne on les troue à la chevrotine pour y faire griller des châtaignes ?

 

Après quelques bouchées, le ciel s’obscurcit. Quelques gouttes de pluie… puis le déluge… On enfonce sa casquette, on jette son jambon-beurre-cornichon dans le sac à dos et on court se réfugier… dans l’église…

 

Si j’avais eu les clefs de l’église, je serais descendue la fermer à double tour dès les premières gouttes de pluie... Et toc.


Les commentaires


Publié le 08 octobre 2007
Par jean-paul
flicorse@ifrance.com
Encore des retraités qui font de la randonnée pour l’hygiène et des voyages pour tuer le temps. Tuer le temps, lorsque, en fin de randonnée, l’on est passé de l’autre côté du versant ? Il faut être né con … Alors je leur dédie une chanson de Georges Brassens…

Pour des cons
Quand ils sont d'venus
Des têtes chenues
Des grisons
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunots
Pour des cons
Moi, qui balance entre deux âges
J'leur adresse à tous un message

Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan

Vous, les cons naissants
Les cons innocents
Les jeun's cons
Qui n'le niez pas
Prenez les papas
Pour des cons
Vous, les cons âgés
Les cons usagés
Les vieux cons
Qui, confessez-le
Prenez les p'tits bleus
Pour des cons
Méditez l'impartial message
D'un type qui balance entre deux âges

Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan


Publié le 08 octobre 2007
Par Difrade
La parabole est la trajectoire décrite par un objet que l'on lance si on peut négliger la courbure de la Terre, le frottement de l'air (vent, ralentissement de l'objet) et la variation de la gravité avec la hauteur. A noter également que l'énergie mécanique pour un objet décrivant une parabole est toujours nulle.

Par métonymie, une parabole désigne une antenne parabolique. Il s'agit plus exactement d'une application des propriétés de la surface nommée paraboloïde de révolution.

En mathématiques, un paraboloïde est une surface du second degré de l'espace euclidien. Il fait donc partie des quadriques, avec pour caractéristique principale de ne pas posséder de centre de symétrie. Certaines sections d'un paraboloïde avec un plan sont des paraboles. D'autres sont, selon le cas, des ellipses ou des hyperboles. On distingue donc les paraboloïdes elliptiques et les paraboloïdes hyperboliques.

Vous en avez raz le bol ! Vous préférez que je parle de la parabole du bon Samaritain… Non !

Il y a aussi la parabole de la lampe (Luc 8, 16-18 - Marc 4,21-25) Cette parabole est la bien nommée, car elle est une parabole pour mieux entendre ce qui éclaire et pour éclairer ce qui est à entendre. Or le paradoxe ici est que pour parler d’écoute, Jésus prend une métaphore visuelle, celle de la lampe qui éclaire ce que l’on a du mal à entendre. C’était encore l’époque de la lampe à huile et sans les deux gouttes d’huile du Sage des Sages, adieu la parabole, adieu la métaphore de Jésus… Vous avez du mal à entendre ?

Non plus ! Vous ne voulez rien voir ni entendre comme ces touristes qui n’ont pas remarqué les paraboles sur les toits d’un village dont l’un des habitants aurait pu être le roi Coca Cola et changer la face du monde..

Ah ! Vous avez une autre raison : Cela va faire sortir Diogène de son tonneau pour s’exclamer : « Et m..., après la littérature pour petites filles sages et sudieuses, voici revenu le temps du mysticisme ( mystification ?)

Enfin petites filles sages! Petites filles studieuses! Pour en savoir plus, il faudrait étudier de près toute la série des Martine, pour savoir quels sont les albums les plus lus. Pour ce qui est de la bible, on y trouve plus de meurtres que dans n'importe quelle littérature de gare...

Bon ! Je prends la tangente…
Ciao! Ciao!...


Publié le 08 octobre 2007
Par Martine
Et toc !

Publié le 10 octobre 2007
Par micorne
Et toc! bien envoyé. Que ces gens sont mal élevés. Qu'ils sont envahissants.
Etions nous aussi "touristes" lorsque nous venions en vacances dans le sud?
Non, sainte horreur, non.
Nous étions en nature, en ciel bleu en villages.
Pas en vacances.
Publié le 06 octobre 2007 à 10:50
Par Martine Rousset
Humeur : En colère

Même si la télévision, chez mon Roudoudou et moi-même, est un objet fort peu utilisé, j’achète cependant  consciencieusement le programme. Une vieille habitude tenace...

