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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Rencart : Canari le 15, au couvent
Rencard : : Place Foch à Ajaccio les 4, 5 et 6 juillet. Salon du polar et sortie de "Noirs de Corse - Piccule Fictions"...
Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
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Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
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Erotisme : Luxure polie
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451 : La souscription pour Noirs de Corse Piccule fictions a besoin de vous
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Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
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Publié le 15 juin 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

Ce matin, je ménageottais (du verbe ménageotter qui signifie « faire un peu de ménage sans conviction ») de ci de là quand j’ai fait tomber mon plumeau (en fait, c’était un chiffon mais le plumeau est plus joli à imaginer).

 

Il m’a glissé des mains, a longé le mur et a terminé sa chute sur le parquet tout près du fil de téléphone qui longe la plinthe. Et là, j’ai réalisé un truc invraisemblable. Inouï… Incroyable… Le fil du téléphone…

 

Vous rendez vous compte de l’importance de ce petit fil à l’apparence insignifiante ? De tout ce qui passe par sa pourtant modeste gaine blanche ?

 

Imperturbable, il colporte des espoirs, des attentes, des colères, des mots d’amour, des bonnes et des mauvaises nouvelles. Il laisse passer des blogs entiers avec parfois un malheureux Ramsès II qui s’emmêle les bandelettes autour des antennes d’une coccinelle. Il permet d’organiser un voyage sans bouger de chez soi. Enfin, je n’ai jamais essayé mais je suppose qu’il suffit de connaître la technique pour insérer sa carte bancaire dans la prise de téléphone ?

 

Impassible, il laisse glisser dans sa gaine des questions et des réponses formulées par des timbres de voix qui se télescopent. Il ne juge pas de l’intelligence des questions lui au moins… Il est le témoin flegmatique de ruptures et d’insultes mais qu’importe puisqu’il est sans mémoire.

 

Il est le lien permanent entre les uns et les autres. Entre les ermites et le monde…

 

Je ne lui reproche qu’une seule chose : il ne fait pas le ménage.

 

Demain : Le fil électrique.

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 14 juin 2008 à 08:00
Par Martine Rousset

Des chaussures neuves font souvent « scouic scouic » quand on marche. Des vieilles chaussures aussi, à condition de marcher sur des bébés souris.
(Philippe Geluck)

Publié le 13 juin 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Au secours !

J’ai tout essayé… Le panneau « Danger – Explosifs », le fil de fer barbelé, les pièges à rats garnis de pots de Danette chocolat, la menace d’une tribu d’Inuits armés, Ramsès II qui pourrait surgir après trois tonneaux de bière… Mais rien à faire, malgré toutes ces tentatives d’intimidation, la guerre autour de l’unique ordinateur de la maison continue de régner…

 

Nous avons pourtant mis en place une rotation où chacun de nous deux à des horaires bien précis. Pendant que l’un des deux a le nez rivé sur l’écran, l’autre a le nez rivé sur l’horloge… Source d’agacement collectif, forcément… D’autant plus que l’un ne comprend pas ce que l’autre peut trouver d’aussi intéressant sur Youtube et comment il peut avoir tout le temps quelque chose à dire sur MSN, et l’autre ne comprend pas comment l’un peut taper aussi niaisement sur un clavier des textes durant des heures. 

 

Alors que faire ? Abandonner mon Roudoudou ? L’assommer à heure fixe ? Lui mettre du Tranxène dans son petit-déjeuner chaque matin ? Pas simple…

 

Tout cela pour vous dire que durant l’été, je ne vais pas pouvoir éditer un article sur ce blog tous les jours. Mais je vais faire ce que je peux. Je fais partie de ces gens qui ont besoin d’un silence total pour écrire. Et là… j’ai tout faux… A moins que je ne trouve une île déserte pas trop loin de chez moi ? Un lecteur aurait-il le numéro de portable de Robinson Crusoë ?

 
Copyright © 2008 Martine Rousset
 
Publié le 12 juin 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Cette vidéo est tout simplement géniale... Et pas besoin d'aimer les échecs ou de savoir y jouer...






Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 11 juin 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
A dix heures vingt, un fourgon ralentissait sur la chaussée. Le passager, un petit homme tout sec et gringalet, descendit prestement du véhicule, un papier à la main.

Machinalement, Olive regarda les pieds du livreur. Propres et secs. « Au moins ça » pensa-t-elle. Le chauffeur, frisant probablement l’âge de la retraite, descendit à son tour de la camionnette et déverrouilla les portes à l’arrière. Ses pieds plurent également à la concierge.

La livraison ne dura pas plus de trente minutes pendant lesquelles Madame Lelièvre ne les quitta pas d’une semelle, évaluant avec eux la largeur des escaliers, commentant le poids du canapé et leur tenant ouverte la porte d’entrée de Madame Testard, laquelle porte tenait pourtant ouverte toute seule. Madame Testard réceptionna son nouveau mobilier et signa le bon de livraison tandis que Madame Lelièvre jetait un petit coup d’œil environnant dans l’appartement.

Jeudi 9 octobre
Les Testard du troisième gauche ont reçu leur nouveau salon. J’ai vu la facture sur la table de la salle à manger. Ils ont les moyens. On dirait pas à voir comme ça.
Monsieur Legoff du premier droite a encore reçu deux lettres de réponses à son annonce. Ça fait cinq ! J’espère qu’il a la santé le vieux schnock.
Madame Frison a reçu son amant de quatorze heures vingt-cinq à seize heures cinquante. Cette fois, j’ai vu le type se garer. J’ai noté son numéro d’immatriculation, on ne sait jamais. 2907 GPM 92.
La veuve du deuxième gauche a reçu une visite bizarre tôt ce matin. Un homme en costume avec une sacoche noire. Il avait une tête pas sympathique. Je n’ai pas réussi à entendre ce qu’ils disaient.
J’ai toujours la migraine. Il va falloir que j’aille chez l’ophtalmo. 

Quand Olive Lelièvre se réveilla le vendredi matin, elle ne parvint pas à se lever tant sa tête la faisait souffrir. Cinq minutes plus tard, elle était morte.
 

Tous les habitants du 3 rue Jacques Callot étaient présents à l’enterrement d’Olive Lelièvre. Quand ils apprirent son décès, attristés de savoir qu’elle n’avait aucune famille, ils se cotisèrent pour lui organiser des funérailles à la hauteur de l’affection qu’ils lui portaient. Ils commandèrent une magnifique couronne de fleurs traversée d’un ruban sur lequel on pouvait lire A notre concierge si dévouée. Madame Frison pleurait à chaudes larmes tandis que Monsieur Legoff veillait à ce que tout se déroule convenablement. Le fils Testard, ému, lut un petit poème que tous les enfants avaient rédigé ensemble et enfin, chacun passa devant le cercueil pour y jeter une petite poignée de terre. On pouvait entendre quelques phrases murmurées dans l’assistance : « Une si gentille dame », « Une femme si discrète », « On l’aimait bien et elle nous le rendait bien »…
 

Quant au journal intime d’Olive Lelièvre, il fut jeté sans même avoir été ouvert par l’entreprise chargée de vider son petit appartement.
 

Seul subsista le souvenir d’une concierge irréprochable, dévouée et bienveillante.

FIN

                                                                     Copyright © 2008 Martine Rousset