Alors qu’habituellement je me contente de regarder perplexe le visage des « stars » qui font la couverture et que je ne connais pas, aujourd’hui, allez savoir pourquoi, j’ai feuilleté « Télé 2 semaines ». Je n’aurais pas dû…

 

Page 5 : Complicio propose un crédit époustouflant. « Vos projets gagnants ! » nous annoncent-ils (slogan agrémenté d’un ballon de rugby opportuniste). « Rien à payer jusqu’en 2008 ! ». Génial. Trois mois tranquilles. Noël sans souci.

Page 13 : Sofinco offre de faire « décoller tous nos projets ». Même les plus insolites, ajoutent-ils. Royaux. Sports d’hiver assurés.

Page 29 : Finaref s’inquiète de savoir si nous avons besoin d’argent rapidement. Là encore, nous n’aurons rien à rembourser pendant les trois premiers mois. Pâques au soleil.

Page 35 : Cetelem fait profiter d’un taux sur-mesure. Allez, zou, à ajouter au petit panier percé de nos ménagères. Changeons de voiture.

Page 43 : Mediatis balance un étrange « Le mois pour moi ! » en suggérant de nous dépêcher d’emprunter chez eux car l’offre est exceptionnelle. Qui n’en veut d’un home cinéma ?

Là, on  nous laisse respirer jusqu’à la page 184 car malgré tout, le journal a vocation à également nous informer sur le programme de télévision. Ceci étant fait, on y retourne…

Page 185 : Crédit Lift regroupe tous nos crédits. Nous pourrons donc payer en un seul versement les cadeaux de Noël, le séjour à Avoriaz, le voyage en Grèce, la petite 106 gris métallisé et le home cinéma. C’est en effet bien plus simple.

Page 197 : Cofidis fait une offre qui « vaut son pesant d’or » au « taux précieux » de 4,6 %. Pourquoi y résister ? Et un petit solitaire, un.

Page 218 : Partners Finances regroupe lui aussi. Cela tombe bien vu que depuis Crédit Lift, on a craqué sur la bague. On regroupe une deuxième fois.

Page 223 : la Société Générale présente enfin son « Prêt Expresso ». Trop tard… Il fallait venir plus tôt.

  

Allez expliquer à nos gamins qui voient sans cesse le mot « crédit » solutionner avec une facilité déconcertante tous les problèmes d’argent qu’il ne s’agit là que d’un leurre.

Satanée société de consommation.

 

Si je vous dis que cela me met hors de moi, vous me croyez ?



Les commentaires


Publié le 06 octobre 2007
Par micorne
pas de commentaire à ajouter. Tout est dit. La rogne exprimée.
Mais les pièges sont gros!
Publié le 05 octobre 2007 à 11:33
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie

Qu’offre-t-on à une petite fille qui s’appelle Martine et qui aime lire ? Je vous le donne en mille ! Comme probablement toutes les petites Martine qui aiment lire, j’ai eu le droit bien évidemment à la collection complète de toutes les aventures de la gentille petite fille vertueuse et sage (tout moi ça). Fête, anniversaire, Noël… La totale quoi.

 

Martine n’a donc pas de secrets pour moi. Martine à la plage, Martine à l’école, Martine chez Papy et Mamy, Martine reçoit du courrier, Martine fait ses courses, Martine en voyage, etc. Je ne les citerai pas tous car il y en eut une cinquantaine (vendus à 85 millions d’exemplaires dans le monde… Cela laisse rêveur…) ! Ils se vendent toujours aujourd’hui mais mon entourage a à présent la délicatesse de ne plus m’en offrir…


Pour la petite histoire, son créateur, Gilbert Delahaye (1923-1997) avait d’autres cordes à son arc puisqu’il obtint, entre autres, le prix Jacques Prévert en 1985 pour l’ensemble de son oeuvre et vous vous en doutez, pas uniquement pour ses albums de Martine. Il n’y a qu’à lire « les pêcheurs » pour se dire que nous sommes bien loin de Martine à la plage…
 
 
Les pêcheurs
Gilbert Delahaye

La vague n'en finit pas de dérouler son toboggan sur l'écueil. 
Par-delà les îles, à trois jours de roulis, ceux qui ont pris la mer tournent en rond d
ans l'ouate aveugle de novembre. 
Par chance, quelques-uns trouvent la passe.

O dérision des accalmies ! 
Se retourner, mal endormi, dans la maison de granit. 
Ecouter la rumeur de l'apocalypse. 
Dialoguer avec les morts.

Tous ici guettent Dieu sait quoi : un présage, un signe. 
Certains, accoudés au parapet, comptent les jours perdus. 
D'autres tamisent le vent, raclent le sable jusqu'au silex ou bien réparent leurs filets,
le dos contre le mur, acculés à l'irréparable. 
Ils remédient à l'essentiel avec des bouts de ficelle.

Chaque jour reprendre son bien à la mer avare. 
Ne pas attendre l'aube ni devancer le crépuscule. 
Observer les rites. 

Les oiseaux ont leur langage.

 
Je croyais tout connaître de « Martine » pourtant, je viens de découvrir, par le biais du courriel d’un ami, des albums que j’ignorais totalement… Un Diogène a dû passer par là… Mais je ne suis pas certaine de les trouver en librairie pour compléter ma collection…
     




Il n’y a donc aucune raison pour que je n'aie pas moi-même « mon » Martine…


 
 


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Publié le 04 octobre 2007 à 15:30
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
 


« Papillon d’automne », photographie par Micorne, 2007
  


Que le soleil soit loué car ce matin, c’est d’humeur guillerette que je suis partie gambader gaiement dans ma campagne.


« On n'est pas des imbéciles, on a mêm' de l'instruction, au lycée Pa-pa..., au lycée Pa-pil... au lycée Papillon » chantais-je joyeusement à tue-tête en sautillant sur le petit chemin qui sent la noisette.

Une abeille passa devant moi en vrombissant, s’arrêta un instant face à moi grâce à un superbe surplace, le regard interrogateur et les sourcils froncés, puis se posant sur une fougère m’interpella :


- Tu chasses le papillon ?

- Euh… Non, pas du tout… Je me balade.

- Ouf, j’ai eu peur. Je n’aime pas les chasseurs de papillons, me lança-t-elle alors avec soulagement.

- Tu as des amis papillons je suppose ?

- Plein et de toutes les couleurs. Tiens, justement, tu vois le grand papillon orange et noir qui volette de rayon de soleil en rayon de soleil ? Eh bien, lui, c’est un philosophe.

- Un papillon philosophe ! M’étonnai-je aussitôt.

- Oui tout à fait. Un philosophe Madame. Il m’a même confié l’autre fois que si il le pouvait, il ne butinerait que des pensées…


Sur ces jolis mots, l’abeille fit un petit signe d’aile au papillon afin de lui proposer de les rejoindre.


- Bonjour la foule ! Claironna-t-il en s’installant, les ailes frémissantes, près de son amie.


L’abeille s’approcha du papillon et lui murmura alors quelque chose que je ne parvins pas à entendre. Le papillon sourit et me fixa un long moment. Je n’osai rien dire. L’abeille en profita pour s’en retourner à son butinage et me signifia son congé d’un petit signe d’antenne.


Soudain, le papillon me demanda :


- Tu me cherches, parait-il ?


Trop surprise, je ne répondis pas.
Il poursuivit :

- On m’associe souvent au bonheur, n’est-ce pas ?

- Oui, c’est vrai… Balbutiai-je.

- Donc, tu me cherches. Conclut-il en volant jusque sur mon épaule.

 

Je l’observai sans comprendre et tout à coup, les dernières lignes du livre de Bernard Giraudeau, Les dames de nage, me revinrent à l’esprit :

 

« Attraper le bonheur, c’est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet (…). Tu précipites ton filet sur lui et il s’abîme, c’est un bonheur gâché. Si c’est un bonheur agile, on ne peut le faire prisonnier et l’on court sans fin, c’est une agitation inutile, le bonheur est parti. Parfois, il se laisse prendre sans dommage, il ne s’est pas débattu et il reste bien sage, un peu frileux sous le filet. C’est un bonheur fragile, fatigué, malade peut-être. Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l’abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l’emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur tes doigts, si tu le piques sur un bois il meurt. Il faut être comme l’arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule. C’est un jour de grande fatigue, en fermant les yeux, que je l’ai vu. »

 

Il avait raison. Sans le savoir je le cherchais.

 


Après un long silence, je l’interrogeai :


- Tu es venu m’apporter le bonheur ?

- Hé ! Minute papillon !… Je suis juste là pour te le suggérer… Cesse de te lamenter sur le souvenir d’un absent… Sais-tu que dans chaque papillon, tu pourrais y voir un rêve et que chacun de ces rêves pourrait être un bonheur ?

 

Comment pouvait-il savoir ? Abasourdie, je m’assis alors sur une pierre au soleil. Le papillon ne quitta pas mon épaule.


Qu’essayait donc de me dire ce lépidoptère aux couleurs du feu ? Qu’il pouvait être un bonheur si moi j’acceptais d’être un arbre à papillons ? Je pensais bien évidemment au buddleia, cette plante qui attire irrésistiblement les insectes et que l’on appelle aussi « arbre aux papillons ».


Il me fallait m’ouvrir au bonheur pour le recevoir. Et pour cela, je devais y croire.

 


Le papillon me regardait l’air amusé. Il me voyait m’interroger avec ravissement.


- Es-tu prête à laisser vagabonder tes rêves jusqu’à ce qu’ils changent ta vie ? Reprit-il.


Comment ne pas se laisser bercer par les mots d’un papillon dont les couleurs et les battements d’ailes me faisaient penser à une flamme alors que ma cheminée avait vu défiler ma vie… Combien d’heures avais-je passé face à l’âtre, cherchant dans les flammes des raisons aux choses…

 


Convaincue qu’il détenait une vérité, je me tournai vers lui pour le lui faire savoir.

Il avait disparu, probablement appelé par une autre âme en peine. Seule subsistait sur mon épaule l’écho d’une chanson… 

  

L'abeille et le papillon

Une abeille un jour de printemps
Voletait, voletait gaiement
Sur la rose bruyère en fleur
Dont si douce est l'odeur

Au pied de la bruyère en fleur
Une pauvre chenille en pleur
Regardait voler dans le ciel
La petite et son miel

Et la pauvre chenille en sanglots
Lui disait "Je vous aime"
Mais l'abeille là-haut, tout là-haut
N'entendait pas un mot

Cependant que les jours passaient
La chenille toujours pleurait
Et l'abeille volait gaiement
Dans le ciel du printemps

Après avoir pleuré jusqu'à la nuit
Notre chenille s'endormit
Mais le soleil de ses rayons
Vint éveiller un papillon

Et sur une bruyère en fleur
Notre abeille a donné son cœur
Tandis que chantaient les grillons,
Au petit papillon

Par les bois, les champs et les jardins
Se frôlant de leurs ailes
Ils butinent la rose et le thym
Dans l'air frais du matin

Ma petite histoire est finie
Elle montre que dans la vie
Quand on est guidé par l'amour,
On triomphe toujours
On triomphe toujours
On triomphe toujours.

 Paroles : Maurice Pon - Musique : Henri Salvador   (1953)


  
  
« Les papillons du bonheur » peinture par Arle, 2007 (photographie M. R.) 


Les commentaires
Publié le 04 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Merci, Martine, pour ce texte illustré qui a la légèreté du baiser du papillon. Il est comme un battement de cils sur une joue de bébé.

Pour le papillon philosophe, une citation de Victor Hugo :

« ..Tout crépuscule est double, aurore et soir. Cette formidable chrysalide que l'on appelle l'univers tressaille éternellement de sentir à la fois agoniser la chenille et s'éveiller le papillon. »
Victor Hugo

Pour l’abeille, une chanson :

« Dans un pays de tous les temps
Vit la plus belle des abeilles
Que l'on ait vu depuis longtemps
S'envoler à travers le ciel

Cette petite abeille porte le nom de Maya
Petite oui mais espiègle Maya !

Qui n'a vraiment peur de rien
Qui suit toujours son chemin

Venez donc découvrir la malicieuse Maya
Petite oui mais espiègle Maya !
Tout le monde aimera Maya

Maya ... (bis)
Maya ... (bis) »

A dopu!
Publié le 04 octobre 2007
Par Jean-Paul
flicorse@ifrance.com
Je chante cette chanson si la soeur d'Ors'Anto citée dans la vendetta de Sherlock Holmes me donne quelques pots de miel corse. Tu peux en parler à Ugo Pandolfi. Il la connait depuis au moins cent ans.
A dopu!
Publié le 04 octobre 2007
Par Martine
Et si au lieu de lire des passages de nos livres l'an prochain à Barrettali, chacun chantait plutôt une chanson ?
Jean-Paul, je t'en supplie, toi tu nous chanteras Maya. Il y aura bien quelques auteurs qui feront les choeurs.
Allez, dis oui !
Publié le 04 octobre 2007
Par jean-paul
flicorse@ifrance.com
Après la légèreté, un poids lourd...

Mohamed Ali, alisa Cassius Cay, champion du monde de boxe chez les lourds, a déclaré un jour " Je vole comme le papillon et je pique comme l'abeille". Il s'explique:

"J'épatais les journalistes en étant vaniteux et provocateur. Liston souriait, et je lui ai dit que je volais comme le papillon et que je piquais comme l'abeille ! Je lui ai également dit qu'il ne pouvait pas frapper ce que ses yeux ne pouvaient pas voir ! Bien sur, je jouais l'intox totale, persuadé que je ne ferais pas long feu sur le ring...Et avant de quitter la presse, Liston m'a jeté un "je vais te démolir" qui me glaça le sang...

Pourtant, au 8eme Round du combat, Liston abandonnait. J'exultais, j'étais devenu le champion du monde ! Le moment rêvé absolu pour tout boxeur qui se respecte. Je fanfaronnais, moi Cassius Clay.

15 mois après, c'était l'heure de la revanche. Mais cette fois, tout était différent. J'étais le champion du monde incontestable et incontesté. En conférence de presse, j'annonçais que j'allais battre Liston au premier round, dans la première minute."

Pour un boxeur, l'inverse serait catastrophique. Imaginez le piquant comme le papillon et volant comme l'abeille. Il ferait le tour du ring un peu à la façon de Charlot dans un de ses films dans lequel clochard, il devient boxeuir.
Publié le 04 octobre 2007
Par difrade
mathieu.difrade@caramail.com
Théorie du chaos:

À cause du clou, le fer fut perdu
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.

Tout cela pour un simple clou... C'est l'effet papillon!
Publié le 04 octobre 2007
Par Noeud gordien
Pour la cravate qui cherche un nœud papillon, il faut savoir que ce dernier est une petite cravate avec un nœud particulier. Donc son propriétaire devrait apprendre à faire les nœuds de cravate et nous avons décidé de l’aider…

Quelques noms de nœuds de cravate :

Le Papillon - l'Ascot - le Noeud simple (four-in-hand) - le Balthus - le Cavendish - le Croisé (Christensen, ou Prince Hugues)- le Double-simple (Prince Albert) - le Grantchester - le Hanovre le Kelvin le Nicky - l'Onassis - l'Oriental - le Petit nœud le Plattsburgh (Dovorian) - le Pratt - le Saint-Andrews - le Victoria - Windsor - Demi-windsor…

Pour apprendre à faire les nœuds de cravates, aller à l’adresse ci-dessous :

http://membres.lycos.fr/vernaye/cra vates/noeuds.html

Nous avons donné quelques nœuds de cravate : l'ascot, le papillon, et dix-huit nœuds de régates.. Il existe évidemment beaucoup d'autres nœuds, plus ou moins jolis. Si vous en connaissez qui ne figurent pas sur cette page, ou si vous souhaitez commenter l'un des nœuds, écrivez.
Publié le 04 octobre 2007
Par Papillon du soir
Papillon-
Paroles et Musique: Louis Chedid 1979

La vie c'est comme les papillons,
D'abord chenille dans son cocon,
Et puis un beau jour sortir du coton,
Se retrouver en plein soleil,
Bâiller en déployant ses ailes,
Et s'envoler
Comme les papillons.
Trois petits tours et puis partir,
Car papillon jamais revenir.

Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, toujours mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, mouchoir.

Les hommes tout comme les papillons,
D'abord pleurer dans les jupons
Et puis un jour quitter la maison,
Voler de balcons en jardins,
Planer de bonheur en chagrin.

Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, toujours mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour.
Papillon du soir, toujours mouchoir.
Papillon du jour, toujours l'amour,
Papillon du soir, bonsoir.